PROCLAMATION
DES CONSULS DE LA RÉPUBLIQUE,
AUX FRANÇAIS.
Du sein d’une révolution inspirée par l’amour de la patrie , éclatèrent tout-à-coùpau milieu de vous des dissentions religieuses qui devinrent le fléau de vos familles ,l’aliment des factions et l’espoir de vos ennemis.
Une politique insensée tenta de les étouffer sous les débris des autels , sous les ruinesde la religion même. A sa voix cessèrent les pieuses solemnités où les citoyenss’appelaient du doux nom de frères et se reconnaissaient tous égaux , sous la maindu Dieu qui les avoit créés *, le mourant, seul avec la douleur, s’entendit plus ôette voixconsolante qui appelle les chrétiens à une meilleure vie , et Dieu même sembla exiléde la Nature.
Mais la conscience publique -, mais le sentiment de l’indépendance des opinions sesoulevèrent , et bientôt, égarés par les ennemis du dehors , leur explosion porta leravage dans nos départemens ; des Français oublièrent qu’ils étaient Français > et devinrentles instrumens d’une haine étrangère.
D’un autre côté , les passions déchaînées , la morale sans appui * le malheur sansespérance dans l’avenir , tout se réunissait pour porter le désordre dans la société,
Pour arrêter ce désordre, il fallait rasseoir la religion sur sa base , et on ne pouvaitle faire que par des mesures avouées par la religion même.
C’était au souverain Pontife que l’exemple des siècles et la raison commandaient derecourir , pour rapprocher les opinions et réconcilier les cœurs.
Le chef de l’Eglise a pesé , dans sa sagesse et dans l’intérêt de l’Eglise , les propo-sitions que l’intérêt de l’État avait dictées \ sa voix s’est faite entendre aux pasteurs : cequ’il approuve , le gouvernement l’a consenti , et les législateurs en ont fait une loide la République .
Ainsi disparaissent tous les élémens de discorde ; ainsi s’évanouissent tous les scrupulesqui pouvaient alarmer les consciences , et tous les obstacles que la malveillance pouvaitopposer au retour de la paix intérieure.
Ministres d’une religion de paix , que l’oubli le plus profond couvre vos dissentions ,