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JUNON.
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de %ole -«de Voile,
(A Ex Pau-ian, Libr. V,Cap. XVI,pag.m. 417.
II y avoir dans cette derniere ville seize Dames préposées aux Jeux que l’on célébroit en son hon-neur tous les cinq ans. Trois classe^ de jeunes filles y disputoient le prix de la course, & descen-doient dans la carrière des Jeux Olympiques, Scia fournissoient presque toute entiere. Les victo-rieuses recevoient une couronne d’olivier. Les mêmes Dames failoicnt un scplus (/) qu’cllesconsacraient à cette Déesse tous les cinq ans(g). Au reste les infidéìitez conjugales de Jupitercroient d’autant plus inexcusables, que Junon avoit le secret de redevenir tous les ans pucelle ( N).Ses amours pour Jason n’ont pas fait beaucoup de bruit ( O ). Elle se tira honorablement despiégés qu’íxion lui avoit tendus (P). Si l'on en croit quelques Auteurs, elle n’eut de son mariaucun enfant; & toutes les fois qu’elle conçut elle le fit d’une façon tout-à-fait extraordinaire ( Q) :
mais
(8z) On pré-tendait , queson Simulacreavoit été con-sacré par Di-don quand élitbâtir Cartha-ge, Volez.Herodien,Libr. V ,
Cap. VI.
inclytit Argìvorum prtfides mœnibus : quam cunSlus orient Zy-giam veneratur , m omnis occident Lucinam appellat : fis meisextremis cafibus Juno Sospita, meaue in tantit exantlatìt la-boribus defejjat,n , imminentit periculi meta libéra. Cela re-garde directement Junon 6c fans équivoque. Le Passaged’Herodien touchant l’Uranie (81) de Carthage ne me pa-roit pas de la même force; car il nous porte à croire quecette Uranie n'étoit point Junon , mais la Lune. Or je neconsidéré point ici la Théologie de ceux qui réduisent plu-sieurs Divinitez Païennes à une, je m'attache anx idées dupublic, lélon lesquelles Junon a été adorée comme la sœurôc la femme de Jupiter, & comme un objet distinct de Mi-nerve, de Diane, de la Lune, de Proserpine, &c. Aureste je ne saurois faire attention au culte qui étoit renduà cette Déesse en tant de lieux (83 j, 6c avec tant d'apareil;je ne saurois, dis-je, y faire attention, lans croire qu’il scmêloit là-dedans je ne sai quelles impreflions de la coutu-me qui s’observe à p égard des femmes. Lors qu’une fem-me a part au Gouvernement, este est beaucoup plus iervie,honorée, respectée, que ne Test un homme de pareille au-torité. Considérez la maniéré dont on. fait la cour auxfemmes des Gouverneurs de Province, quand on faitqu’elles ont un grand crédit. Les honneurs qui leur fontrendus surpassent ceux que l’on rend à leurs maris. C'estl’usage de la terre, & on le transporte dans le ciel. Jupiterétoit servi comme un Roi , 6c Junon comme une Reineambitieuse , fiere, vindicative, qui partageoit avec lui leGouvernement du Monde, & qui aíìistoit à tous ses con-seils (84)» J’oferois dire que les excès où les C hrétiens fenoj utount Pont portez envers la Vierge Marie , excès qui surpassent« líhv- 1 tout cg j es p a j ens ont p U inventer en l’honneur de Ju-non , font sortis de la même source, je veux dire de l'ha-bitude que l’on a d’honorer les femmes, & de leur faire lacour avec beaucoup plus d’attachement 8c de respect qu àl'autre sexe. On ne sautoir fe passer de femmes, ni dansla vie civile, ni dans la vie religieuse. Qui auroit ôté à laCommunion de Rome ses dévotions pour les Saintes, &fur tout pour celle qu’on y qualifie la Reine du Ciel, laReine des Anges, on y verroit des vuides affreux ; le restes’en iroit en pieces, & feroit arma fine calce , scopa dissolut a.Erasme blâmant la coutume de saluer la Sainte Vierge enchaire après l’exorde du Sermon dit , Qu'elle va contre l'exem-ple de tout let ancient , qu il faloit plûtét imiter que je ne saiquelles gent, qui peut-être pour plaire aux sommet ont tn celasuivi let Payent (85).
( N ) Elle avoit le secret de redevenir tout let ant pucelle. ]Pour cela elle n’avoit qu’à fe laver dans une fontaine (86).Junon prenoit u» grand soin ( c’est un Auteur de Dictionairequi parle (87)) de se laver tout let ant dant la fontaine deCanathe auprès de Nauplie , que l’on apelle aujourd’huy Napo-li de Remanie, ou elle recouvrait toújourt son pucellage, t?cela la faisoit chérir de Jupiter, Pausan. Ub. 8. II n’est pasvrai que Paufanias observe que par là elle se faisoit chérir deson mari. II dit seulement que les Argiens parloient de cet-te réparation du pucelage de Junon, & qu’ils soudoient cediscours fur la pratique de leurs cérémonies occultes dansmiés, Rome j es mystères de cette Déefle. II y a bien des Ecrivains quiïiotestante, en c j tant un Auteur, ont le défaut de lui faire dire tout cequ’ils prétendent qu’il devoit dire. Voilà pourquoi on im-pute à Paufanias ce qu’il n’a point dit. L’Auteur de cettefausse imputation étoit aparemment plein de ce qu’il ve-noit de raporter : „ L’Histoire des Cherifs de Diego de„ Torrez dit que parmi les félicitez que les Turcs esperent„ trouver en l’autre vie, ils croyent que leurs femmes s’y,, prefenteront avec des nouveaux pucellages, cap. 74 ”.La fontaine de Jouvence, si chantée par nos vieux Poètes& par nos vieux Romanciers, n’avoit point autant de vertuque celle de Canathus.
(O) Set amourt peur Jason n ont pat sait beaucoup debruit.) Quelques Auteurs disent que Jason ne se procural’amitié 8c la protection de cette Déesse, que parce qu’il luiavoit rendu un bon service sans savoir qui elle étoit. Junondéguisée en vieille le pria de la passer au delà d’une riviere :il le fit, & il perdit même l’un de ses souliers en lui ren-dant cet office. Mais d’autres prétendent qu’il ne devoitqu’à fa beauté la faveur où il étoit. Junon ne put fe dé-fendre contre tant de charmes ; elle devint passionnémentamoureuse de ce beau garçon ( 88). Voici les Auteurs qui
parlent de l’autre Histoire. Peliat . sorte vidit Jaso-
ntm nudo pede venijse , qui dum Junonem trantmutatam inanut speciem credent mortalem petentem per vadum sluminittrantserret , altcram ex caligit in limo amiserat (89). Vousjasonem trouverez dans Hygin (90) ce même fait plus amplement
fitijft perpttl-
«hrum bine patet , qjuxta qftosrlam ipsajuno infant amore eumprofecuta suerit. Schoîiast.lindarUn Pyth. Od. IV, '"erirtacum Not. in EpístoJ. Ovidii, pag. 540.
( 89 ) Servius istEcìog. IV 'îfÇ j 1 .* Ver £. t *4 m <í>°) Hygin, Cap. XXil» Votez,
aujjl Cap, XIII, Apollonius RhodlUS, Libr.I” --
(S3) Nousdirons dans lit7 \‘,
quelque chosetouchant lesTemplesqtVelle avoitdans ? Italie.
(84) Volez,Hom exe
dans r Hym11e d*Apol-lon, quandil dit queJunon , àcause de lanaissance deMinerve » fesépara de sonm ri pendantun an , Oùtí
/u,iTtóivr& ,OÛTS 7 T 0 TSis -S ’CtìKOV
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A uresÇquÌvh w-Kivdt
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Nuuquam•ad cubiieJovis venicconsiiiarii,Numquamad thro-jium vrr-lium , sicu»ti antea,Cum ipsoíèdens,sapientiaconsultantconíilia.
(j5) Eras-mus, in Ec-clesiaste;,apud Colo
pag.zs.
(86) gui
ï'apelloitCanathus .
Eile étoit danslePeloponnefe.Votez. Pause-
nias, Libr•II,M fin.pag. 80.
< 87 ) Ceserde Roche-soit, Dic-tion. gene'-ral Sc cu-rieux , pag.
612,613.(88) *Oti£
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exposé, avec les marques de reconnoisiance qu’en donna Ju-non. Valerius Flaccus fupose qu’il faisoit un très-vilain temslors qu’elle reçut ce service ; Le il ajoûte que Jason la reco-nut pour une Déesse à l’effroi qui la saisit, parce qu’elle re-conut que ce tonnerre étoit la voix de Jupiter qui la rapel-loit. C’étoit donc un tems de fuite ; elle étoit sortie de chezson mari, èc n’avoit pas trop d’envie d’y retourner.
Omnipotent regìna, inquit, quam turbìdut atr»
JEthcre c&ruleum quateret cum Jupiter imbrtm ,
Ipse ego pracipiti tumiditm per Enipea nimbeIn campos esr tut a tuli, nec credere quiviAnte deam , quam te tonitru nutuque repofeiConjugit, er fitbita raptam formid'me vidi (91).
(P) Elle fe tira honorablement des piégés qulxion lui avoittendus.] Ixion , coupable d’un parricide (91) dont il ne.trouvoit personne qui lui pût donner l’absolution , reçutenfin ce bon office de Jupiter même. II en fut si méco-noissant, qu’il tâcha de faire porter des cornes à son bien-faiteur : il aima Junon 6c la pressa vivement de lui êtrecomplaisante. Elle n’en voulut rien faire, & se plaignit decette injure à Jupiter. Celui-ci voulant le convaincre del’attentat forma une nue toute semblable à sa femme, & lalaissa à la discrétion d’Txion , qui ne manqua pas de fairetout ce de quoi les personnes les plus amoureuses font ca-pables. De là naquirent les Centaures. II ié vanta en-suite d’avoir eu à faire avec Junon; 6c ce fut, dit-on,alors que Jupiter perdant paiience le précipita dans les en-fers, 6c le condamna au luplice de la roue (93). II n’a-git point en mari jaloux , car où trouverait - on un Ita-lien qui voulut souffrir que les galans de fa femme assou-vissent leur passion fur fa figure ? II empêcheroit , s’il le
pouvoir, qu'ils ne se divertissent avec elle par imagination6c en songe.
(IL) Hie conçut toûjours d’une façon extraordinaire.]Selon l’opinion la plus commune, elle ne fut mere que dctrois en fans, qui font Mars, Vulcain, & Hébé. Pour ce
Î ui est de Mars, elle le conçut par l’attouchement d’uneeur que Flore lui indiqua. Elle cherchoit à fe venger deson mari, qui avoit produit Minerve tout seul ; & à luimontrer qu’elle en pouvoir faire autant fans le secours d’au-cun mâle.
Protìnus hirentem decerpfi pollice florem ,'
Tangitur, ex taSlo concipit illa finu.
Jamque gravis Thracen ex lava Proponttdos intratFitque potens voti, Marsque creatus erat (94).
Pour Vulcain, elle le conçut de vent, par une vertu toutesemblable à celle des jumens d’Espagne (93). tífioix éi
loóioti xeíí oreçt 7Ííç H' jkç aSatrio unv îjjç crgòf rov aoSga ôftl-Muç Ò7T7!Vsptíov ctù tjî» , srcc7ée6 ye>v%erctt H <Pctiç-av. HtS atitefflfimilia etiam de Junone canunt , nempe hanc circa virilemcongreffum fubventanto conceptu gravidam puerum edidijseVulcanum (96). Ce fut pour avoir mangé des laitues avecbeaucoup d’apetit qu’elle devint grosse d’Hebé. Cette fillefut la Déesse de la Jeunesse, & servit d échanson aux Dieuxjusques au malheur qui lui arriva dans un grand festin. Elletomba, & fit voir aux Dieux tout ce qui étoit caché fous sesjupes. Elle perdit son emploi par cet accident (97). Jen’ignore point que selon d’autres, elle fut fille de Jupiter &de Junon par les voies ordihaires.
II faut réfuter ici Natalis Cornes, qui a été aparemmentle mauvais guide de quelques Lexicographes. II dit que Ju-non indignée de la naissance de Minerve pria le Ciel & laTerre, les Dieux célestes, les Dieux infernaux, de faire en-sorte qu’elle devint mere fans aucune intervention de mâle.Elle frapa de fa main la terre,. & au bout d’un certain temsla terre produisit Typhon (98). Pour prouver cela st citequelques Vers Grecs, qui signifient manifestement que Ju-non enfanta Typhon. N’est-ce pas bien entendre ce quel’on allégué?
d'f 7 TÛ 1 QLffi H*£ÏJ ettSCTS 7 } Aiï C TOCTÇt
Hvt ótect fptzvS'éx yeivstT A ’ôivrjv
E’v Kûpv<Py.
Hune (Typhona) irata Jovt pairï Juno edidit ohn*
Gfiuum fuh iílïus de vertice nata Minerva.
Homere dans l’Hymne d’Apollon raconte si clairement cet-te Histoire, que l’on a lieu de s’étonner que tant d Autey aient pris l’un pour l’autre. II dit que Junon aiant 1voqué le Ciel & la Terre , 6c tous les Dieux infernaux,pour avoir un fils fans l’aide de Jupiter, frapa la terrefit trembler, & prit ce tremblement pour un bon augure.& fe tint séparée de son mari un an durant, au bout duquei
( 9 rì Valer.flaccus,
Argon. I,Vers. Si.
(pz) Il evoittué traUreU-
fement U Evede son Bpouse.
■ pj) Tire é*NatalisCornes, t °
Mytholog.I.ìbr VI ’Cap. XVI-í quilf-e’
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Libr /r,Cap. U* "Voiíz.
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