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Tome troisieme. K - P.
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(s) H an3 SS-

(g ) Tiré deSulpice Se-vere, Hist.Sacr .Lib.Il.

(3) Maim-bourgjHift.du Pontifi-cat de St.Xeon, Livr.I, pag. 44 -45 , Edit,de Hollande:tl cite enmarge ìesparoles deSulpiceSevere.

(4) Sulpic.Severus,Hist. Sacr.Libr. 11,

pag. 165 .

(5) Minusmaloritmmunere ex-pertm Dei ,Media qitodxviraptuses.Errtre tjuodnon devian-tis , filin ,Pœnaque la-sses conjugis.■Auíbnius,in Ptofess.num. s »pag, m. lío.

(6) Sulpic.Severus,Hist. Sacrail.iír. 11,pag. 170.

(7) Lstinusïacatus, inPanegyricoTheodolîodidfo, Cap.XXIX,pag. m. 5 os.

(*) Necdiffi-tentem ob-fcesnis se(Induiseàoéírinìs ,noBurnosetiam tur-pitem feemi-narum egijseconventus ,nudumqueor are soli-tnm , nocen-tern pronun -ciavit. Sulp.Severus,Histor. Sac.Libr. u,pag. 170.

(*J Sevtr.

I. 2 .

(9) Maim-bourg,Hist.du Pontifi-cat de St.Xeon, Livr.Jopag, 4X46.

818 P R I S C I L L I E N.

térent tout pour être de leur voiage (C). Le Pape refusa de les ouïr: St. Ambroise en fit autant;mais la Cour Impériale fut plus indulgente. Ils y obtinrent un Rescrit qui ordonnoit qu’on lesrétablit dans leurs Eglises. Ils retournèrent en Espagne, 8c y trouvèrent tant de crédit qu’Ithaciusleur Accusateur, apellé à rendre compte de sa conduite comme perturbateur de l’Eglise,s’enfuit dansles Gaules. II y aigrit de telle forte le Tyran Maxime contre ces Sectaires, qu’ils reçurent ordrede se trouver au Concile dc Bourdeaux. Instantius y fut condamné. Prifcillien, aiantvu la condamnation de son camarade, demanda d’être renvoié à Maxime. On y consentit.

Ses Accusateurs le suivirent à la Cour, 8c poussèrent íì chaudement cette affaire, qu’ils le fi- y

rent condamner (/) au dernier suplice (5). Je rapovterai le caractère d’Ithacius, leprincipal promoteur de la mort de Prifcillien ( D ), 8c quelles furent les suites de cette ri-gueur

„ Provinces de l’Espagne, non seulement de femmes 8c,, de peuple, mais auflì de gens de qualité & d’Ecclesiasti-,, ques, entre lesquels il y avoit mesme quelques Eves-,, ques, qui aussi bien que tous les autres, s’attachoient à,, luy comme à un grand Saint (3),

(C) Euchrocia femme du Rhéteur Delphidius -- ex

plusieurs autres femmes ---- quittèrent tout pour être de

leur voiage .] Si nous en croìons la chronique scandaleuse,on commençoit par l’esprit, 8c on finiííoit par la chair.Euchrocia fut d’abord charmée par la dévotion extérieurede cet Hérétique, 8c par les beaux discours de spiritualitéqu'elle lui entendent faire; mais insensiblement il la char-ma par toute. autre chose : íl coucha avec elle ; 8c l'eti-grossa. Si quelcun m’objecte que les paroles Latines, queje citerai bien-tôt, lignifient que cette Aventure concerneProcula fille d’Euchrocia, je ne ferai point l'opiniátre, jereconoîtrai que c’est peut-être le meilleur sens qu’on puifledonner à l’Original. L’extérieur de dévótion, que Pris-cilhen affectoit depuis long-tems, ne lui avoit pas fait ou-blier que la jeune Procula étoit préférable à fa mere. Voi-ci le Latin: lter eis prster interiorem Aquitaniam fuit: ubìtum ab imperitis magnifiée fuficepti, fparfere perfidis fiemina ,maximeque Elufianam plebem, fane tum bonam CX religtoniftudentem , pravis preedicationibus perversere: à Burdigala perDelphinum repulfi, tamen in agro Euchrocia altquantifper mo-rati, infecere nonnullos fuis errorìbus. Inde iter cœptum in-greffi, turpi fanepudibundoque comitatu, cum uxoribus atipuealunis etiam fœmtnis, in quis erat Euchrocia, ac filia ejusProcula : de qtta fuit in fermone hominum, PrifcìlUani ftuprogravidam, partum fibi gramïnibus abegiffe (4). Ce fut uhbonheur pour Delphidius de mourir jeune; car il n'eutpas le déplaisir de conoître la débauche de fa fille, 8c leluplice de fa femme (;). Chacun fait qu’Euchrocia futpunie du dernier suplice en même tems que Prifcillien (6).Un Panégyriste de Theodofe déclama éloquemment con-tre cette cruauté: il ne pardonna point à Maxime d’avoirfait mourir la femme d’un Poète illustre accusée d’être tropdévoré. De virorum mortibus loquor, cum defeensum recor-der ad fanguinem feminarum , e? m sexum cuì bella parcuntnon farce ssvitum ? Sed nimirum graves fuberant , invidiofe-quecauss ut unco ad pœnam clari vatis matrones raferetur.Qbjtckbatur enimy atque etiam exprobrabatur mulUTÌ vìdu&nimia religio , ex dìligentius cuit a dtvìnitas ( 7 j. II y %des gens qui s’étonnent que Prifcillien ait pu attirer tantde dévotes, puis qu’il mêloit une impureté si choquantedans fa prétendue dévotion. 11 avoua à ses Juges qu’ilavoit tenu des assemblées nocturnes 8c impudiques avecdes femmes, 8c qu'il se mettoit tout nu dans l’exercice del’oraison (8). Mais c’est par cela même, disent d’autresgens, qu’il faisoit grossir sa troupe, & qu’il attiroit le sexe.C’est la pensée de M. Maimbourg. Citons encore la Pa-raphrase un peu trop amplifiée qd'il nous donne des paro-les de Sulpice Severe. „ Depuis qu’on est prévenu d’un,, homme qu’on croit eitre Saint, on se soumet aveuglé-,, ment à tout ce qu’il ordonne, & l’on prend sans aucu-„ ne répugnance toutes ses décisions comme des Oracles,,, particulièrement quand elles font favorables aux incli-„ nations de la nature corrompue. Ainsi ce scélérat n’eut„ pas grand’ peine de persuader à ses disciples, que pour-„ veu que l’esprit qui vient de Dieu luy soit parfaitement„ uni, par Une certaine espece d’oraison qu’il leur ensei-„ gnoit, on poutjpit., & mesme on devoir abandonner,, la chair à toutes ses convoitises, fans que Dieu y pren-„ ne intereft, 8c le trouve mauvais, puis qu'elle n’est point„ de lui, 8c qu’elle ne vient que du méchant principe,de,, mesme que le mariage, C’est fur ce détestable dogme„ que les femmes qui n’aimoient pas leurs maris les quit-„ toient malgré qu’ils en eussent (*), Scies maris aussi,, leurs femmes de l’humeur desquellcs ils ne s’accommo-„ dolent plus, 8c que les uns 8c les autres, comme tous„ ses disciples, faisoient à son exemple tous ensemble l’o-,, raison, comme s’ils eussent esté dans l’éfat d’innocence,„ 8c se souiiloient en suite de toutes sortes d’impuretez.,, Car c’est là qu’aboutissent ordinairement ces nouvelles„ doctrines, ces enthousiasmes, 8c ces nouveaux genres„ d'oraison plus tanatiques que mystérieux , de certains,, faux illuminez, < 6 c prétendus spirituels, qui commençant-, par l’eiprit, pour tromper le monde,ne manquent gue-,, res de finir par la chair (9).

(D) Je raporteraì le carakere d’lthaúus , k principal pro-

moteur de la mort de Prifcillien. ] C étoit un Evêque Es-pagnol , impudent 8c débauché, 8e qui facrifioit touteschoses à ses passions. II fit bien conoître que l’amour dela vérité ne l’animoit pas, 8c qu’il ne poussoir à bout lapersécution de ces Hérétiques, que par un principe de va-nité. Ses prémieres démarches l’engagérent à mettre letout pour le tout : il cherchoit l’honneur du triomphe ; ilvouloir montrer la force de son crédit, 8c celle de ses in-trigues; il n’eût pu souffrir que l’on s’aperçût qu’il ne ga-gnoit pas son procès ; il remua ciel 8c terre auprès du Ty-ran Maxime, afin d’obtenir la victoire parla faveur dubras séculier. Et comme il craignit les traverses des per-sonnes sages 8c judicieuses, il eut l’impudence, 8c la ma-ligne politique, d’accufer de Priscillianisme tous ceux quilui déplaìfoient. Dès qu’on s’apliquoit à la lecture ou aujûne, on étoit décrié comme complice de cette Secte parce violent persécuteur. N’eut-il point l’audace d’en accu-ser saint Martin, qui l’exhortoit à se dépouiller du person-nage de Solliciteur de Procès, 8c qui suplioit Maxime dene point répandre le sang de ces Hérétiques. Voilà les ru-ses détestables de la plupart des Accusateurs d’Héréíìe: onles renouvelle dans chaque Siécle, 8c le monde s’y laisseduper encore aujourd’hui, comme si elles ne faisoient quede paroître. L’Historien que je vais citer mérite cent beaux-éloges, pour avoir dit que les Priscillianistes ne lui étoientpas plus désagréables que ceux qui les accusoient. Secutietiam accufatores Idacius z? Ithaeiui Epifcopi : quorum stu-dium in èxpugnandïs hareticis non reprehenderem, fi non stu-dio vineendi plus quam oportuit certajfent. Ac mea quidemfententia est, mihi tam reos quam accufatores difplicere. CerteIthacium nihil penfi, nihil fanêîi habuijfe definio. Fuit enimaudax, loquax, impudens, fumptuofus , vent ri e? guis plu-rimum ïmpertiens . Hic fiultitis co ufque procejferat, ut om-nes etiam fanâlos viros, quibus aut studium inerat leBìonts,aut propofitum erat certare jejumis, tamquam Prifctlliani fo-cios aut difcipulos, in crimen arcejferet. Aufus etiam miserest, ea tempeftate Martina epifeopo, viro plane Apostolis con-ferendo ,palam objeffare hsrefis infamiam. Namque tum Mar-tinas apud Treveros constitutus, non definebat increpare Itha-ctum, ut ab accufatione defisteret: Maximum orare, ut san-guine infelicium abstinent : fatis fuperque fufficere , ut epifeo-pali fententia hsretici judicati ecclefiispellerentur (10). L’in-tercession de Martin fut si puissante, que pendant qu’il futà Treves on ne procéda point au jugement de ces mal-heureux; mais dès qu’il en fut parti quelques Evêques ga-gnèrent Maxime, 8c le pondèrent à violer la parole qu’illui avoit donnée (n). Prifcillien fut condamné au derniersuplice, 8c alorslthacius pleinement content désista dei’Ac-cusation , c’est-à-dire qu’il ne parut pas contre lui devantles Juges, lors qu’il fut question de confirmer la Sentence.Artifice grossier, 8c dont Sulpicè Severe se moque très-justement. Ceterum Ithacius vïdens quam invidiofum fibiapud epifeopos foret, fi accusato, etiam postremis rerum capï-talium judicïis astitijfet ( etenim iterari judicium necejfe erat )fubtrahit fe cognitioni frustra calidajam feelere perfeílo (11).Latinus Pacatus traite selon leur mérite ces Evêques san-guinaires; il exagere comme il faut le scandale qu’ils don-noiçnt, en portant leurs mains impures 8c sanglantes furles choses les plus sacrées. II décrie l’iniquité du TyranMaxime, qui chérissoit 8c qui protégeoit de tels Prélats.(13) Sftìd hoc majus poterat intendere accufator facerdos ? fuitenim, fuit ex hoc delatorum genus , qui nominïbus antìftites,révéra autem satellites , atque ade'o carnifices , non contentimiferos avilis evolvijfe patrimoniis, calumniabantur in fan-guinem , ex vitas premebant reorum jam pauperum. Spuinetìamcum judicììs capitalibus astitiffent , cum gemitus ex tormentamìferorum auribus ac lummibus haufijfent , ckm litlorum ar-ma, cum damnatorum frena t.raStajfent , pollutas pœnali ma-nus contaèìu ad sacra referebant , ex clerimovias quas incefta-verant mentibus, etiam corporibus impiabant. Hos ille (14)Phalarìs in amicis habebat, hi in coulis ejus , atque etiam inoculis erant : nec injuria, à quibus tot jimul votiva veniebant ,avaro divìtum bona ; cruénto innocentium pœna ; impio relï-gionis injuria.

Nous pouvons remarquer dans Ithacius une autre choseen quoi les Accusateurs les plus véhémens lui ressemblent.II n’y avoit point d’Evêque qui eút été plus embarassé quelui à rendre raison de sa conduite, 8c néanmoins il étoitle plus ardent à diffamer 8c pouríuivre lesauires. Cedeior-dre est prodigieux, comme les Païens Pont remarqué: ils

ont

fioj SulpicSeverus,Hist.sacraç,Libr. II,pag. 168,159.

(11) siv.aáiufque Mur-sinus Treut -*ris fuit-, di-lata cognithe fi ** & moxdifcejpírusegregia att-thoritate aMaximoelicuit fpon .-siomm, nihilcruentttm innos confti -tuendum.Sed

postea Impfrator perMagnum &\ufum sepif-copos deprA-vatus, ér à.mitiorilusconfiliis deflAxus, caujsumprxfeBaEvodio per-mi fit, viraacri (r seve-ro. Idem.pag. 169.

(12) Idem,ibidem ,pag. 17 a,

.(ij) Lati-nus Paci-tus, inPanegyri co

Theodoiìo

dicto,

Cap,

XXIX,pag.m, 509,

{14) C,Jl-a dire Ty-ran Maximeque Theodofeavoit vain-cu»