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Tome premier. [A - BOU.]
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2)0 ALO

succotrin, qui a moins de cette lésine , a totij ours |été préiéré à l’hépatique pour l’uíage intérieur-, & aucontraire l’hé pari que qui en a davantage , l’emportefur le succotrin pour l’ufage extérieur, pour nettoyerdes plaies, refermer des coupures récentes, &c. Lessels de 1 ’Aloès font rrès-actiis : ils corrodent les extré-mités des veines où les fibres font plus délicates; &de-là viennent les fiux-de-fang & les hémorragies. Uest donc important que la partie saline de ce remède,qui a besoin d’être réprimée par la résineuse, n en foiepoint séparée. Acad. des Sc. au même endroit. L’é-íixir de propriété, les grains de vie & les pillules gour-mandes fonc des préparations d ‘Aloès. L’Aloès hépa-tique s’appelle ainsi, parce qu’on a cru qu’il conve-noit particulièrement ait foie, en latin Hepar. Acad.des Sc. Il nous vient de file Bourbon un extrait desuc d ’Aloès j que Flacour a connu, qui est très-bon ,& auquel il ne manque qu’un peu plus de propretédans la manière de le tirer ; & quand les habitans dela Colonie en seront instruits, il ne cédera en rien auxmeilleurs extraits de cette plante, qui nous viennentd’Afrique. La consommation de cette drogue est grandedans la Pharmacie, 6cpour les remèdes des chevaux,& pour la préparation des cuirs dorés. Et bien loin dedépérir lorsqu elle est surannée, elle acquiert une bontéqui fe connoît par son odeur puante, par fa transpa-rence & par fa couleur dorée. De Jussieu , Mém. ma-nuscrit.

On donne encore le nom à’Aloès à un bois pesant,fort résineux, dont les morceaux font remplis de vei-nes noires & toutes résineuses , de disterentes gros- :feurs & figures, bruns & tirant fur le noir, d’un goûtamer & d'une odeur douce &c très-agréable, fur toutlorfqu’on les met au feu , où ils fondent comme de lapoix. Les Portugais nous l’apportoient de Calecut,deSumatra & de Malaca ; mais il est devenu très-raredepuis que les Japonois apportèrent en France unegroile quantité de deux fortes de bois résineux odo-riférans, qu’on vend aujourcfhui chez nos droguistespour vrais bois & Aloès : Xilo Aloès , Lignum Aloès.L’un de ces deux bois, appelé plus ordinairement boisd 3 Aloès , approche assez- de l’ancien ; mais il est ende plus petits morceaux, semblables à des bois pour-ris & vermoulus, d’une couleur tannée , moins rési-neux & dune odeur plus douce, plus fade & d’ungoûtmoins amer. L’autre est nommée Calambou , peut-être par corruption, au lieu de Calambac ,nom syno-nyme du bois à'Aloès Celui-ci est en grosse bûche ,pesante, brune, paraissant fort résineux , sort compacte& sans vermoulure, d une odeur plus forte & d’un goûtplus amer que le précédent. On fait avec ce dernierdes meubles précieux.

Il y a encore d’autres bois de différentes couleurs ,auxquels on donne le nom de bois d'Aloès , à causequ’ils font résineux, & qu’ils exhalent une odeur douceétant brûlés. Mais l ’Agallochum est-il différent dulignum Aloès? Faut-il beaucoup compter fur les des-criptions de l’arbre du Xilo Aloès rapportées par lesAuteurs? ne font-elles point sondées fur des oui-dire?& connoiílons-nous bien les différences de bois A’A-loès qu’ils ont etablies ì Si on en croit Rumphius,Hollandois établi à Amboine, c’est un arbre dont lesuc laiteux fait perdre la vûe, si par malheur il vient àtoucher les yeux. Ephem. d’Allem. ann. 3 dec i r , p,p p. Voyey (uû'Alocs Louis Barthema, dans son Iti-néraire , chap. 20. Hernandez, Muntingius, Comme-lin, & Daléchamp , Tom. II, Liv. XVI, ch. 2 S.

ALOÉTIQUES. f. 8c adj. m. pi. Aloedaría. Médecinescomposées & cathartiques , ainsi appelees de l 'aloèsqui en est l’ingrédient principal. ^

ALOGE, f. m. Nom de Secte. Theodore de Byfmce ,corroyeur de son métier , ayant apostasié pendant lapersécution de ITmpereur Sévère, dit, pour fe défen-dre des reproches qu’on lui faifoit: ce n’est point Dieuque j ai renié , mais un homme ; parce que JÉsus-Christ n’étoit qn’un pur homme. Ceux qui le sui-virent furent nommés 1 en grec «vwssi , A loges, c omrnerejetant le Verbe. Ce mot est composé de l'« priva-tif, & de , verbe.

ÂLO

ALOGIEN, ENNE. f. m. &f. Nom d’Hérétiques, quivient de l’<* privatif & de a«>»s , le Verbe , & signi-fie fans Verbe, parce qu’ils nioientque Jesus-Christfût le Verbe éternel.

ALOGNE. f. m. Terme de marine. Cordage qui sert auxpontons. Un alogne a trente-cinq toises de long,vingt-deux fils par cordon, un pouce de diamètre , & pefecent livres.

ALOI. f. m. Certain degré de bonté , lequel résulte dumélange de plusieurs métaux qui ont quelque confor-mité entr’eux; ou Titre légitime desmonnoies, &desouvrages d’or & d’argent suivant les édits du Prince.legitima materia numerario, conflatura. L ot doit êtretravaillé à un certain carat pour être de bon aloi. Letitre de l’argent doit être de tant de deniers de fin, au-trement il est de mauvais aloi. Ce mot est composéde loi, qu’on dit aussi en même sens, qui est fait seloni’Edit & la Loi.

Aloi , fe dit figurément de la valeur & bonté de touteautre chose. Cette drogue n’est pas de bon aloi, elleest falsifiée, elle n’a pas la qualité requise. Adulteri-num pharmacum. Cette raison est de mauvais aloi ,elle ne passera jamais. Adulterina , non proba ratio.

Pour moi je n 3 envierois que quelquesolitude,

Qui me fît fabriquer des vers de bon aloi,

Et chanter dignement les vertus de mon Roi.

Sanlec.

On dit aussi, qu’un homme est de bas aloi ; pourdire, qu’il est de basse naissance, d’une profession vile,ou qu’il est méprisable par lui-même.

ALOÏDE. f. m. Terme cle Mythologie. Fils d’Alœus.Aloides. On donna ce nom à Othus & Ephialte, quipalloient pour fils du géant Alœus, & d’Iphimédie fafemme, quoiqu’ils fulïent fils de Neptune & d’Iphi-médie. Alœus les éleva comme fes enfans ; ils croií-foient de neuf pouces tous les mois. Alœus, que songrand âge empêcha d’ailer à la guerre des géans, les yenvoya. Ils y périrent, car Apollon & Diane les per-cèrent à coups de flèches.

ALOIÈRE. f. ì. Alloverium , Marsupium. Vieux mot,qui signifie une Gibecière.

Riche ceinture , & aloière,

Que chacun appelle gibecière , Rom. Dudit.

ALOIGNE. f. m. Terme de Marine. Voycq Bouée. A u-fret ois ce mot fe difoit peur délai, retardement. Mora.

Dont le dirai-je fans aloigne.

ALOIGNER. Ce verbe autrefois fe difoit pour alonger.Borel.

Ce fut el mois de May que le temps Valoigna. R.

de Guyot de Nanteuil.

ALOÏSE, ou ALUÏSE. f. m. Nom d’homme. Alois us.^/oé/è-Thomas-Raymond de Harrach, Chevalier de laToison d’or, Conseiller d’Etat, Grand-Ecuyer hérédi-taire de la haute & basse Autriche, ôc Maréchal Pro-vincial. Ga%. ip2i. p. 331. Le 23 Août 1722, M*Sébastien Mccénigo fut élu Doge de Venise*Journal de Verdun. Ce mot est Italien : eu Fran-çois , c est Louis ; témoin Alóistus G omqaga, le B*Louis de Gonzague. Puisque nous avons un met Fran-çois , pourquoi ne s’en pas servir, & ne pas dire Louis-Sébastien-Mocénigo.

jfr ALOMANCIE. f. f. du grec «a*, fld, & , divi-

nation. Espèce de divination qui fe faifoit parle moyendu sel. Oublier de mettre du sel fur la table, ou ren-verser une salière, &c. etoit le présage d’un grand mal?heur.

ALO MATON. Forteresse de la Turquie en Europe- So-pheenium, Mìchalium. Elle est en Thrace, aujotird’hu 1Romanie , sur le détroit de Constantinople, à l’entreede la mer Noire. On l’appelle aussi Castelnuovo d’Eu-ropa, Châteauncuf d’Europe,'& il est vis-à-vis d un