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Tome premier. [A - BOU.]
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Ailes, en termes dc Jardinage, font des branches d’ar-bres ou d’autres plantes, qui pouílcnt à côté l’une ded'autre. Ces branches font des ailes. Liger. Ce termefe dit en particulier des artichaux ; 5c ces ailes font lespommes qui accompagnent le principal montant furla même tige, & ne font pas fi groíìes que la princi-pale pomme. La Quint. Liger. Il ne reste plus quedes ailes fur nos pieds d’artichaux. Lio. On donne cenom à ces fortes de productions, à caule qu etant pla-cées vis-à-vis tune de f autre, 6c s’étendant des deuxcôtés opposés,elles font comme des ailes. Id.

Aile , fe dit auffi d’un moulin à vent. Ce font quatregrand châssis couverts de toile & garnis d'échelons,qui traversent l'aiffieu en dehors, & reçoivent le ventpour faire tourner le moulin. Les Meuniers les appel-lent autrement volans.

Les ouvriers nomment aussi les ailes d’une fiche,ou couplet, ces deux petits morceaux de fer mobilesparle moyen de leurs charnières, qui fervent à soutenir& à faire mouvoir des portes ou des fenêtres, ou desvolets brisés. Ils appellent ailes de lucarne les deuxcôtés qui posent sur les chevrons, 6c qu’on appelle au-trement joues de 1a lucarne.

Aile de lardoires. Terme de cuisine. On entend par-làles parties de la lardoire, où son met le lardon, lorí-qu’on veut larder ou piquer quelque viande.

Aile, est aussi tín terme d’Horloger, qui fe dit des pi-gnons. Uaile est à l’égard d’un pignon, ce que la dentest à l’égard d’une roue. C’est aussi une des branches duvolant de sonnerie.

Les Vitriers appellent encore ailes , ou ailerons , cespetites bandes de plomb fort déliées, qui fervent à en-gager les losanges du verre dans les panneaux des vitres,

■ 6c à les y tenir ferme.

Aile en Architecture. On appelle les ailes d’un bâti-ment, ce qu’on bâtit à droite & à gauche pour ac-compagner le principal corps de logis, & faire les deuxcôtés de la cour. Ce font les deux extrémités d’un bâ-timent qui s’avancent eníaillie. Aile droite, aile gau-che. L 'aile droite doit s’étendre, non pas par rapport- à la personne qui regarde , mais par rapport au bâti-ment même. Dict. de Peint, et d’Archit. Ce bâti-ment est imparfait, il n’y a qu’une aile de bâtie. Onappelle aussi ces ailes , bras , ou potences. On dit en-core , les ailes d’un théâtre, les ailes d’un pont.

On appelle auffi aile dans les Eglises, ce qui est àdroite & à gauche de la croisée ; les bas côtés, ou lespetites voûtes qui font à côtés de la grande. Le por-tail de l 'aile droite est plus beau que celui de la gau-che. On n’a bâti que le choeur, on va bientôt travail-ler aux ailes. Quand il y a doubles ailes dans les Egli-ses, comme à Notre-Dame de Paris, les secondes quifont ordinairement plus basses que les autres, Rappel-lent les baffes ailes.

fs? Ailes de pavé. C’est ainsi qu’on appelle les deuxcôtes ou pentes de la chaussée d’un pavé.

AiLE,fe dit en termes de Guerre, des deux extrémitésd’une année rangée en bataille. A la , cornu, lé ailedroite fut la première rompue. La cavalerie fe met furles ailes ; c est-à-dire, fur les flancs, ou fur les extré-mités de chaque ligne à droite & à gauche. En ce sens,ce mot vient de alauda , selon Bochart, qui signifioitune Légion Gauloise, ainsi nommée à cause de la fi-gure des casques que portoient les soldats, qui étoientcrêtés comme des allouettes. On dit que Pan, l’un descapitaines de Bacchus, a ete le premier inventeur decette manière de ranger une armée en bataille : d’oùvient que les anciens font peint avec des cornes à latete, parce qu’ils appeloient cornes , ce que nous ap-pelons les ailes. Il y a beaucoup plus cl’apparence, ouplutôt,il est certain que aile dans çe sens vient du motlatin ala , aile , qui fe donnoit à un corps de cavalerie ;parce que dans les armées Romaines, la cavalerie fediviíoit en deux corps, qu’on jetoit fur les deux côtésde l’armce, l’un à droite, 6c l’autre à gauche, & donton la fknquoit ; ce qu’on appeloit aU , les deux ailes,parce qu’ils faifoient à peu près, par rapport au corpsde farinée, la figure que font par rapport au corpsd’un oiseau, ses ailes j quand elles font étendues. Les

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deux côtés, les deux flancs de l’armée , s’appeloientdonc ailes ; c’est de-là que nous avons pris ce mot ,pour signifier la même chose.

Aile, fe dit auffi des deux côtés on des files qui termi-nent chaque bataillon, ou chaque elcadron, à droite& à gauche. Les Piquiers font rangés au milieu, 6cles Mousquetaires fur les ailes. On a commencé à dé-filer par Yaile droite. On appelle auffi les ailes d’unbataillon, fes manches , ou ion flanc.

Aile , fe dit auffi en termes de Fortification, du flanc d’unbastion , 8c plus ordinairement des longs côtés quiterminent, à droite & à gauche, un ouvrage à cornesou couronné, & qui font flanqués par quelque en-droit de la place, par quelque dehors, ou travail par-ticulier.

Aile. Terme de Conchyliologie : ce n’est autre chose quel’extension d’une des lèvres de la bouche d’une co-quille , ce qui forme une espèce d 'aile. On dit un Mu-rex ailé : on ne doit pas prendre cette aile pour uneoreille , quoiqu’on dise Murex auritus.

Ailes , en termes de Tourneur, signifie deux pièces debois plâtres, de figure triangulaire , qui Rattachenttransversalement à une des poupées du Tour , pourservir de support lorsqu’on veut tourner de quatreronds. On appelle Poupées à ailes , celles qui ont deces fortes de supports.

Dans l’Art d’écrire, on applle bouts d’ailes , desplumes à écrire, qui font tirées du bout des ailes d’uneoie. Penna.

Aile de S. Michel. Ordre militaire de Portugal, qui futinstitué, selon le P. André Mendo, Jésuite, De Ordin.Milit. lan i r6y ou l’an 1171 ; selon Joseph di Michieli,dans son Teforo militar. de Cavalleria antiqua y mo-derna j c’est-à-dire Trésor, militaire de Chevalerie an-cienne & moderne, imprimé à Madrid en 1642. Al-phonse Henri I, Roi de Portugal, l’institua en mémoired’une victoire qu'il remporta fur le Roi de Séville 6cles Sarrasins, 6c dont il crut être redevable à S. Mi-chel , qu’il avoit pris pour patron dans cette guerrecontre les Infidèles. Les Chevaliers de Yaile de S. Mi-chelíment ainsi nommés, parce que dans leur enseigne,ils portoient une aile en forme de celle de Archange ,laquelle étoit de couleur de pourpre, environnée derayons d’or. Ces Chevaliers avoient la règle de S. Be-noit , suivant l’institut de Cîteaux. Ils faifoient vœude défendre la religion chrétienne, 6c les confins duroyaume, & de protéger les veuves 6c les orphelins.Dans leur étendard on voyoit d’un côté un S. Michelterraflant le démon, 6c de l’autre la croix de 1 Ordreen forrqe d’épée , avec ce mot ; Quis ut D eus , quiest semblable à Dieu ? Cet Ordre ne fubliste plus.Outre les deux Auteurs que j’ai cités, Foye% AntonioBromdon, Monarc. Lusitana , Liv. XI, ch. 22. An-tonio Manriquez, T. II, ch. 8. August.Barbofa, Summ.Apoft. cecis. col. 306. Caramuel, Theolog. Reg. p. 9.Bernardo Justiniani, historia dell 1 origine de Caval-lieri j ch. 2.8.

ArLE, fe dit proverbialement en ces phrases : cet hommene bat plus que d une aile j pour dire, que son crédit,fa fortune, son esprit,, font diminués, 6c qu’il n’enpeut plus. On lui a tire une plume de son aile : pourdire, qu’on lui a arraché quelque chose de son bien :qu’on en tirera pied ou aile ; pour dire, qu’on tireraquelque chose d’une affaire, 6c qu’on ne perdra pastout. On lui a rogné les ailes ; pour dire, qu’on a re-tranché de son autorité, de fes richesses. On dit d’untéméraire, qu’il a voulu voler avant que d’avoir desailes j qu’il n’a pas Y aile encore assez forte ; pour dire,qu’il a commencé trop tôt quelque entreprise au-dessusde fes forces. On dit d’un homme malheureux, qu’ilen a dans l ’aile ; pour dire, qu’il lui est arrivé quel-que accident fâcheux, ou bien qu’il a passé les 50 ans,qu’on marque avec une L. On le dit auffi d’uu hommequi a perdu fa liberté.

Mon cher ami , f en ai dans V aile.

Je fuis perdu , j’ai regardé Cloris. Scar. '