ALL
guré , polir marquer le progrès en bien su L n mal, desperíonnes Sc des choses. Il n’y a qu un eíprit pénétrantqui puisse aller jusque-là. Pertingere. On dit d’un hom-me , qu’il ira loin dans les sciences, dans les arts. Pro-gressus facere. Une choie va de mal en pis. In pejusruere. La santé va de mieux en mieux. Une maiíon vaen décadence. Je n’euíle jamais cru que le luxe & lavanité dussent aller jusque-là. Bon. Eb procedere.
'ifiT Aller, synonyme d’aboutir. Tous íes vœux vont àla paix. Son entreprise est allée en fumée. In tenuemauram evanuit.
3J3* Aller au bien , c’est y tendre , savoir pour objet.Tendere , contendere. Heureux shomme qui va à lagloire- par le chemin de la vertu !
C>0“ Aller , servant à marquer la façon d’agir dans cer-taines circonstances, la manière de se conduire, csem-ployer certains moyens. Dans les affaires importantes■il faut aller avec prudence. Prudentiam adhibere. Unhonnête homme va droit dans les affaires. Un hommeéclairé va au fait. La médisance y va plus doucement.
HU" On dit aller par les voies de droit, poursuivre enJustice. Jus persequi. Aller par les voies de fait. Fyrqces mots.
tfF On dit qu une affaire ira loin; pour dire, qu elle aurades suites, quelle durera long-temps , qu’eìle coûterabien de la peine & des frais. Qu’un homme ira loin ;pour dire , que par son mérite, par ses talens, il ferafortune, il s 1 avancera dans le monde.
Eb En parlant de deux personnes qui s’échauffent un peutrop dans une dilpute, on dit cela va trop loin, pour-roit aller trop loin. Nattons pas plus loin. Cela n irapas plus loin: c'est-à-dire, on en demeurera là.
■ifP Aller , servant à marquer l’état bon ou mauvais decertaines choses. Le commerce va bien, va mal. Sasanté va bien. Benè , belle se habet. Cela va bien pourlui. Benè hoc habet illi. Cela tourne avantageusementpour lui. On dit familièrement, comment vous en va ?
ffT Aller, en parlant des choses qui concernent 1 habil-lement, la parure, sert à marquer la manière dont unechoie est Faite,mise ou disposée. Aptus, conveniens. Cemanteau va bien, va mal. On dit aussi qu’une choieva bien a quelqu’un, qu’elle lui va mal ; pour dire,quelle lied bien ou quelle sied mal. Cet habit vous vabien. ELzc te vestis decet.
fCr On dit à peu près dans le mente sens, que deux cho-ses vont bien ensemble ; pour dire, qu’eíles conviennentbien ensemble. Ces deux couleurs vont bien fuite avecl’autre. Conveniunt.
On le dit de même des choses qui font faites pours’accompagner, qui ne ie vendent point séparément. Cestableaux-là vont ensemble.
$3“ Aller de pair , être égal. Parem ejfe. Expressiond’usage quand on compare la qualité, ìa dépense , lemérite des personnes. Ces deux maisons vort de pairpour la noblesse. Il va de pair avec les plus riches Sei-gneurs pour la dépeníe. Racine va de pair avec Cor-neille : personne ne va de pair avec Racine.
t'TL Le mot aller est quelquefois surabondant, & s’em-ploie íeulement par élégance, pour donner plus de forceà l’exprelíìcn. Nattes pas croire, Calle\ pas imaginer.Dans ces phrases le mot aller ne s’exprime point en la-tin. Ne credas. Voyez où j'en serois, íi elle alloit croireF e la. Mol. Il n’est pas cle la prudence d ’aller attaquer^ force ouverte les défauts qu’on a dessein de corriger.S- Evr.
* r h impératif de ce verbe sert également à faire des°. aits, des exhortations, des imprécations. AUe% enP aix - Allons, enfans, courage. Macli este pueri , Mactivirtute este. Au singulier, Macie virtute esto ; Mactear ^ irrLl g > ou animo. Macte hocce vino. Allons , va, de cevm. C’est U vocatif de i’ancien Maclus , pour Magisaecus. Fa, malheureux, va, vu-t-en au gibet. Crucemm malam abi, furcifer. '
ttt-R, en termes de jeu, signifie mettre au jeu , provo-f ue r les autres joueurs à coucher une pareille somme.Posta ludere pecuniâ. On dit au berlan & au lansque-^ er , j y vais de tant; pour dire, je mets tant au jeu.
Ux dez & à la bassette, il y va de tout son reste. Fatout. 1
A LL z j 9
On dit en termes de Vénerie, aller fur foi, se far-aller, se fur-marcher ; pour dire, revenir fur ses erres,fur ses pas, repasser par le même chemin. Decursumtramitem, remetiri. Aller de bon temps, c’est-à-dire ,qu’il y a peu de temps que la bête est pallee, & alorson dit, les Veneurs alloientàe bon temps, lorsque leRoi arriva. Aller d’assurance, c’est-à-dire, que la bêteva au pas le pied ferré & íans crainte. Aller au gai-gnage, c’est-à-dire, que la bête fauve, qui est le cerf,le daim & le chevreuil, va dans les grains, pour yviander & manger; ce qui se dic aussi du lièvre. Al-ler de hautes erres, c’est lorsqu’il y a sept ou huit heu-res qu’une bête est paslée. On dit, ce lièvre va de hau-ries erres. Aileron quête ; c’est quand le valet de li-mier va au bois pour y détourner une bête avec sonlimier.
En termes de Marine, on dit aller vent largue, c’estavoir le vent par le travers, eníorte qu’on ne foie point-oblige de haler les boulines. Transverso vento navi-gare. Aller au plus près du vent; c’est cingler à six quartsdu rumb d on il vient. Aller d la bouline graste, ou àla grasse bouline, c’est se servir d’un vent éloigné dulieu de la route par un intervalle d’environ six rumbs.Aller proche du vent, ou aller à la bouline, c’est íeservir d’un vent qui semble contraire à la route, Scprendre ce vent de biais , en mettant les voiles decôté par le moyen des boulines. Obliquis ventis na-vigare. Aller au lof, c’est chercher l’avantage du vent,& la même chose qu ’A lier m plus près du v eut. Aller de-bout au vent, ou avoir le vent par proue, c’est allercontre le vent, ou à vent contraire, comme il arriveaux petits bâtimens. Adverso vento. Aller à la dérive ,c’est aller de côté au gré du vent Sc de la marée, aulieu d 'aller en droiture. Defleclere. Aller terre à terre,c’est ranger la côte, naviger en côtoyant le rivage. Ter-ras radere. Aller d trait, & à rame, c’est aller avec lesvoiles, & avec les rames. Remis ventifque procedere .A lier d mats, Sc d cordes, c’est quand on a abaissé lesvergues Sc les voiles, pour éviter la fureur du vent.Contractis velis, ire. Aller d J a fonde, c’est quand onse trouve dens un pays inconnu, ou dangereux alleren fondant le fond. Ad bolidem navigare. Aller entredeux écoutes, c’est u/Arcontre un vaisseau ennemi pourl’enlever. Hojlilem navim invadere. Aller de flotte,c’est aller cle compagnie. Conjunctis ire navibus. Alleren caravane; c’est aller croiser sur les Turcs, & faireune campagne de mer. Navalem con-tra Tureas expe-ditionem moliri. Aller en droiture , c’est naviger endroite route, fans se détourner & sans s’arrêter. R eciàpergere. Aller en course , c’est croiser sur les vaisseauxdu parti contraire. Mare infeftum habere.
Ménage dérive ce mot de anare , qui a été fait del’italien andare , qu’il prétend avoir été fait A’anduare ,qu’on a dit pour andruare. Voyez ses raisons. Et en unautre lieu, il dit qu’il vient de ambulare , qu’on a ditpour proficisci. D’autres le dérivent de ala, parce queles ailes fervent à aller plus vîte, quasi ab alis ferri.
fC? Aller, devient quelquefois impersonnel. Alors on fjoint la particule y, & il sert à marquer la chose donton parle, & de quelle importance elle est. Quand ildevroit y aller de toute ma fortune. C’est une affaireou il y va de tout votre bien. Agitur de fortunis. Ilfaut prendre garde d’offenser Dieu, il y va de notresalut. Il y va de votre réputation. Vaug. Il y alloitde sa gloire. Ablanc.
I.C?Dans cette acception, si l’on se sert du futur du subjonc-tif, on supprime la particule^, à cause de la rencontre dé-sagréable de ces deux lettres. Quand il iroìt dë toutmon bien; quand iliroit de ma vie, &non pas quandil y iroit.
03" On l’emploie aussi impersonnellement avec la par-ticule relative en.lìn’en va p as de cette affaire commede l’autre ; pour dire , il n en est pas ainsi.
03“ Aller, signifie aussi faire íes nécessités naturelles.Alvum reddere. Aller à la garde-rohe, aller d la selle.Le remède que ce malade a pris, l’a fait aller plusieursfois. Alvum ducere , liquare. Aller par haut, c’est vo-mir, L’émétique fait aller pat bas & par haut. Âiyum