N I C O L L E. N I D H A R D. yoy
Livres, parce que des gens de très-bon goût m’ont assûré que de tels faits accompagnez de Ré”marques font du ressort de ce Dictionaire, & qu’ils formeront des variétez qui délasseront lesLecteurs. C’eít la véritable raison pourquoi ici, & dans quelques autres rencontres, j ’en usecomme je fais.
Le Suplément que j'ai à donner à cet Article ne concerne que certains Ouvrages de Monsr.Nicolle desquels je n’avois pas fait mention (A).
les. On mi fit •voir en même tems , c'est lui qui parle ,un petitUvre intitulé, Le Jardin des Racines Greques mises en Fran-çois, avec un Traité des Prépositions 3 c autres Particulesindéclinables, & un Recueil alphabétique des Mots Fran-çois tirez de la Langue Grecque, & imprimé l'an 1647 parle foin, à ce qu'on difoit, de quelques Partisans du Jansénisme,pour servir d'infiruítion familière, tanl pour les petites E fioles,qu'ils avaient pour lors en trois maisons autour de l'Abbaye duPort-Royal des Champs , que pour celles , qui eftoient esparfis en- plusieurs Villages e? Châteaux voisins de cette grande Ville Ca-pitale du Royaume, cy ailleurs dans les Provinces. Nous avonsen ce College de Clermont quelques Efiholiers qui les y ont apri-ses veu enseigner à leurs condisciples, comme aujfi dans leCollege d’une des bonnes Villes de Picardie, qui n'efi pas desf .1 tabbe, plus efloignées de Paris (49). Quelques pages après il nousEtym \ a P ren< ^ st ue -Roi venoít de casser toutes leurs Ecoles. Jegiesde pi . râperai un peu au long ce qu’il remarque: on y verraî e «rs Mots" un esset de l’entêtement, & de la haine. Le Pere LabbeGantois. s’imaginoit que-ces Messieurs étoient capables de causerìmp~ tvn f M ®iUe désordres, par le petit Recueil de Mots François dé-p «rìs 7 n 1 rivez du Grec qu’ils avoient joint du Jardin des RacinesGn l6Sl * Greques. II représenta (50) à l’Académie Françoise l’énor-mité de cet attentat, & soutint que cette Secte de nou-y°) Dms veaux Hellénistes devoir être réprimée. J'ai qualifié,<tìs! ,n De '- dit-il (51), leur dessein du nom de Seéle, d'autant que ce quisu Etyjjfg a f alt t ar ^ es Hellénistes precedens n'a point eu de fuite,l°gies. n’a pas causé beaucoup de mal parmy nofìre jeunesse Frap-
fotse : mais l’entreprise de ces Messieurs àu Port-Royal, quij^ 1 ) t«-wé- peuvent prendre ponr devise, Legio nom en noítrum est, si’Préfact' e ll e avoit eu tout le succès qu ils avoient prétendu, alloit di-reêlement à la ruine des Langues Latine cy Françoise, cy souspretexte d'aprendre du Grec à leurs Efiholiers , jettoit dans desabsurdités cy ignorances insuportables, qui nous eussent enfinvendus ridicules cy mefprisables aux étrangers, cy à toute leurpostérité. Ils ont composé ce Recueil fameux en suite de leursRacines rimées, cy de leurs Méthodes Greque cy Latine, afinque les jeunes gens, qu'tls nourrijfoient ( non feulement commenous avons déja remarqué, dans les trois maisons voisines del'Abbaye du Port-Royal des Champs , que nous nommeronsquand il en fera besoin, & en plusieurs attires petites efiholeshargnes dans quelques Villages & Châteaux de la campagneaux environs de cette grande ville de Paris, mais encor au loindans des Séminaires cy Colleges des Villes cy Provinces plusej signées j peujfent puiser, comme dans une fontaine publique cyouverte a tous ceux de leur party , les premiers principes cy lesorigines les plus cachées de la Langue Françoise, aprenant parcoeur avec un grand soin les mots, qu ils prétendent avoir estépris cy tirez, du Grec par nos Ancestres. Mais Dieu s'est oposéà leurs pernicieux desseins, ayant inspiré œ noftre Trés-Chrestìert■Monarque LOUIS XIV la résolution de defendre cy empêchertoutes les assemblées illicites de cette Seéle, ott la jeunesse eftoitinstruite dans les maximes dangereuses du jansénisme , cy suçoites e berceau, pour ainsi dire, le lai fl d’une de s plus damnablesnerejies, qui ayt jamais attaqué l'Eglise. C’est se mettre encolere pour peu de chose, & voir dans la conduite de sesennemis une entreprise pernicieuse qui n’est qu’uji fantô-me. II est utile de recueillir les exemples de cette mauvaisepréoccupation.
(F) Certains Ouvrages de Monsr. Nicolle desquels je rìa-vois pas fait mention.'] ,, La Relation que M. de Marca„ avoit faite à sa maniéré, de tout ce qui avoit été fait», depuis l’année 1653 dans les Assemblées des Evêques au„ sujet des cinq Propositions, n’eut pas plûtôt été divul-», guée au nom du Clergé, que M. Nicole surpris d’y trou-
„ ver un tas de mensonges 8c d’impostures, se sentit obligé» de les faire connoître, pour empêcher que le monde„ ne fût séduit (3 z) ". Cet Ecrit de Mr. Nicolle „ avoit», pour Titre: Belga P er contât or : five Francìfii Profuturi„ Theologi Belga , super Narratione rerum geftarum in Con-„ ventu Cleri Gallicani circa Innocentìi X Conftitutionem,», Scrupuli, istius Narrationis opifici propostti, z; Februarii,, 1637. Quelques jours après l'on vit encore paroître„ deux Disquifitions Latines du même Auteur, fous le„ nom de Paul Irénée, où il demontroit qu’il n’y avoir„ point d’Heresie Janscnienne,& que c’étoit une pure fic-„ tion, dont les Jésuites fe fervoient (53) Ces deuxDisquifitions furent suivies de quatre autres en la mêmeannée (34). II écrivit en ióóz contre la Thèse dans la-quelle les Jésuites de Paris avoient soutenu le iz de Dé-cembre 1661 , que le Pape avoit la même infaillibilité queJesus-Christ, pour decider les questions de fait, aujfi bien quecelles de droit (3 3). II montra „ (36) combien cette nou-„ velle opinion des Jésuites étoit contraire auxLoix&aux„ usages de la France. Mais cet Ecrit étant tombé entre,, les mains de quelqu’un qui y fourra des impertinences,„ 8c qui le fit imprimer fous le Titre de, La Défense des„ Libertez de l'Eglise Gallicane contre les Thèses des Jésuites„ du College de Clermont, du iz Decembre 1661, cet Ou-„ vvage fut désavoué & suprimé par les Jansénistes, qui„ substituèrent en sa place le premier jour de Février Les,, pernicieuses conséquences de la nouvelle Herefie des Jésuites„ contre le Roi cy contre l'Etat: auxquelles on ajouta une,, Réfutation des chicaneries, dont quelques Théologiens tâchent„ d'éluder ïautorité des Conciles de Constance cy de Buste ”.Notez qu’on lui attribue les XVIII Lettres de l’Héré-sie imaginaire (57 ), qui parurent l’an 1664, 8c l’an 1663(58).
Disons un mot de ses Ouvrages posthumes. On impri-ma à la Haie en 1700 le Tome dixieme de ses Essais deMorale, & l’on fit savoir que ceux qu’il chargea de l’exé-cution de fes volontez ont entre les mains dijferens Ecrits decet Auteur célébré, qui n-ont point encore été imprimez., c yqu'ils aporteront tous leurs foins pour les mettre incessammentau jour. Volez Mr. Bernard dans ses Nouvelles de la Ré-publique des Lettres (39), 8c Mr. de Bauval dans son His-toire des Ouvrages des Savans (60). Je ne sai si l’oncompte entre ces Ecrits la Glose intérimaire cy les NotesGreques que Mr. Nicolle a écrites de fa main fur le TexteGrec de Lycophron (61) ; mais je croi bien que l’on y- comp-te le Traité de la Grâce qu’il composa quelques annéesavant fa mort. On assure dans l’Histoire des cinq Propo-sitions (6z), qu’il le composa contre le Système de Janfi-nius , de Mr. Arnauld, cy du Pere ----- ôc qu’il neréfuté autre chose dans tout cet Ecrit que la nécessité physique,c'eft-â-dire inévitable cy absolue de faire le mal qu on fait : cyque c est pour la réfuter qu il reconnoist en tous les pécheurs unegrâce suffisante qui les tire de cette nécessité, en leur donnantun pouvoir physique, entier cy absolu, à'éviter le mal-, pou-voir sans lequel ils ne fçauroient estre coupables de ce qu ils font,cy en vertu duquel il est vrai de dire des plus endurcis qu'tlspeuvent s’abstenir du mal, autant qu il est vrai qu un hommed'honneur cy qui est dans son bon sens pourrait, s’il voulait,faire, à la ve'úe de tout le monde, les plus grandes extravagan-ces. C'est l'exemple dont fi sert M. Nicole. Ce Traité deMr. Nicolle sur la Grâce fut imprimé l’an 1699, & rim-prìmé Tannée suivante. II ne contient que 105 pages in iz.Vous en trouverez T Analyse dans le Journal de Trévoux
(63 )•
(íî) Histoiredu Jansé-nisme,
Tom. II,pag. 329 Editaâ'iAmftird*1700.
^5?) Lk-rnì'Wipœg* 3 S U
(54) Là-toiê-
334,
335 , 371 »374- 375.
(55) Là - mt *.me, Tom, 77/,
M* r.
(5 6) LÀ - mi -me, pag. 6.
(í7) 11 yena X qui ontpour Titre£es Imagi-naires, &
Vj II qttiS intitulentUs Visio-naires.
(58) Voiesz
/'Histoiredes cinqPropositionsde Janfé-nius, pag %293.
(59) Moisd* Mont*702,
ZI Î, 214.
(tfo) Moisd*\Aoîtt1700, paf.
3$7 &s*iv.
( 6 x) Votez, laPréface de UTeîemaco-manie , pag*
(63) MuMois de Man& cPMvriL1701, pag.182 Í 7 fuiv*de PEditionde Hollande*
NIDHARD (a) (Jean Everard) Confesseur de la Reine mere de Charles II R°i Wd’Efpagne, naquit le 8 de Décembre 1627 au château de Falkenstein dans l’Autriche {sî}- st Nbuá'se fit Jésuite le f d’Octobre 1631, 8c aiant fait toutes fes études il enseigna la Morale, la Phi-losophie, & le Droit Canon, dans T Académie de Grats. II y eût enseigné la Théologie Scho-lastique, si l’Empereur Ferdinand 111 ne l’eût fait venir à fa Cour (A). II fut d’abora Confes-
b) (-d) Il naquit . . . au château de Falkenstein. . J Le
íst* Bibliothécaire des Jésuites ne nous dit rien (1) de la Reli-ìésfifi * gton du pere 8c de la mere de Jean Everard Nidhard ; ilfyd fe contente de nous aprendre qu’ils étoient nobles. II yv» 1(15 mâií a âes Relations qui assurent qu’ils étoient bons Luthériens.iy v ‘rrt^ Madame d’Aunoi aiant dit que les Ministres d’Etat eurent««Jf" * à chagrin de ce que la Reine mere (z) avoit disposé sans2“' ‘‘qx’a ^ Ur P art icipation d’une charge tres-importante ( 3 ), cy en sa-sts*m veu r d'un étranger (4 ), cy qui étoit né cy avoit été nourriJxsqu’à l’âge de quatorze ans dans la Religion Luthérienne,met en marge ces paroles : „ Bien qu’il soit vrai qu’il eûtU) Mé, . " àé Luthérien, 8c qu’on le lui objectât, il le nioit fstr-^ S de]'* 01 ' » tentent, parce que cela Tauroit exclus de cette char-Pa»'’ r d ’ Es - ” ”• Le Pere Sotuel, dédiant fa Bibliothèque des
«.r 1 '. 1 p att -
!,í <lu p trt v■ 6 Elit. de Hollande. (}) Celle d’ Inquisiteur Général. (4) C'efl-
aid ’ ( s ) Mémoires de la Cour d’Eíjwgne, l Partit, ?“£. 7,
T 0 M. III.
JCTUUCÒ rtu '-'‘uuaiuu --- ----- -
niere (< 5 ): §uando clara memorh, dit-il, Gtnitor Eminen-tiœ vestra à Principìbus Austriaás Commiffarius Generalis con-stitutus ad expellendos ex hareditariis ipfirum provináis ha-reticos , id ille ingenti anlmi fortítudine ac zelo praftitìt, quan -•As non fine discrimine vit a sua, cy jaStura sortunarum
<ju*on pottìroit prétetqtdil ré e flpas contrai
à Madamd’Aunoi ;
tar de C e e
T&HCQS , tbitO *//£(,/***
tumvis non fine difitnon exigtia.
Le Pere Baron raconte qu’il a ouï dire à un personnage Ie Ptre" adigne de foi, que notre Nidhard avoir été Capitaine de ^ u!te tcavalerie, & qu’il étoit homme fait lors qu’il abjura le Lu-théranisme qu’il avoit succé dès l’enfance ( 7 ).
(B) Si l'Empereur Ferdinand III ne l'eút fait venir ' rCour.] Madame d’Aunoi n’en parle pas de cette maniéré*
voici
Emhérten jttfa en iSzï , que son fils avoit quatorze ans,Apoiog. Otd. Prœd, Tom, I, çag. 524.
S S S
hard a í,chargé deCommijjìo,de cbajferLuthérienil ne í'é»pas (fiéiln* ait pu t
(7) Vincent.- Baron
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