PASCAL.
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(/) vo!k. u mal-à-propos qu’il y ait eu des Arrête de condamnation contre elles (L). On a publié quevTs'ufil les derniers jours de fa maladie il détesta cet Ouvrage, & sc repentit d’avoir été Janséniste (/) ;
mais
( 6 1) Voîex*
? .ArticleNlCOLLE,Ttemary, (L).
(62) CosiraoBrunecti,GentilhommeFlorentin , estP .Auteur dela VersionItalienne*
(6z) Gra-tien Cor-dero - deBurgos-, est? Auteur dela VersonEspagnole*
f64) EpîtreDédicatoirede /'Apolo-gie dés Let-tres Provin-ciales deLouis deJtfontalte,pag. 8 Edi-tion de ‘Bpuëni«97.
(65) On croitque c*est DomPetitdidier,Bénédictin deta Congréga-tion de SaintVannes .
(66) Riche-iet, lesplus bellesLettresïrançoisesfut toutesfortes de'lujets, Tom*U,pag. 322»zrz , Edit*d'Amster-dam 1698.
Il avertit <juerelui cjui afait la Lettredont ce passa-ge est tirésavellc 2Lr,
Bordellon,
Théologien de Saltsbourg, les mit en Latin, & y ajoutades Notes 8c quelques Dissertations (61). D'autresles mi-rent en Anglois, en italien (62.), 8c en Espagnol (63).J’en ai vu une Edition in 8 à quatre colonnes, qui con-tiennent le François, le Latin, l’italien, 8c l’EÍpagnol,deux colonnes dans une page, & deux colonnes dans l’au-tre; ensorte qu’en ouvrant le Livre on les voit toutes qua-tre à la fois.
Voici quelques Recueils qui nous feront voir ce quel’on juge de la nouvelle Réponse des Jéluites aux Provin-ciales, les effets qu’elle a produits, & diverses choses quiapartiennent à l'Histoire de ces deux Livres: „ Au bout,, de quarante ans on a vu naître des cendres de tant d’A-,, pologies foudroiées une nouvelle Apologie des excès„ des Casuïstes, Apologie d’autant plus dangereuse que,, l’Auteur y cache plus adroitement son but & son dessein,,, & qu’il y met en œuvre tout ce que sa Rhétorique lui,, a pû fournir d’ornemens 8c d’artifices capables d’éblouïr„ 8c de seduire le Lecteur. On est bien informé qu’elle„ a été imprimée contre l’avis du R. P', de la Chaise,con-,, tre la défense expresse de feuMr.l’Archevêque de Paris,,, contre toutes les lois de la Police. On l’a répandu avec„ profusion & avec une ardeur extrême. On l’a fait tra-„ duire en Latin par une des meilleures plumes de la So-„ cieté. On l’a fait mettre en Italien par un autre, 8c par„ ces divers mòiens on en a multiplié les Editions, on en„ a rempli le monde. Les Impressions qu’ils en ont fait„ faire en France, en Hollande, en Flandres,& ailleurs,„ 8c le foin qu’ils ont pris de le recommander & d’en,, faire acheter à leurs dévots & à leurs devotes, font juf-„ tement appréhender que ce Livre n’ait déjà fait beau-„ coup de ravage dans un teins où le relâchement n’est„ déjà que trop en crédit ík trop appuié. On avoit esperé„ que le 8. Siégé ne laisseroit pas courir impunément un„ ouvrage û dangereux; mais il faut que le nombre des„ grandes affaires, qui font depuis quelques années à Rome„ fur le tapis , ait fait renvoier à un autre tems l'examen,, d’un Livre rempli de beaucoup de faits 8c de citations,,, qu’on ne peut vérifier qu’avec beaucoup de loisir (64).C’est ainsi que parle l’Auteur Anonyme (65) qui a réfutéla Reponse aux Lettres Provinciales , eu Entretiens de Clean-dre z? d'Eudoxe ; c’est ainsi, dis-je, qu’il parle dans sonEpître Dédicatoire. Voions cet endroit de fa Préface:„ Les Entretiens de Cleandre zy d'Eudoxe , dont le bruit„ commun fait le P. Daniel Auteur, font donc la der-,, niere ressource de la Société. II a fallu près d’un demi-„ siécle pour produire un tel chef-d’œuvre 8c pour en for-„ mer l’Ouvrier : & dès qu’il a paru au monde, les cris de„ joye, qu’ils ont fait retentir par tout, ont bien Hit voir,, que c’étoit là le Prophète qu’ils attendaient; 8c son ou-,, vrage, le salut de la Compagnie. S’ils s étoient flattes„ d’entraîner le public dans ces mêmes fentimens d’estime,„ & de le forcer, par le brillant de cette nouvelle Défen-„ se, de fc déclarer contre M. Pascal, ce n’est pas à moi„ à dire s’ils ont été trompés ou non. Cependant, je fuis„ fort trompé moi-même, si malgré ce nouvel effort les„ Provinciales ne font pas toujours en possession d etre les„ delices des gens d’efprit, & un original presque inimi-„ table. Quant à Wendrock ; son illustre défenseur, il„ sera jusqu’à la fin des siécles un souverain Antidote con-„ tre le poison de la Morale corrompue, un Livre où les„ principes lés plus importans de toute la Morale Chrétien-,, ne font établis 8c défendus de la maniéré du monde la„ plus solide 8c la plus agréable, & une Apologie des Pro-„ vinciales que tous les efforts de la Société n’affoibliront,, jamais.
Je croi pouvoir dire que quand même l’Ouvrage du P.Daniel feroit encare plus ingénieux , & mieux raisonnéqu’il ne l’est , il ne feroit pas revenir les admirateurs desProvinciales. Lisez là-dessus les paroles qu’un Ecrivainqui étoffassiez critique, & assez porté naturellement à lacensure la plus mordante, a insérées dans l’une de ses Com-pilations. Il parois depuis quelque tems , dit-il (66), uneRéponse aux Lettres Provinciales , qui les bat entierement enruine , zsr qui cependant ne leur fera pas grand mal. Com-ment cela Je peut-il faire ì C'est que , quoique cette Réponsefaste voir évidemment les injustices outrées , les médisancesatroces , les jaujfetez injurieuses, répandues dans toutes ces Let-tres , contre une des plus cel'ebres Societez , qui soutiennent lesintérêts de 1‘Eglise-, cependatit , il y a st long-tems quelles ontmis par leur tour plaisant z? enjoué le parti des Rieurs (grandez fort petit) de leur côté , quelles font en pojfejfion d'une au-torité ztr d’un crédit qu il fera tres difficile de leur oter. LesJésuites auront beau rendre des services considérables à l'Eglisee? au Public ....... bien des gens ne laisseront pas de lire
avec un esprit de facile crédulité les Lettres Provinciales , z?ne voudront, pas feulement voir la Réponse , ni même en en-. tendre parler. En vérité la prévention est en cette occafion unjugement bien injuste, bien cruel , er bien opiniâtre , puisque(quoique ces Lettres aient été condamnées par les Papes, parles Evêques , par les Doâleurs , Z3“ brûlées par la main duFourreau par des Arrêts du Parlement Zir du Conseil d'Etat)
elle s’est mise en une telle pojfejston des esprits , quelle résiste àtoutes ces Puistances. II est certain que le zèle des Anti-Molinistes s’est rallumé pour les Provinciales depuis la Ré-ponse du Pere Daniel. 11s les ont fait réimprimer avec denouveaux Appendix ( 67 ), ils ont donné à cela beaucoupd’attention. Lisez ce qui fuit: „ Vous savez que feu M.,, Nicole, sous le nom de Wendrock, avoit publié en Latin,, les Lettres Provinciales avec des Notes de fa façon fort„ amples. Cet Ouvrage a été depuis peu traduit enFran-„ çois, 8c l’on prétend que c’est par une Dame de Paris.,, II a été imprimé à Lyon , en 3 Volumes in iz. La„ Cour eu ayant été informée, le Roi ordonna qu’on en,, saisit les Exemplaires. Cela s’exécuta avec fracas; mais„ fans succès. On alla chez les Associez du Sieur Anijfon„ soupçonnez de cette Impression, qui, à ce qu’on pré-,, tend, en furent avertis assez à tems pour en détourner„ les Exemplaires ; de forte qu’on n’en a trouvé aucun.», On en voit ici (Paris) qn’on vend présentement neuf„ livres; c’est à dire , le double de ce qu’ils se vendoient„ auparavant. II y a un Avertissement à la tête du pre-„ mier Volume , dans lequel l’Auteur dit, qu’il a fait„ cette Traduction , à cause que les Entretiens du P. Da-„ niel, qui parurent en 1694 contre les Lettres Provinciales,„ attaquent en François un Auteur, qui a écrit en Latin,„ 8c qu’il est bon que tout le monde puisse juger de ce„ différent. II y a ensuite une Histoire des LettresProvin-„ ciales, qui n’est presque autre chose \ que les quatre Préfa-„ ces Latines de Wendrock. Alafin,on raporte l’intrigue,„ qui fut ménagée à Bourdeaux, pour faire condamner les,, Lettres de Wendrock, par le Parlement (68). ,,
(L) Gjuelques Auteurs ont nié mal à- propos qu il y ait eudes Arrêts de condamnation contre les Lettres Provinciales.]Un Ministre aiant dit qu’<)» a brûlé z? lacéré par la main dubourreau la Censure de la Morale des Jésuites écrite par lesEcrivains de Port-Royal , les Lettres Provinciales , zsr les au-tres Livres qui ont censuré cette Morale détestable (69) ; voicice qui lui fut répondu : „ Mais où Mr. Jurieu s’égare-„ t-il? Car outre qu’on ne sçait point qu’on ait brûlé au-„ cune Censure de la Morale des Jésuites faite par lesEcri-,, vains de Port-Roial, & qu’il est faux en général qu’on,, ait brûlé 8c lacéré par les mains du Bourreau les autres„ livres qui ont censuré cette Morale , ni même les Let-„ tres Provinciales: quand tout cela feroit véritable, ce,, n’est pas par l’autorité de l’Eglise, mais par une autori-„ té purement seculiere que cela auroit été fait. Et par„ conséquent il ne le faudroit pas reprocher à l'Egli-„ se (70) L’Auteur qui parle de la sorte s’estnommé l’Abbé Richard , 8c c’est un fort bon Ami desJansénistes. Comment donc peut-il ignorer ce qui regardele destin des Provinciales dans un point lî important? De-yroit-il si fort négliger les Ecrits que les Jésuites opoférenta celui-là? Lui sied-ilbien de n’avoir jamais jette les yeuxfur P Arrêt du Parlement d’Aix qu’ils imprimèrent à la finde leurs Réponses aux Lettres Provinciales ? Voici la te-neur de l’Arrêt: „ La Cour après avoir ouy le ra port„ des Commissaires qui ont veu 8c examiné lesdites Let-„ tres, 8c veu scelles, les a déclarées 8c déclaré diffama-„ toires, calomnieuses, 8c pernicieuses au public : Et en,, conséquence ordonne qu’elles seront remises entre les„ mains de l’executeur de la haute Justice, pour estre par„ luy brûlées fur le Pilory de la place des Prefcheurs de„ cette ville d’Aix, a fait 8c fait inhibitions 8c deffenfes à„ tous Imprimeurs de plus en mettre fous la Presse ny au-„ tres de semblable nature, à tous Marchands Libraires8c„ autres de quelque condition 8c qualité qn’ils soient d’en», tenir,vendre ny.debiter à peine de punition corporelle:,, leur enjoint de les remettre sans delay par devers le„ Greffe, pour estre suprimées fous même peine: ordon-„ ne que des contreventions en fera informé par le pre-„ mier Juge Royal ou Huissier de la Cour , pour les in-„ formations raportées estre procédé contre les coupables,„ parla déclaration des peines susdites: 8c afin que nul„ n’en prétende cause d’ignorance, sera le présent Arrest„ leu 8c publié à son de trompe par tous les lieux 8c car-,* refours de cette ville d’Aix. Fait au Parlement de„ Provence séant à Aix, 8c publié à la Barre le neuvième„ Fevrier, mil six cens-cinquante-sept (71) ”. L’Auteurde P Histoire des cinq Propositions de Janíènius nousaprend (71) qu 'entre les ouvrages de Port-Roial deux desplus confidérables font ceux qui parurent en Latin ; l’un fousle nom de Paul Irénée, pour justifier Janfénius en niant leFait; ïautre fous le nom de Wendrokius, qui contenoit uneTraduílion Latine des Lettres au Provincial avec des Notesou Dijfertations du mejme Auteur , qu’on fçatt estre M. Ni-cole. Ces deux Livres ayant esté donnez à examiner par ordredu Roy à treize D.o£leurs de la Faculté de Paris , dont quatreestaient Evefques z? les autres pour la plufpart Professeurs enThéologie , furent condamnez au feu par un Arrest du Conseild'Etat rendu fur l’Avis signé de ces treize Censeurs , dontvoicy les termes : Nous souffignez Députez par ordre du„ Roy pour porter riostre jugement du Livre qui a pour„ Titre Lettres Provinciales de Louis de Moptalte z?c. âpres
l'avoir
(67) Votezles Nouvel'les de laRépub. desLettres,Août 1699*f)Ag. 202.
(68) Nou-velles de 1*B.épubhq.des Lettres?Janv. 1700.
"z.
(69) Juneu?Préjugez,Tom. /,pag. z 87.
(70) Criti-que desPréjugez àcMonír.Jurieu,yag* 304.