PIENNE
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8c le fils du Connétable en sentit quelques remors de conscience qui l’obligérent de demander ab-solution au Pape Pie IV (F). La Demoiselle se maria quelque-tems après avec un homme très
m-
f 22.) Mr. LeLaboureur,
î“g. V-i.
(-23) Là mê-me,pag. 423.
(24) Là-mê-
*»e, pag. 437.
„ de Montmorency a-t-il bien eu le cœur de m’escrire u-„ ne telle Lettre ? ” Seconde Réponse auffi vague que lapremiers ; mais la troisième question fut si précité , qu’ilsalut que la Demoiselle vint au fait. M. de la Porte , dit-elle (22), puis que le vouloir de Mr. de Montmorency est de, me quitter des promejfes de Mariage d'entre luy cr moy , cr queCast t |'° nS à maintenant il me quitte , je ne veux cr ne fuis empefcher qu ilTâh e j l / a> m f a JT e ce lui plaira, zsr ne puis avoir volonté contraire à
’ la sienne. Le Sieur de la Porte ne fut pas assez content de
cette troisième Réponse; il insista encore, 8c obtint enfince qui suit: „ M. de la Porte , puis que M. de Montmo-,, rency me quitte maintenant des promesses de Mariage„ qui ont esté faites entre lui & moy, s’il eíloit fils de„ Roy, ou Prince , m’ayant efcrit ce qu’il m’a elcrit par„ fa Lettre que vous m’avez maintenant baillée, je ne le„ voudrois épouser, Lc l'en quitte. Toutefois je m’émer-,, veille de la façon dont il m’efcrit par cette Lettre que,, me venez de bailler présentement , & ne puis bonne-,, ment croire qu'il l’aye efcrite ; veu qu’il avoir bien ac-„ coutume de m’escrire d’autre langage & d’autre sti-,, le ( 23 ) ”. On lui répliqua que l’on avoir vu écrire desa propre main à Mr. de Montmorenci toute cette Lettre.En se retirant la Demoiselle fit quelques efforts de couragepour excuser les pleurs qu’on lui avoir vu verser. Mais illui fut impossible de paroître ftere: tout ce quelle dit sen-toit rirumiliàtion, la douleur, 8c le regret de n’épouser pascet amant volage. On dit ordinairement par plaisanterie,ou par galanterie , qu’une maîtresse se fait arracher avecmille répugnances le terrible oui qu’elle doit répondre à laquestion, confentez.-vous à être la femme d’un tel t mais il estfort vraisemblable que jamais un úuì de cette nature ne futplus pénible, que celui que h Demoiselle de sienne répon-dit à la question, confentez.-vous que Mr. de Montmorenci nevous épouse pas ?
. II se passa une autre chose où selon toutes les aparencesil fe parjura. Voici ce que c’est: étant revenu de Rome,il donna une Déclaration par efcrit par devant les premièrespersonnes du Conseil du Roy, comme il n'y avoit point entreluy cr la Damoiselle de Piennes de Mariage véritablement con-traClé par paroles de présent , mais seulement une stipulationentreux de le faire croire , pour tafeher par ce moyen de lefaire agréer au Connestable son Pere (24). 11 afirma par ser-
ment que cette Déclaration écrite de sa propre main con-tenois vérité (25), 8c que s’ìl avoit demandé une dispenseau Pape en lui avouant plus qu’il ne faloit, ç’avoit été(25) Li-ml- dans l'espérance de l’obtenir facilement,au moien de quoime,pag.^ S , il n eût pas paru qu’il eût d’abord fait acroire une choseíauíîe ; mais qu aiant trouvé à Rome beaucoup de difi-cirlt-ez , il s etoit enfin résolu à déclarer à Sa Majesté 8c auConnétable la vérité de la chose. C’est comme s’il eût ditje n’avois point promis mariage à la Demoiselle de Pien-ne, j’étois feulement convenu avec elle de dire que nousnous étions donné une promesse réciproque : nous n’a-vions point d’autre intention que de porter par ce menson-ge mon pere & ma mere à consentir à ce mariage. Aiantdébité plusieurs fois'cette fausseté, il me fâchoit de m’endédire,ík pour n être pas contraint de varier, j’aìmaì mieux, demander au Pape une dispense, & je persistai à mentir
auprès du saint Pere; mais n’aiant pu éviter les variationspar cette voie,je reconnois enfin que mes discours étoientfaux , & je jure devant les principaux membres du Con-seil du Roi, & l’atteste par écrit, que j’ai menti pendantlong-tems afin de tromper mon pere & ma mere , le Pa-pe , 8cc. Ne faut-il pas- que l'ambition soit bien tyranni-que pour engager les gens à de telles confessions ? Et y a-t-il aucune aparence que cet amant n’ait pris avec fa maî-tresse íi jeune & si belle, qu’un engagement si mince?Lesscrupules dont il fut rongé, comme on va le voir, iusti-(z 6 ) ^tjoâtez. fient mon opinion (26).
VÍ*s l L D , ! L 1C r q ? e À e veux examiner une Réponse qui me pa-
ra loema'ijíUc l 0 , 11 ^ 1 1 en ^?làÈfiue. L e Cardinal de Lorraine après l’in-<te Pimne au lu J le dont j ai parlé ci-dessus (27) , fit publier une LettreSieur de la ou 1 on trouve ces paroles : jf ay ouy quelques autres rame-oTn’vTci- f ‘f r t? Í>ÌUS lom & mauvaise volonté dudiél Sieur Marefchaldessus. JL Montmorency , or dudemps mefmes qu'il fe trouva perplex
•or etnt/romué de son mariage avec la Damoiselle de Pienne, U-que i auroit confessé c? advoué par devant lediSl Seigneur Car-dinal cr autres Seigneurs député& fur ce faitsl par le feu RoyHenry, ey toftâpres denié , -or juré au Pape n avoir donné au-cune promeste a ladicte Damoiselle, tellement que ledift sieurde Montmorency s’hontiffoit d'eftre par lediêl Seigneur Cardinalreconnu pour parjure, reprochable en jugement , zsr degradablede tout point d honneur (28). Voici ce que répondit le Pro-testant qui réfuta cette Lettre : „ La seconde cause de„ l’inimitié de Monsieur le Marefchal de Montmoren-,, cy procede , comme vous dites, pour-ce que vous„ le tenez pour parjure , à cause du mariage de la Da-» moyselle de Piennes. Devant que de purger ceste ca-„ lomrsie par tesmoignages 8c authoritez véritables , je» supplie très humblement la Majesté du Roy de conside-„ rer vostre audace , par laquelle poussé hors des limites
(27) \emeir-que ( L ),de t’^irtide
Lorrainet Charles).
(28) Lettred’un Sei-gneur du.P-ris deHaynault,envoyée àûn sien voi-sin & amysi'yvant laCour d’Es-í^gne, fa,.m - S & fl.
„ de raison, vous osez publier que le mariage de Mada-„ me la Mareschaìe sa sœur, est illégitime. Est-ìl possible„ de tirer vostre propos en autre conséquence ? Je pnr-,, donnerois volontiers à vostre ignorance, fi elle n’estoit,, accompagnée d’aucune malice. La promeste ( encores,, que vostre accusation fust autant véritable , qu’elle est„ fausse) des enfans de famille, peult-elle avoir aucune„ forée pour l’accomplissement de leurs mariages, st elle,, n’est approuvée, par le consentement de leurs parens,
„ soubs hautboïste desquels ils vivent?Les exemples d’A-„ braham , & Isaac , nous monstrent assez que c’est aux„ pères de marier leurs enfans selon leur volonté. Que fi„ le vœu (qui est la promesse que nous faisons à Dieu)
„ faict par la fille,, fans le consentement de son pere, est„ nul par les Loix de Moyse : d’autant plus la promesse„ du mariage > qui ost de personne à personne , sera nul-„ le , fi le pere n’y consent. Et combien que la Grece,, ait esté trop vague, 8c incertaine, en ces mariages ; fi„ est-ce qu’elle n’a point tellement esté privée de la lu-,, miere de nature, que la fille ne responde à celuy qui la„ poursuivoit, ces vers d’Euripide,
„ Marier je ne me puis„ Sans le vouloir de mon pere,, Auquel fubjeéle je fuis.
,, Or d’alleguer que l’authorité des peres n’est pas si gran-„ de fur les fils, que fur les filles, toutes les Loix y re-„ sisient: par lesquelles les peres mefmes les peuvent ven-„ dre en leur nécessité (29) Après cela l’Auteur allé-gué l’Ecriture, les Conciles,' les Peres, les Jurisconsultes,pour prouver que le mariage des enfans doit être soumisà la volonté de ceux dont ils ont reçu la vie. Mais toutce long discours n’est qu’un faux fuiant; c’est donner lechange, c’est passer de genere ingénus. II n’étoit pas ques-tion de savoir si le mariage du Maréchal de Montmorenciavec 1a fille naturelle-de Henri 11 étoit légitime. L’Au-teur de la Lettre n’avoit point touché'à cette corde, il a-voit dit seulement que le Maréchal s'éroit parjuré par l’-a-veu & le désaveu íolemncl d'avoir promis mariage à laDamoiselle de Pienne. Ces -deux faits font une preuve ma-nifeste de parjure, soit que la promesse n’obligeát pas,soitqu’elle obligeât ; car si un homme promettoit de faire uncrime, il obtiendroit bien devant tous les Tribunaux le dé-gagement de fa promesse , mais s’il jurait devant les unsqu’il avoit promis, 8c devant les autres qu’il n’avoit pointpromis, il forait coupable de parjure. Voilà le cas oul’on prétendoit trouver le Maréchal de Montmorenci : c’é-toit le point de l’Accusation. On ne s’informoit pas s’ileût dû tenir fa promesse de mariage, ni si elle étoit légi-time, ou illégitime; 8c néanmoins le Protestant qui répon-dit à la Lettre du Cardinal de Lorraine suposa , que toutle reproche étoit fondé sur ce que cette promesse légitimeli’avoit pas été tenue. Aiant fait cette fausse supofition ilbâtit bien du pais , il se jetta fur les Loix divines , & furles Loix naturelles,il traita le Lieu commun du Droit pa^ternel, il dit cent choses inutiles, Sc ne dit rien qui fût à-propos. C’est la pratique ordinaire de ceux qui n’ont riende bon à répondre, Lc qui craindraient de faire tort à leurcause s’ils se taisoient. Ils changent l’état de la questionafin de se faire une ouverture pour courir à travers champs!Je croi qu’il y eut beaucoup de Lecteurs qui s’imaginérentque l’Apologiste du Maréchal de Montmorenci triomphoit,fk qui furent fort édifiez de voir qu’il intéressoit à fa causéla fille d’Henrì 11. Ruse de guerre trop fréquente dansles Ecrits Polémiques, Lc qui est au fond une pure super-cherie.
(F) §uelques remors de conscience - l’obligérent de de-
mander une absolution au Pape Pie J K] „ II n’en fut au-,, tre chose tant que le Pape & le Roy vesquirent, maissoit que le Maréchal de Montmorency en fit depuisquelque scrupule, Lc qu’il attribuait le peu de succezde plusieurs grossesses de fa femme , qui n’eut qu’unenfant vivant , de plusieurs qu’elle conceut , & qui
mourut incontinent après, ou pour quelqu’autre rai-son, il eut derechef recours au S. Siégé & envoya uneSuplique au Pape Pie IV après la mort de Paul, dontj’ay le Mémoire original, par laquelle il exposa commepar surprise d’amour il s’eltoit cy-devant engagé de pa-role de Mariage avec la Damoiselle de Piennes, à con-' dition neantmoins d’y faire consentir son Pere Lc nonautrement: ce que n’ayant pu obtezir, ladite Damoi-selle l’auroit librement quitté de fa promesse tant devive voix que par déclaration en Justice signée d’elle, en présence de témoins, en laquelle elle auroit persisté[ jusques aujourd’huy : & luy fe serait marié, Lc néant-’ moins à cause des assertions par luy faites demandoit, Absolution à cautele, Lc que la Commission fust adresi-| fée à l’Evesque de Paris. Le Pape Pie IV qui n’avoìt, pas les mefmes interefts dé son Prédécesseur n’y apporta, point tant de façon Lc luy envoya une bonne & ampleXxxx 3 „ Dis*
(29) Reí-pcmse à l’E-pistre deCharles deVaudemontCardinalde Lorrai-ne , folioL iij verso.