(s) Eloge de
Charron, ai*commence-ment.
(h) Citait m
f;?) Char-ron , m lChapitre dt*III Livredes trois Vé-ritez.
(58) Lk-mé-
mt.
( 59 ) C'cst-h-dire dans lepremier Li-vre des troisVericez.
(rto) Garas*je, Apolo-gie courrela Censurede la Doc-trine Cu-rieuse, pa£,LLL.
(tt - ) Gabrielle(T Ejlrée.
(£) Mezerai,AbrégéChronol.Edition,d' ^Amsterd.chez. Vol/-Zan&en 1676 ,Tom. Vltpag.127.
(c) Cayet,Chronol.Novenaire,a CannéeI 594 > f* 1 "412 versa.
(d) Fas-quier, Caté-chisme desJésuites,Livr. III,Chap. VIII ,f “S- rn - 375 -
(1) Cayet,Chronol.Novenaire,í f année1594 . sali.432 verso.
14 S CHARRON. GHASTEL.
tres. II est remarquable , qu’en l’an 1607 (g), il ne restoit aucune postérité masculine de Thi-baud Charron ( 3 ), pere de celui dont je parle dans cet Article , quoi qu’il eût eu vingt-cinq en-fans; quatre de fa prémiere femme, < 5 c vingt-un de la (i) seconde (k).
Libraire ie Paris. ( !Q Eloge de Pierre Charron, au
„ 8c ne se gendarment point si bien, comme estans resvei-,, lées par le faict de la religion (57) On pourroit bienreprésenter aujourd’hui ce grand scandale avec des termesplus élégans ; mais je défie nos meilleures plumes de l’ex-primer avec plus de force , 8c d’en faire mieux sentir laturpitude. Chatron le leve avec toute sindustrie de sonesprit ; il n’y épargne rien : on auroit autant de tort de luireprocher à cet égard quelque prévarication , que Garasseen a de lui faire ce reproche à Végard d'un autre point.Citons les paroles de ce Jésuite: elles font les plus injustesdu monde (58). ” Là mesmes (59) , il dit ouvertement,
,, quoy qu’à son ordinaire avec une traistreuse 8c coulante,, traisnée de paroles , la Religion est une sage invention,, des hommes, pour contenir la populace en son devoir : &„ quoy qu’il fasse semblant de le dire en la personne des„ Athéïstes ; néantmoins , il fait comme Lucilio Vanino:,, ou plustost celuy-d comme celuy-là , il trahit fa cause :„ car il rapporte la force de leurs raisons , les expose > les,, commente, les met en posture , 8e puis nous laisse là.„ Prévarication defloyale 8c ordinaire à ces deux Ecri-„ vains (60) II est très-faux que Charron fasse cela; caraprès avoir proposé fidèlement les Objections des Athées,il les réfute avec beaucoup duplication , 8e avec beaucoupde solidité. Mais voilà ce qui déplait aux Auteurs vulgai-re , 8c mêmes à de grans Auteurs qui ont plus d'esprit
8e de science, que de bonne foi. Ils voudraient que l’onfit toujours paraître fous un équipage languissant 8e ridiculeles ennemis de la bonne cause , ou que pour le moins onoposàt à leurs fortes Objections une Réponse encore plusforte. La sincérité s’opoíe au premier parti ; 8e la naturedes matières rend quelquefois l’autre impossible. 11 y »long-tems que je fuis surpris de voir qu’on regarde commeprévaricateurs ceux qui se proposent de grandes difficultez,8e qui les réfutent foìblement. Quoi ! vous voudriez quefur des mystères qui surpassent la raison les Réponses d'unThéologien fussent aussi claires , que les Objections d’unPhilosophe ? De cela même qu’un dogme est mystérieux,8e tres-peu compréhensible à la foiblesle de l’entendementhumain, il résulte nécessairement que notre raison le com-battra par des Argumens très-forts, óí qu’elle ne pourra trou-ver d’autre bonne solution que l’autorité de Dieu. Quoiqu’il en soit, notre Charron ne flâtoit point son parti. IIavoit l’esprit pénétrant, il découvrait à perte de vue lesressources 8e les répliqués d’un Adversaire qui attaque, ouque l’on attaque. II prenoit ses mesures là-destiis, il s’ex-pliquoit ingénument, 8e n’emploioit point la ruse pour vain-cre. Mal lui en prit; carie monde ne s’accommode pointde cette candeur.
Je donnerai ailleurs (61) un autre exemple de fia bonnefoi à étaler les difficultez.
CHASTEL (Jean) fils d’un Marchand Drappier de Paris, attenta à la vie de Henriquatrième, le z7 de Décembre 1 j-94. Ce Prince, aiant fait un voiage veis les frontières du paisd’Artois, étoit revenu à Paris ce jour -là, & comme il esoit dans la chambre de fa maîtresse ( a ), lo-gée à l'Hoftel du Bouchage ì 13 qu'tl s'adcançoit four embrasser Mcntigny , il reçut un coup de couteaudans la Uvre d'embas , qui luy rompit une dent ( b ). Jean Chastel, qui fit ce coup, & qui avoiteu dessein de le porter à la gorge (c), n'avoit que 18 à 19 ans. Dès qu'il l'eut lafchê , il laissatomber son Cousteau , (3 se mit au milieu de la presse .... Chascun joiioit à Tesbahi , bien emsefché à
qui donner le tort ; (3 peu s'en fallut que ce malheureux jeune loup n'évadas . Quelqu'un jetta les
yeux fur luy , il fut pris à coup perdu (d). „ A son visage effaré, on con u t qu’il avoit fait le coup (s)
Le Roy commanda au Capitaine des Gardes qui l’avoit attrapé .... qu'oh le laissas aller , disant qu'illuy pardonnoit. Puis , entendant que c'esoit un Disciple des se fuis es , dicl , Falloit-il donc que lesJefuiíles fusient convaincus par ma bouche (/)? Ce parricide, mené és prisons du For l'Evesque (g),fut interrogé par le Prévôt de l’Hotel, & déclara les raisons qui l’avoient porté à cette entrepri-se ( A). 11 fut amené le lendemain en la Conciergerie du Palais , & répéta ce qu’il avoit dit dans
le prémier interrogatoire (b). II fut condamné au dernier fuplice, par Arrêt du Parlement, leZ9 de Décembre if94 (- 3 ), ce qui fut éxécuté le jour même aux flambeaux. Le même Arrêt
bannit
(A) Il attenta à la vie de Henri IV, .cy déclara
les raisons qui l'avoient porté À cette entreprise. ] Je ne sauroisme servir d’un témoignage qui doive ctre moins suspectque celui de l’Historien dont je vais citer les paroles. „ Cc„ parricide, mené és prisons du For l’Evesque ", dit-il (>),„ . . . . confessa y avoir long-temps qu’il aurait pensé en,, soy-mesme à faire ce coup , 8c y ayant failly ie feroit„ encores s’ìl pouvoir, ayant creu que cela feroit utile à„ la Religion. Qu’il y avoit huict jours qu’il aurait recom-,, mencé à délibérer son entreprise, 8c environ sur les un-„ ze heures du matin qu’il avoit pris la résolution de faire„ ce qu’il avoit faict , s’estant saisi du Cousteau qu’il avoit„ pris fur le dressoir de la maison de son Pere, lequel il,, auroit porté en son estude, 8c delà feroit venu diner avec,, son Pere 8c autres personnes. Examiné fur fa qualité ,„ 8c où il avoit faict ses estudes, dit, que c’estoit aux Jé-„ fuisses principalement, où il avoit esté trois ans, 8c à la„ derniere fois sous Pere Jean Gueret Jésuiste : Qu’il au-», toit vu le dit Pere Gueret Vendredy ou Samedy précé-„ dent 1 e coup, ayant esté mené vers luy par Pierre Chas-„ tel son Pere , pour un cas de conscience , qui estoit ,„ Qu’il désespérait de la miséricorde de Dieu pour les grands,, péchez par luy commis: Qu’il auroit eu volonté de com-„ mettre plusieurs péchez énormes contre nature , dont il», se feroit confessé plusieurs fois: Que pour expier ces pé-„ chez, il croyoit qu’il falloir qu’il fist quelque acte figna-„ lé : Que souventes fois il auroit eu volonté de tuer le,, Roy, 8c auroit parlé à son Pere de l’imagination 8c vo-„ lonté qu’il auroit eu de ce faire : sur quoi son dit Pere„ luy auroit dit, que ce feroit mal faict Ce fut sa ré-ponse, quand il fut interrogé devant le Prévôt de FHotel;8c voici ce qu’il répondit le lendemain aux Officiers duParlement. „ Interrogé quel estoit l’acte signalé qu’il di-» soit avoir pensé devoir faire pour expier les grands cri-
-, mes dont il sentoit sa conscience chargée, dit,.
» Qu’ayant opinion d’estre oublié de Dieu, 8c estant asseu-» ré d’estre damné comme P Ante- Christ , il vouloir de„ deux maux éviter le pire, 8c estant damné aimoit mieux„ que ce fust ut quatuor que ut 0SI0. Interrogé, Si se met-,, tant en ce désespoir il pensoit estre damné , ou sauveran J e P a ï ce meschant acte, il dit, Qu’il croioit que" Çest acte estant faict par ] U y s er viroit à la diminution„ de ses peines, estant certain qu’il feroit plus punv s’il„ mourait fans avoir attenté de tuer le Roy , 8c qu'ii le„ íeroit moins, s’il faisoit effort de lui osier la’ vie : telle-
„ ment qu’il estimoit que la moindre peine estoit une es->, pece de salvation en comparaison de la plus griefve.,, Enquis où il avoit appris cefle Théologie nouvelle, dit,„ Que c’estoit pat la Philosophie. Interrogé s’il avoit es-„ tudié en la Philosophie au College des Jésuistes, dit,„ Que ouy , 8c ce fous le Pere Gueret , avec lequel il,, avoit esté deux ans 8c demi. Enquis s’il n’avoit pas été„ en la chambre des Méditations , où les Jésuistes intro-,, duisoient les plus grans pécheurs, qui voyoient en icelle,, chambre les pourtraicts de plusieurs Diables de diverses,, figures espouventables, fous couleur de les réduire à une„ meilleure vie, pour esbranler leurs esprits, 8c les pousser>> par telles admonitions à faire quelque grand cas, dit,„ Qu’il avoit esté souvent en ceste chambre des Méditations.» Enquis par qui il avoit esté persuadé à tuerie Roy, dit,„ Avoir entendu en plusieurs lieux qu’il failloit tenir pour„ maxime véritable qu’il estoit loisible de tuer le Roy, 8j„ que ceux qui le diioient l’appelloient Tyran. Enquis, fi„ les propos de tuer le Roy n’estoit pas ordinaire aux Jéíuis-,, tes, dit, leur avoir ouy dire, qu’il estoit loisible de tuer„ le Roy, 8c qu’il estoit hors de l’Eglisc, 8c ne luy failloit„ obéyr, ny le tenir pour Roy jusques à ce qu’il fust ap-„ prouvé par le Pape. Derechef interrogé en la Grand,, Chambre, Messieurs les Présidents 8c Conseillers d’icelle,,, 8c de la Tournelle assemblez, il fit les mesmes responses,>> '8c signamment proposa 8c soustint la maxime, Qu’il estoit„ loisible de tuer les Roys , mesmement le Roy régnant lequel,, n estoit en 1 ‘Eglise, ainfi qu il dìsoit , parce qu tin estait ap-,, prouve par le Pape (z)
(. B ì ll fut condamné au dernier supplice par Arrêt du Parle-ment le zp de Tsécembre 1594.] Pour conoitre le détail des pei-nes à quoi on le condamna,il faut lire ce qui fuit. La Cour...a condamne cy condamne ledit Jehan Chastel a faire amendehonorable devant la principale porte de l'Eglise de Paris nud enchemise , tenant une torche de cire ardente du poix de deux li-vres,zx illec à genoux dire cy déclarer, que malheureusement ca*proditoirement il a attenté ledit tres-inhumainz? tres-abomìna-ble parricide , cy blessé le Roy d un Cousteau en la face : cy quepar faulses cy damnables instructions il a dit audit procès estrepermis de tuer les Roys , ey que le Roy Henry quatriesme, à pré-sent régnant, n est en l’Eglise, jusques à ce qu’ii ait l’approba-tion du Pape: dont il fe ripent, cy demande pardon à Dieu,au Roy cy à Justice. Ce saisi estre mené ey conduit en un tum-berean en la place de Greve : illec tenaillé aux bras cy cuist'es,o? fa main dextre tenant en icelle le Cousteau duquel il s’est ef-forcé
(t) Cille -«étoit la mirede PierreCharron .
commenter***^
(6r) Danria TQemarq#*(G) de P ar-ticle Simo-
IUDES.
(-) Mezerai»AbrégéChronol.Tom. Vl %
P a s- "7.
if) Cayet,Chronol.
N ovenair^à Cannée1594 , selle432 verse.
(g) Li-mî-me,
(L) Lk-mô*me , folio4 )r MjU
(2) Cayet»
Chronol.NovenairÇ*folio 433verso & 4