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Tome premier. [A - BOU.]
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ABB

ABÀUNAS. Voye\ ActamarABAWL f m. Nom queles Éthiopiens donnent auNil.$ 3 * ABAWIVAR , & ABANVIVAR. Contrée de lahaute Hongrie, avec titre de Comté, fur les frontiè-res de Pologne. Cassovie en est la Capitale. Il y adam cette Province un château de même nom , àquifjre milles d’Allemagne, de Caífovie.fìCT ABAYANCE , f. f. Voyc\ Abeyance.

ABAYER, ou ESBAYER. Vieux verbe. Écouter avecempressement, avec étonnement.

ABAZÉE. Voye\ Sabazie.

ABBA, ou ABBA-DAL-CURIA. Nom propre d’uneIle d 5 Afrique, dans la mer de Nubie, entre SocotoraSc le cap de Guardafui. Abba.

1 BBADAN. Voyer Abadan.

Ai BASSIDE. f. m. Abbajsidus , Abbajsida 3 exAbbaffijamiliá. C eit ie nom ct une íamille qui a donné plu-sieurs Califes aux Arabes. Elle est ainíi nomméed 'Abbas j oncle de Mahomet, duquel ils defeen-doient. Ce fut la centième année de f Hégire, queMahomet , arrière-petit-fiis d’Abbas , commença àpublier les prétentions fur le Califat. La Maiíondes Abbajsides a donné trente-sept Califes à l’E-gypte, depuis fan 132 de f Hégire, jufqu’en lan 6y6,pendant le cours de 523 années Arabiques, ou lu-naires, deux mois & 23 jours. AbyqrH erbelot.

ABBATIAL , ALE. adj. Abbatialis Qui appartient àl'Abbé, qui concernel’abbé, l’Abbesse, ou l'AbbayePalais abbatial. Dignité abbatiale. Meníe abbatiale.

ABBAYE, f. L Abbatia . Monastère érigé en Prélature ,ou Maiíon de Religieux ou Religicuícs , régie par unAbbé ou par une Abbesse. Les Abbayes font d’an-cienne fondation, comme les Abbayes de Cluny, desaint Denis, de sainte Geneviève, &c. Les Françoissondèrent autrefois des Abbay es, fans qu’il leur en coûtâtbeaucoup : on cedoit à des Moines autant de terres incul-tes qu’ils pouvoient en mettre en valeur. Ils travailloientà dessécher, k défricher, à bâtir, à planter, moins pourerre plus à leur aile, que pour en soulager les pauvres.Ces lieux arides & déserts devinrent agréables & serti- 1les. U y avoir des Abbés fr riches, qu’ils pouvoient met-tre une petite armée fur pied : ce qui fit qu’on les in-vita aux alïemblées du Champ de Mars, & aux C oursplénières. Le Gendre. Il y a des Abbayes en Com-mende; d’autres Abbayes régulières ou en réglé; d’au-tresqui font sécularisées, postédées par des Chanoinesséculiers. Les Abbayes font des Bénéfices consisto-riaux; il n’y a que le Roi qui y nomme.

Abbaye, fe prend quelquefois pour un composé desReligieux & de l’Àbbé. Voilà une Abbaye bien ré-glée , où f Abbé vit comme un simple Moine.

Abbaye, fe prend quelquefois simplement pour la Mai-íon & le Couvent. (Test par rapport à f Architecture,un logement joint à un Couvent, & habité par unAbbé. Dans une Abbaye de fondation Royale, il s’ap-pcilel z Palais Abbatial. Vign. Voilà une Abbaye bienbâtie, une Abbaye qui tombe en ruines. Il fe dit austîdans ces p’nraíes & autres semblables , non-íeulcmentpour le Palais Abbatial, mais pour tous les batimens,tant de l’Abbé que des Moines.

Abbaye , fe prend auíîi pour un Bénéfice, & pour le re-venu dont jouiílent les Abbés. Il a obtenu pour sonfils une Abbaye de dix mille livres de rente. Henri -de Coilli ayant été élu Archevêque d’York en 1x41 ,Innocent II 11e voulut point qu’il fût Archevêque ,s’il 11e renonçoit à 1 ’Abbaye. Fleury.

Quoiqu’il y ait eu autrefois des laïcs qui ont jouidu revenu des Abbayes 3 on ne doit pas pour cela leurdonner le nom d 'Abbé; carç’a été dans des temps dedésordre & de nécessité, que les Princes donnerent cesAbbayes à des Seigneurs de leur Cour, pour soutenirles dépendes de la guerre. Charles-Martel est le pré-sider qui l’ait fait.

Toutes les Abbayes de France, à la réserve de cellescui font Chefs d’Órdre, comme Cluny, Cîteaux, &c.font à la nomination du Roi. On doit jomdrea celles-là les quatre filles de Cîteaux, qui font íaint ndme dePontigny, laFerté, Clairvaux éc Morimont, qui ont

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aussi conservé le droit d’élection. il en est de même■ des Abbayes de Flandre & d’Artois, qui font régu-lières & électives, confirmatives par les ordinaires oupar les Chefs d’Ordre. Les Religieux de ces Abbayesprésentent trois sujets au Roi, qui en nomme un, queconfirme ensuite l'Evêque ou le Chef d’Ordre qui ena le droit.

A l’égard des cinq Abbayes qu’on nomme de Ché-zal-Benoît, lavoir Chézal-Benoït en Berri, saint Sul-pice de Bourges, saint Alite de Clermont, saint Vin-cent du Mans, & saint Martin de Séez, qui étoient àsélection de l’Ordre de Saint Benoît tous les trois ans ;la question vient d’être jugée solennellement à laGrand’Chambre du Parlement. Aujourd’hui le Roi, dispose de ces Abbayes comme de toutes les autresAbbayes de ion Royaume.

Comme ie Roi n a ion droit de nomination qu’envertu du Concordat fait entre Léon X. & François I.il y a eu quelques difficultés furies Abbayes de Filles,parce qu’elles ne font point comprises dans le C encor-dât. Il y a même un Article de l’Ordonnancc d’Or-léans, qui porte que les Abbeíles seront élues par lesReligieuses des Monastères, & même qu elles ne fe-ront que triennales. Mais cette Ordonnance n’a pointété exécutée. Le Roi nomme également aux Abbayesde filles & à celles d’hommes. Il a cependant tou-jours eu des disputes fur les Abbayes de l’Ordre desainte Claire, qu’on prétend être à sélection triennaledes Religieuses.

On dit proverbialement, Pour un Moine 1 ’Abbayene faut pas 3 pour- dire , que faute d’une períonne quine fe trouve pas dans une assemblée, on ne laisse pasde fe réjouir, ou d’exécuter ce qui a été résolu.ABBÉ. Ce nom , dans fa première origine, qui est Hé-braïque, signifie Pere. Car les Hébreux appellent Pereen leur langue. Ab ; d’où les Chaldéens & les Syriensont fait Abba , & de. Abba , les Grecs ont formé */?-/Sat que les Latins ont conservé ; & c’est de-là qu’estvenu le nom d’Abbé en notre langue. Saint Marc &saint Paul ont gardé le mot Syriae ou ChaldaïqueAbba j pour dire Pere 3 parce qu’il étoit alors com-mun dans les Synagogues & dans les premières Af-íemblées des Chrétiens 3 mais ils Pont interprété enajoutant le mot Pere. C’est pourquoi Abba Pater ,au ch. 14. de saint Marc, v. 3 6. ne signifie pas MonPere , mon Pere , comme_ il y a dans 1 a version deMons, ct dans celle des Jésuites de Paris. Il est mieuxde traduire avec le Pere Amelotte ,Abba 3 mon Pere ;ou plutôt avec M. Simon, Abba , c’est-à-dire, monPere. Tel est le sentiment de M. Simon, & de quel-ques autres Interpretes avant lui, comme EmmanuelSa, Béze ct Lightfoot. Leur raiíon est qu’il y a dansle GrecA’/ 3 /Sa ! m«p, & non pas « «««p. Mais d’autresInterpretes , non moins habiles, tels que íont Maria-da , Luc de Bruges , Cornelius à Lapide , Grotius ,Louis Capell , &c. prétendent que cette répétitionmarque l’assection & la ferveur avec laquelle Jesus-Christ prioit. L’Interprete Syriae a été dans ce sen-timent , quand il a traduit "OS m' 2 #,Pere ! mon Pere!lui qui n’avoit pas besoin d’interprérer, ou d’expli-quer le mot Syriac Abba. Très-vraiíemblablementc’c-toit auilì la pensée de Hnterprete Arabe , lorlqu’aulieu de v , dont il s*est fervi en S. Matthieu, Chapi-tre XXVI, vers. 3 9 ; & en S. Luc, Chap. XXII, vers.42, où il n’y a que Pater , ou Pater mi ; en S. Mare ,où il y a Abba Pater 3 il a employé »rsiS , interjec-tion plus forte & plus propre à faire íentir avec com-bien d’ardeur & d’empressement J. C. prioit. La ver-sion Ethiopienne suppose auilì que J. C. dit ces mots 3car elle traduit Wajaba , Aba waabouy . Et il dit,Pere ! & Mon Pere ! D ailleurs, dans les explicationsou interprétations des mots, l’Ecriture mçt toujours» «Vè, ou bien «Vï, c’est-à-dire, ou ce qui

s’interprète ; & non pas simplement comme ici. Voyex_Math. I. 23. Marc, V. 41, XV. 22 , 34. Jean, L39, 42,43. IX. 7. Act. ÎV. 36. IX. 36. Après te ut ,dans une version je mettrois, Abba 3 mon Pere! Dé-terminer si c’est là {'explication ou non , c’est le raitdu Commentateur, ct non du Traducteur. Quoique