PYRRHUS,
( i ) Van de\mc 475.
( 4.) Van de‘Rome 478.
(i) En 47S.
( m ) £73480.
(n) Votez.F^drticlc dece CLEO'K Y M E.
(0) 480 ,
selon Calvi-ÍÌUS, 0^482selon le Pere
Labbe.
74o
de Pyrrhus étoít tellement diminuée, que quand on voulut le féliciter il répondit, C est fait denous , fi nous remportons encore une viftoire. II fut donc ravi d’avoir un prétexte de tourner fes ar-mes ailleurs, c’est-à-dire de passer en Sicile (z), d'où on lui avoit envolé des Ambassadeurs pourle prier de venir délivrer cette Ile du joug des Carthaginois, & de celui de plusieurs petits Ty-rans. Cette Expédition eut d’abord le plus favorable succès du monde > mais ces Insulaires, avecleur. esprit trop républicain pour l’humeur de Pyrrhus, ne purent souffrir qu’il changeât les ma-niérés douces & civiles dont il s’étoit servi envers eux au commencement: ainsi par le même es-prit qui les avoit engagez à recourir à sa protection, ils cherchèrent bientôt d’autres maîtres.Dans cette fâcheuse conjoncture il reçut très à propos des Lettres des Tarentins, qui lui aprirentle besoin extrême où ils étoient de son secours , deforte qu’il eut un beau prétexte de se vanterqu’il n’abandonnoit pas la Sicile} mais qu’il alloit secourir d’autres Alliez. Le trajet fut une af-faire, les Carthaginois défirent la flotte, & les Mamertins incommodèrent fort fes troupes aprèsle débarquement. Ce fut alors (k) que Pyrrhus, quoi que blessé à la tête, fe rua si impétueuse-ment sur un barbare qui le défioit, que du coup de sabre qu’il lui donna sur la tête, il lui fendittout le corps en deux (iV). Dès qu’il fût arrivé à Tarente , il se hâta de marcher contre lesRomains, & perdit une bataille auprès de Benevent (/) : après quoi il ne songea plus qu’à s’enretourner en son païs, où tant de vicissitudes de fortune qu’il avoit essuiées ne purent lui appren-dre à se tenir en repos. II s’engagea éternellement à de nouvelles Expéditions. Celle de Macé-doine lui fut heureuse} il bâtit ì’armée d’Antigonus fils de Demetrius,& lui ôta la meilleure par-tie de son Royaume. Après cela il fit la guerre aux Lacedemoniens (*»), à la sollicitation deCleonyme (»), mécontent de ce qu’il ne régnoit pas àLacedemone: mais ils repoussèrent sivigoureusement ses rudes attaques, qu’ils le contraignirent à se contenter de faire le dégât chezeux, & d’y prendre des quartiers d’hiver. Sur ces entrefaites, Aristias lui persuada d’aller à Ar-gos, où il s’étoit élevé une faction entre cet Aristias & Aristippe. Ce dernier fut secouru parAntigonus. Pyrrhus, introduit dans la ville par Aristias, ne put néanmoins s’en rendre maître;il salut se batre dans les rues avec les habitons, & avec les troupes d’Antigonus} & ce fut là quePyrrhus perdit la vie (0 ), aiant reçu à la tête un coup de tuile (O). Antigonus en usa géné-reusement envers lui (P). On a débité des choses fort singulières de Pyrrhus (£f), comme
qu’il
aussi fur le teins où il aplique cette réfléxion de Pyrrhus,nous sommes perdus fi nous vainquons encore une fois: cetteréfléxion est postérieure à la seconde bataille. Au reste,les deux Auteurs de Plutarque font bien différens d’Eutro-pe, qui donne aux Romains tout l’avantage de cette jour-née-Ià. Pyrrhus , dit-il, vulneratus efi, elephanti interfedli,viginti millia casa hoflium , C? ex Romanis tantum quinquemilita. Pyrrhus Tarentum fugatus. Frontin (36) fait mon-ter la perte au même nombre de gens.
(N) ll lui fendit tout le corps en deux. ] Voilà des coups
de nos anciens Paladins, qui pourfendoient jus les arçonsles Géa'ns les plus outrecuidez («). H est certain que Plu-tarque a raporté des actions de Pyrrhus qui sentent le Hé-ros de Roman, beaucoup plus qu’un Héros réel: il a bienfait de fe munir de l’autorité d'Homere, qui a remarquéquelque part que la bravoure est la feule entre toutes lesvertus qui soit sujette à des transports fanatiques, & à desagitations de phrénésie. Tm pts^Lu tíJ àvtpáav <po-
7 TD 0 &ctx.tç ev&uotáiïetç Çiçofiì/jtuf. Fortitudtnem
unam identidem lymphattco es? phanatico motuferri (37). LesNations Septentrionales fous le Paganisme croioient quele Dieu Odinus intendant des guerres inspiroit une fureur,qui faisoit que les plus foibles pouvoient résister à dix hom-mes. Horumprimarius Deus erat Odinus, qui res bellicas di-rige're credebatur, furoremque hominibus , quem Berí’erkicumvocabant, immittere, quo qui correptus erat,, vel decetn aliispoterat obfiftere, utut infirmus extra raptum ac debilis (38).
§. (*) jus emploié ici dans la signification de jusque, si-gnifie bas, à terre ; témoin fùer jus. D ailleurs, ce n’estpoint proprement Y outrecuidance d’un Géant, qui rend lecorps de ce Géant malaisé z pourfendre. Rem. Crit.
11 y a dans Plutarque un autre passage qui ne ferapas ici hors de propos „ (39) Non seulement en la poë--, fie, comme dit Platon, celui qui sera espris 8c ravi de,, l’inspiration des muses, fera trouver tout autre ouvrier,„ quelque laborieux, exquis & diligent qu il soit, digne,, d’eítre moqué : (40) mais aussi es combats l’ardeur afec-,, tionnée 8c divinement inspirée est invincible, 8c n’y a„ homme qui la peust soustenir: c’est une fureur martiale„ qu’Homere dit que les Dieux inspirent aux hommes„ belliqueux.
,, Parlé qu’il eut, de grand’ force il enfla„ le cœur du Roy, que dedans ilfoufla.
„ Et c est autre,
„ ll faut qu il soit ajfiftê d’un des Dieux,
„ 6 )ùil efi fi fort au combat furieux. „
(O) Un coup de tuile.'] Ce fut une femme qui de fa fe-nêtre jetta cette tuile fur la tête de ce Roi. LesArgiens pourdonner du merveilleux à cet accident, 8c pour entretenirla crédulité des peuples, publièrent que Ceres déguisée enfemme avoit fait ce coup. Le Poète Leuceas ne manquapoint d’insérer cette tradition dans l’Histoire qu’il compo-sa des Argiens (41).
(P) Antigonus en usa généreusement envers lui.] La têtede Pyrrhus, aiant été coupée, vint entre les mains d’Al-cyoneus qui la porta à son pere Antigonus. Celui - ciP aiant reconue chassa son fils à coups de bâton , l’apellacruel 8c barbare , fe couvrit le visage, 8c pleura. II fitensuite brûler honorablement cette tête, 8c le reste ducorps de Pyrrhus. Alcyoneus fe montra docile ; car aianttrouvé Helenus fils de Pyrrhus, il lui fit bien des caresses,8c le mena à Antigonus. Ce Prince loua cette action, 8cdit à son fils qu’elle lui auroit été encore plus agréable ,s'il eût ôté à Helenus le chétif manteau dont il le voioitcouvert. II fit ensuite mille amitiez à Helenus, 8t le ren-voia bien équipé dans le Roiaume d’Epire (41).
( g_) On a débité des choses fort fingulieres de Pyrrhus. ]Quand il s’agissoit de guérir les maux de rate, il s’y pré-paroit par le sacrifice d’un coq blanc; après quoi le mala-de fe couchoit par terre 8c Pyrrhus lui pressoir doucementla rate avec son pied droit. Quelque pauvre que l’on fût,on le trouvoit disposé à fournir de ce remede. On lui don-noit un coq, quand il avoit fait son sacrifice , 8c il avoitce présent pour très agréable. Sa gencive supérieure étoitun os continu , où l’on voioit des lignes qui marquoientle nombre des dents. La vertu divine du gros orteuil deson pied droit parut quand on brûla son cadavre; car ontrouva cet orteuil en son entier. Voilà ce qu’on lit dansPlutarque (43). On voit dans Pline (44) que c’étoit cemême orteuil qui avoit le don de guérir , & que n’aiantpas été endommagé par les flammes, il fut enterré à partdans un Temple. Qui doute qu’il n’ait été honoré commeles Saintes Reliques? Et pourroit-on reprocher après celaaux Païens, de n’avoir pas eu des Rois comparables auxPrinces Chrétiens qui guérissent la jaunisse, 8c les écrouel-Ies? Puis que j’ai promis ailleurs (45) de parler ici d'unpfausseté qui regarde Achille, il est juste que je la raporte.Camerarius (46 ) aiant dit que le gros orteuil de Pyrrhusavoit une vertu divine, 8c qu’il fut trouvé tout entier aumilieu des flammes qui avoient brûlé le reste du corps, a-joûte tout de fuite qu’Homere assure la même chose tou-chant Achille. Caipar à Reies dit plus dune fois, maistoujours d’une façon vague (47), que le doigt de Pyrrhusguérissait les rateleux ; à quoi il ajoûte en un endroit,qu’Homere écrit presque la même chose d'Achille (48). C’estCamerarius qui l’a trompé. Je voitdrois bien savoir qui atrompé Camerarius. II est faux qu’Homere ait rien avan-cé de semblable; 8c je doute qu’aucun autre parmi les An-ciens Tait avancé. Cet orteuil de Pyrrhus me fait songerà un conte que font les Rabins. Agrippa en fait mention.Ils disent qu’il y a dans le corps de l’homme un petit os quis’apelle Lux., qui n’est sujet à nulle rupture , 8c que le feumême ne peut vaincre, 8c dont notre corps regermeraau teins de la résurrection des morts, comme une plan-te renaît de fa graine. Efi in humano corpore os quoddamminimum , quod Hebr&i Lux. appellant, magnitudme cicerismundati , quod nulli ruptioni obnoxium , nec igné quidemvincitur , Jed semper conservatur ilUsum ; ex quo {ut dp.cunt ) velut planta ex semine, in resirrectione mortuorumcorpus nostrum animale repullulascet (49 )■ Je fuis redevablede ce passage à Monsr. le Professeur Drelincourt; 8c c’estavec la plus grande joie du monde que j’en fais ici unaveu public.
P Y R-
(4a) Exflutarch.Jtib finemVira: Pyrrh.Vtnez. aujjiJustin,
Lihr. XXV,Cap. IV.
Val. Max,Libr. V,
Cap. I.
(43) InPyrrho,î a g. 3S4.
(44) Libr.Vil, Cap. II.
fit j
(461 H o ra r.Succifívar.Centisr, I ll tCap, X LII»
(47) Il nemarque ja-mais quec 9 e~toit le grosorteuil dttpied droit •Voiez. son-ElylxusCampus»Sfitafi.XXIV,num. 4,num, 3 1 9
& Quast»XXVli**num. 24 9 &26.
(48)
XXV H 1 ’num. 2 6 .
(49) Agrip-pa, de oc-culta Phi—lolophia»Libr. I rCap. X*-
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