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Lc accompagnée presque toûjours d’une très-bonne santé, & que bailleurs il n’étoit point chargéde famille ( F) , on comprend facilement qu’un homme aussi laborieux qne lui ^G) , St qui pof-ssdoit Jes dons de la plume dans un degré éminent , a composé plusieurs Puvrages. M’en dé-plaise à quelques Censeurs, son coup d’essiii fut un chef-d’œuvre {II)-, & je ne sai même si l’on
(f) ll n’étoit point chargé de famille .] II se maria dans lebas-Poitou au mois de Mai 162.;. (14). Sa femme mourutk 31. Je Mai 1631. (15L Lc ne lui laissa qu’un fils dont elleétoit accouchée chez l’Ainbailadeur de Hollande (16) leZi. d'Octobre 1628. (17). Elle s’y étoit réfugiée, parçe queceux de la Religion craignoient que la nouvelle de la prisede l a Rochelle n excitât des séditions contre eux. Ce filsunique, nommé Hadrien Daulb’, fut reçu Ministrelan 1653, Il continuait auprès de son pere depuis plu-sieurs années ses études de Théologie, lors que le Consis-toire de la Rochelle le demanda (18). Le pere c?" le fils fu-rent redevables à l'afieâîion cy aux foins obligeans de MejfieursLhelincourt , a test Pere cy fils (19), d’une fi honorable voca-tion. Jls l’embrajserent avec joye,cy partirent ensemble au moisd’Avril 1654.IC Pere ne voulant pas quitter son Proposant qu ilne l’eitt installé lui mefine dans cette sainte Charge, à laquelleil l’avoit consacré dis ses plus jeunes années. En ce voyage, ilrenouvelle ses anciennes connaissances en Touraine,en Anjou,cyw Poitou ; cr ïEglise de Ch.itelleraut oìt il étoit né , auj/i bienq«e celles de Sattmur c? de la Foreft, qui avoient joui des pré-mices de son Ministère, eurent encore la joyede ïentendre édifierleurs Assemblées. Il prefiha aujfi plusieurs fois k la Rochelle cyà la Rochesoucaut, oh U luy salut aller presenter son fils au Sy-node qui s y tenoit à ï extrémité de la Province ; Et la Compa-gnie l’ayant receu âpres les épreuves nécessaires fils retournèrentà la Rochelle ; cr ú ce nombreux Troupeau ayant oui avec ap-probation les Propositions d:t 'nouveau Ministre, son Pere luydonna l’imposition des mains , le Dimanche 6 . Juillet. Quinzejours après, il prit congé de l’Eglije par un Sermon d Adieu, cyde tous les Sermons de ce voyage on en a fait un Recueil dont iltest débité de:ix impressions, tune à Sanmur ,& l autre <1 Ge-nève. U partit ensuite de li 1 Rochelle , pour reprendre le che-min de Paris (20). II eut la joie cinq ans après d’avoir sonfils pouf Collègue. Hadrien Daillé fut choisi lan 1658.pour Ministre de Paris, à la place de Mr. Mestrezat. 'Mr.Cottiby fait un plaisant Conte fur le sujet des vocations dela Rochelle & de Paris adressées successivement au fils deMr. 1)allié (21; : Cette atteinte que vous donnez à mes priè-res (il parle au pere) me fait ressouvenir des vtres, dans unvoyage que je fis avec vous, de Paris à Chajtelhraut : fansmentir,c étoient des prières bien assaisonnées,faus ombre que vousconduisiez ce cher fils qui est vôtre unique,pour être Ministre àla Rochelle , n aviez-vous pas bonne grâce de vous comparer auPatriarche Abraham,cy lui à Ijuac,que vous alliez immoler,parce que vous V éloigniez de Paris (22 j? ll ne restoit plus pourrendre l allégorie partaìte , sinon qu un Ange vint vous retenirle bras, cy arrêter le coup , vous obligeant de retourner fur vospas, cy de ramener cette jeune victime faine cy entiere dans vô-tre maison. Mais vous y avez donné ordre depuis, cet Angea eté un certain Secretaire du Roi, de qui j’ai oublié le nom 123) :11 partit en poste de Paris pour surprendre les Rochelois,cy mai-gre toutes les protestations, que vous aviez faites à ces pauvresgens, de leur consacrer vôtre fils fans referve, cy de ne leur re-demander jamais, cy cela par opposition a. Monsieur Drelincourtqui témoignât, difoit-on, de vouloir r’apeller le sien-, contretous ces vœux par lesquels-vous aviez destiné fort Ministère à cesMessieurs ,cy qui ayant été plus folemíiels, que ceux qui à vôtreconte avoient ajsetté le mien aux Religionnaires de Poitiers , de-vaient aussi être plus inviolables ; nonobstant, dis-je, tous cesengagemens ,cet Ange qu on auroit pris pour un homme fort in-ter esté, s’adrejfe aux Ministres du Synode de Xaintongc, déjàprévenus par Lettres, cy fans donner le loisir aux parties de def-findre leur droit, il leur enleve cet Isaac, cy leur donne un am-ple sujet de fi plaindre éternellement, cy de la fidélité fiu pere ,cy de la perte du fils, s’il méritait de fi longs regrets. ’Monsr.Daillé apelle cela un Roman, une Narration fabuleuse (24).
Son fils étoit encore en vie quand l’Edit de Nantes futrévoqué, mais à cause de ses infirmitez corporelles il étoit•dispensé de ses fonctions. II se retira en Suisse, & mou-rut à Zurich vers le mois de Mai 1690. Tous ses Manus-crits , parmi lesquels il y avoir plusieurs Ouvrages de Mon-sieur son pere , furent portez dans la Bibliothèque publi-que^ 11 se conoistúit merveilleusement en Livres; car ilsavoit non seulement s ils étoient bons , mais même s’ilsíc vendoient bien ; & j ai oui dire que les Libraires n’c-toientpas trop contens de cette derniere conoissance. Mr."sillet fait menaon de lui dans le prémier Tome de sesfjstti > & censure avec raison ceux qui lui donnoient unnls converti à la Communion de Rome. Je raporte enmarge ses paroles : elles sont tirées d’nn endroit de son Ou-vra ge, oii il donne le Titre de plusieurs Livres qù’si suposestus l’on méditoit (25). Notez que Mr. Daillé le pere setrouvant veuf à l’àge de trente-sept ans, ne se remariajamais.
. Monsieur Pictet, Professeur en Théologie à Geneve ,aiant lu ce que j’ai dit ci-dessus , que les Manuscrits dûms de Mr. Daillé furent portez dans la Bibliothèque p u -bhque de Zurich (26s , eut la bonté de m’avertir qne lesManuscrits de Mr. Daillé le pere étoient à Geneve entre
JPstlle ^tdritn , ér que Pin Pere ê appclloit Jean ; rnnìs jeAnti M U '^ ’ n France m $ ls 1 m s ' c fi converti. Baillct , au
bri. ù ví*'. 1 ? 4 - 1-6) J'avoir lu ccD d ans me Ltnre qui fit écrite det Mert de Mr. Daillé le fih.
II.
ne
les mains d’un particulier qui les avoir achetez. Ce fontl’Explication des IX. premiers chapitres de l’Epitre de St.Paul aux Romains : l’Explication de la I. Epitre de St. Pier-re : plusieurs autres Sermons : la Réfutation de l’Expositionde Mr. de Condom : un Traité de l’Eucharislie , commecelui d’Aubertin.
(G) Un homme auffi laborieux que lui.) Je m’assiire qu’onfera bien aise de trouver ici ce que je m’en vais copier dela Vie de Mr. Daillé. „ C’estoit ses Livres & ses études„ qui faisoient sa principale récréation, 8c ses plus gran-,, des delices. C’estoit là qu’il se delassoit de son travail„ avec plaisir, Le avec profit tout ensemble. _ Et il y ve-„ noit chercher du repos après les plus pénibles occupa-„ rions de fa Charge ; je dis de celles-là mefine qui con-,, listent à étudier. Car alors il se divertissoit en changeant„ de lecture , 8c quand il se sentoit l’esprit fatigué pour„ avoir lû ou étudié des matières fort relevées 8c fort at-„ tachantes, il prenoit quelque Auteur qui demandait„ moins d’application , avec lequel il se relaschoit agréa-„ blement; il entremefloit ainsi le serieux & le délectable,
„ afin de se tenir toûjours comme èn appétit par cette di-„ versité de mets 8c de viandes. Je pense auffi que fans„ le flater, on lui peut donner la louange d’avoir esté l’un,, des hommes de son tems qui avoir le plus lù, 8c de plus„ de sortes dè livres, non seulement de ceux de sa profes--, sion, mais de ceux qui en semblent les plus éloignez. II,, ne fera pas mal-asié de Te le persuader, si l’on considère„ qu’il a beaucoup vécu , Sc qu’il a été très-bon ménager„ de tous les momens de fa longue vie. II étoit extre-„ memeut laborieux, Lc se levant de grand matin, com-„ me iì faisoit tous les jours, il avoir à luy par ce moyen„ cinq ou iix heures franches, tantost plus 8c tantoss moins,
„ qui étoient à couvert du tracas ordinaire de la vie, Lc„ dont si pouvoit disposer assurément eu laveur de son ca-„ binet. II nc faut pas donc s’étonner s’il avoir eu le loisir„ de faire tant de provisions en tant d’années, car il estoit„ homme qui profitoit de tout, Lc il ne liloit aucun livre,
„ quelque méprisable qu si peust eftre, dont il ne fist des„ extraits (27), ausquels il ne manquoit pas de trouver leur„ place , Lc il savoit fort bien s’en servir en tems &
„ lieu (28).
{H) N’en déplaise à quelques Censeurs, [on coup d’essai futun chef-d’œuvre.) Voici ce qu’on trouve dans un Livre duSieur Colomiés (29). Les sentiment sont affez partagez tou-chant cet Ouvrage de Uiu Patram. Les Presbytériens en fontgrand état-, cy les Episcopaux d'Angleterre ne l estiment guere.Parlant autrefois de ce Livre à un savant homme , {qui est au-jourd’hui de l'ordre de ces derniers’) il me dît qu à fin avis c’es-toit le 'moindre des Ouvrages de Mr. Daillé, cy qti il s’étonnaitqu ayant une leélure des Pérès ajfez considérable, il se fufl servide cette leâíure là pour obscurcir le mérité de l'ancienne Eglise.M. Scrivener, Théologien Anglais , est du mefine sentiment ,dans son Apologie pour les Pérès contre le même M. Daillé. Pre-nez bien garde que cette Censure est principalement apuiéesur le tort que cet Ouvr'age peut faire à l’Antiquité : on nediroit pas cela d’un Livre dont la force scroit médiocre;ainsi les Critiques de ce Livre en font dans le fond lesPanégyristes. Je liss bien que le Prêtre Anglois ("30), quia écrit contre cet Ouvrage, prétend que les rasions de Mr.Daillé ne font point fortes : mais il soutient mal fa préten-tion; rien ne seroit plus saisie que de réfuter fa Critique.Mais laissant là le fond de cette Dispute, contentons nousde remarquer, que de l’aveu de ce Prêtre (31), le Livrede Usu Patrum a été l’admiration du Parti Presbytérien.C’est de tous les Ouvrages de Mr. Daillé celui qu’un savantMinistre de Picardie estimoitle plus. Voici comme si parleen s’adressant à l’Auteur même. Licet quídquid operum hac-tenus edidifli, vir Reverende , mihi plurhnum placuerit, tua-que omnìa , cum Latine tum Gallicè firipta , tiquait plaufu abtraduis , atque adso à piis omnibus , excepta fint , dijfiteri ta-men non pofiiim, luborum tuorum primitias , Traêlatum nempetuum de Patrum ìn decidendis de Religione Controverfiis Uíu,me plurímhm femper cepijfe. Non filum enim Opus istud mirarerum leêíu cy fiìtu jucundijsimarum dignijfmarumque varietaterefertum est, veròm etiam eloquentia cratior.tsque nitor cum ré-bus ipfis certant, tantâque erxditione cy sacundi.i argumentumilhd pertracîafii, ut vix quicquam magis élaborât um eruditoh oc ficulo prodUjfe videatur (3 z)- Celui qui parle amsi s’a-pelle Mr. Mcttayer: il étoit Ministre de Saint Quentin; faVersion Latine de cet Ouvrage de Mr. Daillé fut impriméeà Geneve l’nn 1656. On débite dans la Vie de Moisir.Daillé Q3), qu’un lavant Anglois, nommé Thomas Smith,a traduit ce même Livre en ft Langue maternelle : Mr.Mcttayer le dit auffi; mais Mr. Scrivener assure (34) qu’siconoìt de. très-bons témoins de la fausseté de ce fait, &qu’il a ouï dire à Mr. Smitn que c étoit Un homme d’Ox-ford, & non pas lui qui avoir fait la Traduction; & que luiMr. Smith auroit réfuté 1 Ouvrage, s’il l’eût jugé digne defa colere (35). Une chose qu on ne peut nier est qu’il ya une Préface sous le nom de Mn Smith à la tête de là Tra-duction Angloife imprimée Fan 1651. Mr. Cottiby Q6Ï fitune Remarque contre le Livre de l’Uftge des Pères, la-quelle F’Autcur nc daigna examiner. Voiez la Répliqué deMr. Daillé au chapitre XI. de la III. Partie (37).
Gg 2 En
<T>) Minefaifoit lamême cho-ie* Nibìi ií,i-
quam iegit,qtfad rien‘xcerfcret,dieere etiamfolebat nul -lum este li-hmm t.i mmaìum, i<enan alìquarx parte pra-P’st't. Flin.Epist. VLtln m.
(28) Abrégéde la Vie deDaillé, p ai.66,67.
Os i Bibliof^Ciioiíie,
M- -2-
(30) Mat-thieu Scri-vener, mApologíapro S. £c-clesias Patrî-bus adver-sus Jo. Dal-lromi, im-primé à Lon-dres, 1672.
(3 r) Voie 7 ^fa Préface*
(ìz) Jo.Mettayer,Dedî-ef.TraClatu,
“e Usu p a .
trum,
( 33 }Pa_j. j 4( .
(34) Scrir.,n Prxfit.
(35) Sìbì alì-qitt’idotn *nimo con-traria feriptv■BaIUuju re ^fitUre , scd renmttirius ex-
pcnfsi nibìi ìn
2-
ptre faa dig-nttm operx
repenum.Idem, ibid.
(36) Cotti-by , ítepli-9 e à Mr.Daillé, pac,-4>'-
(3 7 ) Pag. m.
2CJ>,