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P R I S C I L l I E N. PRODICUS.
Léon les réfute. j, (*) S’il est permis de croire 8c d’en-„ seigner cette doctrine, on ne doit plus ni récompenser,, la vertu, ni punir le crime; & toutes les loix,non feu-„ lement humaines, mais auffi divines, n’ont plus de for-„ ce, 8c peuvent estre violées impunément; parce qu’on„ ne pourra jamais prononcer en jugement, ni en fa-„ veur des bonnes actions, ni contre les méchantes, fi„ une fatale nécessité pousse & emporte par son mouve-„ ment celuy de la volonté”. (17) Pmt-on douter aprèscela,]Q continue à me servir cjes expressions de Mr. Maim-bourg,(28), fans adopter tout ce qu’il dit ,que Saint Léon aitcru -ce que la Foy nous oblige de croire, /savoir que la grâceefficace nous fait tellement agir, qu'elle ne nous impose aucunenécessité , mais quelle nous laisse inviolable nostre libre arbitre,ou la liberté d'indifférence, par laquelle nous pouvons prendrelequel il nous-plaira des deux partis y l? faire ou le bien parQuianeque la grâce , ou le mal de mus mesmes. Je croi fans peine qu’ilsde bonis,
neque de malis a&ibus ullum poterit esse judicium, fi !n utramqae partem fatalisnécessitas morum mentis impellit. S. Lc», epift. LZ. ( -f ) Maimbourg, Histoiredti Pontificat de St. Léon, Livre I, pag. ââ. ( 28 ) ? e me í ms Sfrvi. de ia Tn t-duel ion qtdil a faite da passage- de Saint Léon, là rnerrte pag. 65, 66.
Q) <Zil0d fiid credi li-ceat, & do-ceri, necvirtutibuspiatminm,nec vitiispœna de-bebitur.
Omniaquenon solnirihutnana-mm Lé-gion , fedetiam divi-narumConstitu-tionum dé-créta sol-ventur.
différoient de saint Augustin dans l’explication des causesqui déterminent la volonté ; mais il faloit nécessairementqu’ils fussent d’accord avec lui fur ce point de fait, c’estque le principe qui la pousse ne lui permet pas ou de s’ar-rêter, ou de reculer, ou de s’écarter à côté. Or c’est furcela que tombent les raisons du Pape Léon quand il réfuteces Hérétiques : il est donc certain qu’en leur personne ilréfute saint Augustin, 8c qu’il n’a pu aprouver ce Pere,sans adopter quand cela venoit de lui, ce qu’il avoir re-jetté venant de la Secte Prifcillianiste. Je n’examine points’il raisonne bien, je dis seulement que toutes les preuvesqu’il tire, soit des peines 8c des récompensés,soit des loix& des jugemens, feroient mauvaises contre cette Secte, fielles n’étoient pas bonnes contre le Système de saint Au-gustin.- Remarquez bien que saint Léon argumente par lessuites que pouvoit avoir le dogme de la fatale nécessité,& qu’il ne dit pas que ces Hérétiques enseignassent ces con-séquences. Cela montre qu’il en veut au dogme même,indépendamment du principe fur lequel ils le soudoient,& des conclusions qu’ils en tiroient actuellement. J’ai dûajouter cette Note, parce qu’elle fortifie mon Texte.
V
(4.) suidas. PRODICUS, natif de Julis ( a ) dans l’Ue de Cea (^/), l’une des Cyclades, contempo-(t) Euscb. rain de Democrite, & de Gorgias Leontin, & Disciple de Protagosas, a éte'l’un des plus célê-in ciiron. bres Sophistes de la Grece. li fìoriíïbit dans la 86 Olympiade (£), & il eut entre autres Disei-(c) piato, pies Euripide, Socrate (<r), Theramenc (d) f Lc Ifocrate ( e ). Ii ne dédaigna point d’enfeignert» Menone, en p art i C ulier dans Athènes, encore qu’il y fût avec le caractère d’Ambassadeur de la part de sesf A suidas compatriotes, qui lui avoient déjà conféré plusieurs autres emplois publics (/), & encore que la nasse,
( ) “ iS - g ra i lc le aprobation que fa Harangue avoit obtenue des Athéniens le jour de son audience publi- *
que^De que, semblât devoir l’engager à n’exereer son talent qu’en pareilles occasions. Platon qui parle bUmlptuonnysd’HaH- de lui assez souvent,& même avec éloge,mais non pas fans fe souvenir quelquefois de l’ironie(g), â a-'?"-'dZTu e v ie 6gure favorite de Socrate son grand Interlocuteur, insinue que l’envic de gagner de l’argent diem'&’ded’isocî'ate. porta Prodicus à tenir école. II en gagna effectivement beaucoup à ce métier. Philostrate (h)
(f) piato, ne s’éloigne point de cette pensée de Platon j car il attribue à Prodicus ces deux qualitez, l’une *
d’avoir aimé l’argent, l’autre de l’avoir emploié à fe divertir. II alloit de ville en ville faire pa- sópiust. ltai 2 4 k ^ rade de son Eloquence, & quoi qu’il le fit d’une façon mercenaire (A), il ne laissa pas de rece- L, ^ r ' z >voir de grans honneurs à Thebes, & de plus grans encore à Lacedemone. On a fort parlé de m ' iaa ‘fa Déclamation à cinquante drachmes (C), mrniwrùiï&xp ®-, qui fut ainsi nommée, à ce quedisent quelques Savans, parce que chaque Auditeur étoit obligé de lui paier cinquante drach- Prodico,»*mes (/), qui font plus de quatre écus de notre monnoie. 11 faloit que Prodicus eût un style
bien mtl -
(1) ln PtO-tagora érpassim aïiii.Il dit tnHippiaMa-iore.íw. m.1246 , ejtteProdicusvint
tùt K ltaex CeaInsista.
(2) InVita.Isocratis.
(j) Ibidem.
(4) In Fro-tagoia.
(j) VolezWolfius inIsocrat.Vitam, &Ménagé inDiog.Laert.pog. 419.
(6) Ibidiftt.
(7) In ViraSophist./>4g.449 *
(8) Case-neuve,Comment,fur lesEpist. deïhilostr.pag. 42.
( 9 ) Dant
V Edition deHollande ona mis Col ;c'est uneFaute d'im-prefpan.
(10) Ména-gé inLaeit.pag. 4 I9.
(A) Dans l'île de Cea.'] Suidas marque expressémentque Prodicus étoit de cette Ile, iáì Kla fit mV*, 8c ille nomme Kiïov comme avoient fait Platon (1 ), Denysd’Halicarnasse (2),Plutarque (z), Diogene Laërce(4), &c.De Ks«í vient Kh@-, & par contraction Keì®-, d’où lesLatins ont fait Cens, ou Ceins, ou Cius (j). Monfr. Mé-nagé fó) censure avec raison Marsile Ricin, qui a traduitpar Prodicus Chius le lípífoi Ksîí^ de Platon; c’est cequ a fait auffi Amyot dans la Traduction de la Vie d Iso-crate. Le Traducteur Latin de Philostrate a fait une pa-reille faute ; car il apelle Prodicum Chìum celui que Phi-lostrate nomme lípóJhyt Kîov (7). Le Traducteur Françoiseut fans doute plus de foin de coniulter la Version Latinede Philostrate, que d’ex-aminet le Texte Grec, puis qu’iltourna Prodicus, natif de Chio. Caseneuve qui l’en blâme,& qui le censure de quelques autres méprises (8), lui enlaisse passer deux qui méritoient d’être relevées. Voici leGrec. n-goJócK j r S Kits 'Ítoptep qenrSw soft tntplce tyénv àç ygf]veto FgvXta» ’Ei'iripci'ÍIg. cl hoioifftç tS'lílvíçe àuçpìk&tcu ss ,
>0t9'íí2ev& tyfur,rhv rù Kt voici le François. Prodi-
cus natif de Chio zsr fils de Grillus , fut en telle réputation,qu efiant en prison en Beotie, Xenophon donnant plege pour sapersonne, le voulut entendre. I. Ce n’est pas à Prodicus,mais à Xenophon, qu’il faloit donner la qualité de fils deGryllus. Caseneuve le dit lui-même dans la page 43, 8cnéanmoins lors qu’il censure la Version dans la page’ 42,il prétend qu ’/7 faloit dire, Prodicus natif de Cio & fils deGryllus, Lee. 2. C’est Xenophon, 8c non Prodicus, quiétoit emprisonné; 8c néanmoins il n’y a personne qui enlisant cette Version, ne se figure que Xenophon s’engageaà représenter le prisonnier Prodicus. Si Caseneuve n’a pasignoré que ce Sophiste n’étoit point de l’Ile de Chio, iln’a pas mieux su pour cela d’où il étoit; car il le fait na-tif de ïlie de Cio, que nous nommons à présent Standia,dit-il. Cela est faux; il étoit natif de l’ile de Cea, ouCeoí, qu’on nomme présentement Zea. Moreri en lefaisant de l’Ile de Cos (9), n’a tait que suivre l’erreurde gens qui en savoient plus que lui. Erasme l’apelleCoum dans la page 394 de ses Adages. Autant en faitCharles Etienne dans Ion Dictionaire; ce qui n’a pointété corrigé ni paijMr. Lloyd, ni par Monfr. Hofman. Ilsn’ont point corrigé non plus ce qu’il impute fauflement àSuidas; c’est d’avoir fait Prodicus de l’Ile de Chio.Monfr.Ménagé (10) prétend qu’il s’est glissé une faute dans le I Cha-pitre du 111 Livre de Quintilien, où Prodicus est a-pelléChius. Je n’ai point trouvé cette faute dans les Editionsque j’ai consultées. Mr. Maucroix dans fa Traduction du
grand Hippias, imprimée à Paris Fan 1685, fait Prodicusde Plie de Ços. Le Pere Goulu avoit fait la mêmefaute dans la Traduction Françoise de l’Apologie de So-crate ( 11 )
(B) & une façon mercenaire.] Voiez Philostrate (12)Sc Platon. Celui-ci dit que les jeunes gens des plus riches& des plus nobles familles attirez par Prodicus, par Gor-gias, par Polus, par Hippias, qui alloient de ville en vil-le, leur donnoient de grandes sommes d’argent, 8c leurpromettoient outre cela beaucoup de reconoissance, pen-dant qu’ils négligeoient de fe faire instruire par leurs con-citoiens, qui les eussent enseignez gratuitement (13).
(C) De la Déclamation à cinquante drachmes.] Je me
suis servi du terme de Déclamation, sans m’ôter le droitd’en substituer un autre, fi la raison le demande. Le motGrec WíMíis dont Platon Lc Suidas se sont servis, me pa-roit signifier une Harangue semblable dans ses circonstancesà ces Piaidoiez qu’on apelle d’aparat, c’est-à-dire uneHarangue où F Auteur étale toute fa Rhétorique, Lc fe pro-pose de fe signaler tant à cause de l’importance de la ma-tière , qii’à cause de Faffluence des Auditeurs. Ceux quitraduisent otiAí|í» mt ss» par fpecimen edere , n’entendentpas mal la chose; car ils donnent à entendre.qu’un Ora-teur sait montre de toutes ses forces, comme s’il étoitapelle à faire chef-d’œuvre. Je pense que de là est venuque les Harangues du plus grand éclat, qui font celles oùl’on fait un Panégyrique ou une Invective, ont été attri-buées par les Rhétoriciens au genre de cause qu’ils a pel-ât démonstratif, ejnJWntfY Quoi qu’il en soit, il y aquelque difficulté sur ì’ioríh^tc de Pro-
dicus. Suidas dit que Prodicus est le premier qui Fa faite:il nous laisse là, 8c ne nous explique point ce que c’est.Voffius lui attribue pourtant d’avoir dit, que tous ceuxqui vouloient entendre cet Orateur, lui paioient cinquantedrachmes, c’est-à-dire quatre écus de France , Lc deux réauxd’Eípagne (14). II est fort aparent que Voffius s’en .fia àCresollius (iç), Lc ne passa point plus loin. II fe sert pré-cisément de la même évaluation de monnoies dont ce Jé-suite s’étoit servi ; mais au lieu que dans le Livre du Jé-suite, cette somme de quatre écus 8c deux réaux ,paiée àProdicus par chaque Auditeur, n’est qu’une explication duTexte de Suidas, ou une conséquence qu’on en tire, c’estdans Voffius le témoignage formel de Suidas. Jugez quel-les précautions on doit prendre contre le commun des Au-teurs en fait de citer, puis qu’il échape de telles licencesà un homme comme Voffius. Voions ce qu’il avoit diten un autre Livre (16). II avoit raporté comme un fait
tiré
(11) File estdant la IIPartit deiLettres dePhyllar-que. Voiez-J P“g• í81,
(12) In Vit*Sophist.pag. 488.
(ij)Fkto,>» Apolog.Soct.pag. if& 16, & inTheage,pag. 9 Ì.
(14) Sua*eraxionet t)\fitri foleaitíìUnd étYgUÌlqttod qui stdirtettmveltt % is y S niateste t quintquApntsdruchmusferstlvtret %boc est quttuor corom
tos Gailuoi
ac duos ìnstper recalesHif/tinicos.Vossius, àRhecouna
(n)CresoTheatr.RhetoiuirLt'br. m yCa P-F,p. 171
(rí) Vos-fius, InstilOrator,Libr. 111 ,Cap . II.