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Tome troisieme. K - P.
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P O R C I U S.

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dans un Procès qu’on lui intenta il ofrit de se soumettre au jugement de l’un de ses enne-mis (G). 11 fut contraire aux Médecins, & aux études qui étoient le plus en vogue parmi lesGrecs (H): il ne laissa pas d’étudier la Langue Greque, mais il ne le fit, dit-on, qu’étant

fort

de son Traité de l’Histoire, sont légitimes. Ausonius Pop-ma les a augmente?., ík les a joints avec des Nôtes aux(J7 )ALei- autres Ecrits de Caton (37).

à-i;»aius. (G) ll fut accusé plusieurs fou, zy se défendit -- zy

il ofrit de se soumettre au jugement de l’un de ses ennemis .]

„ Coipime il travailloit bien les autres, auíîì n’estoit il pas,, lui mesme sans danger en l’administration de la chose„ publique: car s'il donnoit la moindre prise du monde„ sur lui, il estoit incontinent mis en justice par ses mal-„ vueillans, de maniéré qu’on dit qu’il fut accusé prés„ de cinquante fois, à la derniere deíquelles il estoit aagé„ de quatre vingt fix ans : & fut là où il dit une parole,

„ qui depuis a esté bien recueillie 8c bien notée, Qu’il„ estoit mal aisé de rendre conte & raison de sa vie de-„ vant les hommes d’un autre íìecle que de celui auquel„ on avoir vescu. Encore ne fut pas ce proces-là le der-„ nier de ses combats:'car quatre ans depuis, en l’aage,, de quatre vingts dix ans, il acusa Servius Galba : ainsi,, vescut-il comme Nestor, presque trois sages d’hommes,

I t) Plut >> toustours en continuelle action (38)”. Ces paroles de Plu-tarque doivent être corrigées en quelques endroits; car ilf*g. J4f n’est pas vrai que la vie de Caton ait été si longue , 8cVersion il auroit mieux valu emploier le nombre précis de qua-is Amiot. rante quatre dont Pline se sert. Cato prtmus Porcin gentis ,(î9) plia. dit-il (39), fret summas in homme res prastitijfe existimatus ,Liír. vil, ut effet optimus Orator, optimus Imperator, optimus Senator:Cap. qu& mihi omnia, etìamfi non prius , attamen clar'ms fulfijft

XXvii, m Scipions jEmilia.no videntur, dempto prtterea plurimorumpeg.M- odio, quo Cato laboravit. Itaque fit proprium Catonis, quit-ter zy quadragies caufam dixijfe, nec quemquam sepius postu-latum, zy semper absolutum. Aurelius Victor s’est serviQo )GMam du même nombre de quarante-quatre (40), 8c en cela ilotìogtnarius a été plus exact qu’en ce qu’il a dit que Caton âgé deTpsttuaìra.- quatre-vingts ans fut l’Accusateur de Galba. II faloit diregiesquiaer âgé de 8; ans : Voie? la Remarque (-<s). Mr. MoreriAccusa*!, s’est furieusement abusé lors qu’il a dit que les ennemis degloriofe abs,- Caton l’avoient déféré plus de quatre cens fois en justice.vict ^de" doublions pas ces paroles d’un ancien Auteur. Cato fox-Vii lliustr tum & oélegefimum annum agens , dum in rep. tuenda juve-nili animo perflat , ab inimicis capitali crimine accufatus,fuam caufam egit. Neque aut memoriam ejus quifquam tar- ’diorem, aut firmitatem lateris ulla ex parte quajfatam, aut oshafitatione impeditum animadvertit. %uia omnia ista in statufuo aquali ac perpétua industria cont'mebat. fSjuin etiam in ipfodiutijstmé aclst vit a fine difertijfimì oratoris Galba accusationsI41) Val. defenfionem fuampro Hifpania opposait (41). II y a deux fau-teS < * anS CC Pâge; car Caton n'avoit point quatre-vingtCap vu ' à ans îors stu’il plaida la prémiere des deux causes dontn»m. I, gag. Valere Maxime fait mention, 8c il fut l’Accusateur de Gal-m. 677,67*. ba dans la seconde, 8c non pas obligé de se défendre contreles Accusations de Galba: peu s’en salut que celui-ci ne fûtcondamné, 8c il auroit subi cette peine s’il n’avoit ému la(aQ Cice - miséricorde du peuple (4?).

sttr"mvss’ Pour achever le Commentaire de mon Texte, il meF ' sufira d’alléguer Valere Maxime qui a dit , Cato Juperior

fepenumero ab inimicis ad causa dittionem vocatus , nec ullounquam crimine convìSlus : ad ultimum t an tum fiducie, insua innocentta reposait , ut ab his in questïonem publicamdeduílus , Ti. Gracchum , à quo in administratiene reip. admultum odium diffidebat , judicem depofceret. Spua qui-dem animi prœfiantia perrinaciam eorum infeílandi fe inhi-(4}) Valet, huit (43).

Maxìmus, ( #3 // fut contraire aux Médecins , & aux études quicap r ' vu étoient le plus en vogue parmi les GrecsJ] Citons Plutarque71*171. j,gag. qui, aiant dit que Caton ne fut pas bien aise que les trois Am-309. bassadeurs philosophes des Athéniens fussent si goûtez à Ro-

. . me, 8c qu’il conseilla de les renvoier au plutôt (44), continue

de parler ainsi : „ Or faisoit-il cela, non pource qu’il eust au-i’Jrthù „ curie privée inimitié à l’encontre de Carneades, commecarneade „ quelques-uns ont cuidé, mais pource que généralement il.. haïssoit toute la philosophie, 8c que par une ambition ilmesprisoit toutes les Muses 8c les lettres Grecques: veu„ mefmementqu’ildifoitquel’ancienSocrates n’estoit qu’un

,, causeur 8c un séditieux.-Et pour divertir 8c desgouster

„ son fils d’estudieres lettres 8c disciplines Grecques, il lui di-„ soit en renforçant 8c grossissant fa voix plus que fa vieillesse„ ne portoit, comme fi par inspiration divine il eust pro-,» noncé quelque prophétie: Toutes 8c quantes fois que les„ Romains s’adonnerontaux lettres Grecques, ils perdront„ 8cgasteront tout. Et toutesfois le temps a monltrésa de-„ traction 8c mesdisance vaine 8ç fausse: car jamais la ville,, de Rome n’a tant florì, ni l’empìre de Rome n’a esté si,1 grand, que quand les lettres 8c les sciences Grecques y ont,, esté en honneur 8c en pris. Mais Caton n’avoit pas feule-,, ment en haine les philosophes Grecs, ains avoit auffi pour„ suspects ceux qui faifoyent profession de medecine à Ro->, me: car il avoit ouï ou leu la responsequefitHippocrates„ quand le Roy de Perse l’envoia quérir, 8c lui fit ofrirgros-W sc somme d’or Sc d’argent, s’il le vouloit aller servir, quandtom. III.

à /'alinéa. "

„ il jura que j amais il ne scrviroit aux Barbares, atendu qu’ils„ estoyent naturels ennemis des Grecs. Caton afermoit que„ cela estoit un serment que tous autres médecins juroyent„ semblablement: au moyen dequoi il commandoit tres-,, expressément à son fils de les fuir tons également, disant,

,, qu’il avoit fait un petit traité de medecine, par lequel il„ guerissoit ceux de sa maison quand ils estoyent malades,

„ 8c les entretenoit quand ils estoyent en santé (45) ’’. Si vousvouiez voir les propres termes de Caton lise? ce passage dePline: Mox a f&vitia fecandi urendique , transisse nomen incarnificem, ct in tttdium artem omnefque Medicos , quo d cla-riffime intelligi potest ex M. Catone, cujus autloritati trium-phus atque Censura minimum conférant : tanto plus in ipfo est.Gguamobrem verba ejus ipfa ponemus. Dieam de istis Gracis fuoloco, Marce filitquid Athenìs exquifitum babeam quod ho-num fit illorum lifteras inspicere, non perdiscere, vincam. Ne-quijfîmum z? indocile genus illorum : ZV hoc put a vatem dixijfe ;Quandocumque ista gens suas litteras dabit, omnia corrumpet.Tum etiam magis, fi Medicos suos hue mit t et. furarunt interfe barbares necare omnes Meàicina. Et hoc ipfum mercede fa-ciunt, ut fides ìis fit, zv facile difperdant. Nos quoque dtéii-tant barbares : zy spurcìus nos, quam altos opicos, appellationefoedant. interdixi tibi de medicis (46). On peut réfuter par làceux qui prétendroient que la Harangue de Carneade con-tre la justice fut le grand motif qui obligea Caton à con-seiller de se défaire promptement de ces discoureurs Athé-niens. J’ai conu un fort habile homme qui s’imaginoit quece grand motif que Carneade avoit attaqué les fonde-nt ens de la Politique Romaine, 8c dévoilé un mystère quiétoit la base de la puissance 8c de la gloire de cette ambi-tieuse République. Ceux qui la gouvernoient faisoient en-sorte que l’on crût que la raison, 8c la droiture, étoient laréglé de leurs actions; mais Carneade en combatant la justi-ce fe servit entre autres preuves de celle-ci,quelesRomainsTeroient obligez de retourner dans des cabanes, s’ils vou-loient agir justement, c’est-à-dire, s’ils vouloient restituerles biens dont ils s’étoient emparez (47). Je croi quecette Remarque déplut à Caton, 8c qu’il en pénétra bienles conséquences, mais je fuis persuadé que de plus for-tes raisons ranimèrent contre ces Députez des Athé-niens, 8cc.

C’est ici qu’il faut que je parle d’une fausseté débitéepar Agrippa 8c par Montagne, 8c doctement réfutée parMr. Drelincourt le Professeur en Médecine. Romani quon-dam fub Catone Censorio medicos omnes zy urbe tota, zy iotaItalia pepulerunt, eorum funesta mendacia , crudelitatemqueaverfati. Ce font les paroles d’Agrippa (48), 8c voicicelles de Montagne (49), Les Romains avoient esté fix censans avant que de recevoir la Medecine , mais âpres savoiressayée , Us la chafferent de leur ville par l’entremise de Catonle Censeur. On pourroit citer une infinité de Modernesqui ont dit la même chose. Jean Langius Médecin Alle-mand assûre que Caton le Censeur sit interdire la ville deRome aux Médecins Grecs (50). Caspar à Reies Méde-cin Espagnol raconte que l’avis de Caton, qu’il faloit chas-ser tous les Grecs, 8c tous les Egyptiens, passa fans nullecontradiction, 8c que comme tous les Médecins de Romeétoient ou de Grece ou d’Egypte,ils furent envelopezdans l’Arrêt que le Sénat prononça conformément auxdésirs de ce sévére Censeur (51). II ajoûte (y?) que cetteproscription fut faite lan 590 de Rome, 8c qu’elle durajusqu’aux prémiers Empereurs. Mais ce font toutes cho-ses dites en Pair; car on n’a aucune preuve, ni que Catonait agi auprès du Sénat ou auprès du Peuple pour obtenircet Arrêt de proscription, ni qu’il y ait eu de son temsun tel Arrêt. Au contraire, nous lisons dans Pline, quide tous les anciens Auteurs est celui qu’on peut le plusaisément citer au désavantagé des Médecins, que le Sénatles banit long tems après la mort de Caton. Et cum Grâ-ces (antiqui) Italia pellerent , dit-il, niu post Cato-ne m, ex ce pisse Medicos (53). Ce pastage semble dire quetous les Grecs à la réservé des Médecins furent banis d’I-talie. C’est le sens que le docte Mr. Drelincourt a donnéà ces paroles (54) ; mais il est certain qu’il les faut pren-dre d’une autre maniéré, elles signifient que les Médecinsfurent nommément compris dans P Arrêt de proscription;car s’ils en avoient été exceptez, Pline n’eût pas eu be-soin d’alléguer les raisons qu’il a étalées avec tant d’exacti-tude pour justifier 8c les préjugez de Caton, & la sévéritédu Sénat Romain. Non deferam Catonem, c’est ainfi qu’ilparle dans la page suivante, tam ambitiofst artis invidia ame objeâìum , aut Senatum illum qui ita cenfebat. II paroispar les Dictionaires de Jurisprudence (55) que le mot ex-cìpere signifie assez souvent, non pas excepter ou exclurremais enfermer nommément zy expressément. Notez que Plinen’à pas eu raison d’assûrer que pendant six Siécles la villede Rome fe passa, de Médecins. Mr. Drelincourt fait voile contraire dans une Harangue qu’il prononça (ç6j au

mois de Juillet 1671. C’est ujie fort bonne Avolome éeHkhhh x *pwogiede

(4s) rlut,in CatoneMajore, pag»z so, Versiond’Amyot.

(46) Plin,Lib.XXlXtCap. I,pag.667,668.

(47) Omni-bus populistjui florerenttmpcrio érT^omanisytboijue ipjUqui totiusor bi s patirtn-tur.sijusti"velint esse ,hoc efi Jialié-na restituantad eassts esteredeundum ,

& tn néces-sitât e ac mi-seriis jacen-dum . Car-neades t <!p#{fLsctant.Libr. V,Cap m

34 1 *

Í4 8 ) Agrip-pa , de Va-nit. Scieu-tiar. Cap.LXXXIir,gag. m. iss,

(49) Mon-tagne, Es-sais, hivr -II, Chag .XXXVII ,

gAg.m. 7Sf.

(í«) Lan-gius, Epi».Medic. II

Eilr. II,pAg.

48a.

(si) Gasparì Reies, inElysio ju-cund.

Qiizst.

Gampo,

1 ,

num. n,g*g,m. n.

fja) Idem. ,ìbid .1 IZ , IZ,

(s 3 ) Plin.Lié. XXIX.

Cap. I,pag.

668 , 65 p.

(s 4) D Ie -lincurtiusApologie

Medica,

(ag- 47 Edit.1693 .

(sj) Voi ex. UPere Hai-douïn, furce pastage dePline.

(56) DansPAcndcmifde Leide.