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Tome premier. [A - BOU.]
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ALERTE , adj. Qui se dit en parlant des gens éveillés,& qui font touj ours fur leurs gardes, comme s’ils croientíur quelque lieu éminent d’où ils puflent découvrir toutce qui fe palle autour d’eux. Vigilans , attentus , in-tentus. On ne surprendra pas ce général, il est tou-jours alerte ; pour dire, toujours vigilant. Il est aler-te ; pour dire, défiant, & fur ses gardes. On dit auffidans le style simple & enjoué, jeune homme alerte;pour dire, vif, gai, dispos. Promptus , alacer , expe-ditus. On dit familièrement d’un homme fort ma-tériel & fort pesant, .qu’il est alerte comme l’oiscaude S. Luc.

|CFAlf.rt e , se prend quelquefois substantivement. Alorsil est féminin , & lignifie, avertiíl ement d’être fur sesgardes. En terme de guerre, il signifie la même chose.Monitum cavendi. Nous avons eu la nuit dernièreune petite alerte. Lorsqu’il arrive la moindre alerte ,le Lieutenant-Colonel doit íe trouver avec tous lesOfficiers de jour, à la tête de la ligne, pour fe por-ter par-tout où leur présence est plus néceílaire. Bom-liELLES.

Alerte , est auffi une espèce d’adverbe dont on se sertpour avertir qu’cn íe tienne prêt & sur ses gardes. Alerte ,L ennemi approche. Vigilate , Attendite.

Ce mot est dérivé à'air , comme qui diroit , unhomme qui cherche l’air. On disoit autrefois airte pourair; ainsi alerte , selorí M. Huet, veut dire, qui esttoujours en l’air , & prêt à faire quelque choie. Quel-ques-uns le dérivent de erta , qui signifie un sentierqui monte fur un coteau, par où on envoie les sol-dats pour découvrir les ennemis : d’où vient qu’on adit, star à l’ erta ; pour dire, être au guet.

ALÈS, ALETS. Voye ? Alais.

£CT ALESAN, ALZAN, & mieux ALEZAN, ANE.adj. Terme de Maréchallerie. On le dit des chevauxde couleur fauve , tirant fur le roux. Cheval alezan ,cavale alezane > poil alezan. Equus rufus.

$fF U est auffi substantif. Il est monté íur un alezan ■>c’est-à-dire, sur nn cheval de poil alezan. Il y a unalezan brûlé & un alezan clair, selon que la couleurest plus ou moins obscure. Il y a quatre autres fortesà’alezanalezan bai tirant fur le roux , alezan poilde vache, alezan commun, 8 c alezan obscur. Un pro-verbe espagnol dit: a f an toftando antes muerto quecanfado : a fa n plutôt mort que lassé : ce qui montreque c’est la marque d’un bon cheval. Quand il a lesextrémités lavées, c’est une marque de foibleste.

Ce mot vient de l’espagnol ala^an , & celui-ci del’arabe alhryan , qui signifie un cheval courageux 8 cde bonne race. Ménage. D’autres le dérivent de l’ar-ticle al 3 & de aya 3 qui signifie color infumatus. D’au-tres disent qu’il vient par corruption de aleran , à causeque les chevaux de ce poil vont si vite, qu’ils semblentavoir des ailes. Quelques-uns le dérivent du GrecaÀ<«» , superbus , & prétendent qu’on a donné lenom d alezan aux chevaux qui font d’une certaine cou-leur , parce qu’ils font plus beaux & plus vigoureuxque les autres.

ALÈSE, ou ALÈZE. f. f. Drap qui sert à envelopper,ou chauffer un malade , qui n est fait ordinairementque d’un lé de toile, d’où il y a apparence qu’il a prisson nom. Linteum. Mettre une alèse autour d’un ma-lade, d’une femme en couche.

ALESE, ou ALEZÉ, ÉE. adj. Terme de Blason, qui sedit des pièces honorables de l’Ecu qui font retran-chées , ou diminuées, qui ne vont pas jusqu’à sesbords, ou qui ne touchent pas les deux flancs. Acci -sus j & ad oram scuti non pertingens.

C’est la même chose qu ’alaise , ou alise. On ditauffi a c c o ure i j Sc arrêté _, pour lignifier lameme chose.Ainsi on dit, une croix alésée , ou pal alésé , unefasce alaisée , un chevron alese 3 arrete , ou rac-courci.

ALESER, ou ALEZER. v. a. Terme de monnoie. Num-morum marginem complanare. Aleser les carreaux,c’est lesflatir, ou les battre fur l’enclume légèrement,& seulement pour redreíler leurs bords & rehausserleurs cornes. On écrit auffi Allezer.

ALE

|tCT ALESER. En Artillerie & Horlogerie. Voye\ à-

LEZER.

ALESNE. Voye^ Alêne.

ALESN 1 ER. Foye\ AlÊnier.

ALESSANO. Petite ville épiícopale du royaume de Na-ples. Alexanum. Elle est dans la Terre d’Otrante, présdu cap de Santa Maria di Leuca.

ALESSIO, ALESSO. Ville d’Albanie, dans la Turquie,en Europe. I.isus , Lijj'um. Elle est fur le Drin, à quel-ques lieues de son embouchure , dans le golfe de Ve-nde. Le fameux Scanderbeg, Roi d’Albanie, mourutà Alejsio en 1467, 8c I on y voit son tombeau.

ALESSO. s. m. C’est la rivière d’Alecé. Voyez ce mot.

ALESTÉROSO, LESTEROCORI. Ville de Macédoine.Aleuriopolis , anciennement Gasorus , Gagoras. Elleest entre les villes de Philippes 8c Salonique, & a unEvêque íuffragant de 1 Archevêque de Philippes.

ALETH. Al-ccla , tu Elacla. Ville épiícopale de irance,dans le Languedoc , fur l’Aude. Aleth. fut érigée enEvêché en 1317 par Jean XXII. Le Rituel à’Aletkfut condamné en 1668 par Clément IX. Sa longitudeest 19 0 , 45', 33". Sa latitude 42 0 , 58', o". Acad. deMontpellier.

|ri? Aleth, selon Longuerue, Desc. de la Fr. est en-core le nom d’une ancienne ville de France , dans laBretagne. Elle étoit située fur la mer , environ à unelieue de S. Malo, près du port de Solidor, dont on voitencore des ruines qu’on nomme dans le pays Quidalethou Guichaleth , comme qui diroit bourg à'Aleth.

ALETHE. í. m. Terme de Fauconnerie. C'est un oiseaupropre à voler la perdrix, qui vient des Indes, qui estfort cher, & qu’on vend au moins cent écus en Espa-gne , quoiqu il ne soit point dieflé. Alethe. Ce mot estGrec, 8c signifie véritable. Voye^ aumot Alais, pour-quoi on appelle ainsi cet oiíeau.

ALÉTIDES. 1 . f. pi. cu plutôt adj. employé substantive-ment. Fêtes & sacrifices íolennels que l’on eclebroit àAthènes par des chants enl’honneur d’Erigone, appeléeautrement Aletis , fille d’Icare , laquelle conçut unedouleur si vive de la mort de son pere, qu elle íe pen-dit de désespoir. Ce quia fait donner à cette fête le nomd’Ain’PA suspenso. On se balançoit, ou avec une cordeattachée à un arbre, ou avec une solive. Festus faitmention de ces machines que l’on appeloit Oscilla. Eri-gone en mourant pria les Dieux de permettre que tou-tes les filles d’Athènes périssent d une manié, e auffi hon-teuse , si leurs parens ne vengeoient la mort d Icare. LesAthéniens ayant négligé cette vengeance, les vœux d’E-rigone eurent leur effet. Car les jeunes filles d’Athènespour la plupart saisies d’un esprit de vertige, se donnè-rent la mort. Leurs parens effrayés de ces accidens ,consultèrent l’O racle d’Apollon, qui leur ordonna d’ins-tituer la fête dont je parle, pourappaiser les manes d’í-care. Hygin 3 Poèt. Afironom. I. 2. c. 4.

Le nom de cette Fête vient du Grec ria», j’erre yparce qu’Erigone, accompagnée íeulement de la chien-ne , courut long- temps avant de trouver le corps de sonpere.

Quelques-uns, comme Hésychius, croient que cettefête avoit été instituée en l’honneur du Roi Témale,ou d’Ar gisthe & de Clytemnestre. D’autres l’attribuentà une fille de ces deux derniers, qui se joignant à iongrand-pere Tyndare, alla à Athènes, pour accuser Orestedevant le tribunal de l’Aréopage ; mais ayant perdu facause, 8c s’étant pendue, les Athéniens, suivant l’O-racle , établirent cette fête à sa mémoire. Etymolog-

, Mag.

ALETTE. s. f. Terme d’Architecture. Petite aile ; côtésd’un trumeau qui est entre deux arcades. Pila. Quandil y a dans le même trumeau une colonne, ou un pi"laftre, c’est ce qui reste, & ce qui paroit du trumeauentre le vide de l’arc, & la colonne, ou le pilastre. Onappelle auffi les alettes , jambages.

ALEU. Voye ç Alleu.

ALEVIN. L m. Menu poisson qui sert à peupler les étangs»& les rivières. Pisculi. En plusieurs endroits 011 ìsPgpelle norrain fretin , menu fretin , mesuraille , & géné-ralement peuple. Il faut tant de milliers d ’alevin poufempoissonner cet étang.