Band 
Tome premier. [A - BOU.]
Seite
195
JPEG-Download
 

AIR

sommet des plus hautes montagnes, jusqu’à la baise jl'égion de Pair que nous respirons. Elle est froide & hu-mide , à cause des vapeurs, & des exhalaisons que lesoleil y élève. La région supérieure de Pair , est cellequi s etend depuis la cime des montagnes jusqu au ter-me de Patmoíphère. Elle est plus pure, plus raréfiée ,

Sc plus légcre que les autres. Au-destus est EEther oula matière éthérée. L’air différé de la matière éthérée,entre autres choses, dit M. Harris, en ce que les rayonsde la lune, & des astres supérieurs, souffrent une ré-fraction en y entrant, ce qui n arrive pas dans la ma-tière éthérée. Et en effet, comment feroit-elle une ré-fraction ; puisque les astres nagent dans cette matière ?

M. $àok, dans fa Micrologie, pag. i ;. semble croireque Xair n’est autre chose qu une eípèce de teinture &de dissolution des parties terrestres Sc aqueuses, agitéespar la matière éthérée, Sc il supposé que ces parties fontde la nature du sel. Les Anciens n ont point connu la pe-santeur de fuir. On la connoít par le baromètre 3 sa cha-leur par le thermomètre, sa sécheresse par fhygromètre.

O est Galilée qui a le premier découvert la pesanteurde Xair j Sc qui l’inféra de ce que seau s’arrête & de-meure suspendue dans les pompes à 34 ou 3p pieds.Après lui Torricelli continua de prouver la même choiepar de nouvelles expériences. M. Boyle, après des ex-périences réitérées, a avancé que la pesanteur de ì’airest à seau comme 1000 est à 1. M. Hallay , dans lesTransacti.., 11s Philosophiques, n. 1S1. dit, cue íelonplusieurs expériences la pesanteur spécifique de Xaìrproche de la surface de la terre , est à celle de seau ,comme 1 à 840, comme 1 à 852 , comme 2 à 960,

& qu’il l’a ainsi conclu de plusieurs expériences , lemercure s’arrêtant toutes ces fois-là environ à 29 pou-ces 4 ; mais parce que ces expériences ont toutes étéfaites en été, & que conséquemment Xaìr étoit raré-fié , il croit que l’on peut dire,sans crainte de se trompersensiblement, que le mercure demeure suspendu à lahauteur de 3 o pouces, & que dans un temps mitoyenentre la chaleur & le froid , la pesanteur spécifique deì’air est à seau comme 1 à 800. Ainsi puisque le mer-cure est à seau ccmme 13, \ est à 1 , le mercure doitêtre à ì’air comme 10800 est à x & une colonne A’airde 10800 pouces, est égale à 1 pouce de mercure. Etsi Xaìr étoit par tout également dense, ou égalementcomprimé , la hauteur de l’atmosphete ne devroit pasêtre moindre de 5 milles 6c de mille ; & st on éle-voit le baromètre au-dessus de la surface de la terre,a chaque 900 pieds, le mercure devroit descendre d’unpouce; mais parce que ì’air n’est pas également com-primé par tout, il s’ensuit que Patmosphère a plus de5 milles de hauteur. Cn a treuvé sinvcnticn de pom-per Fuir pour faire du vide, par la machine de M. Boyle.M. Mariette , dans íes Estais de Physique , dit queXaìr se peut dilater plus de quarte mille fois davantagequ’il n’est auprès de la terre, avant que d’être dans sadilatation naturelle, telle ou’il 1 a au haut de l’atmosiphère , où il n’est chargé d’auctm poids. Sa hauteur,suivant son calcul, ne va guère qu à 20 lieues; & ellen'iroir pas à 30 quand il íeroit huit millions de foisplus raréfié que celui qui est près de la terre. Voyezcependant ce qu’on va dire à cet égard peu aptes dansce même article fur d’autres observations. Le meuteVarìotte prétend que Pair est bleu, contre l’opinion deplusieurs qui le croient fans couleur. Quelques-uns°uti ennent C;Ue \ a - ir q cî> lieux souterrains n’est pas es-ectivement plus froid en été, mais qu’il paroît feule-ment tel en comparaison du dehors, qui est beaucoupplus chaud. On infere de la pesanteur de l’air, que laterre est autant comprimée par ì’air qui 1 environne ,que íi ell e étoit par tout écu verte d’eau à la hauteur de3 1 Pieds. Borelli dit, que l’air est composé de corpus-cules , ou petites lames dures, flexibles , capables dereílort, 6c qui faisant plusieurs tours en ligne spirale,ottnent la figure d’un cylindre creux.

M. Harris croit que l’air est composé de trois diffé-rentes espèces de corpuscules. Les premiers y font en-j°yés par forme d’exhalaisons, ou vapeurs de la terre,e la mer, de tous les corps des animaux, des végé-

5 Sc des minéraux par le moyen du soleil, ou de JJ orne I,

Air t 9 5s

la chaleur souterraine. La seconde espèce sont des par-ties encore plus subtiles, qui y font envoyées par lescorps célestes, & par les ruiíleaux de la matière ma-gnétique qui fort de la terre, 6c de Peau. La troisièmeeípèce mérite peut-être plus proprement le nom dVÍ/r,étant les parties propres & spéciales de Pair, pris dansfa signification étroite. Ce font des corpuscules qui ontune vertu'élastique, constante & permanente; car cettevertu, dit-il, est une propriété essentielle de P air, quine convient aux autres liquides qu’autant qu ils parti-cipent de Pair, ou qu’ils renferment des parties à’air.

Il est donc probable, continue-t-il, que notre air estcomposé ou abonde de parties, dont la nature est dese rétablir d’elles-mêmes,autant qu’ellcs le peuvent,dansleur premier état, en s’étendant quand elles ont étécomprimées. Suivant les expériences communes, la pe-santeur de ì’air , proche de la superficie de la terre, està peu-près à l’égard de Peau, ce que 1 est à Soo ; maisles altérations qui arrivent dans Pair, font qu’il peséou plus ou moins, fur la surface de la terre. Quelque-fois le poids de toute Patmosphère est balancé par 28pouces de vis-argent,& quelquefois par 3 o. Outre cela lefroid & le chaud dilatent, ou compriment Pair, &par conséquent en changent la p esanteur. De plus, lesexhalaisons des parties insensibles, qui s’échappent pres-que de tcus les corps, & qui demeurent íuípenduesen Pair , en augmentent la pelanteur. Sur ce pied là ,si Pair étoit également condensé, toute Patmoíphèren’auroit guère plus de cinq lieues de hauteur. Maiscomme les parties supérieures de Pair font beaucoupplus raréfiées que les inférieures, chaque espace quirépond à un pouce de vif argent, & qui est de 900pieds d’air , s’augmente aussi, ensorte que la hauteurde l’atmosphère devient beaucoup plus grande. En ef-fet, on suppute qu’à la hauteur de 41 lieues Pair estsi raréfié, qu’il occupe un espace 3 000 fois plus grandqu’ici. Il est probable qu’il n’y a aucune pairie de Pat-mosphçre qui soir élevée plus de 44 lieues sur la su-perficie de la terre. Borelli a encore observé, que bienque Pair remplisse naturellement beaucoup de placeil peut être réduit à un petit espace ; que dans une gran-de condensation, telle que dans les arquebuses à vent,le lieu qu il occupe est différent de Pordinaire d’un à2000; & ce resserrement est la cause que Peffort qu ilfait pour se remettre dans son état naturel, est si vio-lent. M. Boyle , dans son Traité fur Padmirable raré-faction de ì’air j dit que l’air peut occuper yiocofoisplus d’espace qu’il ne fait ordinairement ; il ajoute quepar des expériences incontestables , il a trouvé que lamême quantité d’air mise dans le récipient en Petat oùle met la feule pression de Patmoíphère, & fans le se-cours d’aucune chaleur étrangère, pour augmenter sonrelîort, pourra occuper 13000 sois plus d’efpace qu’ilne fait dans son état naturel. Le même M. Boyle croitque Pespace qu’occupe Pair comprimé, est toujoursen proportion réciproque avec la force qui le compri-me. Foyei ce qu’en infere Grégory, Astron. pag. 40 t.Il n’est pas aisé d’expliquer comment il faut que lesparticules de Pair soient formées, pour être capablesd’une si grande raréfaction, 6c d une si grande conden-sation. M. Harris croit cependant qu’on peut assez ai-sément concevoir cette prodigieuse compression Sc di-latation de ì’air j 11 l’on suppose que chaque particuleélastique de l’air est entortillée autour de ion propreaxe, comme le reílort d une montre , ou comme unrouleau de ruban. Car fi cela est, les patries de chaquerouleau doivent faire effort pour s’eloigner par leurpropre mouvement de leur axe, Sc Peffort doit être plusou moins grand, à proportion de la vitesse de leur mou-vement ; & elles se mettroient en liberté, & s : 'éten-draient de toute leur longueur, si elles rien étoientpas empêchées par les particules semblables qui les en-vironnent. Mais si elles croient une fois délivrées dece poids extérieur qui les comprime, alors elles se dé-velopperoient d’elles memes, & par leur propre ressort,Sc étendroient leur rouleau, ou leur cercle, à un es-

pace immense. C’est pour cela qu’une vessie où l’on n’alaissé que très peu d’air, s’enfle dans le récipient jus-qu’à se briser.

Bbij