GOMARUS. GOMBAUL D.
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font pitoiables (F). On les a marquées presque toutes dans PEdition de ce pais. J’oubliois dedire que Scaliger n’estimoìt guere notre Gomarus (G).
(F) Lts fautes que Moreri a commises de fin chef font pi- ' fi passion. Quelle ignorance ! N’ést-ce pas une doctrinetoiables.] II a dit que le pere de Gomarus le mena en An- qui a toujours dominé dans la Communion de Geneve, ,gîeterre. Meuríius'ne dit point cela, & l’Auteur des Vies depuis Calvin jusques à présent? Ce que Gomarus pouvoitdes Professeurs de Groningue dit formellement le contrai- avoir de moins commun est de s’expliquer durement selon
re. II dit que le pere d. Gomarus se retira au Palatinat, l’Hypothese des Supralapsaires. Voiez les avis que Voffius , v jys,
& envoia son fils à Strasbourg. Monír. Moreri prétend lui donnoit (15). ; jpiflel*
qu’Arminius enseignoit une doctrine particulière à Leide , ( G ) Scaliger nestimoit guere notre Gomarus. ] Lisez ce c cCï c '
lors que Gomarus y fut apellé. G est un grand Anachro- Passage du Scaligerana. g»z' demandera à Gomarus e/ a pttgnisme. 11 y avoit dix ans que Gomarus professait à Lei- Snellius fi ce fiecle portera de plus grans hommes que les prece- Ei'<- jW! ,
de, lors qu’Arminius commença d’y enseigner. Mais la dens, ils respondront fans doute quoûi, par ce qu Us pensent »«'
plus étrange bévue de notre Auteur , 8c la plus inexcusa- eftre les plus fivans. Gomarus efl de Bruges, voilà, pourquoi Ubîe dans un Prêtre François, qui se devoit croire apellé à la est doêle : il a une belle Librairie , il a force Ramifies ; car U e ficonversion des Huguenots , est d’ávoìr cru que le dogme grand Analytique qui est la marque d’un Ramifie. U . î( , t
de la Grâce irrésistible & inamissible étoit une erreur où eftre le plus savant Théologien de tous. Il s’entend à la Òhro- fj ,
Gomarus tomba, pour avoir été pouffé un peu trop loin par nologie comme moi à faire de la fausse monnaye ( 16 ).
Sciss-ion, Hist.*?- i’Acï-dém. Frîa-«roi íè,p*g.m. H9.
(í) Préfaceda Trairez& Lettresáe Monír.Gombsudfar la R.eiî-gioB. MmsuColomiés,dans fa Bi-biiothequeChsdlìe ,f* t s í Al-is 2 ïiéìíiQK,
e&fcrve queMr. Canrs-aest f ArteurÀe Fr;-faee,
, fQLá-wône.
GOMBÂULD (Jean Ogier de) l’un des bons Poëtes François da XVII siecle, naquiten Xaintonge à St. Just de Lusac pris de Rroûage (a). On a pu voir dans le Moreri que non ièu-îement il fat aggrégé à T Académie Françoise dès le commencement de l’institution de cette Com-pagnie, mais auiîï qu’il fut de la petite Assemblée de beaux esprits qui précéda cette institution,& qui donna lieu à la fondation de cette illustre Académie. On a pu voir dans le même Dictio*naire quelques autres choses curieuses touchant Mr. de Gombauìd: je ne les répéterai point; j e«Rattacherai seulement aux faits qu’on n’y trouve pas. Je dirai donc qu’il étoit de la Religion(yf), & Gentil-bomme, (fi Cadet d'un quatrième Mariage , comme il avoit accoutumé de le dire luì-mefhte , par raillerie , pour s'excuser de ce qu'il n'étoit pas riche, fihfil étoit grand, bien fait , de bon-ne mine, (fi sentant son homme de qualité, ssue sa piété efioit fincére , sa probité à toute épreuve,ses mœurs sages (fi bien réglées, fihf il avoit le cœur au [fi noble que le corps, l'ame droite, (fi naturel-lement vertueuse, l'Esprit élevé , moins fécond que judicieux, Vhumeur ardente (fi prompte, fort porteà la colère , quoy qu’il eufl l'air grave (fi concerté, fihf âpres avoir achevé à Bourdeaux toutes setEtudes en la pluspart des Sciences , fous les plus' excellons Maîtres de son- temps, il vint à Paris, fa?la fin du Régne du Roy Henry le Grand , m il ne tarda guère à efire conû (fi estimé (b). 11 ne fatni des derniers ni des moindres, qui firent des Vers fur la mort de ce grand Monarque (c). 11 fu £
fort considéré de Marie de Medicis, (fi il n'y avoit point d'homme de fa condition, qui eujì T entréeplus libre chez-elle, ni qui en f ut veu de meilleur œil. Elle lui donna une pension de douze cens écus .s , Et comme il estait autant ennemy des dépenses superflues , qu’exact à faire honnestement lesnécessaires, il fit un sons assez "considérable, dc l’épargne de ces années d’abondance; ce qui„ luy vint bien à propos pour passer celles de stérilité qui y succédèrent , quand les Guerres„ Civiles & étrangères eurent diminué, & enfin tary les sources d’où les premières avoients , coulé. On le réduisit d’abord de douze cens écus, à huit cens; & ensuite, de huit cens,j, 2 quatre cens, où il est demeuré jufqu’à fa mort, fans estre payé néanmoins, depuis la guer-
(A) Il étoit de la Religion.’] C’est ce que les Continua-teurs de Moreri n’ont point dit: ils l’ignoroient peut-être;mais peut-être aussi qu’ils n’en eussent point parlé, encoreqa’ils i’eussent su. Quoi qu’il en soft, cette omission estvideuse ; car à moins que l’on ne voie dans un DictionaireHistorique imprimé en France , & composé par des Ca-tholiques Romains, qu’un Auteur ne professait pas la Re-ligion dominante, l’on supose ordinairement qu’il la pro-{tïOntreHve fessait; on le supose, dis-je , si l’on trouve d'ailleurs (1)eeU le qu’il est dans des postes honorables, comme dans une Aca-èíctat. démie de beaux esprits fondée par un Cardinal premierMinistre d’Etat ; qu’il est chargé de la commission d’exa-iníner les -Statuts de cette nouvelle Compagnie ; & qu’ildonne des Mémoires là-dessus. Afin donc de ne porterpas les Lecteurs à se figurer que Gombauìd étoit Catholi-que Romain , il salait dire nommément & expressémentqu’il ne Vétoit pas, & qu’il étoit Huguenot, sauf à joindreà cela des réflexions fur le malheur qui l’accompagnoit à cetégard. Les Livres que cet Auteur donna au public n’étoientguere propres à faire conoître qu’il étoit bon Protestant ;mats tout le monde a pu conoître cela par quelques Traitezposthumes qui furent imprimez ' en Hollande l’an 1678. Cefont des Discours de Religion , & c estaient de tous ses Ouvra-ges ceux que Gombauìd estimoit le plus. il les avoit composez,par un pur motif de charité, dans le dessein de faire conoîtrela vérité à ceux qui étoient dans terreur, zsf d'affermir dansla bonne creance ceux qui y étoient nés, ou qui ïavoient em-brassée. U se plaignait ordinairement de deux choses, l'uneque la pluspart de ceux qui écrivaient fur ces 'matières faisoientde trop. gros livres, eu ils entaffoient Preuves fur Preuves, vAàtsritez fur Autorisez, fans se soucier beaucoup, ni de Vor-dre , ni de la clarté. Et Vautre qtiils se perfuadoient que laDotlrine , cv VElégance, estaient incompatibles. Pour fairevoir qu ils se trompaient en cela, il composa ses Considérationsfur la Religion Chreftienne, lors qu il . efioit encore dans la vi-gueur de l’âge, ZSf il fit voir véritablement, qu on peut eftretout ensemble vigoureux & clair ; concis z? plein ; solide zsr élé-gant. Ayant communiqué cette Pièce à plusieurs de ses amis,c y mesme à quelques-uns de la Communion Romaine, elle futestimée de tous, & cela luy donna courage de faire ensuite leTramé de VEucharistie, t? un autre qu il adresse à un de sesAmis, fous le nom d’Aristandre. Pour les Lettres, il les afattes en un Age beaucoup plus avancé, excepté celle à un Pro-posant , qui est presque de mesme date que les Considérations furffacsflienne. ... Sa plus grande passion estait depublier CeS Lents, farce qu il estait persuadé qu ilsferaient uti-
les , d? peut-estre ri a-t-on guère vû dé homme Séculier avoir a U-tant de zèle pour la gloire de Dieu, ÍZ autant d’amour pottr ltprochain, qu il en avoit. Mais quand on aura remarqué dantses Ouvrages la ferveur de ce zèle, Z? quand on saura d'ail-leurs , que fa subsistance dépendoit presque indispenfableinetdde la Cour, on ne trouvera plus étrange qu’il ne les ayt ff !fait paroiflre durant fa vie. Pour empêcher que le Public ris 1 *fuft privé âpres fa mort, s'ils fussent tombez entre les f»ai >tSde quelques personnes d’autre Religion que de la sienne, i{ 1 <Smit fur ses dernieres années , en celles d'un de ses ancit níAmis, dont il avoit éprouvé la fidélité, & VaffeSlion, & Wfit promettre de ne s en point désaifir, z? de les mettre alíjour, des que la commodité s’en presenteroìt (z). On P eUtaisément conoître par la lecture de ces Traitez-là que Go®'bauld étoit aussi éloigné de la Communion Romaine q u ’ uBMinistre, mais d’ailleurs il doit être comparé à ces perfaun^qui ne font du bien à leurs héritiers qu’après leur mort.n’est pas qu’elles manquent d’afection, & quelles ne voul uS 'sent être libérales pendant leur vie, si elles le pouvaient êt&fans s incommoder ; c’est qu’elles jugent que la jouïíb ncede tous leurs effets leur est nécessaire. On ferait zélé P eUt (être au delà des justes bornes, si l’on condamnait cette Ç oBduite de Gombauìd. II ne fubsistoit que par le moien à t®pension de la Cour de France; & il n’en étoit paiéoppfant à mille difîcultez le crédit d’un grand Seigneur-crédit eût été trop faible s’il eût eu à surmonter les ob J efions prises de ce que Gombauìd aurait publié des OuEges de Controverse; & ainsi la publication de cette es?d’Ecrits eût ôté le pain des mains à son Auteur, u»?,roit-on donc pas trop rigide si l’on condamnait si®, rnagement, & si l’on trouvait étrange qu'il eût renvo®tems qu’il ne ferait plus le profit de ses Lecteurs ? - tbien y a-t-il de gens qui se fussent moquez de lui, S ! _perdu fa pension pour avoir mis en lumière ses Traite ^Controverse ? Ils eussent dit qu’il outrait la chante,qu’aiant plus de besoin de sa pension , que ses freres>voient besoin de ses Livres, il avoit dû prendre ses 1 - erres fur cette réglé , & remédier au plus pressé , tel Vc elì {son zèle par la prudence , & se contenter d être A ^posthume. La naïveté du Poëte Camés étoit fort 1dans cette Epigramme,
Plaise au Roi me donner cent livres,
Pour acheter Livres zsr vivres,
De Livres je m en passerais ,
Mais de vivres je ne fçaurois (z).
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JJCÙÍ 5,