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Tome premier. [A - BOU.]
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des bourdons appelles suci. A 1 égard des abeillesqui font le miel, qu’il appelle, apes operaris. , ildit qu’on ne peut découvrir si elles font mâles oufemelles ; mais dans le roi & les bourdons, les par-ties qui servent à la génération, sont très-perceptrbles.Jean de Horn , fameux Anatomiste, a fait voir lesœufs des abeilles dans la femelle, que l’on nomme or-dinairement le roi. Elles ont un tissu dont elles fontenveloppées , qui est ourdi de même que celui desvers à foie. Swammerdam montre auill des rayons demiel où l’on voir les appartemens du toi & des autresabeilles. On découvre sensiblement dans les abeilles lespoumons composés de deux petites veilles. Leur gouver-nement ne consiste que dans un amour mutuel, fans qu’el-les aient la moindre supériorité les unes fur les autres.Les abeilles fervent d’aliment aux hirondelles, qui ontTadresse deles prendre envolant. (Lest pourquoilorf-qu’il va pleuvoir , Sc qu’il y a peu de ces petits ani-maux dans l’air , les hirondelles descendent vers laterre pour y chercher leur aliment : d’où est venueTerreur de croire qu’elles prédisent la pluie. II y aauill des mouches d’eau , qui portent les aiguillonsdans la bouche, auilî-bien que tous les autres insectesaquatiques. Aldrovandus les décrit fous le nom d ’a-beilles amphibies ; Sc Jonston les appelle abeilles sau-vages. Il y a une espèce & abeilles sauvages qu’ontrouve dans les - jardins Sc dans les bois. Swammer-dam en distingue de six fortes. Il y en a qui ont descornes fort longues ; d’autres dont le corps est velu.Mouffet les appelle abeilles solitaires , dont le nidest fait de gravier , de fable Sc d’argile. Il décritauill sept sortes de guêpes. Il y en a de bâtardes, qu’onappelle pseudophecœ. Hoefflnagel en a dépeint vingt-quatre fortes , entre lesquelles il y a une mouche àtrois queues, en latin vespa. Il y en a une que Goe-dart appelle gloutonne Sc dévorante , que quelques-uns nomment muscalupus , parce qu’elle dévore faproie avec les dents. On voit dans TAbilllnie une es-pèce particulière & abeilles. Elles- font plus petites queles autres, noires, & fans aiguillon ; elles ont leursruches cachées dans la terre, & font du miel & de lacire d une blancheur extraordinaire. Mat v . Les abeillesdes Antilles & de T Amérique méridionale font pluspetites que celles de l’Europe. Il y en a qui font grises,d’autres brunes , ou bleues. Ces dernières font plusde cire, & de meilleur miel. Elles fe retirent toutesdans des fentes de rochers , Sc dans des creux d’arbres.Leur cire est molle, & d’une couleur si noire, que rienn’est capable de la blanchir; mais leur miel-est beau-coup plus blanc, plus doux & plus clair que celuid’Europe. Elles n’ont point d’aiguillon. Lonvillers.Le P. du Tertre ajoute, qu'il est impossible d’appri-voifer ces abeilles , qu’elles font toutes sauvages. Ilconvient du reste, à cela près, qu’il assure qu’il estfaux que leur miel soit plus blanc que celui d’Eu-rope. Celles d’Ethiopie, ausii plus petites que les nô-tres Sc fans aiguillon, font leur miel en terre: elles en-trent dans ces niches souterraines par un seul trou tres-etit; quand un homme en approche , cinq ou six leouchent de leurs petites têtes si juste, qu’on ne s’enapperçoit point fans beaucoup d’attention. Elles fontnoires; mais leur cire est très-blanche, & leur mieltrès-doux. Ludolf.Z. I. C. 13. Voye% Meursiusdansfa Creta Liv. 1. Chap. 1 J. fur les abeilles qui obli-gèrent les habitans de Rochus d’aller s’établir ailleurs ;fur les abeilles de Trie de Crète, qui, quand ellesveulent doubler un Cap, prennent de petites pierresdans leur museau pour leur servir de Test , Sc pourn’ctre point emportées par les vens. La même L. 11.C. 7. & fur celles du Mont Ida qui nourrirent Ju-piter.

Le roi des abeilles est femelle , Sc jette environ sixmille œufs par an. Il est deux fois plus gros que lesautres abeilles. Il a les ailes courtes, les jambes droi-tes , & marche plus gravement que les autres. Il a unemarque au front. Pline dit que le roi des abeillesn’a point d’aiguillon. C’cst là-dessus qu’est fondée laréponse qu’on fit au nom d’Urbain VIII après son exal-tation. Il portoit des abeilles dans fes armes : un Fran-Torne I.

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çoìs fit là-dessus ce vers , en saveur de sa natioií :

Gallis mella dabunt , Hispanis spicula sgent.

On répondit au nom du Pape d’une manière fortingénieuse & fort convenable à la qualité de perccommun des Chrétiens :

Cunelis mella dabunt , nulli sua spicula sgent ySpicula Rex etenim sgere nescit apum.

Quelques-uns prétendent qu’on remarque dans larépublique des abeilles une régularité Sc une subordi-nation admirables ; qu’on y voit une distribution bienréglée des emplois; un ordre, Sc un concert aussi par-fait qu’entre des esprits qui conspirent à Texécutiond’un même dessein. Ce que Virgile dit que les pi-qûres des abeilles leur coûtent la vie , parce qu’elleslaissent leur aiguillon dans la plaie, Animas in vul-nere ponunt 3 n’est point véritable, Sc les Naturalistesn’en demeurent pas d’accord. C’est le seul insecte népour futilité de l’homme, à ce que dit Pline, Liv. 11.En quoi il fe trompe , car il devoir du moins ajouterle ver à foie. Il raconte plusieurs merveilles des abeilles ,aussi bien que Mathiole, touchant leur économie. Lesprincipaux des Anciens qui ont parlé des abeilles , fontAristote, Hyginus, Virgile, Cesse, Marc Varron’, &c.Et parmi les Modernes , outre ceux quej nous avonscités , un Anglois nommé Majow en a fait un Traitéintitulé : Monarchia fœminina , feu Apum Hisoric.M. Maraldi de T Académie Royale des Sciences, donnaen 1712, un savant Mémoire sur les abeilles. En voicil’extrait

Il indique d’abord ceux qui ont traité des abeilles.Entre les anciens, Aristomache les considera pendantsoixante an s. Hillifcus fe retira dans les bois, pour avoirplus de facilité à les observer. Ces deux philosophes*au rapport de Pline , avoient écrit de la nature desabeilles : Sc ce font eux peut-être qui ont appris auxhommes à les cultiver, à leur donner des ruches, Scà en retirer les grandes utilités qu’on en reçoit. Nousdevons à Aristote des observations utiles & curieusesfur cet insecte. Elles surent ornées Sc mises en verslatins par Virgile , dans son quatrième livre des Géo r-giques. Dans la fuite, ces observations ont été con-firmées & augmentées par Pline Sc par plusieurs phi-losophes de Tantiquité. Parmi les Modernes, le princeFrédéric Cési, instituteur ct chef de T Académie Ro-maine des Sciences, vers le commencement d u sièclepaílé , avoit fait, au rapport de Fabius Columna ,un traité furies abeilles , qu’il présenta au Pape Ur-bain VIII, & qu’il avoit fait espérer au public, avecla description des parties de cet animal, représentées,à T aide du microscope, pâr Stelluti, de la même Aca-démie. Mais on ne lait point ce qu’est devenu cetouvrage, non plus que celui que Swammerdan avoitpromis il y a plusieurs années, fur Tanatomie de cetanimal. Les remarques de M. Maraldi peuvent rem-placer ces ouvrages. Voici à-peu-près ce qu’elles con-tiennent.

Le nombre des abeilles qui font dans une ruche,est différent, suivant la grandeur différente des ru-ches. Dans les petites on en a compté 8 ou 10000, Scjufqu’à 18000 dans les grandes. Dans chaque ruche,grande ou petite, il y a trois fortes de mouches, lesabeilles j qui font fans comparaison le plus grand nom-bre , les bourdons ct 'i abeille qu’on appelle Roi. Nousparlerons des bourdons en leur place, il ne s’agit icique des abeilles , c’est-à-dire, de la première & de latroisième espèce.

La première espèce , ou les abeilles , composentpresque tout Tessaim: ce font elles qui vont recueillirla cire fur les fleurs, qui la pétrissent Sc en formentles rayons Sc les alvéoles ; ce font elles qui re-cueillent le miel, ct en remplissent les rayons dansTété, pour leur servir de nourriture pendant Thiver;qui ont foin de fournir à leurs petits une nourritureproportionnée à leur âge, & d’exciterune chaleur pro-pre à les faire arriver à leur perfection ; ce font elles,