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Tome second. C - I.
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FERRARE.

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les motifs qui 1a poussèrent dans la nouvelle Religion, a fort peu de vraisemblance (Z>),Elle quitta l’Italie à cause de sa Religion (E ), dès que son mari fut mort, & s’en vint en Fran-

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j ou on lui permit la profeíîìon du Huguenotifme. Elle sir fa résidence à Montargis ^ & yA °urnit un asyle à plusieurs persécutez, jusques à ce qú’òn la contraignit de ne le plus faire.J c doute que Mezerai en marque juíte le te ms (F). Ce fut avec beaucoup de regret qu’ellea à cette dure nécessité : Lc si Ion courage parut en cette rencontre, fa charité ne se íignà-pas moins ( G ). Cette vertueuse Dame aVoit toujours fait paroitïe une extrême inclina-tion

cédala

àc ( 13), & non pas celle de Strasbourg, poúr le lieu de fae traite , 8c 11 fe tint à Laie dans la plus grande obscuritéMil lui fut p o bible (14), jusques à ce qu’il entreprit le voia-8 e d’Italie , après avoir publié ion Institution Chréticn-ne ( Q ). II. II est donc taux qu’il ait érigé en ce tems-làp n n a Strasbourg , 8c qu'il ait rendu plus célèbre leC^ollege de cette ville, que ne l’étoit le College de Wittem-I er g- III. Rectifions ceci autant que nous le pourrons env; transportant à son véritable tems, nous ne laiderons pasJj y trûuver bien des mensonges. Calvin chaste de Genèvean 1538 s’fen alla en Suisse, où il reçut une vocation detofefleur en Théologie de la part des Magistrats de Stras-bourg. R accepta cette charge, 8c la remplit avec l’aplau-mnement des gens doctes ( 16 ) : mais IV il n'attira point àce College les plus beaux esprits , c? les plus Javans hommeses Xlniverfitéz de France : 8c V le nombre de ses Auditeurs neev int pas fans comparaison plus grand que rìavoit été celui

nous cofjcevons ùne violente haine contré celui qui eh estl’Auteur. Je ne nie pas que ceux qui, pendant les troubles,& au tems même de la pacification, étoient encore au ber-ceau , ne conçoivent un très-vif ressentiment contre l’Au-teur de cés troubles, lors qu’étant venus en âge ils se voienttrès-incommodez des suites fâcheuses du mal qu'il causa ;mais la Duchesse de Ferrare étoit-elle dans le cas ? Estéavoit été excluse de la succession de son pere par la Loi Sa •lique, 8c ainíi les maux que Jules II avoit causez à LouisXII ne l’cussent pas concernée, quand même ils eussent du-ré fous le Régné de François I.

II est sûr que les véritez de fait sont quelquefois destituéesde vraisemblance , Lc ainsi sans décider ni que la Princesseavoit du ressentiment, ni qu’elle n’en avoit pas, je me con-tente de dire qu’il n est point probable que le souvenir desinjustices de Jules II l’ait remplie de la passion de fe vengerde la Cour de Rome, par l’adoptión du Luthéranisme.

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e Luther v de Melanélon à Wittemberg. Je ne lai où Varil- Néanmoins je ne dois pas dissimuler ce que j ai lu dans

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as u pu prendre le fondement de ces hyperboles romanes-ques. Il est bien certain que Calvin par la permission desMagistrats fonda une Eglise Françoise à Strasbourg, 8c qu'illa soumit à son formulaire de Discipline (17): mais VI iln ’est pas vrai qu’il ait commencé par là ses travaux dansÇette ville. II y alla pour y enseigner la Théologie, à quoiil se voioit appellé par les Magistrats; Lc puis il les suppliade consentir à T érection d’un troupeau François. VII. 11Ue quíta point ces pénibles occupations par l’esperance de faireplus de progrès en Italie; car il ne prit congé de ceux deStrasbourg, qu’afin de retourner à Geneve (18), où il sevoioit rapellé avec de fortes instances. 11 est absurde de su-P°ser, comme le supose Mr. Varillas, que Calvin s’en allav °ir la Duchesse de Ferrare l’an 1535, après avoir fait deuxà Strasbourg les fonctions de Professeur en Théologie ;? pelles de Ministre, Lc après y avoir revu son Institution,Vi-f 0lr augmentée d’un quatrième ty dernier livre', car> c il sortit de France l’an 1534, & il alla à Ferrare versa nn de l’an 1535, Lc IX lors quil fit ce volage, son Ins-itution Chrétienne n’avoit paru qit’une fois. II ne la re-X ’ nn ne Hìigmenta , qu’après son retour d’Italie ( 19 ).

. e ne fut divisée en Livres que dans l’Edition de l’an?" cuso cens cinquante neuf. XI. J'avoue que la Duches-te de rerrare fut mere de cinq enfans, miuS ils n’étoientP as f° us uez lors du volage de Calvin.- Quand elle accou-cha dune fille l’an 15:36, Rabelais observe qu’elle avoit déjaune fille 8c un fils (zo).

■ Un Historien, qui fe rend coupable de tant de mensongeslur des choses fl aisées à bien raporter, ne mérite pas beau-coup de créance à Tégard des conversations particulièresqu’il supose entre la Duchesse de Ferrare & Calvin. Voilàce que j’apelle douteux ; car je n’ai point de bonnes preu-ves pour avérer si Calvin insinua, òus’il n’insinúa point àla Duchesse telles 8c telles choses contre Luther , contre2 -uingle, contre Melánchthon. On me persuaderait aisémentque Calvin contribua peu à la conversion de cette Princesse :le croi qu’il la trouva fort guérie de la créance Romaine, LcqucMarot, qui s’étoit réfugié -avant lui en cette Cour, éut

^ us âe part que lui au changement de Renée (2.1 ). .

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„ çues du Pape Jules II lm «oicnunlp^ ^ Varctas, le

„ la Cour de Rome ' i' ore iRe aux nouvelles Sectes-

motif qui là disposa à P rete ï ■ o P i;pi 0 n que pour se vanger,

,, Elle ne vouloir changer de Eehgm ^.^aquer l’autonte

„ elle croyois qu’il suffisent p f anS toucher aux Sa-

« spirituelle Lc temporelle à ^fMon religieuse , q™

« cremens, 8c fur tout a la P r troubles dans les Etats

. ' » manquerait pas d’exciter de g co nvenir, générálemen

S5 - ,, les mieux établis (z 3 )’ • produire dans l’espnt

parlant, que l’envie de fe venge p ^ Secte. S il s tieve

de l'homme une forte inclination • nous ont fait un

nn Parti contre certaines petionn ^utenir ce Parti,

grand tort, nous sommes tres-dt P ^rce de le souhaite

nous souhaitons qu’il soit jufts, - re mste- Ceci a lie

nous venons souvent à bout de so «, d’Académie, mat

non seulement dans les cabales d desorte qu fi ne ‘ au

aussi dans les Disputes de Religion > e Pape, ne

Point douter qu’une haine personne - i e s Théologien

soit capable de porter un Prince a fa Duchesse a-t-el-

qni prêchent contre ce Pape. Mais ^ ma illot quand

le été dans ce cas? A peine étoit-elle h onC ssée avec

Jules II mourut. La Cour de Rome êtoit âesorte que

Louis XII, quand ce Prince sortit du mon ^ ^ en-

notre Renée fut plutôt capable domr_p» fuies II- .E

be son pere 8c Léon X, que des violen . j a mémoire

n’y a point d’aparence qu’este ait conçu ^ f uc ces-

de ce Pape un ressentiment qui ait compris 1 rÈS qU el-

seuts. Quand nous n’aprenons une quereue s * sont p0 mt

k ne subsiste plus, les passions quelle produit qU e

fl vives. C est à la vue des maux ou elle nous \ oTOME U,

Brantôme. Peut-être , dit-il (24), que fe repentant des mau-vais tours que les Papes avoient fait au Roi son pere en tant desortes, elle se sépara de leur obeijjance, ne pouvant faire pisétant femme. Je tiens de bon lieu au'elle le disott souvent.Mr. le Laboureur (zj) cite une Elégie de Clement Marotfur la troisième grossesse de Renée. L’enfant y est félicité desa conception dans un tems fi heureux. Marot lui promet lartilne du Pape or du saint Siégé qu il traite injurieusement, orqu’il dit être ennemi de sa Maison. Cela montre que ce Poè-te mettoit en jeu les différens domestiques, afin d’aliéner dela Cour de Rome la Duchesse de Ferrare. Notez qu’il met-toit aussi en jeu les bons augures, 8c les prédictions favora-bles, dont les Poètes sont lì libéraux, 8c qui les convain-quent si souvent d’être faux Prophètes (26). 11 le fut en cet-te rencontre,.8c non plus que ses Confrères en pareil cas, iln’en rougit point.

(E) Elle quitta VItalie à cause de sa Religions C’est Mr.de Thon qui me l’aprend. Subádetn tempus, dit-il (27), Re-nata Ferraritnfis Guifii focrus, qu& ex Italia in Galliam ob re-ligìonis caujjam mìgraverat , Aurelianum Régis falutandi gra-tta venit. II dit celassous Tannée 1560. Le Duc de Ferraremari de cette Princesse mourut Tan 1559.' ■

( E ) Je doute que Mez.tr ai en marque jttfte le tems J Enracontant les violences que ceux de la Religion eurent àsouffrir en divers lieux Tan 1 562,- il dit (28) „ que l’auto-», rité de Madame Renée Douairière de Ferrare en sauva„ grand nombre, qui de toutes parts se j erraient dans Mon-„ targis sous ía protection. Le Duc de Guise son gen-dre ( 29 ) n’ayant pu par prières, ni par menaces, la ré-duire dans le bon chemin, y dépêcha Jean de Sourches-;» Malicorne avec quatre compagnies dé cheval. Lequel„ Tayaut fáit sommer de lui mettrè entre les mains les„ principaux factieux qui s’étoient retirez dans le château„ auprès d’elle , 8ï la menaçant d’y faire mener le canon„ pour les avoir, en reçut une réponse digne dune telle„ Princefle. Avisez bien, lui dit-elle, à ce que vous ferez:„ sachez que personne ria droit de me commander que le Roi,, même , cy que fi vous en venez là, je me mettrai la pre-„ mtere a la brèche ou j’effacerai, fi vous aurez l’audace de„ tuer la fille d’un Roi, dont le ciel & la terre feroient obl't-», gez de vanger la mort fur vous cr fur toute vôtre lignée,„ julqu’aux enfans du berceau. Ces fieres paroles ayant un„ peu ralenti fa résolution, st arriva la mort du Duc de Gui-,, se > qui T en détourna tout à fait ”. Mr. Varillas en rapor-tant la même Histoire, Lc en la paraphrasant selon sa coutu-me; Taplique à Tan 1563 ( jo). Mais je ferais fort trompési les Ecrivains Protestans, qui apliquent cette Avanture àTan 1569, n’éto'ient beaucoup plus croiables. Nous allonsvoir les paroles du Sieur d’Aubigné. .

(G) Si son courage parut en cette rencontre, fa chanté ne fesignala pas moins.j La réponse qu’elle fit à Malicorne n’apas été tournée aussi noblement par d’Aubigné que par Me-Zerái; mais je ne sai si les phrases sont plus de THistorienque de la Princesse. Quoi qu’il en soit , citons d’Aùbigné.-, Cela (31) fut cause qué des villes & villages dit plat pais», tout s’enfuit à Montargis, où plusieurs avoient esté con-„ servez dès les prémieres guerres sous la faveur de la Du-,, dresse, laquelle estant du sang Royal, apparentée de ceux„ de Guise, avoit eù un privilège particulier. Elle 8c ses», Ministres blasmoient ceux qui portoient les armes , en„ termes, qu’ils les rendirent ennemis , elle Sc le Prince„ de Coudé: & ceste querelle donnoit couverture au res-„ pect qu’on lui portoit. Mais ce dernier amas esmut les„ Prescheurs de Paris, Sc eux le Roi, à la contraindre de,, chasser quatre cents soixante personnes, les deux tiers de„ femmes & d’enfans portez au col : cette Princesse fon-,, dant en larmes, dit à Malicorne , qui lui avoit aporté„ cette rude nouvelle, que si elle avoit au menton ce que„ lui portoit (32), elle le ferait mourir de ses mains, com-„ me messager de mort. Elle fournit ce peuple de cent„ cinquante grandes charrettes, huit coches, & d’un grand„ nombre de chevaux (33 ) ”. La maniéré dont ces pau-M m m vrei

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(24)Bríint&'ì,me. Vie desDames U-lultres, pag.

300.

(2s) Addit.aux Mé-moires de

Castelnau-,Tom. 1 « p&f*747 il re-marque quecette Elégiea né supti-î mée t

(26) Votez. ÌaR emarq. (£')de V^irticlcF O N T A-

(27) Thuan.Libr.XXVItp*& 5 iU

(28) Histoi-re de Fran--ce, Tom. Us,

pag. 8 tz. .

(29) lAnne .Est fi le d*

%enêe, épousa* n prémieresflQces Fta? î»f°is de Lor-raine £) HcG *if * 9 & enficondesleDucde Nemours mElle fut meredu Duc deGuise tué àBlois , & scrage pour ULigue contreHenri /// A,Henri IV.Eíle i t a.pe(loitalors la Dh-tb'Jse de Ne-mours. Votez,la derniere'Btrnarque

Ve rs la jìn,

( 3 ° ) VariJ- -las ,Hist. d eCharles ne,Tani . l,vei.17 S.

'31 )c’t/l-à-

diyetr

cre <te ceux dtt<c Rel., nfait à Orléansm l’annéer«s.

(32, Voiez. -

ci- dessous lesparoles de

Brantôme,Hcmarq, ' H)Cstat. (38).

f 3 î 1 D* Au-bigné , His-toire Uni-verselle ,Tom.'

Livr B V, - v

Chap. XUL