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Tome troisieme. K - P.
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P E R I C L E S.

6/5

Moreri (J^), ni celles de son Continuateur , ni celles d’un autre Ecrivain François touchant

Pericles

(577) Cice-10, de I11-ventione,

D'br. I, folio

»». 30, X .

(l7S).Quin-« 1 . Libr. V,Cap. XI,f“g. m. 243.

(179) Vos-Cus, Insti-tut. Orato-liai. Libr.

^ 11, Cap. V,fag. M. 406.

(llo) Quill-tiliani lap-às in dua-bus Aspa-siis. Id. ib,'d.in Indicesérum H»

verbmm,

(181) F alfasejl Fabius ,rtit:a:ít eumfecKtus est >Brufonius inApopbtbegm.Colom'e-fius, Notisad Quinctil.t a g- m. 224.Opulculor.

(t82) Voicil°**s les ti-tres de cettuteur : L.DoivitiusItusouius,

Contotfl.ttus, Luca-ne. u a

fait un ìateil d’x-pophthegmes,fous le Titrede SeptemEacetìanimEibri.

(183 1 Veiez.Cicéron, deInventions,Libr. I, folio3 o , A.

(184) Leo-pardus,Emeadat.Ubr. XII,Cap. XIII.

(i8j) Xeno-phon , inOeconomi-

Co , p. m.efi 2.

(t8 6 ) Ouze-lius in Mi-«utium Fe-licem, pag.32 s Edit.J672 in 8.

ses habits & ses drnennns étaient -plus riches que les vôtres ,aimeriez-vous mieux les siens que les vôtresI Oui , répondit-elle. Mais fi son mari étoit meilleur que le vôtre , Paime-riez-vous mieux que le vôtre ? Elle fut toute honteuse decette demande , & ne répondit rien. Cicéron raportecela (177), & dit clairement que ces questions furent fai-tes par Aspasie à la femme de Xenophon. Mais Quinti-lien assure qu’elles furent faites à Aspaíie par la femme deXenophon. Ut apud Aìschinem Socraticum maie refonditAspajia Xcnophontis uxor : quod Cicero his vérins trans-fert (178. Voffius a critiqué cette faute , & s'est trompéà son tour (179); car il a cru que Quintiiien admettoitdeux Aspaíìes (180). Ce n’est point en cela que coníiste1 a méprise; mais en ce que l’on a cru que l’Aí'paíìe men-tionnée dans le Livre de Cicéron étoit femme de Xeno-phon. Monsr. Colomiés a censuré cette faute de Quin-tilien (181 ), & a observé que Brufonius l’a suivie (182,).Je ne saur ois. me persuader que cette bévue vienne bail-leurs que des Copistes; je croi que Quintiiien avoít ditapud JEfchinem Socraticum mâle refondit Afpafia Xenophon-tis uxor. Un Copiste presque demi savant se sera ima-giné qu’il faloit mettre Afpafia: il aura cru que Quintiiienavoir raporté le nom propre de la femme de Xenophon.Notez qu Aspasie, aíant réduit la femme par ses deman-des captieuses à n’oser répondre, s’adressa tout auffi-tôtau mari, 8c lui faisant les mêmes questions, le fit rougirdès la troisième , & le réduisit au même silence ; aprèsquoi elle fit à tous deux une leçon bien sensée (183). Ledocte Leopardus ne savoit pas que Quintiiien , commenous l’avons aujourd’hui, a été cause de Terreur de Bru-sonius; il s’est contenté de reprendre le Moderne. IdemBrufonius, dit-il (184), eodemeapite: Afpafia, ìnquit , Xe-nophontis uxor quum effet fut muliebre ingenium eft) rerumalienarum appetens atque invida , interrogata ,fi vìcina tua arc.Voilà une faute que Leopardus n’a point critiquée. Bru-sonìus de fa pure autorité vient suposcr qu’Aspasie femmede Xenophon étoit avare & envieuse. Où a-t-il trouvécela ï Est-il permis de forger de telles choses ? A quoibon fa parenthèse ? Au reste » aiant montré à un savantHumaniste ma petite correction de Quintiiien, il la trouvabonne, & me fit voir quelques jours après dans son Edi-tion de Quintiiien Variorum » que Tumebe a déjà ainsicorrigé T endroit.

Suidas a dit faussement que Pericles eut d’Aspasie deuxgarçons, Xanthippe & Paralus. II les eut de son autrefemme.

Lloyd a dérobé à notre Aspasie un passage de Xeno-phon qui l’auroit pu rendre bien glorieuse; Lloyd, dis-je,qui nous débite qu’il s’agit là d’une Aspasie femme deCleobule. II se trompe visiblement; car en 1 lieu l’Inter-locuteur de Xenophon ne sapelle pas Cleobule, maisCri-tobule. En z lieu, Socrate qui est l'autre Interlocuteurne parle point de la femme de Critobule : il parle d’As-pasie la Rhétoricienne , la savante; il dit qu’elle donneraà Critobule de meilleurs préceptes, que lui Socrate n’ensauroit donner. Sue-mo 5 ov) ìyì H ’Atrmtirtett h imrnpyiitçe-ç >9 ífíS mù (sk/to 5r«v(3i Ego tibi exempll causa Aspa-

fiam confiïtuam, qua doÉl'uts hac omnia quam ego tibi monstra-bit (185).

Un Commentateur de Minutius Félix n’est point exactdans les paroles que Ton va lire. De Pythagora référantDiogenes La'èrt’ms lib. 8. e? Lucianus in Gallo eum dixifie se

de Mr. Moreri. Je dis seulement qu’il a eu tort de don-ner la Poésie , pour la Science en quoi Aspasie excelloitle plus. Cela est si faux , qu’il y a lieu de douter qu'elleait jamais fait des Vers. Je peníe qu'Athénée est le seulAuteur que Ton pourroit alléguer, si Ton vouloir soutenirqu’elle a entendu la Poésie: mais le témoignage de cetAuteur est bien foible pour cela ; car il ne dit autre choie,sinon qifon avoir des Vers qui étoient attribuez à Aípa-sie (187), Sc qn’Herodicus avoit publiez. Pour marquerjuste en quoi elle a excellé, il faut s’arrêter à la Rhéto-rique; c’étoit son fort. Pericles ne dédaignoit pas de ré-citer les'Harangues qu’elle composoit (188). Elle enten-doit mieux la Politique que la Philosophie, & puis quePericles la conlultoit fur P Art de régner, il ne faut pastrouver étrange que d’autres grands Politiques fassent ungrand cas des conseils de femme. J’aì dit ci-dessus qu’elleenseigna cette Science au grand Socrate.

(SJJ Zes fautes de Monsieur Moreri.] I. Je doute queles Maîtres, qui enseignèrent la Philosophie à Pericles,fussent jaloux de la conoiffance universelle qu ’/7 s’en aquit.Les trois Auteurs, que Mr. Moreri cite (r89), ne parlentpoint de cela. Je n’ai point trouvé cette circonstance dansaucun ancien Auteur : cependant je n’ose dire que Mr.Moreri Tait inventée , ou que l’Auteur moderne qui aurapu la lui fournir, en soit l’Inventenr;je dis seulement quela pofleísion où il s’est mis de ne citer rien que d’une ma-niéré vague, m’empêche de m’inscrire en faux contre plu-sieurs fausserez, & m’oblige à ne proposer qu’u n doute.

11 . Puis que Plutarque n’a dit autre chose , sinon que Pe-ricles remporta une victoire fur les Sicyoniens à Ne-mea (190), d’où vient que Mr. Moreri assure que cettebataille fut donnée prés le fleuve de Nemea ? III. En toutcas cette rivière n’est point assez considérable pour êtrenommée un fleuve. Les fautes qui suivent se trouventdans le Suplémenf. IV. Pericles ne fortifia point P isthmede Corinthe à'une bonne muraille. On a confondu des cho-ses qui différent extrêmement Tune de l’autre. II fit bâtirà Athènes ce qu’on appelloit la longue muraille (191). C’é-toit plutôt Taffaire des habitans du Peloponnese de for-tifier l’Isthme de Corinthe, que celle des Athéniens. V.Plu-tarque 8c Hérodote font mal citez : le dernier ne fait au-cune mention, ni des Apophthegmes , ni des Actions dePericles ; & l’autre ne dit qu’une partie des choses qui fontnarrées dans le Suplément. Le beau mot amicus usque adaras, itérant point dans la Vie de Pericles, il faloit citerle Livre où Plutarque le raporte (192). VI. L'Article dufils de Pericles est très-mauvais : personne ne le sauroit liresans croire que ce personnage comisiatidoit en chefla ilotedes Athéniens, qui défit celle de Lacedemone aux IlesArginuses. Il fit des merveilles dans cette expédition , nousdit-on, V brûla la flote des ennemis. C’est ainsi qu’il eûtfalu s’exprimer, si Ton eût parlé d’un homme qui eût eului seul le commandement. On venoit de dire que lesAthéniens le choisirent pour prendre la place d’Alcibiade. Celaest encore plus trompeur pour ceux qui n'ignorent pasqu’Alcibiade avoit été Capitaine Général desAtheniens(i93).La vérité est que Ton choisit à la place d’Alcibiade dixGénéraux, & quele fils de Pericles futl’un de ces dix (194).Xenophon l’assûre très nettement,

(187) ’E»vdíç tpsçopj-

VùlÇ CÙÇ Ctô-

lys

0

7 Î&*

In «irmini-bus ipjî at -tributis , &ab tlerodic»

Cratetio p#*

Atlien. Libre,V,pa<i. 219.

GyraMusde PoëtísGrscis, pag«l?o Edìt.

I6y6, dit7«*Ath ene'eparle des Versd' ^aì jjmjie end*autres en-droits que lui

Gyxaldus

ne cite pas.

Je ii*ai poiníeu le temsâ* avérer ccla m

(m") P]ato,in Menexe-no 5S17.

(189) Plu-tarque , en faVie. Diodortde Sicile alib. 12.Tlniddide >

5 c seq.

(r 90) ’E»

3 NqtiLs,apud zVt-mt&m.Plutarch.in Pericle,163,0.

(191) Ma-

zpav

longum

muium.

Idem , iUd m

p. 160 init m

sipî) C’ejBle Traité devitioío Pu-

& il ne dit point que

la flote Lacedemopienne fut brûlée ; il dit seulement qu’elle dore, pag.fut batuë, & qu’elle se retira diminuée desoixante-dix vais-

_ .. ^ seaux (195). Notez que le Commandant de jour dans cette

frimum fuiffe JEthalidem Mercurii filìum , inde Euphorbum bataille n’étoit point Pericles ; c’étoit Thrasybule (196). SiPanthifilmm, mox Afpafiàm nobile Peridis feortum , deinde Ton m’objecte que le Suplément de Moreri ne laisse "pasCratem Cynicum (186). Voilà trois déménagemens con- ignorer que Pericles avoit des Collègues, car on y trouvesécutifs de Pythagoras : il passa du corps d’/Ethalide dans qu’/I fut condamné avec les sept autres Capitaines de VAr-mée à perdre la tête ; je répons que cela n’empêche pasque ma Censure ne soit juste. Un Auteur, qui se con-tredit par l’emploi de certaines phrases qui s’entre-détrui-sent, narre mal un fait, brouille & trompe son Lecteur.

Voici une nouvelle tromperie. Un Lecteur que cette der-niere phrase auroit pu désabuser de la pensée qu’il auroiteue, que Pericles commandoit en chef, ne croira-t-il pasqu’il n’y avoit que huit Commandans fur cette flote ? IIse trompera donc ; car ils étoient dix ; il est vrai qu’onn’en condamna que huit à perdre la vie. II eût donc falus’exprimer ainsi , il fut condamné avec sept autres. Xeno-phon observe qu’on n’en fit mourir que six » & que lesdeux autres étoient absens (197). C’étoit lui ou Diodorede Sicile qu’il faloit citer dans le Suplément, & non pasPlutarque qui n’a parlé qu’en passant du fils de Peri-cles (198), & fans circonstancier les causes de son suplice.

Elles furent si injustes, que jamais peut-être fous les Mo-narchies les plus despotiques il ne s’est rien vu de plusénorme. On fit mourir six Généraux qui venoient deremporter la plus insigne victoire , que les Grecs eussentjamais remportée fur les Grecs, & qui s’étoient signalezen bien d’autres occasions; on les fit, dis-je , mourir , àcause qu’ils n’avoient pas enterré ceux qui étoient mortsdans le combat; & l’on n’eut aucun égard à la raison quiles disculpoir. On n’écouta point ce qu’ils alléguèrentpour leur défense : c’est que ceux qu’ils avoient chargez' de ce foin furent batus d’une tempête , qui l es empêchaQqqsi z cfé-

celui d’Euphorbus ; puis dans celui d’Aspasie , 6c enfindans celui de Crates. Si le Commentateur étoit exact,on trouveroit cette Liste toute entiere dans Diogene Laër-ce, & toute entiere dans Lucien ; mais on n’en trouvequ’une partie dans Tun, & une partie dans l’autre. C’estune mauvaise maniéré de citer. Je compte cela pour la1 méprise de cet Auteur. La z consiste en ce qu’il ra-porte mal le narré de Diogene Laërce , où Ton trouveque Pythagoras se vantoit d’avoir été successivement■ZEthalide, Éuphorbus, Hermotime , Pyrrhus, Pythago-ras. z II ne raporte pas mieux la. narration de Lucien;car s il 1 avoit bien copiée , il auroit dit que Tame de Pylthagoras fut premièrement dans le corps d’Euphorbus; puisdans celui de Pythagoras ; puis dans celui d’Afpasie; puisdans celui de Crates ; ensuite dans celle d’un Roi, &c Scenfin dans celle d’un coq. 4 Pour agir raisonnablementil ne faloit pas citer fur cette matière un homme qui n éfait que badiner , 8c qm prend un Siecle postérieur à Py-thagoras : il ne faloit citer que ceux qui raportent ce quePythagoras disoit lui-même , en parlant de la part qu’ilavoit eue aux transmigrations de Tame.

Les fautes de Mons. Moreri ne sont pas en fort grandnombre. Je né le critique que fur une chose; c’est qu’ila dit qu’Aspasie étoit trìs-favante en Philosophie e? en Elo-quence , or sur tout en Poésie. Je lie prétens pas disputer àcette femme, ni la Science Philosophique, jji T Art de par-ier ; ce n’est point à cet égard que je m’éríge en CenseurT o m. ui.

Vain, au(fiAulugelle,Libr, I aCap. I 1 L

(l 9 l) VoíeszPlutarquedans la Vied’Alcibia-de, pag. 210^

f 194)

Xenophon,

Libr. I deGestis Grs-corum, pag'm. zs 9 . ‘

Votez. au(jiDiodore deSicile, Lzbr mXIII , Cap, (f m

(i 9 sj Xeno-P ll0n , Ibid.Pag. 2«2.

U96) Dio-’.dor. Sicu- ‘Us, Libr,X UI, Cap.XCVII.

(197) XenoZ

phon, Libr,I, de GestisGríccor.fag. 265.

(198) Plut.’in Vita Pe-xiclis, fabfin. p. I 72 j