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Accident. Terme de Philosophie. Propriété acciden-telle , ce qui survient à la substance , & qui ne lui estpas essentiel ; qui peut y être, ou n’y être pas, fansqu’elle périsse. Accidens. Un accident, ou un mode,c'est ce que nous concevons nécessairement dépen-dant de quelque substance. Roh. La blancheur est uni accident dans une muraille , parce que cette muraillepeût subsister sans la blancheur : au lieu que la blan-cheur ne peut naturellement subsister sans qu’elle soitsoutenue par quelque substance.
On distingue en Philosophie des accidens logiques,des accidens physiques, des accidens métaphysiques.U accident logique est tout ce qui peut être conçu êtreou n’être pas dans le sujet, lans qu’il cesse d’être cequ’il est. La blancheur, par exemple , est un accident
logique dune muraille, ou de quelque autre corps quece soit qui est blanc , parce qu’elle peut être dans lamuraille, ou n’y être pas, lans que la muraille cessed’être muraille. VAccident métaphysique est tout cequi n est point l’essence première d’une chose ; 8c en cesens les propriétés sont des accidens. L ’Accident phy-sique est opposé à la substance, & on en distingue dedeux sortes, l ’Accident physique absolu, Sc Vaccidentmodal. Par accident physique absolu , ou simplementaccident absolu, accidens absolutum, on entend ce-lui qui subsiste, ou qui peut au moins íumaturellementSc par miracle subsister sans sujet. Tels sont les acci-dens du pain «Se du vin dans le Sacrement de l’Encha-ristie, suivant le grand nombre des Théologiens. Vavac-cident physique modal, on entend toute modificationréelle, inséparable absolument de son sujet, quoique lesujet puisse être sans elle, óu en avoir une distérente.Ainsi la rondeur, la carrure, &c. sont des accidens phy-siques modaux Voye-^ Mode. C’est la même choie.
{fOT Accident. Terme de Grammaire. U est sur touten usage dans les anciens Grammairiens qui enten-dent par la une propriété qui, à la vérité , est atta-chée au mot, mais qui n’entre pointtion eílcntielle du mot.
Accident. Terme de peinture. On appelle accidensde lumière ,les rayons qui viennent pat une porte, parune lucarne, ou d’un flambeau, lorsque cependant ilsne font pas la lumière principale d’un tableau. On ditencore des accidens de lumière, lorsque les nuages in-terposés entre ie soleil 8c la terre , prodniíent sur laterre des ombres qui l’obscurcissent par espace ; fesserque produit le soleil sur ces espaces qui en restentéclairés, Rappellent accidens de lumière. Ces accidensproduisent des effets merveilleux dans un tableau.Accident , en Médecine, est la même chose que symp-tôme , Sc se dit de tout ce qui arrive de nouveau à unmalade, soit en bien, soit en mal. Symptoma. Le re-mède travailla de telle sorte, que les accidens qui s’cn-suivirent, fortifièrent l’acculation. Vaug. Cette plaieíe pourra guérir, s’il ne survient point à’accident ;c’est-à-dire, de fièvre, d’inflammation , ou d’autresymptôme.
ÇC.T Accident , se dit aussi en fauconnerie. Les oiseaux deproie sontíujetsà plusieurs accidens, c’est-à-dire , ma-ladies , blessures.
ÍCT Accident , signifie aussi les circonstances Sc les inci-dens d’une action. Quand Sapho veut exprimer les fu-reurs de î’amour, elle ramasse de tous côtés les acci-dens qui íuivent Sc qui accompagnent cette passion :8cremarquez que de tousccs accidens , elle choisit ceuxqui marquent davantage l’excès ik la violence de 1 si-moun Bon.
Par accident, manière de parler adverbiale. Fortuitò.Elle marque vne chose arrivée par malheur , ou par unévénement qu’on ne devoir pas naturellement atten-dre. Le Prince a l’humeur bienfaisante , & s’il faitdu mal, ce n’est que par accident. En termes de Phi-losophie, par accident, per accidens , signifie ce quine soit pas de la nature d une chose , mais de quelquequalité accidentelle qu’elle a, & il est opposé à de foi,perse j autre maniéré de parler qui marque ce qui suit del’essence &de la nature d une choie. Ainíi le feu bnìlede soi ,perse , 8c en tant qu’il est feu. Sc non pas par ac-cident j mais un fer,même chaud, ne brûle que par
accident , par une qualité accidentelle qui lui est ajou-tée , & non pas de soi & en tant qu’il est fer.ACCIDENTEL , ELLE. adj. Qui n’est pas de l’eí-sence d’une chose , ce qui est indifférent à un sujet.Adventitius. La blancheur est accidentelle au marbre,la chaleur au fer.
PfT Accidentel, se dit encore en physique d’un effetqui arrive , ou d’une caule qui agir par accident,pour ainsi dire, lans être, ou du moins lans paroîtresujette à des loix, ni à des retours réglés. Les vents,les pluies , &c. sont les causes accidentelles du chaudSc du froid.
Point Accidentel. Terme de Perspective, c’est un pointdans la ligne horizontale, ou les projections des lignesparallèles entr’elles , mais non perpendiculaires à la'Peinture , sc rencontrent. Accidentale punctum. H ar-ris.
ACCIDENTELLEMENT, adv. Par accident. Ce n’estqu’ accidentellement qu’un homme est blanc ou noir,grand ou petit. On ne s’en sert guère qu’en termes de-Philosophie. Accidentaliter , per accidens.VACCINS&PRÉCLOTURES.Termes de droit, si-gnifient les environs & prochaines clôtures de quelquelieu Seigneurial, qui appartiennent à l’aîné , & sontpartie de son précipuf.
ACCISE, s. f. Terme de Relation. C’est une certaine
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taxe , ou impôt qu’on leve dans les Provinces-Uniesfur le vin , la bière, Sc fur la plupart des choses quise consument. On condamne à de grosses amendesceux qui fraudent les accises. Ce mot vient du Latin,disent les jésuites d’Anvers ,Acla. Sanci. Aprìl. T. ni.p. 738 , de accidere, tailler, patee que c’est une taille,un retranchement. On trouve en Latin moderne Ac-cisa , pour la taille.
ACOSME. L m. Terme proverbial, qui signifie le re-fus dissimulé des choses dont on a le plus d’envie. Lesfilles répondent ordinairement par un accisme , lors-qu’on leur parle de mariage. Ce mot vient d’unefemme nommée Acco , qui avoir accoutumé de refu-ser les choies dont elle avoir le plus d’envie. Moreri ,au mot Acco.
ACCLAMATION, f. f. Cri de joie ou d’applaudiiíe-ment par lequel le public témoigné son estime 011 ionapprobation. Acclamatio. Le Roi entra dans la villeparmi les applaudiflcmens 8c les acclamations du peu-ple. Ablanc. Les soldats ne purent retenir les pleurs,ni les acclamaûons^at lesquelles une multitude exprimesesmouvemens. Vaug. Auxavénemensdes Princes, 8cà leurs premières entrées dans les villes, les peuples ontaccoutumé de faire des acclamations 8c des réjouii-íances publiques. Dans le Code Théodosien, L. vu,il est fait mention des acclamations du peupleRomain,aux entrées des Empereurs Auguste 8 c Constantin. DeRoch. Voici quelques formules de ces acclamations ,que l’Antiquité nous a conservées: Que les Dieux vousconservent pour nous, votre salut, notre salut : Diite y nobis servent, yeflra salus , no [Ira falus. En vous,ô Antonin, 8c par vous, nous avons tout. In te omnia yper te omnia habentur y Antonine. Lamprid. Lorí-qu’Agrippnue entra dans Rome , les peuples crioientqu’elle étoit l’honneur de la patrie, le seul sang d’Au-guste, le seul modèle de l’antiquité, 8c fuioient de?vœux pour ses; enfiins. Tacit. Annal. L. 111. C. 4. Lam-pridius dit qu’à l’entree d’Alexandre Sevère les peuplescrioient Salve, Borna, rjuia salvus Alexander ! ORome, soyez fauve , puisqu’Alexandre est sauf. LesrHébreux crioient Hosanna. Les Grecs aVí» «'y,[c’est-à-dire, bonne fortune. De Roch. Voye 7 Juste. Lipso,Eleci. L. u. C. 10 , Sc'Lymmns, fus Public. Imper.L. 11. C. > - Anciennement on se servoit d’ acclama-tion Sí d ’applaudissement dans les églises , commedans les théâtres: les Magistrats, les Evêques, croientélus autrefois par les lustrages , & les acclamationspubliques. Dans les Conciles on s’en est aulsi souventservi, soit pour souhaiter de longues années aux Em-peureurs, loir pour opiner
Acclamation , selon les Auteurs du grand Voca-bulaire , se dit quelquefois dc l’éíévation d’un íujet àquelque dignité importante. Non, ìacdamat'wntícA