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PAGE 25.

L’archiduc,justement alarmé d’une attaque qui menaçait sa ligne de retraite, ordonna à son armée de se rapprocherde Ratisbonne . Cette ville était depuis vingt-quatre heures en son pouvoir, car le 67 e régiment que Davoust avait enquelque sorte sacrifié pour garder ce débouché important contre les 50 mille Autrichiens venant de la Bohème, avaitnaturellement succombé. Napoléon pousse sa cavalerie avec impétuosité sur les Autrichiens : les charges les plus brillantesont lieu jusqu’à dix heures du soir au clair de la lune, et l’ennemi culbuté jusqu’au delà de Kofering, prend en désordrele chemin de Ratisbonne . L’archiduc se présente lui -même avec sa réserve pour couvrir la retraite que la proximité duDanube peut rendre fatale.

AFFAIRE DE RATISBONNE .

Le 23, Napoléon est sous les murs de cette ville. L’archiduc a repassé le Danube dans la matinée sur ses ponts debateaux, malgré les renforts que Bellegarde et Kollowrath lui ont amenés. Une arrière-garde, laissée dans Ratisbonne ,attaquée de vive force, est culbutée; l’ennemi prend la route de la Bohême, et Napoléon qui a laissé Hiller entre l’Iser etl’Inn, se jette de nouveau sur ses traces qu’il suit à marches forcées pour le refouler sur Vienne avant que l’archiducCharles puisse venir le joindre.

Quoique les mouvements de ces quatre dernières journées n’aient pu être tracés sur la carte, j’ai cru devoir les indiquer;il sera facile en les suivant, de s’assurer que, sous le rapport de l’art comme par leur résultat, ils sont les plus brillantsde la carrière de Napoléon .

Napoléon apprend à Paris, le 12 avril, l’invasion de la Bavière. Quatre jours lui suffisent pour arriver sur le Danube à200 lieues de là; en cinq autres jours, il gagne trois batailles et deux combats, perce l’armée supérieure des Autrichiens,refoule la gauche sur l’Inn et la droite aux montagnes de la Bohême, fait 15 mille prisonniers, etc. Quelques heures deretard auraient changé toute la tournure de la campagne. Jamais action ne prouva mieux à quel point le temps estprécieux à la guerre. L’archiduc qui avait pénétré, dès le 17, entre Yohburg et Pfaffenhofen , fut défait pour avoir hésitéun moment, et l’impétueuse activité de son adversaire méritera l’admiration des siècles les plus reculés.

PLMCHE XI.

BATAILLE D’ESSLING m.

(ffrs 21 ri 22 mai 1809.)

Napoléon avait passé le Danube , le 20 au soir, avec les quatre divisions de Masséna et la cavalerie de Bessières. Ce fleuve,enflé parles pluies, avait un peu endommagé le pont, en sorte que les troupes de Lannes , la moitié de la cavalerie dela garde ne purent pas passer le même jour. Davoust était avec quatre divisions à une marche en arrière de Vienne .

L’archiduc Charles, arrivé dès le 15 au pied du Bisamberg , s’y était réuni à Hiller et avait fait reposer ses troupes quatrejours. Des hauteurs du Bisamberg, on découvre toute la vallée du Danube comme un panorama. L’archiduc fut instruitde la construction du pont, et,le 20 , il apprit que le passage commençait. Ayant reconnu lui-même avec l’avant-garde deKlenau, le peu de forces qui avait passé, il résolut de les attaquer le lendemain.

PREMIER MOMENT, LE 21, VERS DEUX HEURES.

L’île de Lobau aboutit au Marschfeld, plaine immense qui s’étend à gauche jusqu’au Bisamberg , à droite jusqu’àPresbourg et aux monts Krapacks; elle est coupée au nord par le seul plateau qui longe le Russbach , et qui a dix à douzepieds d’élévation, depuis Wagram jusqu’à Neusiedel, au-dessus du niveau de ce petit affluent de la Marsch.

On avait naturellement jeté le pont dans le rentrant entre Aspern et Essling (voyez le papillon). Ces villages, d’unelongueur immense et construits en pierre, en briques et enterre, forment comme deux bastions. La division du braveMolitor défendra Aspern, celle de Boudet gardera le second. Les divisions Legrand et Carra-Saint-Cyr sont en secondeligne. La moitié de la cavalerie de Bessières couvre le centre. Le pont se rompt au moment où Lannes le passe de sapersonne, mais son corps n’étant pas encore arrivé, reste à Ebersdorf. Davoust arrive vers Vienne .

L’archiduc fait ses dispositions; à midi seulement il ébranle son armée. Le prince de Reuss l’este au Bisamberg pourobserver ou inquiéter Davoust. Les corps de Hiller, Bellegarde et HohenzolJern se dirigent concentriquement sur Aspern ,soutenus encore par les grenadiers réunis. Rosenberg seul doit s’étendre à droite vers Enzersdorf, et se rabattre surEssling. La cavalerie nombreuse couvrira, au centre dans la plaine, l’intervalle de ces deux attaques et les batteries qu’ony placera pour protéger l’action des colonnes.

SECOND MOMENT.

Un combat très-violent s’est engagé vers Aspern , où les Autrichiens ont entassé leur infanterie en colonnes qui n ontpas assez d’espace pour se mouvoir à mesure qu’elles s’approchent. La division Molitor, dirigée par Masséna, y faitdes prodiges de valeur. Poussé jusqu’au cimetière par des forces quintuples , le héros de'Gènes s’y défend comme unlion. L’archiduc l’attaque lui-même, et, après maint assaut, la moitié du village reste en son pouvoir. Lannes , qui napas ses troupes, va commander la division Boudet à Essling, où les efforts de l’ennemi sont d’abord moins serieux.Pendant ces assauts, l’artillerie ennemie concentrée porte le ravage au centre des Français et jusque dans les villages.

[1] La planche XI étant principalement destinée à la bataille de Wagram . nous avons dû nous borner à tracer sur le papillon la position des deux parlis au milieu de la batailled’F.ssling.