Band 
Tome premier. [A - BOU.]
Seite
241
JPEG-Download
 

ALL

nilus adire Corinthum : ou comme Erasme Pexprime,sur le grec de Suidas qui le' rapporte , Non efl cujusi-let Corinthum adpellere. Il se dit auílr des entreprisesdifficiles : il étoit fondé fur la difficulté qu’il y avoir àentrer dans le port de Corinthe.

ALLE, ÉE. part.

ALLER. f. m. AERE. s. f. Rivière de la baffe-Saxe , enAllemagne. Aller a > ou Alerus. Elle a fa source dansle duché de Magdebeurg, traverse celui de Lune-bourg, & fe décharge dans le Weíer, au-dessous de, Ferden.

ALLEBURG. Ville de la Prusse ducale. Allerhurgum. Ellec ft dans la Bartonie, fur la rivière d’Alla , près de sonembouchure dans le Prégel.

ALLERIONS. Voye\ Alerions.

ALLESPERG. Petite ville du Cercle de Françoise, enAllemagne. Allerfperga. Elle est à quelques lieues auinidi de Nuremberg.

ALLESER. C’est ainsi qu’écrit l’Académie. Vrye{

Allezer.

ALLESFORD. Ville du comté de Hant, en Angleterre.Ailes f ordia. Elle est à Portent de Winchester.

ALLÈTES. f. p. Terme de coutume. Alletes. Les Us &Coutumes de quelque canton de Normandie , citéesPar M. Du Gange, nous apprennent çe que c’est quele droit des alletes.... Entre les autres coutumes, ilest une coutume que l’on appelle les alletes, à laquellecoutume il appartient que de Pâque jufqii’à la Tri-nité , quiconque porte poisson d’eau douce à cou, ilpaye un denier, à cheval quatre deniers, en bouteillenn denier ; mais qu’il ait mis le poision de son cou enla bouteille, Sc fe il y a mis autrement, il payera qua-tre deniers pour la bouteille.

ALLEU, ou ALEU, ou ALODES. f. m. Vieux mot gau-lois. Fonds de terre, noble ou roturier, qui est exemptde tous droits Seigneuriaux. Allodium, P radium im-mune, liberum , nihil pensitans. L’Auteur de la vie deS. Deicole, qui écrivoit dans leX e siècle, dit alodus ,qu il fait féminin. Il est vrai que les deux manuscritsecrivent allodium. Bollandus T. II, p. 204, l’expliqueainsi: EJl allodium, pr&dium 3 feu qu&vis p ofj’effo li-bera, jurifque proprii , & non infeudum clientelare ac-cepta. La Loi Sali que dit A Iode , aussi-bien que lesLoix des Boïens, ou Bavarois, chap. n, & les For-mules de Marculphe. Après les conquêtes des Gaules,les terres furent partagées en deux^manières à l’égarddes particuliers, en bénéfices, & enalodes, ou alleuds.Les benéfices consistoient en terres que le Prince don-

. noit aux gens de guerre, ou à vie, ou pour un tempsnxé. Les alleuds étoient les terres qu’on laissoit en pro-priété aux anciens polïesseurs. Le rit. 62 de la Loi ba-nque est des Alleuds, de Alodìs , Sc ce terme y estpris pour les biens héréditaires, patrimoniaux, qu’onreçoit de ses peres ; & souvent alode Sc patrimoniumsont employés comme synonymes. Voye-q le Glossa-rium Salicum de Chifflet, au mot A Iodes, Sc les No-tes de M. Bi gnon, fur Marculphe, Liv. I, ch. 12. Liv.H, ch. 4, 6 8c q. Dans les Capitulaires deChariema-Sne, de Louis le Débonnaire, & de Charles le Chauve,°n trouve cette perpétuelle opposition entre bénéfice,& alleu. Le P. Sirmond en distingue de trois fortes ,propres, acquêts, & ceux qui prov encrent de la libé-ranté^du Prince. Cette prérogative des alleuds fur lesenéfíces, dura jufqu’à la décadence de la seconde* ac e. Alors les alleuds changèrent de nature. Les Sei-G] c ^ Cs féodaux contraignirent les poilelleurs des biens

0 îaux de les tenir d’eux à l’avenir. Ce changement‘’ n ra en Allemagne aulsi-bien qu’en France. Il n’y eutccTr I- ^Hes qui fe conferverent un peu davantage

ntre L op pre ifi on ; c’est pourquoi l’on y trouve cn-C ° l e F Ais de francs alleuds. Ainsi les alodes 3 ou lesaile,ud.s dans leur naturelle signification, n’étoient au-re choie qu’une propriété héréditaire. Mais présente-ment ce mot n’est plus en usage , qu’en y ajoutant leJ*°t âe franc ; & alors il signifie une terre , une fei-Sneurie, ou héritage, soit noble , soit roturier, indé-pendant de tout seigneur, qui ne doit aucune chargeVoi r Vance 5 epri n’est sujet à aucuns droits ni de-rs seigneuriaux: il est seulement sujet à la juridic-0Tn e I.

ALL 241

trou. L’ufurpation des féodaux sur les biens aîlodiauxalla si loin, que presque tous les alleuds, ou leur su-rent assujettis, ou surent eux-memes convertis en fiefs.De-là est venu la maxime, nulle terre fans Seigneur.Sur ce fondement la plupart des Docteurs françoistiennent que le jranc-alleu, étant un privilège, Sc uneconcession particulière contre le droit commun, touthéritage est présumé tenu d’un fief, à moins que lefranc-alleu ne soit prouvé pat un titre spécial. La pré-somption générale est pour le Seigneur ; íur-tout quandson territoire est continu & uniforme, eníorte qu’il nes’y trouve poi n de terre en franc-alleu qui y soir en-clavée. En ce cas, il faut que celui qui prétend pessséder un franc-alleu , le justifie par un titre particulier.En quelques lieux on distingue entre un franc-alleunoble, & un franc-alleutotmïot. Lo franc-alleu nobleest celui qui est érigé en fief, où il y a justice, censiveSc fief mouvant de lui. Le franc-alleu roturier, estcelui qui ria ni justice, ni fief relevant de lui ; il iepartage roturièrement, & l’autre noblement. Voye £Du Moulin fur l’art 68 de la coutume de Paris. En la-tin allodium.

E'origine de ce mot est fort controverséc.M. de Case-neuve, dit qu’ellen’est guère moins inconnue que celledu Nil. Budce Sc Alciat le dérivent de a, Sc de lau-dare , parce que celui qui tient en franc-alleu, n’estpoint tenu de louer, ni dc reconnoître aucun Seigneur :Bodin , de aldius , ou de aldia, qui dans les lois clésLombards signifie un affranchi : Voisins, de l’allemandal-oudt, qui lignifie, ce qu’on poílede en propre d’an-cienneté, fans aucun bienfait de Seigneur: Cafeneuve,de a, Sc dc loz , ou de an lodt, après Rhénatus, vieuxmors allemands, qui signifioient/ò^ j croyant que cesterres en franc-alleu étoient venues d’un ancien patri-moine, & 11’avoient point paílé par le fort qu’avoientjeté les Conquérans des Gaules, quand ils avoient par-tagé entre eux les terres qu’ils avoient usurpées. Hau-teferre , après Dominicus , le dérive de l’allemand ohnleiden , qui veut dire fanssujétion. Quelques uns le dé-rivent de l’hébreu halai, qui signifie, laudare , quajìpoffejfcnem laudatam habere. Lipí’e le dérive de Alen-di, Île d’Allemagne : Borelli du grec c’est-à-

dire , libre ■ car en effet, alleu signifie franchise. Le P.Ménestrier dans son Histoire de la ville de Lyon , p.p4, veut que ce nom vienne du mot alauda, motgaulois , qui selon lui signifi efranc , ou libre \ d’où vientqu’il appelle Légion libre , celle que César avoir ap-pelée Alauda, ainsi que Suétone le rapporte; mais ilie trompe fur la signification du mot celtique. VoyezAllouette. Du Gange prétend que alodium tout seulsignifie un héritage sans charge : mais qu’en généralalodìs Sc alodum s’est dit de tout héritage, cu fonds,ou immeuble propre; Sc qu’on disoit Tranfre in alo-dum ; pour dire, donner en' propriété. Outre les ori-gines ci-deíìus, il dit que Spelmannus le dérive dumot saxon leod, qui signifie héritage populaire , op-posé à seigneurie. Wcndelinus le dérive d e aider, quisignifie majeur, comme étant une chose qui advientpar succession légitime des ancêtres. Ménage rapportetoutes les differentes opinions des Auteurs là-d efl us,& ne se détermine point. Mais après toutes ces incer-titudes , il y a plus d’apparence de s’arrerer à ce quedit Galand, que leud est un vieux mot françois, d’o-ngine gauloise , dont Pasquier dit que sont dérivéslots, Sc lotir. Ce dernier observe dans ses RecherchesLiv. VIII, Ch. 2 , que Leudes dans Grégoire de T ours& Aimoin est pris pour sujet ; que Flodoart les nom-me Allô de s, Sc que de ce mot est venu alleud, qujest la reconnoissance censuelle, que nous faisons à nosSeigneurs, en conséquence de quoi nous disons tenirdes terres eo. franc-alleud, quand nous n en payons au-cune redevance. Pas q. Chifflet , dans son Glossairefahque , p. 128 , le dérive de 1 Allemand ael, qui lî-guifie , ingenuum , legitimum , legitime, franc ; Sc delod, qu’il interprete : Onus meum quod porto & mihiauf iro ; Ma charge , ce que je prends pour moi , Scque j'emporte ; du verbe allemand la de m , qui veutdire , emprunter , enlever. De-là, dit-il, s’est forméAellod 3 Allodium 3 allea j pour dire , mon bien