FRANÇOIS*
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Heu à son ennemi de s’aplaudir du triomphe. Voilà Pembarras dù sc trotlvent les Franciscains 3ju-incl on leur reproche les Propositions outrées & scandaleuses du Livre des Conformitez. Jls"e sont pas les seuls qui s’obstinent à ne paíTer point condamnation, les Jésuites entreprenent aussih défense de l’Ecrit de Barthelemi de Pise, quand ils le voient attaqué par les Protestans (L)iOn a vu des Laïques prendre la plume pour une pareille cause contre le Ministre du Moulin ( M )$ik ont eu le sort qui leur étoit dû. Quoi qu’il en soit, les Franciscains persévèrent à prêcherdes choses absurdes touchant leur Fondateur: le public sauroit cela dans une plus grande étendue jfi tous les Prélats étoient aussi vigilans, & aussi fermes que Mr. l’Archevêque de Reims (N).
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(l) Les Jésuites entreprenent aussi la défense de l’Ecrit debarthelemi de Pise , quand ils le voient attaqué par les Protes-t*ns.~\ Du Pleffis Mornai étala dans l’un de ses Livres ( 50)lcs comparaisons que l’Auteur des Conformité! a faites en-Jefus-Christ 8c le Fondateur des Cordeliers. Le JésuiteOretser répondit ( 51 ) qu il ri y a rien dans cet Ouvrage desConformitez, qu une bonne ame ne puise tirer en bonne part,beaucoup de choses qu une meschante ame pourra sinistrementinterpréter. Que devant que la candeur e? la simplicité eussentabandonné la terre, plusieurs choses ont esté dites simplementcandidement , que des gens doubles de cœur , cavillent ztrcalomnient à présent. En cette maniéré, c’est la Réflexiond André Rivet (51), ” qui le voudra entreprendre, défendra» l’AIcoran de Mahomet, 8c n’y a blasphémé, qui ne» puisse estre converti en sentence divine, par ceux aus-» quels il est aisé d’appaiser ainsi leurs bonnes âmes; peu sou--> Cieuses de l’honneur de Christ Coësseteau qui étoitDominicain abandonna un peu plus les intérêts de Barthe-lerni de Pise, en répondant à cet Ouvrage de Du Pleffis.Quant au Livre des Conformités de Saint François avec Jefus-Christ , l’Eglise Romaine ne l’a jamais approuvé. C’est l’oeuvredjun particulier, qui transporté d’un ze le trop inconsidéré, àl’endroit de son Patriarche, peut à bon droit estre repris de peude jugement, parce qu en voulant s’estendre par trop fur _ seslouanges, il a dit des choses, qui fans doute peuvent estre tiréesa un mauvais sens. Ceux de son Ordre qui Papprouvèrent enleur Chapitre général, ne se figuraient pas qu on en deuft ex-pliquer fi cruèment les paroles, c? m’ajfeure que pas un d’euxne croyois pour cela que St. François égalast, ou fust au des-sus de Jefus-Christ, quoy qu ils P estimassent un des grandssaints du Paradis (53). Concluons par la Répliqué de Ri-vet. " Si s Eglise Romaine n’approuve ces blasphémés,», pourquoy les a elle supportez si long tems? Pourquoy." sé font endormis fur cela les Censeurs des Livres, le Mais-" ! re du Palais de Rome , 8c tous les Inquisiteurs ? N’ont„ ils pas approuvé par leur silence de deux cents ans ce,, qu a escrit cet infâme Barthelemi de Pise ? N’ont ils pas„ encore permis depuis peu d’années (*) , qu’on lait im-„ primé à Boulogne , fans aucune censure ou Antidote ?„ Coësseteau peut il donq jetter cela fur un particulier , qui
,, transporté d’un zele inconfìderé .II en est quitte à
-> bon marché , s’il passe pour cela. Et quoy son Général>, & le Chapitre estoit ce un particulier ? Ils ne se figuroient,» pas , ce dit-il, qu on deuft expliquer fi cruèment ses paroles.„ Mais pouvoient ils dire en conscience après P avoir bien„ espluché , qu ils n y avoient rien trouvé qui rneritast correc-„ tionì N’est ce pas du moins un tesmoignage de stupidi-„ té 8c ignorance palpable (54) " ? Ceci m’étoit nécessairecomme une preuve de ce que j’ai dit ci-dessus, touchantl’embarras inexplicable où les Protestans ont jetté leurs Ad-versaires , en attaquant l’Auteur des Conformité!. Et voilàjusqu où s'étendent les influences de la folie d’un particu-lier: elles exposent à la tempête tout le corps, toute la com-munauté , comme autrefois le crime d’Ajax y exposa laflote Greque Si vous aimez mieux une autre compa-raison, voiez la marge (56).
(M) ... On a vu des Ldiques prendre la plume pour unepareille cause contre le Ministre du Motilin.'] Maistre Guillau-me Cacherai, Advocat, Procureur du Roi en l’Amirautéde France au Siégé de Quillebœuf, fit un Livre qui fut im-primé à Paris l’an 1641, & qui est intitulé Le Capucin def-Jendu contre les calomnies de Me. Pierre du Moulin Ministre;
Traicíé Apologetic contenant les justes raisons pour lesquelleste Parlement de Bourdeaux a faiH bruster par les mains de Pe-rcuteur des Sentences Criminelles, le libelle diffamatoire contreles Capucins, composé e? mis en lumière à Sedan par ce Minis-s e , C7 espandu dans ce Royaume, contre la teneur des Ediâls dePacification. Avec la Réfutation sommaire des Calomnies erimpiétés qui y font contenuès. J’ai déjà parlé (57) de cet Ou-' Vra ge de Du Moulin , 8c j’ajoûte ici que Cacherat témoi-8na autant de zèle pour défendre les Capucins, que s’il eûtl té de leur Ordre ; mais que son Apologie ne valut rien.c-n voici un échantillon ; il compte (58) pour la IX Ca-*°mnie du Ministre ce Passage-ci: ” Les Capucins qui font" Profession d’observer la Réglé entiere de sainâl François, ne» le font pas ; car la Réglé commande aux Freres Mineurs de>> travailler de leurs mains, ce que les Capucins ne font pasVosons comment il s’efforce de prouver que c’est une Ca-mmnie. Les Généraux de P Ordre, dit-il (59) , qui respon-ent des aâltons de tous leurs Religieux au Cardinal leur pro-^cleur, o- l U y au Pape, cr qui ont le principal interest que labeglefiit punâîuellement observée, & qui y veillent soigneuse-ent, ne se plaignent point de cefle inobservance ;<sr le Ministre‘ H boulin n'estant eflably pour s’en informer, er aussi n ayantjamais esté dans les Convents de c est Ordre pour voir s'ils ob-servent,ou manquent d.'observer leur Réglé,doit estre tenu pour•a omntateur, «y ignorant de ce qu a entendu S. François parïoÀiErf^ 1 à ses mains, qui ne se doit pas prendre
tomme le veut entendre le Ministre; mats comme P Eglise ç?- lesSupérieurs de P Ordre Pont entendu, esr Pexpliquent À présentsII est évident qu’une telle preuve de Calomnie n’a nulleforce, & c’est plutôt une Calomnie que la réfutation du-ne Calomnie. Cette prétendue preuve revient à ceci, l‘E-glise dégagé les Capucins de P obligation d'observer leur Réglé atipied de la lettre. Mais cela même prouve qu’ils ne l’obser-vent pas, & que l’AccUsation de Du Moulin est légitime.S’il les avoit accusez d’enfraindre les ordres du Fondateursfans être autorisez en cela par des dispenses * ou par desGloses allégoriques, on auroit pu l’apeller Calomniateur;mais il a dit seulement qu’ils n’observoient point la Régléde François d’Assise. La justification fondée sur les dispen-ses du Pape, & fur l’interprétation des Supérieurs, n’auroitguere embarrassé ce Ministre: il y eùt trouvé de nouvellesbateries ; car en effet c’est un grand abus que de faire pro-fession d une Réglé bien austere, & d’impétrer ensuite unedispense de la violer. C’est ce que firent les Franciscains àl'égard de la pauvreté : ils se firent permettre par le Pape demanier de l’argent, ce qui donna lieu à une Dispute quifit grand bruit en Angleterre, & dont Erasme a donné unedescription fort divertissante (60). Lisez-la, vous y trou-verez que la source du grand fracas de Standicius , l’arc-boutant des Freres Mineurs en ce païs-là, fut l’envie d’em-pêcher les Augustins de continuer à trafiquer; car leur gaindiminuoit celui des Freres Mineurs. On pourroit nommerdes Religieux Mendians illustres par leurs Ouvrages, & àqui leurs Supérieurs ont permis de traiter avec les Librai-res. Ceux-ci leur paient fort bien la copie, 8c la peine dela correétion des épreuves : ils donnent à l’Auteur 8c del’argent, 8c des Exemplaires ; 8c l’Auteur vend lui-mêmeargent comptant les Exemplaires qui lui font donnez.Observe-t-il son vœu ? Point du tout. Mais il a permis-sion de le violer ; 8c c’est cela même qui prouve qu’il nel'observe pas. La dispense supose 8c emporte l’inobser-vation.
(N) Le public sauroit mieux les choses absurdes que les Fran-ciscains persévèrent à prêcher touchant leur Fondateur, fi tousles Prélats étoient aussi vigilans er aujst fermes que Mr. P Ar-chevêque de Reims.] (61) Un Cordelier, un Capucin, un Bé-nédiétin , avoient prêché dans son Diocèse le 2 d’Aout1694 en P honneur de Saint François, à la solennité de la P or-tioncule. ” (61) II leur donna lui-mesme les rétractations„ par écrit, afin de détromper les peuples qu’ils avoient,, séduits , de les rendre à l’avenir plus circonspects dans„ l’exercice de leurs fonctions, 8c de donner au peuple un», préservatif contre de pareilles impressions. Les trois Pré-„ dicateurs obéirent humblement à ses ordres , 8c le Cor-„ delier estant monté en chaire déclara que ce texte qu’il„ avoit pris pour sujet de son Sermon : Tres sunt qui tefti-,, monium dant in Cœlo, Pater, Verbum, v Spiritus Sanùlus,„ tsr hi tres unum sunt, n’avoient aucun raport avec cè„ qu’il avoit entrepris de traiter, 8c ne lui pouvoit estre„ aphqué que par un abus manifeste de la parole de Dieu :„ Qu’ayant une fausse idée des mérités de saint François,,, quoi qu il soit grand devant Dieu 8c devant íes hommes ;„ il avoit avancé témérairement, que saint François avoit„ fait dans la Portioncule par ses larmes ce que Jefus-Christ„ a fait pour les pécheurs dans la Creche de Betleem par„ les siennes; que saint François avoit fait dans la Portion-„ cule par le sang de ses playes ce que Jefus-Christ a fait„ par le sien fur le Calvaire ; 8c que saint François avoit„ fait dans son cœur pour les pécheurs, ce que Jefus-Christ„ a fait pour eux dans le sien fur la Croix. ; . . . (63) Le,, Capucin rétracta pareillement des propositions contrai-, res à la faine doctrine , qu’il avoit avancées dans un” Sermon du mesme jour. La prémiere est que saint Fran-" cois, se prosternant la face contre terre, fit descendre” une seconde fois le fils de Dieu fur la terre. La secon T”, de est que la Portioncule est une amnistie si entiere 8c fi” parfaite, que l’on peut dire que dans tous les siécles pas-”, fez Dieu ne s’est jamais montré plus favorable aux pé-” cheurs que dans cette solennité : Que quand il avoit dit,„ que saint François comme saint Paul peut se glorifier„ d’achever ce qui manquoit à la passion de Nôtre Sau-„ veur, il avoit fait une aplication temeraire des paroles de,, cet Apôtre, 8c contraire à leur sens : Qu’il avoit e'n-,, core avancé une proposition temeraire 8c fausse , lors>, qu’il avoit fait dire à saint François : Mon Dieu, si c’est,, une nécessité que votre justice ait ses droits, pardon *,, miséricorde , miséricorde aux pécheurs: je m’offre d’es-,, tre moi seul la victime, 8c de satisfaire pour eux ait droit
-, de votre justice.(64) F reconoit encore que
„ dans un parallèle. ce st^i est faux , temeraire ;
,, & erroné, auffi-bien que ce qu’il avoit avancé, que l’in-" dulgence de la Portioncule est une image de l’immensi-„ té, de l’infinité , 8c de l’éternité de Dieu , parce quelle» se gagne dans toutes les l’Eglifes de saint François, qu’el-Rrr „ le
(<o) Er3í-mus, Adagi,Chit. U,Centur, V 9num. $ g y
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(6 1) Votez. /íJournal de$Savans dt*
11 kAvyìI
1695 t p*g.
241 Edit. 4 cHollande*
( 62 ) Lk-mi-mme ? pa£. 2*24
(6z) i.k~m%+m* > 2444
(^4)