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«hoses consacrées à Dieu, ou aux Princes qu’il a établis,•comme quand Jacob adora Eíaii, son írcre aîné,6c quandJoseph tut adoré par les frères. Il y a auílì une adorationqui n’est qu’unhonneur rendu réciproquement,comme.entre Abraham Sc les enfans d’Hémor. Fleury , d’a-près Saint Jean Damascène . Le fécond Concile deNicée, dans fa lettre à l’Empereur, Seffion sixième,explique ainsi le mot d’adoration. Adorer Sc saluerfont le même en Grec , ■bpmúiu, Sc «VraftS-a,. Cardans l’ancien Grec Ktm» signifie, saluer ou baiser, &ia proposition marque une plus forte affection.Nous trouvons la même expression dans l’EcritureSainte. Il est dit que David íe prosterna fur le visage,& adora trois fois Jonathas, & le baisa. Saint Paul ditque Jacob adora le haut du sceptre de Joseph. Ainsiquand nous saluons la Croix, nous chantons : Nous ado-rons la Croix, Seigneur, Sc nous adorons la lance quia percé votre côté ; ce qui manifestement n est qu unsalut, comme il paroît en ce que nous les touchonsde nos levres. Que fi l'on trouve souvent Y adorationdans f Ecriture Sc dans les Peres, pour le culte de latrieen esprit, c’est que ce mot a plusieurs significations:car il y a une autre adoration mêlée d’honneur, d’a-mour & de crainte ; comme quand ils disent : Nousadorons votre Majestés Les Pères parlent à l’Empereur).Il y en a une de crainte feule, comme quand Jacob-adora Efaii.il y en a une d’action de grâces, commequand Abraham adora les enfans d’Heth. C'est pour-quoi l’Ecriture voulant nous instruire,dit : Tu adorerasle Seigneur ton Dieu, Sc ne serviras que lui seul. Ellemet Y adoration indéfiniment, comme un terme équi-voque, qui peut convenir à d'autres: mais elle restreintà lui seul le service Aarpti'«*, que nous ne rendons qu’àlui seul. Fleur, d’après le Concile.
Cependant quelques nouveaux Critiques ont préten-du que dans une version françoife de l’Ecriture, on nedevoir fe servir du mot adorer , que lcrsqu’il éroit
{ >arlé du culte qui fe rend à Dieu seul. Il est vrai quee mot latin adorare, dans l’ancienne édition de laBible,qui a été traduit par adorer dans les versionsfrançoifes, est de lui-même équivoque ; Sc l’équivo-que vient du verbe Hébreu nrut ;schahha , qui sim-plement signifie se courber, se prosterner devant quel-qu’un pour le saluer. M. Simon au contraire, dans faréponse aux sentimens de quelques Théologiens de.Hollande , Ch. 16, croit qu on doit conserver toujoursle mot d ’adorer dans les versions françoifes de l’Ecri-ture , comme un terme consacré Sc autorisé dans 1E-glise par un long usage. 11 ajoute qu il est facile de re-médier à l’équivoque de ce mot par une simple note,Sc qu’il n’est pas possible de retrancher entièrement leséquivoques qui font dans toutes les Langues, parcequ’il n’y a pas autant de mots, qu’il y a de choses :Res infinita . , voces finita.
En effet, au Ch. 2 de Saint Mathieu, v. 2, où ilest dit que les Mages vinrent pour adorer fEnfant Jésus,il a ajouté cette note à la marge de fa version : le motst adorer signifie en général dans l’Ecriture, fe mettreà genoux, ou fe prosterner devant quelqu’un ; maisquand il est appliqué à Dieu, il signifie une véritableadoration. Sur le vers. n du même Chapitre, où il estdit que les Mages fie prosternant,adorèrent l’Enfant Jésus;il ajoute cette autre remarque : st e fl la manière de sa-luer qui étoit en 'usage dans une bonne partie de l’O-rient, & plufieurs peuples Vobservent encore aujour-d’hui à l égard de leurs Rois. On lit aussi fur ce mêmeendroit, dans la version françoife de toute la Bible,imprimée à Anvers en ijj4> avec privilège de CharlesV, Sc l’approbation de quelques Docteurs de Louvain :les Hébreux usent souvent de ce mot adorer, pourhonorer avec prosternation de corps , comme on fiaitencore aux Rois & aux Princes en Orient. Lorfqu’ils’agit du culte que les Mages rendirent à l’Enfant Jé-sus , on fait bien de garder le terme st adorer, parceque les Mages, par leur culte reconnurent la Divinitéde Jésus-Christ, ScYadorèrent effectivement.Mais ilne faut pas pour cela garder dans les versions le termest adorer, par-tout où le Latin porte adorare ; le termeFrançois est bien plus déterminé que le Latin ; Sc par
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conséquent il n’est p.as permis de mettre indifférement l’unpeur i’autre ; comme il 1 eroit ridicule de mettre dans uneversion Françoise Concile, par-tout où le Latin porte-roit Concilium - & Eglise , par-tout où le Grec porte-roit sxxaWb. C est un défaut des premières versions,qu on a rendues très-mauvaiíes à force de vouloir lesrendre trop littérales. Hoye^ là-deílus la préface duPère Bouhours, fur fa Traduction du Nouveau Tes-tament.
ll est vrai que les Grecs ont deux mots dissérens pourexprimer 1 adoration qu’ils rendent à Dieu,6c celle qu’ilsrendent aux choses créées. Ils expriment ordinaire-ment la prennere par le verbe a, 6c la íe-conde par ^/-«-^>-7,. U s s e fervent de ce dernierquand ils parlent de 1 adoration des Images , de l’a-doration du Livre des Evangiles, & de celle des saintsDons, c’est-à-dire, des symboles du Pain & du Vin,avant qu’ils soient consacrés. Voye% les mots Image,Evangile j Dons.
On dit, Adorer la Croix : mais c’est dans un autresens afiadorer Dieu, Sc Ieulement par relation à Já s u s-Christ.AcAd. Fr.
Adorer Dieu , ses ìnystères, &c. fe soumettre avec res-pect à ses ordres, à ía volonté, à ce qui lui plaît de faireSc d’ordonner. Dieu a parlé : il faut croire,fe taire & ado-rer. C’est dans ce íens qu’il est employé dans le beau Son-net de des Barreaux.
Tonne, frappe, st est temps j rends moi guerrepour guerre.
Dadore en périssant la raison qui Eaiarit,
Mais dessus quel endroit peut tomber ton tonnère,Qui ne soit tout couvert du sang de JÉsus-Christ?
Adorer , signifie auffi hyperboliquement, avoir beaucoupd’amour, une soumission extrême, ou une admirationaveugle pour quelqu’un. 3’adore jusqu’a vos dédains &vos rigueurs. S. Evr. On uûW Virgile dans son Enéide.Je ne saurois adorer toutes vos fantaisies; c’est-à-dire, jene les respecte point ; je ne vous applaudis point aveuglé-ment. Cette mère adore ses enfans ; c’est-à-dire, elle lesaime éperduement.
Vabsence ni le temps , je vous le jure encore,Ne peuvent vous ravir ce cœur qui vous adore.
Racin.
£é~F Adorer , signifie quelquefois íîmplemenc témoi-gner du respect, de la considération, du dévouement.Les Courtisans adorent les Favoris, 6c ceux dont ils at-tendent des bienfaits. Le mérite qui fait adorer les Prin-ces , attire aux particuliers la haine Sc l’envie. Bouh.
Je ne vais point au Louvre adorer la fortune. Bon.
03“ On le dit auffi des choses auxquelles nous prostituonsdes honneurs qui ne font dûs qu’au mérite. J’ai v-ûl’impie adoré fur la terre. Racine. ■ Vidi impium exal-tatum.
U audace est triomphante , & le crime adoré.
Breb.
03“ Dans ce sens on dit proverbialement Sc figurément,adorer le veau d or, donner des marques extérieures derespect 6c de considération à un homme qui n’en estpas digne, Sc dont tout le mérite consiste à avoir beau-coup d or & d’argent : par allusion au veau d’or quWcrrerent les Israélites au pied du MontSinai.
03“ Adorer, honorer, révérer, s’employent égalementdit M. Diderot, pour le culte de Religion 6c pour le cuireCivil. Dans le culte de Religion on adore Dieu, on ho-nore les Saints,on révère les Reliques 6c les Images. Ado-rer, c’est rendre à l’Etre suprême un culte de dépendanceSc d’obéissance. Honorer, c est rendre aux êtres subal-ternes , mais spirituels, un culte d’invocation. Révérer,c’est rendre un culte extérieur de respect Sc de soin à desêtres matériels, en mémoire des êtres spirituels aux-quels ils ont appartenu.
03“ Dans le culte Civil, on adore une maîtresse ; on ho-nore les honnêtes gens; on révère les personnes illustres
SC