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Tome troisieme. K - P.
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PERICLES.

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il ne vouloir pas que jamais elle pût nuire, & il aimoit mieux imputer le mal à une autre cause.

Nous

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tor mali , utrébus prêt fità" modentur ,"on m F»â»k.

ïlut. *'#ïcricle,

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(73)

/’ ^Article

Mani-chéens,T^marq. (c).Votez, aujfi la^emarq. (G)de C ^ArticlePAUII-CI E N S.

(74) Casiotonantemçredidìmus*fovem régna-re. Horat.Od, V Libn

ni. Wíiwïjííí

DiespitirIgni corttscoHabita divi-dens, ^- c>

Wem, Od.XXXIV

Liíri I. ■

(7 s) cîceio,de Natura•Deorum,

Libr. II,

Cap. XXV.

■ (76) Conférez,ce que dessusau Texte de

C ArticleÎAULI-CIENS ,tiers la fin,é?Citât. (133).

(77) Plut. inseprem 8a-pientumConvivio.fO£- 153 ,A.

{78 Ziïovfixxápiov xxì<X<p 6 xpT 0 Vxccì EvTTcry-tixòv àv 6 pá-ro v. Plut.de Kepug.Stoìc, pag.Ioji.

(79) Cicero,de NaturaDeor. Lilr.1 , Cap. X V.Virgile,jEn. Libr. VI,Vers. 6 63 ,s’efi contentéde les placeraux ChampsElysées.Inventasaut qui vi-rant exco-luere petartes

Qnique fuirnenioresalios fecete

wetendo.

( 8 °) Plin.Libr. 11,

Cap. VII,ï*l- r». 143.J 44.

- <?-) Op-P'.an. L,í r . u•A- ^‘surixíjy.

me semble que cela seul rendoit son surnom d'Olympien, c'est-à-dire , divin ou celefte , lequel autrement estoit trop arrogantZZ trop superbe, non odieux ny envié, aim plustost bien séantZsr bien convenable pour avoir eu la nature fi bénigne zsr tantdebonait e, zsr en fi grande licence avoir conservé ses mains pu-res zsr nettes , ne plus ne moins que nous reputons les ( 72. )Dieux pour eftre autheufade tous biens, zsr cause de nulsmaulx,dignes de gouverner zsr régir tout lè monde : non. pas commedisent les Poètes, qui mettent noz esprits en trouble zsr en con-fusion par leurs folles fiffuns , lesquelles se contredisent à ellesmesmes , attendu quìlz, apellent le ciel, oh les Dieux habi-tent , séjour tres affeuré , zsr qui point ne tremble , zsr n'estpoint agité de vents, ny offusqué de nuées, ains est toufioursdoulx zsr serein , zsr en tout temps également esclairé d'une lu-mière pure zsr nette , comme estant telle habitation propre z?convenable à la nature souverainement heureuse zsr immortel-le : zsr puis ilx, les descrivent eux mesmes, pleins de diffenfions,d’ìnimitiex ., de courroux z? d’autres pafftons , qui ne convien-nent pas seulement àihommes sages z? de bon entendement.Tout ce que Plutarque nous dit là contre les Poètes esttrès-bon,8c très-folide: le reste est une beauté trompeuse,ce sont des fleurs empoisonnées, 8c qui couvrent un ser-pent, latet anguis in herba. On s’imaginera peut-être queje veux dire qu’il y a îà-dessous quelques semences du fauxdogme d’Epicure touchant la tranquilité des Dieux, exem-te de haine, & de colere; mais ce n’est point cela: cen’est point le venin d’Epicure, c’est celui du Manichéis-me que Plutarque nous présente. Nous avons vu ail-leurs (73) qu’il s’est déclaré hautement pour le dogme desdeux principes. II y revient ici par la réflexion fur la ré-ponse de Perìcles. II ne veut point comme Epi cure, queDieu jouisse d’un repos de fainéant: il lui attribue faction& la providence ; mais ce n’est qu’une providence bienfai-sante , distributrice de faveurs, 8c de bonheur. Ce n’estpas une providence qui s’irrite quelquefois, qui punit 8cqui châtie , qui accable de miferes le genre humain. IIn’aprouve pas que *Periclés porte le surnom d’Olympien,c’est-à-dire de divin 8c de celeste, parce que son Eloquen-ce éclairoìt, tonnoit,.lançoit la foudre; mais parce queson crédit ne fut jamais emploié à la vengeance, 8c ne fitjamais porter le deuil à quelque famille. Le goût de Plu-tarque n’étoit pas le plus commun : une infinité de gensreconoissoient mieux la Divinité de Jupiter dans la foudre8c dans le tonnerre(74),que dans la distribution des biens:les cérémonies de Religion dans le Paganisme se rapor-toient beaucoup plus à détourner Flnfortune qu on crai-gnoit d’enhaut, qu’à s’attirer les faveurs que l’on en pou-voir attendre. 11' régnoit néanmoins une idée généraledans les esprits, qu’aucune chose n’étoit plus conforme àla nature divine que de faire dubien.L’épithetedetrès-bonprécédait celle de très-grand,lors qu’on louait Jupiter. Sedipse Jupiter, id est juvans pater, quem converfis cafibus dp-pellamus à juvando Jovem, à Pdètis Pater Divum, homi-numque dicitur ; à Majoribus ’autem nostris optimus, Maxi-mus, zV quidem ante Qptimus, id est beneficentiffimus ,quàmMaximus: quia majus est, certeque gratins prodeffe omnibus,quàm opes magnas habere (75-). Consultez la Remar-que (G) de l’Article Jupiter. Plutarque raporte quele Roi Ámafís aiant à résoudre plusieurs questions où l’oncherchoit le superlatif, je veux dire le souverain dégré deschoses, par exemple qu’est-ce qu’il y a de plus ancien,de plus grand, de plus sage, de plus beau, de plus com-mun, de plus utile, de plus pernicieux (76) ? répondit quantaux deux derniers articles, Dieu z? le Démon. T< à<peÁifiá-rxrovi $íóç‘ Tí fiAcePepá tutov- baljUM. Gjuid utiliffìmum ì Deus.%utd damriofijjìmum\? Genius (77). Pour le dire en pas-sant, voilà le dogme des deux principes, 8c même ceque les Chrétiens disent du Diable, ou du Démon. Je nefai fi l’on a pris garde à ces paroles, ou à cette idée duSaífiuii des Anciens. Je reprens le fil. Le Philosophe An-tipater définissait Dieu un animal heureux, immortel, 8cbon à l’homme (78). II n’y avait point de gens qu’onfût si enclin à déifier, q.ue ceux qui étaient les inventeursdes choses Utiles. Persms ejusdem Zenonis auditor, eos dicitesse habitas Deos, à quibus magna utilitas ad vit a cultum effetinventa, ipsafque res utiles ZV Jalutares Deorum effe .vocabu-ts nuncupatas : ut ne hoc quidem diceret, illa inventa effeDeorum, sed ipsa divina (79). C’étoit le chemin de l’A-pothéose, si l'on en croit Pline : Deus est mortali juvaremortalem, zz hac ad aternam gloriam via. Sac proceres lereRomani t hac nunc cœlesti paffu cum liberis fuis vadit maxi-mus omnis avi rettor Vespafianus Augustus, fejsts rébus sub-veniens. Hic est 'vetustijjimus referendt bene merentibus gra-ttam mos, ut taies numinibus adscribantur. §luippe zsr om-nium aliorum nomina Deorum, zsr qust supra retuli stderumex hominum nata sunt meritis (80). D’autres, tùurnant lachose d’une maniéré plus raisonnable, disoient que les Dieuxavaient inspiré à l'homme l’invention des Arts.

Kélvoi yàp otoMxepUuí àv0pÚ7rot/7i

Amxxv ’á%m, xxt irurcev imfypoaww ISíSx^xv.

Ilh etìam artes multurn lucrosas hominibus

Dederunt habere, zsf omnem filertiam decuerunt (81).

Citât,

(85) StrabfyjLibr. X t£*&• 3",

Enfin , on disoit que la meilleure méthode d’imiter lesDieux étoit de faire du bien (82), 8c que jamais l'hom- »

me ne s’aprochoit davantage de la nature divine, que lors 3 ’ 22 .

qu’il sauvait un homme. Hommes ad Deos nulla re prop'ms j c 'raporte sesaccédant , disoit Cicéron à Jules César vers la fin de PO- paroles d-raison pour Ligarius, quam falutem hominibus dando. Ni- dessoushil habet nec fortuna tua majus, quàm ut postìs, nec naturatua melius, quàm ut velis conservare quamplurimos. -Y oicice que les Scythes représentent à Alexandre: fi tu és unDieu, tu dois faire du bien aux hommes, 8c non pas leurôter ce qu’ils possèdent: fi Deus es, tr'tbuere mortalibus be-neficia debes, non sua eripere (83). La bonne Théologie £,^' r 's’accorde avec toutes ces idées des anciens Païens. 11 y vucap. ’a cent passages de l’Ecriture qui témoignent que Dieu est vm, n»m ,infiniment plus porté à user de miséricorde, qu’à se servir 26. Votez.de rigueur. Joignez à cela les belles paroles de Grégoire às°de Nazianze, qui nous aprenent que l’homme devient un ra p ort l nt ’Dieu à son prochain misérable lors qu’il le soulage, r évtw plusieursrtjs xtv%oS on ôeoç ròv ’íAeov ê> off eiSh/ yàp oVtíiì; éç ^ tn j‘ n js

tò tïi vomo, avôpemç syji ùtov. Esto mtfero Deus Del miser t- J im acorjiam imitando. Nih'tl erìtm tant ex Deo habet mortalisquàm ut bénéficia largiatur (84). zí£az

Strabon a limité cette pensée, il veut que lá vie heu- j^Amuicreuse, c’est-à-dire celle qu’on passe à des jours de fêtes, paupeium,à fe réjouir,, à philosopher, 8c à chanter, soit une meil-leure imitation de la nature divine que ne Test la distribu-tion des bienfaits. Ses paroles méritent d’être raportées.

ES jtièi/ yètp iípyrxi xxì tovto , rovç xvSpássavç tóts (ixâiqx /jufiélr-6xt roìtç, &eovç, orxv evepysTccriv' ’xiisivov á’ xv híyoi rtç orxv ebSxt-fiovSerf roioCrov êì tò %xípeiv, xxì tò éoprxÇkiv ,xxì tò tpiAcisotpeïVsxxì piov<rix>ií xvretrùxt. Bene quidem ditíum est, hominesmaxime Deum imitarì , cum benescia conferunt ; retïius' autem dìceretur , cum soliciter v'tvunt : id autem fit gau-dendo , dits festot agttando , philosophando , muficam trac-tando (85).

J’ai lu dans le Volage du Chevalier Drach, que les ha-bitans de la nouvelle Albion prenoient les Anglais pourdes Dieux, 8c qu’ils leur rendaient les honneurs divins,parce que leur montrans leurs playes , ils en recevaient desemplâtres z? des onguens qui les gueriffoient. Les Espagnolsau contraire furent pris pour des Dieux dans l’Amérique,à cause du mal qu’ils faisaient par leurs canons. On pritleur navire pour un oiseau qui les eût portez du cielen terre (86). Cela montre que deux choses oposées font r^vT""?conoître Dieu à l’homme; l’une est le pouvoir qu’il a de ì/vayerfaire du mal, 8c qu’il exerce fi sévèrement; l’autre est la Discours’dcbonté avec laquelle il répand mille bienfaits fur le genre l’Histoúe.humain. On pourrait mettre en question, fi l’une 'de cesdeux choses fe fait mieux conoître que l’autre. Taciteprétend que les Dieux ont plus à cœur de punir l’homme,que de le laisser en repos. Nec enim unquam, dit-il (87), (87I Tarir.atrocioribus populi Romani cladibus magifve justis judiciis ap- ^st. L, hr. I,probatum est, non effe cura deis securitatem noftram, effe ul- Ca ^‘tionem. Un Journaliste soutient que les effets de la bontéfont plus étendus que les effets de la punition. Voici sesparoles: De toutes les vertus de Dieu, c'est la bonté, qui fe -roit la plus visible , st les hommes fe servaient de réflexion.

Gsuelle bonté n’est-ce pas d'avoir attaché du plaifir à toutesles allions nécessaires , ZV de nous avoir rendus suscepti-bles du plaifir en une infinité de sapons ? On a beau direque nous sommes encore plus susceptibles du chagrin & de ladouleur, cela n'est pas vrai, zz quand celaseroit vrai, nousne devrions pas pour cela méconnaître la grande bonté de Dieu ,puis qu il nous seroit aisé de voir que les plaisirs dont musjouiffons, viennent des loix qu il a posées dans la nature, o*qu au contraire la plupart de nos chagrins viennent du mau-vais usage que nous faisons de notre raison. Mais il n’est pasvrai que dans ce monde l’homme souffre plus de maux que debiens, c est notre ingratitude , notre orgueil, z? notre humeurinsatiable qui nous fait parler de la forte. Falfo queritur denatura sua genus humanum, a fort bien dit un célébré Histo-rien dans la Préfacé de la Guerre de Jugurtha. Le genre humainest plus heureux qu il ne mérité ; zsr il est vrai au pied de lalettre que pour une douleur l’homme sent mille plaisirs, excep- (?8) Nou-té peut-être un petit nombre d'âmes malheureuses , qu un velles de laPayen affûreroit avoir été produites par Us destinées dans Républiqm;quelque moment de dépit (88). Notez en passant que la di-férence qu’il observe, 8c qu’il fonde sur les suites du mau- ^micUvi,vais usage que nous faisons de la liberté, ne pourrait pas pag. m. 603 jcontenter des Adversaires difficiles; car ils diraient que «°4.

• cela même, que l’homme abuse de sa raison pour se cha-griner mal-à-propos, est un grand malheur , & doit êtremis nécessairement dans le partage des afflictions, deforte j- alíl & nuí;uque si l’on fait le parallèle des biens 8ç des maux que la tou, hvtnitsProvidente fait à l’homme, il ne faut pas moins comp- nhidum [*-ter les maux qui naissent de la foiblesse de notre Raison, Pstfssidúm.que les maladies, la faim, le froid, Lee. Libs’v'^

Ovide remarque qu’il y a plus de beaux jours dans Pan- EUg. vm.née que de jours sombres (89):l’on peut dire aussi que les ^. 31.jours où l’homme fe porte bien font en plus grand nombre v ° ÌKd u 7 ^'que les jours où il est malade. Mais peut-être aussi qu’il T 7 aJi 2y a autant de mal dans quinze jours de maladie, que de xeno-bien dans quinze mois de santé; car le bien n’est bien qu’à phanes, .PPPP 3 pro-