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Tome premier. [A - BOU.]
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ij6 ALE

Chez les Anciens , c’étoit une foïmulede jurementde dire , ainjl rn aide Dieu. Ita me Deus adjuvet ;c’est-à-dire , qu’on prend Dieu à témoin de la sincéritéde fa promesse, & qu’on fait une espèce dimprécationsur soi-même, en cas qu’on vienne à y manquer parfa faute. Et le sens est, que Dieu n\aide 3 de la mêmemanière que je promets. Ainsi que je promets cela ,ainsi Dieu m’aide ; ou, ce qui revient au même, jeveux n’ctre point aidé de Dieu, si je ne promets pascela véritablement, & sincèrement.

Aider, saison autrefois à la troisième personne du pré-sent du subjonctif aijl. Et je lui dis qu’il sortît horsdemon logis, & que jamais, ainsi m’aijl Dieu, il neseroit de ma maison. Join ville. C’est-à-dire , ainsim ’aide Dieu. Sic me Deus adjuvet.

AIDÉ, EE. part. Adjutus , nixus , fretus. Un hommeaidé de la saveur de son Prince peut entreprendre beau-coup de choses.

AIDANT, autre part. & adj. Celui qui aide. Adjutor ,Adjutrix. C'est un vieux mot dont on ne se sert plusguère maintenant. On disoit autrefois, malgré lui &íes aidans , dont on a fait ce proverbe corrompu, mal-gré lui , & malgréj es dents.

On le dit absolument en cette phrase : Dieu aidant ;pour dire , s’il plaît- à Dieu , moyennant son secours.Deo juvante. Je vous irai voir Mardi, Dieu aidant.Ce malade guérira bientôt, Dieu aidant. Les Grecsdisoient, 2 v* ©e®, & l’on trouve une fois dans Plaute,Cum Diis. Ainsi il ne faut pas absolument blâmer ceuxqui disent en latin Cum Deo .

4£GT AIDINELLI, ou plutôt AIDIN-ILI. Nom moderneque les Turcs donnent présentement à une provincede la Natolie, que les anciens ont connue fous celuide Carie , pourtant plus resserrée vers le levant quel’ancienne Carie.

ijdt AIDIUZIK, ou la petite Aidine , ou, selon d’au-tres, Aidingiux. Province d’Asie , dans la Natolie,comprise dans l’ancienne Troade. Elle s’étend autourd Abidos, que les Turcs nomment A'tdos.

fìCT AIDOIAGRAPHIE. f. f. Terme d’Anatomie dérivédu grec. C’est la description des parties de la généra-tion.

Ifés AIDOIALOGIE. s. f. Partie de la Médecine quitraite de ce qui concerne les parties de la génération.Acad. Fr.

fiCF AIDOS, ou AVEO. Petite ville de Turquie , dansla Natolie, fur le détroit de Gallipoli.

AÏE.

AÏE. Vieux mot, qui veut dire, Aide.

Qui j a ne vous faudroit d’aïe. R. de Perc.

C’est apparemment de-là qu’est venu i’interjectionAie , qui est une exclamation de douleur. Si quelqu’unnous marche fur le pied , par exemple , nous nousécrions Aie ! Comme si nous disions, A 1 ’aide j de1 aide. Quelques-uns écrivent cette interjection ai ,ou hai; mais ce qu’on vient de dire semble plus na-turel.

Axe. Plante de l’Amerique, dont les branches prennentd’elles - mêmes racine à comme le lierre , mais sefeuilles ne font pas si épaiíìes que celles du lierre.U aie est de la couleur de la queue du paon noir &azuré. Cette herbe est cordiale. Gonzalve d’Oviedo,Sommaire des Indes Occidentales. Je trouve encoreune racine appelée Agíes , 8c qui est probablement lamême chose : elle croît en forme de navet dans l’îleEspagnole ; & les habitans s’en servent au lieu de pain,dit Dom Pierre Martyr, dans son Sommaire des IndesOccidentales.

Axe, est encore une expression dont se servent les char-tiers pour faire avancer leurs chevaux, & ce mot pa-roît fait de aille, impératif du verbe aller, 7, Ito.

0CF A1ELLO , ou AIELO. Thyella ou Thyllesum. Villeavec titre de Duché , au royaume de Naples, dansl’A-bruzze ultérieure.

AÏEUL. s. m. Grand pere, le pere de celui qui a des

A I O

enfans. Avus. Il y a aïeul paternel 8c aieul maternel. Ilfaut au pluriel aieuls, quand on veut désigner précisé-ment le grand pere paternel & maternel. Ses deux aieulsont rempli cette place. Par tout ailleurs on dit aïeux ,pour désigner ceux de qui on descend.

Çe long amas d’aieux que vous diffame £ tous ,

.Sont autant de témoins qui parient contre vous.

Boil.

Quelque rang oìi j’adis soient montés vos aïeux,

Leur gloire de f loin n’éblouit point mes yeux .

Racin.

Se pare qui voudra du nom de ses aïeux,

Moi 3 je ne veux porter que moi-même en tous lieux.

Corn.

AÏEUX, se dit quelquefois en général des hommes quinous ont précédés , soit dans notre famille , soit dansnotre nation. Majores.

Mais cela fut j’adis au temps de nos aïeux.

Balzac.

Et nos aïeux étoient aujftsages que nous.

Ce mot Aïeul vient d ’aviolus , diminutif d ’avus.Huet. De l’hébreu nïï av , qui signifie pere , avus aété formé. Guichard; 8c de avus , ou aviolus , s’estfait aieul.

C'-LT On dit bisaïeul, 8c trisaïeul. Pour les dégrés qui font ■au-dellus, on dit quatrième, cinquième aieul , &c.

fjGT Aïeule, f. f. Grand’mere. Avia. Il y a aïeule pater-nelle , & aieule maternelle.

A I G.

AIGAIL. f. m. Voyetj Aiguail.

AIG AYER. v. a. Laver dans l’e’au. Vjy. Ayguayer.

AIGLANTIER. f. m. Arbrisseau, espèce d’épine. VoyerjÉglantier 8c Rosier.

AIGLAT. s. m. Le petit d’un aigle. Pullus aquila. Cemot est vieux. On dit aujourd’hui Aiglon.

AIGLE. s. m. Aquila. Quelques Auteurs le font féminin.Nous marquerons dans les articles qui suivent, les casou il est susceptible de l’un ou l’autre genre. L ’Aigleest le plus grand, le plus fort, & le plus vite des oi-seaux de proie. Il a un bec long & crochu, les jambesjaunes couvertes d’écailles, les ongles crochus & fortgrands, la queue courte. Son plumage est châtain, brun,roux, & blanc. Son bec est noir par le bout , bleuâ-tre par le milieu, & jaune en quelques autres parties.U y a un duvet fous íes grandes plumes, dont le tuyaua d’ordinaire neuf lignes de tour. L ’ aigle fait sonaire sur les plus hauts rochers des pays d’Occident. Ilnourrit ses petits jusqu’à ce qu’ils sachent voler, 8c alorsil les chaste de son aire. Il se nourrit de la chair des oi-seaux ou des lièvres qu’il prend. Il vit fort long-temps,&ne meurt ordinairement que parce qu’il ne íauroit plusmanger. Il a la vue très-perçante;&de-là vient que pourdire qu’une personne a bonne vue , on dit qu’il a desyeux d ‘aigle. Tardif. Fau. Le P. Ange Jésuite, dansson Optique, dit que la raison pour laquelle les aigles ,qui n’ont pas les fibres des yeux plus fortes que les au-tres animaux , peuvent cependant regarder plus fixe-ment le soleil , 8c en supporter plus facilement lesrayons, est qu’ils ont deux paupières; l’une dont ils seserment entièrement les yeux, & fous celle-ci une autrequi est plus délicate, 8c dont ils se les couvrent lorsqu’ilsregardent quelque corps lumineux, pour s’en rendreainsi la lumière plus supportable.

L 'aigle hait le roitelet, & en a peur. •

On a dresté les aigles à la volière, mais ils ne réus-sissent qu’en pays de montagnes. Caigle ne peut tenirlong temps fur aile dans les plaines. Il est foible quandil íe rabat , & les sacres le battent 8c le tuent. LesPeintres représentent Jupiter monté sur un aigle. Unvol d ’aigle , est celui qui s’éleye au-dglsus des autres

oiseaux.