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ABOUTISSANT , ANTE. adj. Qui touche par un bout.Terminatus. Cette pièce de pré est aboutissante à larivière par un bout, & par l’autre à la garenne.
On dit au substantif, Ce champ a la forêt & deuxgrands chemins pour fes tenans 8c aboutijfans ; ce fontles bouts, & les côtés par où il tient à d’autres.
' On dit au Palais , Donner une déclaration d’héri-tage par tenans & aboutijfans , quand on désigne lesbornes & les limites de tous les côtés : ce qu’on ap-pelle autrement les bouts 8c joûtes. Fines laterum& capitum agri. Une saisie réelle des biens roturiersdoit contenir tous les tenans 8c aboutijfans.
On dit figurément, Savoir tous les tenans 8c abou-tijfans d’une affaire,dune entreprise ; pour dire , Enconnoître parfaitement le secret, en savoir le sort &ëc le foible, tóutes les circonstances & les dépen-dances. Singula causa capita j ordo rei & feries.ABOUTISSEMENT, f. m. Il ne se dit guère que d’unabcès qui vient à aboutir. L ’aboutissement d’un abcès.Acad. Franç.
Aboutissement , terme de couture. C’est une pièce d’é-toffe que l’on coud avec une autre qui riest pas assezlongue pour aller jusqu’où l’on veut. Productio. Cettepièce est trop courte, il y saut mettre un aboutijfe-ment pour l’alonger.
ABOUTS, au lieu de BOUTS. f. m. Terme de Char-penterie , qui se dit des extrémités de toutes les piè-ces de Charpenterie Sc de Menuiserie mises en œu-vre. C’est dans l’assemblage de la Charpenterie, lapartie du bout d’une pièce de bois , depuis une en-taille , ou une mortoise. Materiaria ftruclurœ extrema.Les Couvreurs disent auisi, Remanier about. VoyezRemanier. Tous ces mots viennent de bout.
ABO Y, ou ATHABY. Bourg d’Irlandc. Aboya , Atboya.Ce bourg est dans le comté d’East-Méath, en Lagénie,entre les villes de Drogéda & de Molingax.ABOYANT, ANTE. adj. Qnioboìt.Des chiens aboyans.
ABOYÉ, EE. part. Il n’est guère en usage qu’au figuré. Undébiteur aboyé de fes créanciers.
ABOYER, v. n. Qui se dit au propre pour exprimer lecri des chiens. Latrare. Les chiens aboient quand ilssentent des larrons. Il se met quelquefois activement :Ce chien aboie les passans. On dit mieux aboyer con-tre ou après quelqu’un.
Ce mot vient du Latin adbaudare. MÉnag. ou deboare , Latin qui vient de S°«> Grec : ou est un motfactice , qui imite le son que fait le chien en aboyant.Nicod.
Aboyer, se dit figurément des hommes, lorsqu’ils s’at-tendent à quelque chose, qu’ils la désirent & la pour-suivent avec avidité. Inhiare. Cet avare , cet ambi-tieux , aboie après cette succession, après cette charge.Ce chicaneur aboie toujours après le bien d’autrui.
On dit auílï figurément aboyer après quelqu’un,crier après lui, le presser avec importunité. C et hommeest si méchant, que tout le monde aboie après lui. Uníatyrique aboie après les vices.
Jefuis par-tout un fat , comme un chien fuit fa proie ,Et ne le sens jamais , qu aussitôt je aboie. Boil.
, Quelques-uns l’ont employé activement. Un Avo-cat demandant à quelqu'un qui lui disoit des injures,Pourquoi m’aboies-tuï Cet autre répondit, parce queje vois un voleur. Ablanc. C’est un médisant quiaboie tout le monde. Id.
Ce terme est du style familier , dans le sens figuré.
Je tiens qu’originairement aboyer & abayer lontdeux mots disterens; qn’aboyer s’est dit seulement au
E ropre, du cri des chiens, ou de ce qui lui rcstem-le : 8c qu 'abayer s’est dit au second sens figuré, 8cest compose de bayer 8c béer , qui signifie , regarderattentivement, ou attendre impatiemment ; ce qu’onsait ordinairement avec une bouche béante : mais quepar abus l’affinité de ces mots les a fait confondre,& prendre l’un pour l’autre.
On dit proverbialement, Aboyer à la lune ; pourdire, Crier inutilement contre un plus puissant quefoi. On dit auisi, tout chien qui aboient mord pas;
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pour dire, Que ceux qui menacent souvent ne fontpas grand mal. Jamais bon chien n ’aboie à faux ; pourdire , qu’un homme sage ne menace pas fans railon,8c qu’un habile homme ne manque pas son coup.
jfF ABOYEUR. s. m. Latrator. Qui aboie. On ap-pelle Aboyeurs , une sorte de chiens pour le san-glier, qui aboient devant lui sans Rapprocher.
On le dit auisi figurément, dans le même sens qu’a-boyer, de ceux qui crient, qui pressent avec impor-tunité, & de ceux qui désirent 8c poursuivent ardem-ment une chose. Voilà bien des aboyeurs. Il y a deSaboyeurs à ses cotes. Abtanc. Un aboyeur de béné-fices. Il n’est que du style familier.
ABR.
ABRA. f. m. Monnoie d’argent de Pologne, qui vauttreize fous six deniers de France. L 'Abra a cours àConstantinople & dans tous les Etats du Grand Sei-gneur , & y est reçu fur le pied du quart d’un asseiani ,ou daller de Hollande. Voyc% Asselani.
{T? ABRA. f. f. Terme générique qui signifie , filled’honneur, demoiselle suivante. L’Ecriture donne ce. nom aux filles de la fuite de Rebecca, à celles de lafille de Pharaon, à celles de la Reine Esther, &c. Ondit cy’Abra signifie proprement une Coiffeuse , unefille d’atours.
ABRACADABRA. Terme Barbare , qui se trouve dansles Lettres de Voiture. C’est dans la 192 e Lettre àM. Costar , qu’il lui propose, en riant, cette recettepour la fièvre.
Inscribas charta, quod dicitur Abracadabra.
Sapins & subter repetas 3 mirabile dici u ,
Donec in angustum redigatur littera conum.
C'est-à-dire, en écrivant ainsi :
Abracadabra
Abracadabr
Abracadab
Abracada
Alracad
Abraca
Abrae
Abra
Abr
Ab
A
La superstition avoit attaché à ce mot écrit de lasorte, de grands mystères , & la propriété de guérir de lafièvre. M. Voiture a raison de se moquer de cette re-cette , & on auroit de la peine à croire que personney eût jamais ajouté foi, si l’on ne savoir d’ailleurs dcquels excès l’esprit humain est capable , lorsqu’il s’a-bandonne à la superstition 8c à l’amour des nouveautésen fait de Religion.
Abracadabra, étoit une inscription qui servoít de ca-ractère pour guérir plusieurs maladies, & chasser lesDémons. L’Aureur de ce caractère superstitieux vi-voit sous l’Empereur Adrien. U reconnoistoit pourDieu souverain Abracax , ou Abraxas , duquel dé-pendoient plusieurs autres Dieux, 8c sept Anges quiprésidoient aux sept Cieux. Il leur attribuoit 365 ver-tus, autant que de j ours en l’an, & débitoit je ne fais com-bien d’autres rêveries. S. Jérôme, dans son Commentairefur le chap. 3 du Prophète Amos , écrit que le DieuABPASAS est le même que les païens adoroient fous lenom Mitra ; 8c l’on trouve auisi des pierres gra-vées, où la figure d’un Lion couronné de rayons apour inscription miqpak ou MIQPas. On trouve chezles curieux plusieurs pierreries, fur lesquelles est ins-crit ce 110m Abracax. C’étoient les Gnostiques, lesBasilidiens, 8c les Carpocratiens qui faisoient graverces pierres, qui avoient des figures fort singulières,8c qui représentoknt quelquefois des Anubis, des