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(zî) LettreLXXXIX »Tome XI , ûiíy#í Oeuvres
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(îj) Moisde Févrieri(ÍRi , p&g.
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{4) L’ans'apelloitProcles ,
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le Nord , & dans tous ces quartiers-là, il n’y avoit ni terre, ni mer, ni air, mais un composédes trois, semblable au poumon,marin (Z)), sur lequel la mer & la terre étoient suspendues , 6cqui servoit comme de lien à toutes les parties de l’Univers, fans qu'il fût possible d’aller là ni àpied, ni fur des vaisseaux. II se vanta d’avoir vu cette substance qui ressembloit au poumon demer* 6c pour le reste il avoiia qu’il n’en parloit que par ouï dire. Use vantoit aussi d’avoir voiagépar tous les païs de l’Europe qui font fur la mer Océane, depuis Cadis jusques au Tanaïs j ce quePolybe ne pouvoit croire d’un petit particulier comme lui, mal pourvu d'argent (b). On avoiiepour le moins qu’il n’a pas mal entendu les propriétez des terres Septentrionales , eu égard auxaspects du soleil (c): 6c ce qu’il disoit ( d) que les barbares leur montroient le lieu où cet astres’en alloit dormir, 6c qu’il y avoit là des païs où la nuit ne duroit que trois heures,6c d’autres oùelle n’en duroit que deux, ne sent point du tout la fable, 6c lui fait infiniment plus d’honneurqu’une autre chose que Pline raporte après lui : c’est qu’il y avoit une Ile à une journée du païsdes Guttons, peuple d’AUemagne, dans laquelle on se servoit d’ambre au lieu de bois, pourfaire du feu (e). On fera bien de consulter l’Apologie que Pierre Gassendi composa pourPytheas (A) à la priere de Monfr. de Peirefc. Ces deux illustres Provençaux furent bien ai-ses de travailler à la gloire de leur Province , en soutenant la réputation d’un Ecrivain né àMarseille. Gassendi, tout savant qu’il étoit, n’a pas laissé de se tromper dans ses Conjecturestouchant cet Auteur ( F ), ce qui n’empêche pas qu’il n’y ait du profit à faire en lisant son Apo-logie. II ne faut pas confondre notre Pytheas avec l’Orateur Athénien de ce nom, qui vivoitdu tems de Demosthene (G).
(c) Strabú,Libro IV %
139.
(d) ^ 4 pudGeminum,Ilagog. adfh&nom.
( e ) Incolaspro ligno adigntm uti eoyproximisqueTeutcnisvendoe.
Plin. LibrôXXXVII 3Cap. IL
(D) Au--poumon marin.'] La Mothe le Vayer (21) remar-que que c’est un zoophyte spongieux, auquel les Italiens ontdonné un nom fort sale; & après avoir raporté que Py-theas avoit soutenu que cette matière étoit le lien de l’Uni-vtrs , 8c qu’il avoit eu Y impudence d’en parler comme d'unechose qu’il avoit vue , il nous parle à’un bon Anachorète,qui se vantoit d’avoir été jusques au bout du monde , & quidisoit qu’il s’étoit vu contraint d’y ployer fort les épaules , à,cause de l’union du ciel e? de la terre dans cette extrémité.
(E) L’Apologie que Pierre Gassendi composa pour Pytheas.]En voici l’occaíion. Lors que Mr. de Peirefc fit observerà Marseille en 1636 l’élevation solstitiale du soleil, oncompara la proportion que l’on trouvoit entre sombre &le style du quadran; on la compara, dis-je, avec cellequ’Hipparque dit (zz) que Pytheas avoit trouvée. .Mr.Gassendi fut chargé d’écrire fur cette opération astronomi-que, 8c de justifier Pytheas en même tems contre les in-vectives de Strabon. Voluit rursus (Peireskius) ut quoniamStrabo multa congejsit adverses Pytheam, ipse tn gratiam com-provincialis apologtam cortscriberem, purgaremque vimm quiprimus Thulen insulam demonslravit , cy quo non habet Occì -dens totus quem antiquiorem in dofíis habeat (2.3). Ce qu’ilécrivit là-dessus se trouve auIV Tome de ses Oeuvres (zq).II n’eut garde 'd’oublier que Cleomede donne à Pytheasla qualité de Philosophe; 8c qu’Hipparchus aiant censuréEudoxe, qui avoit dit qu’il y a une certaine étoile quine sort jamais de la place, 8c qui est le pôle du monde,loue Pytheas d’avoir enseigné que le pôle est un lieu vui-de d’étoiles, 8c qui fait une eípece de quarté avec les troisétoiles les plus voisines. Hipparque à l imitation d’Eratos-thenes enrichit fa Géographie du travail de Pytheas; 8c ilne faut pas s’étonner que celui-ci se soit trompé à l’égarddu Tanaïs, vu Pignorative où l’on étoit en ce tems-là desíituations du Pont Euxin, de la Mer Caspie, 8c du PalusMeotide. Lors qu’Alexandre fut parvenu fur les bords dela Mer Caspie, on le crut arrivé au Pont Euxin. Gassendiajoute plusieurs autres Remarques à celles-là en faveur dePytheas. On a pu voir dans les Nouvelles de la Républi-que des Lettres (z;), qu’Olaus Rudbecks a pris vivementle parti de ce Voiageur.
(P) Gassendi - n a pas laissé de se tromper dans ses
Conjeâlures touchant cet Auteur.] II a cru que les Marseil-lois, confus de n’avoir su que répondre aux questions queScipion leur avoit faites touchant la Bretagne, 8c animezd’ailleurs par ses conseils, résolurent d’envoler reconoîtrece païs, 8c choisirent pour cela Pytheas qui étoit un bonMathématicien. La République de Marseille étoit déjàpuissante sur mer, 8c s’apliquoit beaucoup au commerce;elle pouvoit donc avoir envie d’être instruite, si son né-goce retireroit quelque avantage de la découverte de cesRégions inconues. On leve par là l’Objection que faitPolybe: il ne faut plus trouver étrange que Pytheas,sim-ple 8c pauvre particulier, ait pu fournir aux frais d’un sigrand voiage. On pourroit fans cela répondre qu’une So-ciété de Marchands, ou quelque riche citoien auroit puchoisir Pytheas pour faire la découverte, 8c l'équiper de
toutes les choses nécessaires. Si Mr. Gassendi n’en disoitpas davantage, je n’aurois rien à lui critiquer; mais il ditque celui qui demanda des nouvelles de la Bretagne auxMarseillois, au tems de la seconde Guerre Punique com-mencée la 140 Olympiade, fut ou Scipion l’Africain, oule pere ou l’oncle de ce Scipion. Cela ne peut être vrai,puis que Dicearque avoit lu le voiage de Pytheas. Monfr.Gassendi pour éluder cette preuve dit, que les paroles deStrabon peuvent recevoir ce sens; c’est que les Relationsde Pytheas auroient pu déplaire à Dicearque: mais il estsûr que Strabon n’a pas voulu dire cela : son participewi&úíruí : z6), 8c toute la force de son raisonnement, cour-baient cette explication. Godefroi Wendelin, à qui Gas-sendi écrivit ces choses, lui répondit fur la demande, enquel tems Pytheas avoit vécu, que ç’avoit été au tems d’A-lexandre le Grand: ce qu’il prouva, 1, par les railleriesde Dicearque contre Pytheas; z, par la familiarité queTimée ennemi d’Agathocles avoit eue avec Pytheas àMarseille pendant son exìl;d’où Wendelin conclut que Py-theas a vécu avant Agathocles (27). Cette conséquenceest très-mauvaise, car de ce qu'un Voiageur contracte beau-coup de familiarité avec une personne bannie, il ne s’en-suit pas qu’il soit plus vieux que celui qui a exilé cette per-sonne. Outre cela, voici de nos gens qui font dire à unAuteur bien plus qu’il n’a dit. Wendelin nous renvoie àPline (z8), où nous lisons seulement que Timée ajoutafoi à Pytheas touchant l’ambre.
(G) Il ne le faut pas confondre avec celui - qui vivoit
du tems de Demosthene.] Le Pere Hardouïn (zp) apliqueà Pytheas de Marseille ce que Plutarque dit d’un Pytheasdans la Vie de Demosthene à la page 8$j; mais il ne fautpoint douter que le Pytheas, dont Plutarque fait mention encet endroit, ne soit le même Orateur Athénien dont ilparle à la page 849, où il dit que Pytheas railla Demos-thene de ce que ses Harangues fentoient l’huile (30). Dansla Vie de Phocion (31) il parle du même Pytheas, com-me d’un Orateur à grand caquet 8c insolent, que Phocionfut contraint de rabrouer. Suidas, qui nous en donne lamême idée, nous aprend qu’il se sauva de la prison où sescréanciers Tavoient mis, & qu’il se retira dans la Macé-doine. Plutarque raconte que Pytheas fugitif d’Athenesle retira auprès d’Antipater, 8c lui rendit le plus de servi-ces qu’il put avec ses Harangues. II eut alors de grossesprises dans l’Arcadie avec Demosthene, qui tout banniqu’il étoit ne laissoit pas de se joindre aux Ambassa-deurs des Athéniens, pour obliger les villes Greques àse liguer contre Antipater , dont Pytheas foutenoit lacause (3 z).
Plutárque raporte dans ses Préceptes touchant le Gou-vernement une prompte Repartie de ce personnage. EtPytheas l’orateur, dit-il (33), lors qu’il contredisoit aux ho--neur-s qu’on decernoit à Alexandre , comme quelqu'un luidifi, Comment ,oses-tu bien parler de fi grandes choses, toi quies fi jeune? Et quoi, dit-il, Alexandre, que vous faites unDieu par vos décréts , est encore plus jeune que moi.
PYTHIAS, fille d’Aristote, fut mariée trois fois, prémiérement à Nicanor selon leTestament de son pere (^f), ensuite à Proclus issu de Demarate Roi de Lacedemone, 6cenfin à Metrodore le Médecin, Disciple de Chrysippe de Cnide, 6c Maître d’Erasistrate. Lesdeux fils (s), qu’elle eut de son second mariage, étudièrent en Philosophie sous Theophraste.
Celui
(2<í) Votezd-diffus ta,
\t7û.
(27} Voiezles Oeuvresde Gassen-di, Tome Vl 9i"*S. 483 .
fr?) Librt »X XXVII 9Cap. II,
(29) Inltíá t
(30) Vêtez,Elien,Hifí.div. LivreVIL Chap.VII : il parieaujfi de luiLivre XíV ,Chap.XXVIII.
(31) Pag.7 Si.
(52) Plut.in Demost.pag. 858.
(33) Plut.de gerendaRepub. pag.80 -3: je meJets de laVersion d’ A-myot. Veiet.aujfi Plu-t arque, in.Apophth.
pag. IS 7 «
(A) Elle fut mariée > — — à Nicanor selon le Testamentde son pere.] Nous ne volons pas cette circonstance dansSextus Empiricus ; mais nous y trouvons qu’Aristote aprèsla mort de son pere & de sa mere fut élevé chez Proxenenatif d’Atarne, 8c que pour recoaoître ce bon service il
éléva Nicanor fils de Proxene, 8c lui fit aprendre toutes (1) Tiré.sortes de bonnes choses, 8c l’adopta, 8c ordonna meme á ’ Al ^vitapar son Testament qu’on lui donnât en mariage Pythias ^stotelis,fa fille (1). init. Voies,
tujsi le Testant, d’Aristote 4 m Dioa. haéice, Litre V, nm 12, & U N ote it CaíauboB.
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