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Tome troisieme. K - P.
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M-

OVIDE.

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il faloit donc qu’elles fussent toute fa ressource. S’il eût trouvé des gens à qui.il eût pu réciterses Poésies, il eût versifié avec plus de satisfaction y car il avoue que marcher dans les ténèbres,& faire des Vers qu’on ne peut lire à personne, c’eílla même chose (p). II eut entre autresbonnes qualitez celle de n’être point satirique, 5c il étoit pourtant trés-capable de faire des Verspiquans comme il le fit voir dans son Poème contre Ibis (S), car il n’y éut jamais de^ nins

amer que celui qu’ìl y versa, ni des malédictions ou des anathèmes, plus atroces. II l’épeu après son bannissement.

fiel plusécrivit un

(p) Volez. la%çm. (\)Citât , 151,

/p) Idem,y I", e tonto,

f'fi. X,

21 .

■ so«) Idem,

f e Ponto

UW. m

ix,

*• )s>.

Idem,t. s.

Non bac immodico contraxi damna Ly&o :

Sois, mihi quam filetpane bibantur aquet.

Non epulis oneror, quarum fi tangar amore,

Est t amen m Geticis copia nulla locis,

Nec vires adimit Veneris damnofa voluptas ,

Non foles in metfios illa ventre thoros.

TJnda locufque notent , ey causa valentior istisAnxietas animi., qm mihi femper adest (158),

Disons un mot fur la maniéré dont il corrigeoit ses Ou-vrages : if avoue là-dessus fa négligence & fa paresse ; ilconvient qu’on avoir raison de le critiquer à Rome sur cequ’il répétoit éternellement les mêmes choses danslesPoé-sies qu’il derivoit pendant son exil (159). Ce défaut ne luiétoit pas inconu, & il tâchoit de le corriger ; mais la vi-vacité qui l’animoit dans la prémiere composition , luimanquant lors qu’il revoioit ses poésies il trouvoit la cor-rection trop pénible, 8c il l’abandonnoit. Ce n’est là quel une de ses excuses. II est certain que plusieurs Auteursen font logez-là. Ils composent avec plaisir 8c avec ar-deur , &c de là vient qu’ils étalent toutes leurs forces; maisils ne bâtent que d’une aile quand ils font la révision deleur Ouvrage: le préinier feu ne revient point,il y a. dansleur imagination un certain calme qui fait que-leur plumene peut avancer qu’avec mille peines. C'est un bateauqui ne va qu’à force de rames. Si vous voulez savoirce que dit Ovide sur la correction de ses Ecrits lisez cesVers-ci:

fudicium t amen hic nostrttm non decipit trror,

Nec quicquid genui, protinus illud amo, 1

Cur igitur fi me video delinquere , peccem ;

Et patiar firipto crimen inejfe, rogas ?

Non eadem ratio efi , fentire , cr demere morbos.

Sens m inest cunfiis, tollìtur arte malum.

Sape aliquod verbum cupjens mutare relinquo :

Judicium vires defiitmntque meum.

Sape pige t ( quid enim dubitem tibì ver a fateri?)

Corrigere, ©r longi ferre laboris onus :

Scribentem juvat ipfefavor, minmtque laborem,

Cumque suo crefiens peHore fervet opus :

Corrigere at res est tanto magìs ardua , quanto -Magnas Aristarcbo major Homerus erat.

Sic animum lento cur arum frigore ladit,

Ut cupidi fi quis fr ana r et entât equt (160).

(S) ll avoit entre autres bonnes qualitez. celle de n’êtrepoint satirique. ... ll n’y eut jamais de fiel plus amer quecelui qu’il versa dans son Poème contre Ibis.] 11 se vante den’avoir jamais attaqué personne par des Vers piquans, &il représente cela à l’Empereur pour lui montrer que íises Muses lui avoient déplu à d’aptres égards, elles méri-toient du suport puis qu’elles avoient été toujours éloi-gnées de l'esprit de malignité.

Non ego mordaci dtstrinxi carmine quemquam ,

Nec meus ullius crimina versus habet,

Candidat à salibus suffufis selle refugi:

Nulla venenato littera mifia joco efi.

Inter tot populi, tot scripti millia nofiri,

Gpuem mea Calliope laserìt, unus ero (161).

Voilà comme il parle dans un Poème qu’il fit depuis sonbannissement: je croi néanmoins que son Invective cori-tre Ibis étoit déja faite; car, puis qu’il ne se donne quecinquante ans à l’entrée de cet Ouvrage, il le composasans doute peu de tems après qu’il fut arrivé à Tomes,& fur les prémieres nouvelles qu’il y reçut qu’un certainhomme s’étoit déclaré son ennemi.

Temptts ad hoc, lustris mihi jam bis quinque peraclìs ,Omne fuit Musa carmen inerme mea:

Nullaque, qua pojfit , scriptìs tot mìllibus, exfiat,

Littera Nasonis sanguinolenta legi.

Nec quemquam nofiri, nifit me, lasere.libelli:

Artificìs periit cum caput arte sua. 7

Unus ( c? hoc ipsum est injuria magna , ) perennemCandoris titulum non finit este mei.

Cjuisquis is efi (nam nomen adhuc utcunque tacebo)

Cogit ìnasfuetas sumere tcla manus,

Llle relegatum gelidos Aquilonis ad ortus ,

Non finit éxjtlio delituijfe meo:

Vulneraque immitis requiem quarentia vexât ;

faâlat & in toto nomina nofira foro .-Perpetuoque mihi focìatam fœdere leSliNon patitur miferifunera flere viri (tóz).

S’il avoit eu cinquante-deux ans ou plus, il l’auroit mar-qué afin de rendre plus recommandable l’honnêteté qu’ilavoit eue de réécrire rien de satirique. Ce coup d’essaifut un chef d'oeuvre en ce genre-ìà : Ovide y (163) faitun ramas de tous les tourment qui se trouvent marquez, dansl'Histoire ou dans la Fable, pour Us Jouhaitter en malediêlionà son perfide Ennemy, lesquels il tire de deux cent trente neufexemples, qu un Professeur de Lettres dans l'Univerfité de Parisqui vivoit il y a prés de cent ans (164) , a distribuez, en qua-rante deux especes , dont il avoit dejjein de composer autant deChapitres (ióç), il s apelloit Stephanus liiehardus Nivernenfis.Le meilleur Commentaire que l’on ait sur cette Satire estcelui de Monsr. de Boiiîieu (166): II fut imprimé à Eionfumtibus Antonii Pillehotte Pan 1633 in 4 (187). Monsr.

1 Abbé de Marolles, qui est le premier qui ait traduit enFrançois cette Poésie d’Ovide, y joignit des Notes fortamples dont les meilleures font tirées du Commentaire deMonsr. de Boiiîieu. Cette Traduction fut imprimée àParis l’an 1661 ?» 8. ^

(l6l) (M-dius, Tïist,Libr. 22,

F. Z6z.

fi 6 r) Ovi-dius in Ibin,iniu

(1 63) L 7 Ab,bé de Ma-10 Iles, dansC ^Argumentde fa Tra-duction Fran*foi f c dti Poë+me contreìbis,

(164) CetAbus pariaitainsi Can1661 .

(sus) Cet.^bbé donnele Titre deces Chapitres

(ISS) Dio-nyíìus Sat-vaginusBoeífius.

(167I cn

bé de íila-rolies nttpoint f» (tia 3car il dit pag n67 , que cetOuvrage deMesliie De-nys dc Sal-vaing Sei-gneur deBôtisiea futimprimé àLyon qiiI6ZS.