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Va l’an if44 (L). Je parle ailleurs (h) d’une fable qui fe raporte au voiage que PEmpereur 6c
P ar la France, pour aller châtier la ville de Gand. Ce n’est pas la feule qu’on ait fait courir par
ra Port à ce tems-là (A/). François I fut auteur de quelques innovations, parmi lesquelles il fautPrincipalement compter la coutume que les femmes prirent d’aller à la Cour ( N). Cela ne fit
point changer l’article de la Loi Salique, qui ne permet point que la Couronne de France tombe en
quenouille ; mais on peut dire que depuis ce tems-là jusques à la fin du X VI siécle plus ou moins,la France fut gouvernée par des femmes (*). On a eu grand tort d’accuser François I de ttopd’indulgence pour les Luthériens de son Roiaume (O). C’est un des mensonges que notre Dic-tionaire doit critiquer. Si l’on avoir dit que ce Prince fut fort utile aux Protestans (P) d’AIle-
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frtflat, que, ijìis tam impense favet orthodoxa illa ma-0“ Christianìstimi filii accommodatur autorisas, cy « sacrisf CH . n,l s largiuntur munera , connivcntibus etiam atque tam ne-J rt am operam conducentibus columnis Ecclesiei , Epifcopis cyar mnalibus, cy impietatis Ministre impii applaudunt proceres ,fi^nadmodum operibus lupi congratulantur corvì (4 6).
Jean Wier Disciple d'Agrippa raporte une partie de ces» ailx Contes, je veux dire ce qui concerne l’enlévement desSes. ÇjUiemadmodum dicitur, que tempore Francisci primìGallia fila detinebantur objides in Hispania , magum m. a í J am evocatum é Ger mania fuisse , qui tant a credebaturths US t ote ft‘tte , ut pojjet regios pueras per aéra reducere,‘faurosque investigare cy transferre (47). Le Comte de laoca (48) n’ignoroit point ce Passage de Jean Wier: ce n’estPas qu q e so- j u j es Livres <je cet Auteur, il avoir seulementu que Bodin en cite cet endroit-là; mais il a eu tort de seintenter de dire que Bodin en a parlé, il faloit qu’il ajoutâtS Ue Bodin rejette cela comme une fable, lime fufsift, ce° n J les paroles de ce Jurisconsulte François (49), de con-vaincre Wier par ses propos mesmes, cy par ses livres. Carp. mesmes (*) e/crit, qu il a veu les hommes transportez, enair par les diables , ey qu il n y a point d’absurdité, cy aume jme lieu il escrit une chose fausse, qu’on alla chercher en■d lemaigne un Sorcier , qui promettoit tirer du Chasteau desfadry les enfans du Roy François , cy les faire transporter enair, d Espagne en France : mais qu il n en fut rien fait ,par-qu on craignait qu’il leur fist rompre le col. Je n’ai pointw ' qve T Ctte d ír rniere circonstance dans le Livre de Jeanr\ l’ T Ms de rEdition d'Amsterdam 1660.
(i) J M lu un autre mensonge bien greffier, qui fe rapor-
/ f X7 t ' ' , ‘ an î£ 44-1 I e ? n Saxon Recteur de l’Académiede Wittemberg faisant afficher un Programme le iz d’Octo-bre i S44 , déclara entre autres choses que ce n'étoit point lemxard, mais la justice de Dieu, qui étoit cause des malheursdont la France étoit accablée. L’Empereur, dit-il, s’est apro-ché de Paris : la Reine de France 8t le Dauphin soi ont étéau devant pour lui faire de très-humbles suplications. Kentafu j am Gallia miserabiliter vaslatur, cy Rex potens venit1n tantum discrimen ut cum Carolus Imperator accejserìt adLutetiam usque, supplices occurrerint Regina cy Belphinus, utAnf c paucos annos ad Carolum Burgundum venit fupplex Rex■^rancie, Ludovicus cui induit Dux Carolus Burgundicum Tho-pacem C ui confeffio vitdoru inscripta erat, vivat Dux(50). Ces deux faits mis en parallèle sont1W a prémier absolument & fans nul mélange de vrai,lautre dans ses principales circonstances; car lors que Louisonze tut contraint de suivre à Liege le Duc de Bourgogne,! ne I ] av01t pas été trouver en forme de supliant, il avoit^' na ™, e (1 une Conférence parce qu’st avoit espéré de le du-Cf- ,,V «t uue honte q Ue so Recteur d’une illustre Académie
de la Gazette* ^ Pr ° Sramme unc fauffeté q “ sCr0Ìt ^"2
Ce n ' e fl P^s la feule fable qu on ait fait courir par ra-h\ C a ums4à -ì » Combien de Romans n’a-t-on point" ” ...dj 1 Roi François I ? N’est-on pas venu jusqu a dire" qu d s est batu en duel avec l’Empereur, & que ce Prince" p, , n y par la France,le Roi par une générosité fans exem-" j* * st’ 1 , offrit son Royaume? Que Charles avoit un jour’> ecupe ! e ’-'ône de François, qu’il avoit fait condamner
’> son Autorité ' ( )*> aV0Ìt 3près donné § race P our marc l ucr
, r., auteur . . . de la coutume que Us femmes
- V cour J On lira fans doute avec joie ce q Jd aller a. la Cour. J c . eft Brantome qui parle p) » «*
tu en vais CItcr - 5 prince de par le monde des grandes vertustretenant un grand , R tmt pip m de bien: mats tl le
de François 1 . • • ■ , n r e . aui avaient apporté plusieurs maux
blasma fort de deux c J nm s e!i l em ent pour fin régné ,
À U Cour, cy en la * r ' r ts successeurs ,Vune pour avoirt, Pi<!r maïs pour celuy des a f r nr . n h s assemblées, abord cy résidence" introduit en la Cour Us L p our y avoir appelle, tnstale cyordinaire des Dames, t? I f tr J $ Eglise- Pour U regard desurresté si grande affluence de % ^ Mts n y abordolent
Manies, certes U faut petit nombre. U est vray que
fréquentaient que peu, & * J fe f a Cour des Dames plusla Keyne Anne cornmenfi *J Rey ncs, cy fins elle le Royífinde que Us autres P ríCed l ac U-,mais ledit Roy * ran {f ls ,™~fin mary ne s en fût gueres fi uct ’ m te la décoration d unea fin Régné, considérant fi plus de la coustume
c °«r estait des Dames, Un voustgî ouctl« raisons se servoit«ncienne. Brantome nous a P T ® ndd l e ces Dames de , l “Js™ r ’le Prince critique. S’ií n y eufl eff j ,, c - eu st este tout un,
^Allfiqui fi Zres de la ^jance W
mais elles donnaient teí exemptU J? leurs fi ( .° n fi’ ■
fi façonnant fur leurs habits, le, " S J ai S façonnerdames cy leurs vies, elles fe voufittn* E D n s habille
ty à paillarder, voulant dire pstr ta , potivom
ainsi, on dance ainsi, on y paillarde aujj 1
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faire ainsi. A 1 égard des Prélats st disoit ( 54) : commen ~
çans alors à fe débaucher cy deregler ils donnèrent exempleaux autres de la France d'en faire de mime , &C qu il eustmieux valu qu ils eussent esté en leurs Diocèses à prêcher leurtroupeau (55). Brantôme réfuté toutes ces raisons : il soutientqu’avant le Régné de François I la corruption n’étoit pasmoindre ni parmi les femmes, ni parmi les gens d’Eglife (56),& qu on n avoit vu qu hérésies cy brouilleries en France, de-puis que les Sermons étoient devenus fréquens (57). Volezles Réflexions de Mr. Jurieu fur tout ceci ( 58).
(O) On a eu grand tort de ïaccuser de trop d’indulgencepour les Luthériens.'] Vous verrez cette Accusation très-for-tement réfutée dans ces paroles de Mezerai: „ L’infection„ des erreurs s’augmentant le Roi fit rallumer les feux pour„ en purger la France. II en estoit resté du levain à Meaux,„ depuis que l’Evêque Briçonnet y avoit retiré le Fevre Sc,, les Rouffels. II y en fut pris plus de 60 qu’on amena à Pa->, ris, dont 14 furent brûlez, les autres pendus, les autres,, fouctez & bannis. Procedez, qui joints à tous les autres„ semblables que j’ai marquez ci-deflus, convainquent évi-„ demment de mensonge cet Auteur Italien qui a écrit nos„ guerres civiles de la religion & de la ligue (59), lequel par„ une grossière oubliance 011 par une insigne malice a dit en„ son premier livre: Elue du tems de ce Roi commença de,, s'épandre la creance de Calvin, soit qu il le permit, soit,, qu il n y prit pas garde : cy que l’on eut plûtôt de la peine,, cy du mépris pour elle, que de l’aprehenfìon cy du foin de„ s’en défendre. Quoi donc, faire 6 ou 7 rigoureux Edits„ pour l’étouffer, convoquer plusieurs fois le Clergé, assem-„ bler un Concile Provincial, dépêcher à toute heure des„ Ambassades vers tous les Princes de la Chrétienté pour en„ assembler un général, brûler les hérétiques par douzaines,„ les envoyer aux galères par centaines, Sc les bannir par„ milliers: dites nous, je vous prie, est-ce la permettre, ou„ n’y prendre pas garde : sont-ce de simples résolutions, ou„ bien des effets? Cela vous avertira, judicieux lecteur, de,, lire cet Etranger avec un peu plus de précaution, Sc vous„ donnera peut-être le sujet d’y remarquer quantité d’autres,, fautes que les curieux ne soi doivent pas pardonner, puis„ qu’il a ainsi parlé du Pere des bonnes lettres (ío) II se-roit à souhaiter pour la gloire de ce Monarque, que la causede Mr. de Mezerai ne fût pas si bonne. Un Historien, à quiles ténèbres des préjugez ne cacheroient pas les idées de ladroiture & les Loix universelles de l’ordre, souhaiterait queles reproches de Davila fussent bien fondez, fuvat, diroit-il , hic opprobria nobis, Et dici potuiste, cy non potuisse rcfel-U (61 ); mais malheureusement je n’ai que trop de raisond’accuser de calomnie cet Italien : pourquoi faut-il que jel’en puisse convaincre par tant de preuves (6z) ? Tout hom-me qui a les idées de la véritable gloire, & qui a du zèlepour la mémoire de François I, tiendra ce langage , soitqu’il fasse profession du Protestantisme, soit qu’il vive dansla Communion Romaine; car il n’y a rien de plus détestableque d’emploier les fuplices contre ceux qui ne fe séparentd’une Religion que par la crainte d’offenser Dieu, & qui danstout le reste fe comportent en très-bons sujets; il n’y a riende plus raisonnable que de laisser à Dieu seul l’empire de laconscience.
Oposons à Davsta ce Passage de Brantome. Les Luthé-riens cy ceux de la nouvelle religion ont voulu beaucoup de malà François I, cy c est ce qui leur a donné possible grand sujet demedire ainsi de lui comme ils ont fait, tant ceux de ce tems-làque d’aujourd’hui, parce qu il en a fait faire de grands feux, cyen espargna peu d’eux qui vinjfent à fr connoistance ; cy dit-onque f a été le premier qui a montré le chemin k ces brulemens ,d'autant qu il s’en pariait peu du tems de ses prédécesseurs, Dieumerci, que Luther n'étoit point encore venu,premier cy nouveauhérétique, qui eut grande vogue parmi la Chrétienté, encorequ’il y en eût eu aucuns auparavant, fe laisse cela k ceux quile sçavent mieux que moi. Ce grand Roi pourtant, nonobstanttous ces feux cy bruflemens ,fe rendit proteHcur de Geneve,lorsque Charles Duc de Savoy e la voulut assiéger,voire l’eust prise-,ce qui luy porta grand dommage de toutes ses terres que lesBernois luy prirent ; en quoy l’on blasma fort fa dite Majesté ,cy d’y avoir envoyé dedans pour secours, des bandes du Sei-gneur Rance de Lore. Accordez.-moy un peu ces feux aveccette proteâlion ( 63 ).
(P) François I fut fort utile aux Protestans.] Nous ve-
nons de voir qu’il sauva la République de Geneve, la métro-pole des Réformez, leur Eglise mere qui envoioit ses Apô-tres & ses Livres en France, & ses conseils de toutes partspour le soutien de la Cause. Cette démarche de François Iagrandit le Canton de Berne, de quoi la Réformation se ressent encore. II rendit de bons services à la Lseue de Smalcalde directement, & plus encore indirectement- car il sorcause que Charles-Quint ménagea en cent p£
teftíins d Allemagne, afin dc les détacher des intérêts de la
Fran-
( 4 ) Ddns (a•Rimerq. {[)de l* ^Article-de Char*
i-es-Quint.
(/) Votezdans U Tfc-marque (Z)ics paroles 4*Mczeiai,
(s4) Bran-tôme , Mé-moir, Tam.Lpag.zsiz.
(ss) Là-mt-
mi,f«g.zSs.
(S«) J‘ n’aipoint ouï direni let*
paravant ils
fujsent plfts
gens de bien ifsmieux vi~i >ans', iAf enleurs JSve-chez. & sAb-bayes ils é*toient autantdebauchezquegens d'arints»Brantôme »Mémoires,Tom % /,
2S2»
(î7) La~mî‘me, Pag, 285.
(sf) jurieu,Apologiepour les Ré-fotmateuis,Chap. Vil,pn.e- rxi iyftiv.
(S 9 ) C’cfi itD avilîtMezeraiparle. Voiciles paroles decet Italien,pa%. ni. t zdu l Livre .Cominciol’origine d!quelta dis—íensione in—sino aï tem-po del Rèîrancescoil Primo, ilquale ben-che fa cessetal voltaqualche lè-vera risolu-tione.occu-pato non-dimeno delcontinuonel trava-glio délieguerre stra-niere ò per-ntesse, ònon lì avid-de, che an-daflèro ail*hora ser-pendo !prìncipiì diquesta piutosto dis-pregiata 8codiata chetemuta òavertitacredenza.
( 60) Meze-rai , Hist. deFrance,
Tarn. It,pag. ío}?.
( 61 ) Ovid.Àletam.
Lihr. I Ç'.
75» ; mais aulieu de juvat,il dit pudet.[6z)0 utìnat»arjuerem fie ,ut non vineerepojpm 1 Meenisérum.’quare tam lo-ua causa me»est ? Idem,Amorum ,
Lìbr. II,
Eleg. V. f. 7.((,%) Brant.
Vie deFrançois I,au I Tome
díiMemoit.pag. zji, '