GALLUTIUS. GAMACHE. GAMBARA.
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GAI LUTIUS (Tarquin) né en Italie l’an 15-74» cntia chez les Jésuites l’an 15-92, &y devint très-illustre II enseigna la Rhétorique dans le College Romain pendant dix ans, & laMorale 1 pendant quatre ans. II mourut à Rome le 18 de Juillet itf 4 P, dans le College des Grecs,dont il avoit été Directeur dix-huit ans (*)• 11 est: Auteur de diveis Ouvrages (A).
( ) Il est Auteur de divers Ouvrages. ] II prononça quel-
? Ue ® Harangues devant le Pape qui ont été imprimées. CeM lui qui fit l’Oraiíbn funebre du Cardinal Bellarmin, quiut aufiì imprimée. Plusieurs autres de ses Harangues re-tenues en deux Tomes, & plusieurs de ses Poésies en troisivres^ ont vu le jour. On a de lui deux Volumes de Com-, enta ires fur la Morale d’Aristote, imprimez (1) à Paris. Sebastien Cramoisi in folio. Son Livre intitulé Vin-ones Virgiliani ,z? Commentarïi tres de Tragœdia > de Co-.*> de Elegia, imprimé à Rome lan 1611 (z), est bienuneux. Son dessein " a été de justifier Virgile à quelque" que ce fût. Pour cet effet il raporte toutes les ob-" J e< aions qu’st a cru pouvoir faire fur divers endroits de” ce f°ëte. Mais il y en a plusieurs qu’il n’a point pro-" Ppfees dans toute leur force, de peur de s'oster la facili-» te d y répondre. Néanmoins parmi quelques raifonne-» mens assez foibles, il s'en trouve d’assez raisonnables,» loutenus même de beaucoup d’humanitez , & de beau-» coup d e belles maximes cencernant l’Art Poétique (3) ”.r - oaillet indique là une ruse qui n’est que trop ordinaire
dans toutes sortes de Disputes, & principalement par-mi Messieurs les Controversistes. Quand ils ne se sen-tent pas capables de répondre à une Objection, ils enôtent la principale dificulté; c’est désarmer son Adversai-re avant que de l’attaquer. Le P. Gallutius publia àRome fan 1633 le Renouvellement de l’ancienne Tra-gédie, & la Défense de Crispus. Cet Ouvrage est en Ita-lien (4).
Ce jésuite est sans doute le même Orateur que Bal-zac loue dans les paroles que vous allez lire. J’avois aprisen Italie, dit-il ( y ), que pour escr'tre comme il saut, il sefal-loit proposer les bons exemples , zv que les bons exemples estaientenfermez, dans un certain cercle d'années, hors duquel il n'yavoit rien qui ne fust, ou dans l’imperfection de ce qui com-mence , ou dans la corruption de ce qui vieillit. Avec ce princi-pe je m'eflois trouvé d ta Harangue funebre du Cardinal Bel-larmin, z? f avois constderê ce grand z? admirable Jésuite, quiavec la dignité de ses gestes, les grâces de fa prononciation , z?l’éloquence de tout son corps, qui accompagnait celle de fa bou-che , me transporta en esprit dans l’ancienne République,
GALLUTIUS (Ange) natif de Macerata en Italie, se fit Jésuite l’an 1606, âgé dc
^eize ans. II se fit estimer par son Eloquence Lc par ses Vers. II enseigna la Rhétorique dans le
Oollege Romain pendant vingt-quatre années, & il mourut à Rome le z 8 de Février 1674, âgéc * e plus de quatre-vingts ans (a). II est Auteur de quelques Ouvrages (A).
{A) il est Auteur de quelques Ouvrages. ] De quelques Ha- Cette Histoire est en Latin : elle fut imprimée à Rome^figues Latines, Lc d’une Histoire de la Guerre des Pais- l’an 1671, en deux Volumes in folio. On l'a rimprimée
“as, depuis l’an 1593 jusques à la treve conclue l’an 1609. en Allemagne, in 4, l’an 1677.
GAMACHE (Philippe) en Latin Gamachœus , Docteur de Sorbonne, ôc Professeur enThéologie dans l’Université de Paris, a passé pour un des habiles Théologiens du XVIIsiécle. 11 étoit né l’an 15-86, & il mourut le zi de Juillet 1615- (a). Ses Commentaireslur Thomas d’Aquin intitulez Summa Théologien (S), font fort estimez. Voiez ci-dessus (c)Ce qu’il diíbit de St Augustin.
GAMBARA (Laurent) natif de Bresce, en Italie, sut un des bons Poètes Latinsdu XVI siécle. II vécut long tems à Rome chez le Cardinal Alexandre Farnesc (a). II pu-blia dans la même ville un Recueil de Poésies dont le Giraldi qui étoit bon Conoisseur, & qui n’a-voit pas trop d’indulgence, dit beaucoup de bien (A). Manuce a loué encore plus amplementles Poésies de Gambara (B) ; mais il se faut souvenir qu’il lui donne ces grans éloges dans desLettres qu’il lui écrit. Muret pasià dans une autre extrémité (C); car il parla des Ouvrages dece Poète avec le dernier mépris. On conte (b) que Gambara avoit fait des Vers trop libres, &un peu sales, mais que sc volant élevé à la Prêtrise, il les jetta au feu en présence de plu-sieurs personnes, quoi que le public eût une extrême impatience de les voir. 11 compose unOuvrage où il met les Poètes fous un rude joug (D) j car il ne veut point qu’ils touchent aux fa-bles du Paganisme. II mit en Vers Latins quelques Idylles de Bion, & y réussit assez mal sil’on s’en raporte au jugement de Barthius (c). II mourut à Rome vers la hn del’an 15-86, âgéde quatre-vingt-dix ans (cl).
GAMON
,.(- 4 ) H publia un Recueil de Poéstes dont le Giraldilt bpaucoup de bien. 1 Citons ses paroles: Vivìt adhuc Lau-fenttus Gambara Riulanus ex Brixia, cujus poemata nuper legi^ owí excusa non indigna illa quidem leétïone bonorum,nam ztTpoet ' Kn > ac stguris, c?" varia eruditione habetur infig-ut ' 0>n ‘ l versatur Bastlio nostro Zancho carijstmus amicus,
Us r V tts f? rm,ne faùle cognoscimus, z? Zanchi ipfius Epifto-si rmat j ' H ous verrons dans la Remarque suivante la con-Gamw n o j Ce st ue s° n vient de lire touchant l’amitié deambara 8e de Basile Zanchius.
Garnb ^f nuce ? }°ùé encore plus amplement les Poéstes deBasile^’-' J* M écrivit une Lettre (z) peu après la mort deliaison ■ JÏ . ms > de laquelle il le supose très-afligé , vu laI es rev 11 \ tII ? le si™ avoit été entre eux. II remarque qu’onlà. § ar doit comme les deux prémiers Poètes de ce tems-toi t r lai j,si u ’°n n'avoir pas décidé lequel des deux l’empor-n atH Ur * autre. Fuit uterque vestrúm ad poeticam facultatemcïin^ a b r °P en sus, ac mire satins , ingenio ver o it a pares, ut,d'i s ner st° tam bonus poeta fit, quin volts primas in componen-extj Ve> - us P ar tes tribuat, quam confejfionem etiam ab invitisd-utnlf*. t°ematum comparatio, uter tamtn utri prastet, non-t re judicare qutfquam pojstt (3). Dans une autre Let-c 0tn * exhorte à continuer le Poème dont il avoit vu leeriCement avec une extrême admiration. Pataviììnsui eras > habebas in manibus egregium illud poérna de novispì-afeL V c °lumbo inventís : cujus ego cum exordium, multiscarmini' le S'í ef » > admirants gravitatem, b elégantiamme disse ’ - exc l a mavi, Cedite Romani, in qtto, adhuc, qui aquam r P' inveni neminem. quo magis te hortor , quant-non exfp J pero ' cu rremem, ut approperes, habeasque rationemJf tattonts modl nosira, verum etiam gloru tua, cujus
habes à natura praclarum seminarium, quod etiam studio exco-tis, tngemum tuum. Urbe igitur, nec mstitutum dimitte (4).Mr. I etlsier assure que Gambara a mis au jour cette Descrip-tion de la découverte du nouveau mtnde (5). Si cela est, l’ex-hortation de Manuce ne fut pas inutile.
(C) . . . Muret passa dans une autre extrémité .] II y afans doute une exagération blâmable dans les flateries dePaul Manuce; mais l’exagération opofée où Muret s'aban-donna est encore plus vicieuse. II écrivit ces deux Vers àla teste de son Exemplaire des Poéstes de Gambara :
Brixia, vestratis merdosa volumina vatisNon suât nostrates tergere digna nates (6).
Le Père Sirmond avoit vu cet Exemplaire dans la Biblio-thèque des Jésuites de Rome (7). Mr. Ménagé oposc àce jugement de Muret la louange que Mr. dc Thou a don-née à Gambara (8). S’ilse fût souvenu du Giraldi 8c deManuce, il les eût aussi oposez au sale & vilain Distiquequ’il a raporté.
(-D) Il composa un Ouvrage où il met les Poètes fous un ru-de joug. ] Lisez ces paroles de Mr. Bailler: 11 „ a fait un„ Traite Latin de K maniéré de rendre la Poésie parfaite,„ imprimé à Rome in 4 l’année de fa mort. II prétend fai-,, re voir dans cet Ouvrage qu’il y a une obligation indispen-„ fable à tout Poète, ou à tout Versificateur 8c Rimeur se,, disant Poète, de retrancher non-seulement tout ce qui peut,, estre mal-honneste, lascif, 8c libertin dans les vers mais„ encore tout ce qui sent la Fable & le culte des fausses Di«vantez (9) ''-L vous renvoie à la Réflexion que Mr.Ménagé fait là-dessus (xo). 1
(«) Nathan,
Sotuel, m
Biblioth.
Scriptor.
Societac.
J £ sii,f. 7 î 3 i
(A Sotuel,Biblioth.Script. Soe.Jelti.
(s) Balzac,Oeuvr. di-verfès, pag mm, 404,
(a) Sotuel,'Biblioth.Script. Soc,Jesu,p4g. 6u
(c) 7 \emar-que (f) dcF^ArticleAdam;(Jean),
(d) ThuaniLur.
LXXX1V,
7 S.
(4) Paul usÀianutius,Epist.XLVIILLtbrì IV,ftg. 2S1.
(s) TeiHìer,ÈlQg. Tam .•fr, pag. 71.Il ru cite queU Lettre *Manuce.
( 5 ) Ména-ge, Anti-Bsillet,
Tam. Il.pagJ
9 .
( 7 ) Là-mî -
me.
(*) Là-mê-
(») Baillet,Jugent, furles Poètes,Tom. I, num.1091 ,pag.
tu.
(10) Ména-ge, Anti-Baillet,
Tam. II,
(. 4 &