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Tome troisieme.
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PROCLAMATION

SUR LA PAIX GÉNÉRALE.

Du 18 Brumaire an X de la République française , une et indivisible.

LES CONSULS DE LA RÉPUBLIQUE AUX FRANÇAIS.F R AN Ç AI S,

Vous l’avez enfin toute entière cette paix que vous avez méritée par de si longs et desi généreux efforts !

Le monde ne vous offre plus que des nations amies ; et, sur toutes les mers s’ouvrent,pour vos vaisseaux , des ports hospitaliers.

Fidèle à vos vœux et à ses promesses , le Gouvernement n’a cédé ni à l’ambition desconquêtes, ni à l’attrait des entreprises hardies et extraordinaires. Son devoir était derendre le repos à l’humanité , et de rapprocher , par des liens solides et durables , cettegrande famille européenne , dont la destinée est de faire les destinées de l’univers.

Sa première tâche est remplie ; un autre commence pour vous et pour lui. A la gloiredes combats faisons succéder une gloire plus douce pour les citoyens, moins redoutablepour nos voisins.

Perfectionnons , mais sur-tout apprenons aux générations naissantes à chérir nosinstitutions et nos lois. Qu’elles croissent pour l’égalité civile, pour la liberté publique,pour la prospérité nationale. Portons dans les ateliers de l’agriculture et des arts, cetteardeur, cette constance , cette patience , qui ont étonné l’Europe dans toutes noscirconstances difficiles. Unissons aux efforts du Gouvernement les efforts des citoyenspour enrichir, pour féconder toutes les parties de notre vaste territoire.

Soyons le lien et l’exemple des peuples qui nous environnent. Que l’étranger , qu’unintérêt de curiosité attirera parmi nous , s’y arrête , attaché par le charme de nos mœurs ,par le spectacle de notre union, de notre industrie , et par l’attrait de nos jouissances :qu’il s’en retourne dans sa patrie plus ami du nom français , plus instruit et meilleur.

S’il reste encore des hommes que tourmente le besoin de haïr leurs concitoyens , ouqu’aigrisse le souvenir de leurs pertes, d’immenses contrées les attendent ; qu’ils osentaller y chercher des richesses, et l’oubli de leurs infortunes et de leurs peines. Les regardsde la patrie les y suivront ; elle secondera leur courage : un jour , heureux de leurstravaux, ils reviendront dans son sein , dignes d’être citoyens d’un état libre, et corrigésdu délire des persécutions.

Français , il y a deux ans, ce même jour vit se terminer vos dissentions civiles, s’anéantirtoutes les factions. Dès-lors vous pûtes concentrer toute votre énergie, embrasser tout cequi est grand aux yeux de l’humanité, tout ce qui est utile aux yeux de la patrie. Partoutle Gouvernement fut votre guide et votre appui. Sa conduite sera constamment la même.Votre grandeur fait la sienne; et votre bonheur est la seule récompense à laquelle il aspire.

Bonaparte , premier Consul de la République, ordonne que la Proclamation ci-dessussera insérée au Bulletin des lois , publiée , imprimée et affichée dans tous les départemensde la République .

Donne a Paris 5 au Palais du Gouvernement 5 le 18 Brumaire an X de la République française .

Signé , BONAPARTE.

Par le premier Consul, le secrétaire d’État, signé Huoues-B. Maret-

Le ministre de la Justice , signé Abrial.

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