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Tome second. C - I.
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F U G G E R. FULGINAS. FULVIE.

fi 6

Bcatus Rhenanus nous donne une grande idée de la magnificence, Sc du bon goût d* A N-toi ne Sc de Raimond Fugger. II décrit la beauté de leurs maisons, 8 c de leurs jar-dins. On y voioit d’excellens Tableaux, Scies Plantes les plus considérables qui fussent en Italie,8 c beaucoup d’Antiques (Z)). Voiez la Lettre qu’il écrivit au Médecin de l’Èlecteurde Maiencele 6 de Mars ipzi. C’est la cinquantième de la Centurie des Lettres Philologiques recueillies 8 cpubliées par Goldast.

(D) íls avoient beaucoup d’Antiques.] Raimond Fug- Adeo nullius fumptus Eaimundum pœnitet ob amorem,quem It-ger n’épargnoit rien pour en faire une bonne provision : il terarum minime expers erga antiquttatem gent , modo pojftt ta-n’étoit pas ignorant, 8c aimoit beaucoup l’Antiquité. Nar- libus rébus potiri. Id quod vere nobilem ex generosum botnwttrabatur vero nobis ex toto propemodum orbe convebla fu'tjfe ea animum oftendit (9).

vetuftatis monumenta , pr&cipue tamen ex Gracia atque Stcilia. (9) Beacus lUicoanus, n.fxi Goldast. Cectuiia Epist. rhilolog.f<<j. ***•

(«} Epitom.de Sicil. &Apul Regib.Cap. XXIX,

XXXIX ,comme Vos-sius, de Hift.L a t. pag.

6 íi, a cité.

(1) Alex*ab Alexan-dco % Geuia!«Dier. Libr .17,0*. /,pag. m. 391,3 91-

FULGINAS, ou DE FULGINEO (Sigismond) est compté parmi les Savansdu XV siecle. II a fait l’Histoire des choses qui se passèrent de son tems. Felinus (a) y ren-voie touchant les démêlez de Sixte IV avec Ferdinand Roi de Naples. Voífius auroit pu co-noître mieux que par cette citation en quel tems a vécu Fulginas, ,s’il avoit songé au prémiesChapitre du V 1 Livre des Jours géniaux d’Alexander ab Alexandro. On aprend là que ce dernieravoit eu dès ía jeunesse une grande liaison avec Fulginas, homme docte, fort emploie par lesPapes, 8 c qui déroboit autant de tems qu’il pouvoit à ses affaires, afin de lire les bons Livres,ou d’écrire les Annales de son tems. L’idée qu’on nous donne de ses richesses 8 c de fa table estfort netite (A), 8 c fort au dessous de celle de son esprit 8 c de son savoir. II fit des Vers en Latin furîa mort de Barthclemi Platine, ou il prend la qualité de Sécrétaire Apostolique. On les a pu-bliez à la fin des Oeuvres de Platine, qui mourut l’an 1481 . Je ne le remarque qu’afin quemon Lecteur puisse mieux savoir en quel tems Fulginas étoit au monde. 11 est peu conu desBibliographes.

II étoit encore en vie l’an ifii. Cela paroît par une Lettre que Bembus lui écrivit. C’est1 ' III du V Livre. La Lettre précédente écrite le zy de Novembre ifio fait voir que Fulgi-nas étoit au service de Jules II, ôc qu’il est l’un des principaux Interlocuteurs dans le Dialoguede Bembus de Urbini Ducibus.

(. A ) L’idée qu on nous donne de ses richesses CX de fa tableest fort petite.] Jugez-en par ces paroles d’Alexander abAlexandro ( i ). Nonnunquam in fuo pradiolo in monte Ja-niculo , miro profpeblu ex collibus amoeno , ubi adiculas habe-bat , cum amicis fe recipiebat , ibique lepidis jucundisque fermo-nibus , id quod erat laxamenti , una familiarijstme conferebat.Praftabat nonnunquam nobis ipfe cœnulam , ut non nimis info-lentem , fie profeílo fobriam ex modeftam , ac temporibus con-

fentaneam : & ut erat ipfe comis , facilisque natura , ita fa-cilem nobis viílum , non exquifitis valde obfoniis apparabat,fiquidem afparagos altiles acido vino ex pipere conditos cumjufeulo tepidulo , ac ferculum cucurbita , cum immaturtuva ibidem expreffa , ex decoéla largo fucco , quibus perliben-ter vefcebatur , obfonia nobis exhibebat .- addebat etiam py-rum pomumqut perficum miro odore fragrantia. Post coenu-lam exc.

(a) Nibil mu-lìebre frétercorpus ferens.Fat er cul us,Libr. Il,Cap. LX XIV.V.itz.ie'^t-merq, (^i).

(b } Voicx. leTlcmarq. (Z)4 U fin.

(t) Dio,

Libr.XLVIII,peg. m. 414.

( i) Idem yMd.peg. 409,4T0.

(?) Plu-tarch. inAntonio,pag. 920. D.

(4) Fulvie

avoit pndu

ttn eutre Maridepuis Cto-diut-ybr ainfiPlutarqu:

idtíh pointlofiez, execi.

FULVIE, Dame Romaine, qui découvrit la Conjuration dc Catilina. Voiez la Remar-que D de l'Article suivant.

FULVIE, femme de Marc Antoine, n’avoit rien de son sexe qu’au corps (s), car sonesprit 8 c son courage ne respiroient que la guerre, 8 c que les astàires publiques. Après la bataillede Philippes gagnée fur Brutus 8 c fur Cassius par Octave 8 c par Marc Antoine, ce dernier passaen Asie pour mettre ordre aux affaires du Levant. Octave revint à Rome 8 c fe brouilla promte-ment avec Fulvie, 8 c ne put terminer ce différent qu’à coups d’épée. Cette femme prit les ar-mes, 8 c les sit prendre à Lucius Antoine frere de son mari (A). Cette levée de bouclier nefut favorable qu’à Octave qui obtint une pleine victoire fur scs ennemis, après quoi Fulvie passaen Grece, 8 c y mourut d’une maladie que le chagrin lui cauíà (B). Elle laissa deux fils (b)-Les passions de femme avoient eu part à la guerre qu’elle excita contre Octave (C). Elle avoit

eu

(A) Cette femme prit les armes , ex les fit prendre à LuciusAntoine frere de son mari.] Entendez cela au sens le pluslitéral , puis qu’il est certain qu’on lui vit l’épée au côté.Elle ne fe contenta pas de se retirer à Preneste , 8c d’enfaire sit place d’armes : elle ne fe contenta pas d’attirer làles Sénateurs 8c les Chevaliers de son parti, & d’y tenirconseil avec eux , 8c d’y publier souvent des Edits selonl'exigenèe des cas. Elle s’arma personnellement : elle donnale mot aux soldats ; elle les harangua en plusieurs rencon-tres. ICtf/ 7 í 'rsív'ttc S’tevfeáo'Siiv cc v t i ' 077 OT s xocit ç ; ç Troc-

pt^ánvTO , r.ott c-mQr.uttTa. T oie, çpttTtÚTaiç íPlSg y iPr.myépst

te tr «ûtoÎç TiXÁáxii. Id quidem mtrandum adeo non est quumgladio etiam fe accinxerit ipfa , tefseram militibus dederit , fape-numero concionem apud eos habuerit (1). L’Historien qui m’a-prend ces choses dit qu’en l’an 713 Publius Servilius 8c Lu-cius Antoine furent Consuls de nom, 8c que ce dernier 8cFulvie le furent d’effet. On nous fait entendre ensuite queLucius Antoine n’avoit de l’autorité que pat le moien deFulvie, 8c que ce fut elle qui lui procura l’honneur dutriomphe ; car il ne put l’obtenir qu’après lavoir engagéepar ses soumissions à lui rendre ses bons offices. Auffi tira-t-elle plus de vanité de ce triomphe , que le triomphateurmême (z). II est bon de voir ce que Plutarque dit de Ful-vie (3)* ^stAioto txyxutvoç 7r.v \\.>íùiPíùj roi ortteteycaytn ervv-• ’.r.v/j-y s Tct^ao-icit, úiì oìxtspim tpoorùv ywatoiy 0 ì «>—tbtùíTiS XgCiTslv y uPeXÙ doprítv. tCOtì Ç-çotTr,-

70x-,fitsI.oy.EvoV ce ç te iVA :OTrurçcti CtCcl rz.idAíÍí<!>«Aì>,« T*5 A’oTama yv.r.i-'ixJarix' òtpttP.en , orúrj xtipoiStitctíi 7rE.yx.iosc yayrv.Evoo àor ur.eccéírlbcx.t yvroitKch y 7rttstcc-

XerstttTM cevroy. Fulviam Clodii, plebis concisatoris y-viduam (4)uxorem dttxtt, mulierem non ad lanificium aut ad rei familia-ns admtmfirationem saeiam, neque in virum contentam domi-

nari privatum, fed qua imperanti imperare ex ducem volebatducere : ut mercedem Fulvia, quod ancillari Antonium docuijft 1fœminis, debuerit Cleopatra , qua plane cicurem atque à tyrO'cinio ìnstitutum ad obtemperandum mulieribus recepit. Voilàune femme qui à la chasteté près n’étoit guere dilìembla"ble a la Camille de Virgile ( ;) : la quenouille n’étoit pointson affaire; les soins domestiques n’étoient point son occu-pation ; dominer fur son mari au logis n’étoit point un avan-tage qui la contentât ; elle vouloir auffi le maîtriser au de-hors; c’est-à-dire entant qu’il avoit de grandes charges pu-bliques. Cleopatre n’eut pas beaucoup de peine à le ré-duire sous l’obéissance d’une femme, il avoit apris eettesoumiffion en bonne école.

( B ) Elle mourut en Grece d!une maladie que le chagrin f* 1causa. ] Marc Antoine aiant apris les désordres de l’Italje.'fe mit en chemin pour y aller remédier. Etant arrivé aAthènes, il y trouva fa femme, qui avoit été contraintede fe sauver hors de l’Italie. II blâma extrêmement les au-teurs de cette guerre; c’est-à-dire Lucius Antoine, Fuso*»8c Manius ( 6 ). Quand il continua son voiage, st l a '* *Fulvie malade à Sicyone ( 7 ). Elle y mourut quelque te®après; la nouvelle en fut aportée à son mari pendant jsiégé de Brindes l’an 714. II y a bien de l’aparencela reçut avec joie; car il s’étoit mis dans une colère extrê-me contre Fulvie; 8c quoi qu’il fût en partant de Sicy°, nqu’elle étoit tombée malade à cause qu’il l’avoit grondesil ne lui rendit aucune visite, ce qui avança la mort de cetorgueilleuse femme (8). ^ , ,7

(C) Les passions de femme avoient en part k la guerre f.excita contre Offave. ] La fille qu’elle avoit eue de C.oa>fut mariée à Octave, 8c répudiée quelque tems après. *■tave jura qu’il n’avoit point consommé le mariage; rn^

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