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deventi commun en France que depuis i6yo. Les pre-miers pieds qui ont paru, ont été élevés au Jardin Royaldes plantes de Paris par Vcfpaíien Robin, qui en a reçule premier la semence. M. Tournefort l’a nomme Pseu-do-Acacia vulgaris 3 pour le distinguer de \acacia desAnciens, ou casse } arbre d’un autre caractère. \J aca-cia d’Amérique s’éleve fort haut; son tronc est allezgros : son bois esttrès-dur, jaunâtre, casant, & cou-vert d’une écorce brune. Les jeunes branches de cetarbre font moelleuses, garnies de quelques épines cour-res , 3c d’un rouge obscur. Ses feuilles font commerangées par paire fur une côte terminée par une feulefeuille : elles ont un pouce environ de longueur íurun tiers moins de largeur. Ses fleurs font légumineu-ses, blanches, d’une bonne odeur, 3c naissent en épi.
' A ces fleurs succèdent des gonfles, à deux colles cour-tes Sc aplaties, entre lesquelles font renfermées dessemences brunes aplaties, & de la figure d’un rein.Cet arbre donne de sombre , & n’est pas difficile àelever. Il fleurit en Juillet & Août. Ses racines ont ungoût de réglisse. Ses fleurs distillées íont bonnes pourles vapeurs. Son bois est caflant & se fend trop aisé-ment pour être employé aux gros ouvrages de menui-serie. Le nom Acacia est indéclinable. Deux acacia aupluriel. Ménage.
Acacia. Voye\ Cassie.
Acacia. Terme de pharmacie. C’est le nom d’un focépaissi qu’on apporte du Levant dans des veilles. Ilp atol t noir extérieurement ; mais étant cassé il. est hauten couleur & d’un rouge foncé. On le nomme Aca-cia du Levant, Acacia ver a en Latin , pour le distin-guer du faux acacia , autre foc épaiflî & extrait desprunelles. C’est un excellent astringent, d’un grandusage en Egypte pour arrêter les dévoyemens, les dys-, senteries, les pertes, & pour se préserver de la goutte.Acacia ( Germanica ) d Allemagne , est le suc tiré parexpression du fruit de prunier sauvage , qu’on cuit enconsistance: d’éleófuaire, 3c qu’on substitue à la placedu vrai acacia. On appelle aussi Acacia d’Allemagne ,l’arbre même.
Acacia, s. m. Nom qu’on donne à une espèce de sa-chet , ou de rouleau long 3c étroit , qui se volt dansles Médailles, àlamajn des Consuls , 3c des Empe-reurs , depuis Anastase. On ne sait pas trop de quoiétoit composé ce rouleau, & il n’est pas ailé d’cn de-viner le mystère. Les uns disent que c’étoit un mou-choir plié , que jetoit celui qui présidoit aux jeux,pour les faire commencer. D’autres disent que c’étoitun rouleau de mémoires que l’on préíentoit à l’Empe-reur ou aux Conluls. M. Du C ange , dans fa Diflcr-tatioii íur les Médailles des Empereurs de Constanti-nople , qui est à la fin de son Gloflaire Latin, a traitéde l ‘acacia pris en ce dernier sens. Noyers for-tout len. xiii.
ACACIEN, ENNE. f. m. Acacianus. Secte d’Ariens ,ainsi nommés d’Acacede Céíarée leur chef.ACADÉMICIEN, f. m. Sectateur de Platon, qui est le fon-dateur de 1. Académie. Les Académiciens íoutenoientqu’il ne faut rien affirmer, 3c que nous ne lavons qu’unechose,qui est que nous ne savons rien, TJnumJcio , quodnihil fiio. Ils pretendoient que l’efprit doit demeureren folpens, parce qu’il ne peut se déterminer que surdes vraisemblances, & sor des apparences qui le peu-vent tromper. Platon avoir pris de Socrate le fond& la substance de sa Doctrine. Au reste, en apprenantu ses disciples à douter de tout, c’étoit moins pour leslaisser toujours flottans, & íuspendus entre l’erreur &la vérité, que pour s’opposer aux décisions précipitéesdes jeunes esprits, & pour les mettre dans une dispo-sition plus propre à le garantir.de l’erreur, en exami-nant fans préjugé. M. Descartes, entre les Modernes,a adopté ce principe des Académiciens : mais il y abien de la différence dans l’uíage qu’il en fait. Les Aca-démiciens doutoient de tout, & vouloient toujoursdouter. M. Descartes commence par douter de tout ;mais il déclare qu’il ne veut. pas douter toujours, &qu’il ne’ doute d’abord , qu’afin d’être ensuite plus- ferme dans ses connoissances. Je.ne prétends pas déci-der ici s’il y a bien réussi, 3c s’il s’y est pris comme il
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faut : je dis seulement que c’est là son intention , biendifférente de celle des Académiciens. C’est à ce pro-pos que les partisans de Descartes lui appliquent ceque Horace a dit d’Homère :
Non fumum ex fulgore , sed ex fumo dat'e lucem.
Cogitat j ut speciosa dehinc miracula prodat.
Antiphatem , Scyllamque & cum Cyclope Cha-rybdim.
Dans la Philosophie d’Aristote , disent ces Mes-sieurs , on ne doute de rien , on promet de donner rai-son de tout, & cependant on n’explique rien, que pardes termes barbares & des idées confuses 3c obscures;au lieu que Descartes commence par vous faire ou-blier même ce que vous saviez auparavant, & ensuitevous mène comme pied à pied dans mille belles con-noiflances , qu’il vous fait découvrir , 3c qu’il vousrend si claires & si évidentes, que vous n’en pouvezplus douter. Voilà ce que disent les partisans de Delcartes ; mais avant eux Aristote avoir dit que pour biensavoir une chose , il falloir en avoir bien douté, & quec’étoit par le doute que toutes nos connoissances dé-voient commencer.
ACADÉMICIEN, ENNE. f. m. qui est reçu dans une Aca-démie , celui qui est membre d une compagnie degens de lettres, établie par.autorité publique. Acade-micus. On a ajouté un féminin en faveur de Madamedes Houlières. L’Académie d’Arles lui a envoyé desLettres & Académicienne. C’est la première de son sexeà qui l’on ait déféré cet honneur en France ; car enItalie la chose n’est ni nouvelle ni extraordinaire. Il ya des femmes dans l’Académie, ou Ragunan-qa d’Ar-cadie , à Rome, & la Reine Christine en est comme laFondatrice. Noyé ^ l’Histoire de cette Académie pu-bliée depuis quelques années en Italie par M. Cres-cembeni, qui en étoit pour lors le Cujlode , ou Pré-sident. Noyers aussi ['Histoire des Femmes savantesdans M. Ménage & autres Auteurs.
ACADEMIE. í. h Lieu délicieux , ou maison de plai-sance , située dans un fauxbourg d’Athènes à un millede la ville. Ceux qui ont fait venir ce nom de Cad-mus , parce qu’il fut le premier Instaurateur des Lettreschez les Grecs, se sont trompes. D’autres diíent quece mot est composé de deux mots Grecs, «G-, quisignifie remède , Sc qui veut dire Peuple , com-
me si les Académies étoient le remède du peuple. Savéritable origine vient à' Academus , ou Ecademus ,nom d’un Bourgeois d’Athènes, dont la maison servit,à enseigner la Philosophie. Il vivoit du temps de Thé-sée. C’est.dans sa maison située dans le fauxbourg d’A-thènes, que Platon enseigna la Philosophie. Cimonl’orna, & [embellit de fontaines & d’allées d’arbres ,pour la commodité des Philosophes qui s’y aflem-bloient. On y enterroit les grands hommes qui avoientrendu de signalés services à la Patrie. Depuis Platon,tous les lieux où se sont assemblés les gens de Lettres,ont été nommés Académie. Sylla sacrifia aux loix de laguerre les délicieux bocages, 3c les belles allées queCimon avoir fait drelícr dans l ’Académie d’Athènes,& employa ces arbres à faire des machines pour bat-tre la ville. Cicéron avoir une maison près de Pouz-zol, à qui il donna le même nom : c’est-là qu’il écri-vit ses Questions académiques & ses livres de NaturâDeorum , de Amicitia , & de Officiis , dit M. Harris.
Académie, se prend aussi pour la Secte des Philosophes.On compte trois Académies , trois Sectes académi-ciennes. Quelques-uns en comptent même jusqu’àcinq. Platon fut le chef de [ancienne. Arcésilas, [unde ses successeurs, apporta quelques changemens dansfa Philosophie, & fonda, par cette réforme, ce qu’onappelle la seconde Académie. On attribue à Lacides ,ou à Carnéades , [établissement de la troisième ounouvelle Académie. Quelques Auteurs ajoutent deuxAcadémies. Une quatrième fondée par Piii Ion & Car-ni ides , & une cinquième fondée par Antiochus , &nommée Antiochìenne , qui allioit [ancienne Aca-démie avec le Stoïcisme. Noyé% for tout cela les Ques-tions académiques de -Cicéron. ; personne n’a mieux