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Tome premier. [A - BOU.]
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A B S

On dit, fles raisonnemens abstraits ; pour expri-mer qu’ils íont trop subtils. Argumenta tenui filo di-ducta . Ces idées font abstraites , & ne tombent pointflous l’imagination. Mâle. C’est une Philosophie abs-traite & chimérique. Port-R. pour dire, une Philo-sophie trop dégagée des choses sensibles , trop méta-physique & trop difficile à pénétrer. On ne doit pasconfondre la définition d’une idée abstraite & arbi-traire , avec la définition des choies qui existent réel-lement. Le Ce-

-Istj" Abstrait , se dit auísi en Mathématiques. Les nom-bres abstraits font ceux que l’on considère précisé-ment comme nombres, lans les appliquer à aucun su-jet. } est un nombre abstrait, tant qu’il n’eít pas ap-pliqué à quelque chose. Si on dit 3 pieds , par exem-ple , 3 devient un nombre concret.

Les Mathématiques abstraites ou pures, font cel-les qui considèrent la grandeur ou la quantité absolu-ment & en général, íans se bornera aucune espèceparticulière, comme la Géométrie Sc l’Arithmétique,Dans ce íens elles íont opposées aux Mathématiquesmixtes.

ABSTRUS, USE. adj. qui est caché & inconnu aucom-mun du monde, qui demande une extrême applica-tion pour être entendu. Abstrusus. L’Algèbre, les Sec-tions Coniques , . font des sciences, des matières fortabstruses, où peu de personnes peuvent pénétrer. Asinque le peuple Juif, qui étoit encore aux rudimens, nepouvant bien entendre les íens abstrus & cachés desécrits, se contentât de les admirer. GoerÉe. On ne ledit qu’en matière de sciences.

ABSURDE, adj. m. & f. Ce qui choque le sens com-mun, qui est évidemment contraire à laraiíon. Absur-dus. Proposition absurde. Quand on suppose une choseabsurde, on en tire mille conséquences absurdes. 11prouve une chose absurde, par une chose plus ab-surde.

ABSURDEMENT. adv. d’une manière absurde. Ab-surde. C’est conclure absurdement, que de dire,&c.

ABSURDITÉ. í. f. vice, défaut de ce qui est ab-surde. Chose qui choque le bon sens, la raison. IJab-surdité d’un discours. On le dit auísi de la chose ab-surde. Il s’eníuivroit de grandes absurdités d’une tellesupposition. Absurditas. Absurde diclum aut facium.

ABS US. s. m. Herbe qui croît en Egypte, à la hauteurde quelques doigts. Ses feuilles reíì’emblent à celles dutriolet; & ses fleurs blanches, & dun jaune pâle, pro-duisent une semence noire, renfermée dans de petitescellules. Cette deícription est tirée cle P. Alpin. Ondoit ranger cette plante parmi les Castes, & la nom-mer , Cajsta'Jylvestris , JEgyptiaca , tetraphyllos.Bauhin 1 appelle loto affinis sstígyptiaca. Pin. 332.

ABSYNTHE, ou ABSINTE. f. m. &s. Selon Malherbe ;,&lelon Vaugelas, toujours masculin,aujourd’hui tou-jours féminin. Ménage veut qu’on écrive apsynthe parun p , fans doute à caule de l’étymologie. AÌsynthiumou abfinthium. Plante médécinale. Les Botanistesanciensne faiíoient menti on que de quatre espèces à’absynthe ■savoir, la vulgaire ou romaine,la menue ou politique, lamarine, & la santoni que ; mais les Modernes en distin-guent plus de trente espèces. /soye^BAUHi^PLUKENET•Sc BarREIIER. Idabffinthe vulgaire,grande absynthe,■ou absynthe romaine, a ses racines branchues,chevelues,& éparpillées. De les racines s’élevent ordinairementplusieurs tiges, hautes de trois à quatre pieds , blan-ches & garnies de feuilles semblables à celles de l’ar-moise, branchues des deux cotés. Ses fleurs naissentà l’extrémité des branches & des tiges, & font dispo-sées en épi allez long, blanchâtre, & garni de petitesfeuilles qui soutiennent les fleurs. Chaque fleur est unbouton composé de plusieurs fleurons dorés, Sc ren-fermes dans un calice écailleux. Ces fleurons fontportes fur des embryons, qui deviennent des semencesmenues, oblongues & nues. Cette absynthe vulgaireest la plus en ulage dans la Médecine. Plusieurs croientque c’est la barhotine qu’on appelle semen sanctum ,

• mais Mathiole dit que c’est une plante bien différente.Quelques-uns prétendent que l ’absynthe est l’auroncfemelle. U absynthe menue , petite absynthe , ou ab-

ABS

synthe politique, est beaucoup plus baííé ; les tigesfont plus menues; ses feuilles plus petites , plus fine-ment découpées •& moins blanches. Ses fleurs ont lamême structure & le même arrangement que cellesde la vulgaire; mais elles font un peu plus petites.Son amertume & ion odeur ne font pas si insupporta-bles que celles de la vulgaire. La marine se distinguede la politique par íes feuilles plus épaistes , moinsdécoupées, & par son goût salin. A l’égard de la san-tonique, on a confondu sous ce nom diverses plan-tes. Foye^ Barbotine,

L ’absynthe est stomacale, apéritive, fébrifuge, bonnecontre les vers & peur les vapeurs , les coliques, lajauni île & les pâles couleurs. On la prend en infusiondans du vin; c’est ce qu’on appelle vinum absynthi-tes; en extrait, extraclum absynthii ; en sirop ,syru-pus de abjynthio. On l’emploie dans les fomentations& dans les cataplasmes, pour arrêter les progrès de lagangrène. On ne se sert que des feuilles & des sommi-tés de cette plante. Et de l’eau à’absynthe, aqua ab-synthites. On a auísi donné à l ’absynthe le nom à' al-vine , ou alvyne. Foyers ce met.

Absynthe , figurément, signifie douleur, amertume, dé-plaisir. Dolor animi. Mais je ne vondrois pas i’cm-ployer au pluriel comme Malherbe, qui a dit, adou-cir toutes nos absynthes. Il n’est pas même d’usageau singulier.

Ce mot vient d’« j particule privative cn Grec , &•3-/»6 iov ; c’est-à-dire, impotabile , non potable ; Sc lesComiques Grecs la nomment en ester parce

que c’est une plante si amère, qu’on a de la peine àboire une liqueur dans laquelle elle aura trempé. Quel-ques-uns le font venir du Grecs-’ì», toucher, «fl--»-,,afltr 9 >cu, & veulent que ce 110111 ait été donné à cetteplante par antiphrase, parce que nul animal n’en peutgoûter, ni la toucher, à cause de son amertume. Cetteétymologie n’est pas vraisemblable, & il est étonnant qued’habiles gens aientpu la hasarder; f*™ est aspiré, & ab-synthium ncl’estpas: on dit«fli»m,&non «fl,v-,;l’unaun J', &l’autreun t, & le premier n’a pu se former dasecond, ni deafle«- 3 >a,. D’autres le font venir d’«fl/v 5 >»v, quiveut dire désagréable, indeleclabile, Sc qui s’est formede l’« privatif, & de -fl-'»--, plaisir, delectatio , à causede l’amertume qui rend cette plante désagréable. Cetteétymologie paroít plus juste, & justifie en mêmetenijasl’onhographe d ’abstnthe , fans y.

ABSYRTIDES. Foyei ABSIRTIDES,

A B U.

ABUCCO, ABGCCO ou ABOCCHI.s.m. Poids domcn íe sert dans le royaume de Pégu. Un abucco estde douze Teccalis & demi. Deux abuccos font l’À-giro, qu’on nomme auísi Giro. Deux Giri sont unedemi-Biza, & la Biza pese cent Teccalis, c’est-à-dire ,deux livres cinq onces poids fort, ou trois livres neufonces poids léger de Venise.

ABUDIACOM. Ancienne ville de laVindélicie. Abudia-rcum. Selon quelques Auteurs, Abudiacom est le vil-lage d’Apping, en Bavière ; Sc selon d’autres, celui d’A-bach, dans le même Duché.

ABUHINAN. Petit village Sc château du Bilédulgérid ,en Afrique. Abuhinanum. Il estíur la rivière de Géhir.

ABUIA. Nom de deux îles Philippines. Abuya ,Abaca. L’une est près de l’ile de Cébu, entre celles deLuçon & de Mindanas : l’autre 11’en est pas loin, entreBohol & Cubarao.

ABUKESB. f. m. C’est la valeiîr du Daalder, ou écu deHollande; il se nomme ainsi par les Arabes Sc lesTurcs du Caire, Sc parmi tous les négocians des villes?maritimes d’Egypte. Mais à Smyrne Sc à Constantino-ple, on n’appelle point le daalder de Hollande de cenom ; on l’appellc Aflani. C’est le nom dont on íeíercauísi dans les Echelles du Levant. La raison de cettediverse dénomination vient de deux noms ; du nomaflani ,oyLí, en langue Turque , signifie lion, parceque l’on voir l’empreinte d’un lion fur chaque côté deces pièces d’argent, que les Arabes ont pris pour unçhien j qui, en leur langue est nommé abufeesb.