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Tome premier. [A - BOU.]
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elles font barbues. La tige est divisée par plusieurs join-tures ; elle croît à la hauteur d'uue coudée Sc demie ,environnée de feuilles qui font couvertes d’un duvetassez fin. La racine est perite, blanche, & très-filamen-teufe. Cette plante croît particulièrement en Sicile, àBaies, en Italie, & dans le Languedoc près de Fronti-gnan. Canot vient de , renard , Sc , queue.

ALOPH. si m. Nom d’homme. Eliphius. S. Eliphile,que le vulgaire nomme S. Aloph. en divers endroits, &S. Eloph en d’autres, étoit de la ville de Toul en Lor-raine, & de l’une des meilleures familles de la premièreBelgique. Bail.

ALORS. Adverbe qui veut dire , en ce temps là. Tum ,Tune. Vaugelas dit dans ses Remarques , que cet ad-verbe ne doit pas être suivi immédiatement d’un que :quand vous aurez accompli votre promefle, alors jeverrai ce que j'aurai à faire. Cela est vrai, cependantil falloir s’exprimer d’une manière plus précise ; car ilest constant qu’on dit fort bien, ce fut alors que cetteexcellente mere commença à triompher de joie. Il fautdonc dire qu 'alorsque ne vaut rien , quand on l’em-ploie pour la conjonction lorsque. Ainsi pour bien par-ler on doit dire, je fus bien fâché lorsque j’eus fait cela ;& non pas alorsque j’eus fait cela. Ce qui néanmoinsne fe doit entendre que de la prose ; car on dit tou-jours en prose alors , & non pas lors ; lorsque , & nonpas alorsque ; mais de bons Postes disent quelquefois envers alorsque , comme l’a remarqué le P. Mourgues ,au lieu de lorsque , & lors pour alors , selon qu’ils ontbesoin, ou qu’ils ont trop d’une syllabe.

Lors pour alors ne se dit plus même en poésie. Maisalorsque pour lorsque , est une des licences qui ont sou-vent, sur-tout dans la poésie sublime, plus de grâce &Sc de noblesse que les mots dont on fe sert ordinaire-ment. Restaut.

Aveuglé par son \èle 3 il te désobéit 3

Et pense te, venger , alors qu’i/ te trahit. Volt.

Alors , signifie aussi 3 en ce cas-là. Si on me fait une telleobjection, alors je répondrai.

Alors comme alors. Proverbe qui signifie, selon lesdiverses conjonctures où l’on se trouve. Si une tellechose arrive, alors comme alors ; c’est-à-dire, nous ver-rons alors quel parti nous prendrons.

ALOSE, si f. Sorte de poifïon de mer qui remonte ordi-nairement au printemps dans les rivières où elle devientgrasse & de bon goût. Alausa , alosa. On fait grandtrafic d’œufs & alose dans les Indes, où l’on envoi t plu-sieurs grands navires tout chargés. Quelques-uns deri-vent ce mot du grec «A- qui signifie sel ; parce que 1 ’a-lose aime tant le sel, qu’elle fuit les bateaux qui en fontchtir^cs*

ALOSER, & ALOUSER. Cemotsedisoit autrefois pourlouer. Laudare. Voyez le Roman d’Artus. Il fe disoitaulsi pour acquérir los, oxtfenom. Famam parare. VoyezPerceval & le Roman de la Rôle.

ALOST. Aloftum. Ville des Pays-bas , fur la rivière deDenre, capitale de la Flandre Impériale. Quelques Au-teurs prétendent que la ville d 'Alofi fut bâtie au V esiècle par les Goths. Elle fut prise Sc démantelée parles François en 1667. Elle est actuellement à la Maisond’Autriche. Le Comte d ’AloJl , Alojlanus comitatus 3est presque renfermé entre l’Escaut, la Denre ou Terne.La race des Comtes d Alofi finit en 1 i6y.

ALOTA. Alota. Autrefois ville , aujourd’hui village del’île de Corse, dans la partie occidentale de Pile, prèsdu golfe Sc à l’orient de la ville d’Ajazzo.

'ALOTIES. adj. f. pris substantivement. Alotia. Fêtes cé-lébrées en l’honneur de Minerve parles Arcadiens, quidans une bataille qu’ils livrerent aux Lacedémoniens,firent un nombre prodigieux de prisonniers , que lesGrecs appellent JamIo, , d'où cette fête a pris son nom.Pausanias , in Arcad.

ALOÛCHI. si m. C’est ainsi que les Epiciers & les Dro-guistes de Paris appellent une gomme de bonne odeurque les habitans de Madagascar nomment Litemanghits.Elle coule dU tronc de la cannelle blanche.

ALOUETTE, s. si Petit oiseau gris, bon à manger, & qui

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chante agréablement. Alauda. Il couve trois fois Pan-nee , en Mai, en Juillet, & en Août. lléleve ses petitsen moins de quinze jours, & vit 9 à 10 ans. Olina. Ily a de deux fortes & alouettes 3 l’une huppée, ou crêtee,qui a fur la tête une crête de plume comme le paon.On l’appelle en latin alauda ers a t a , galerita , caffita 3Sc en François Cochevis. L’autre iorte qui s’appelle sim-plement alouette , est le premier oiíeau qúi annoncel’été : il y a une espèce & alouettes qu’on appelle à Fa->ris mauviettes. Voyez ce mot.

Autour de cet amas de viandes entasséesRégnoit un long cordon d’alouettes press ées. Boit.

On prend des alouettes au miroir, au lacet, & à laridée.

On les appelle en grec *'íM*aiL Ménage dérive cemot de alaudetta , diminutif de alauda : c’est un motque les Romains ont pris de l’ancicn Gaulois, lorsqueJules César leva des íoldats dans les Gaules, qui s’ap-pelerent alouettes à caule de la figure de leur casque,ressemblant à des alouettes huppées, comme dit Sué-tone. Ainsi il n’est pas vrai que cet oiseau ait été nom-mé alauda , à caule de la légèreté & de l’agitation deses ailes. Alauda ab insgni alarum agitatione , commequelques-uns le prétendent. On trouve quelquefois dansla basse latinité Acredula. Adelin, Evêque de Séez ,dans le livre des miracles de Sainte Opportune ; dit :Vidit aviculam nomine Acredulam , quam vulgus vo-cavit Alaudam , ce qui montre effi alauda étoit encoreau IX e siècle le nom commun en France.

Alouette de mer. Oiseau qui rellemble à l 'alouette deterre, sinon qu’il est un peu plus gros, & qu’iia le dosplus brun, Sc le ventre plus blanc.

On appelle communément des terres fabloneuses ,des terres à alouettes.

On dit proverbialement d’un fainéant, qu’il attendque les alouettes lui tombent toutes rôties dans le bec.On dit aulsi, les alouettes ne tombent pas plus rôtiesdans ce pays, qu’i ci ; pour dire, qu’onn’y est pas mieux.On dit, si le Ciel tomboit, il y auroit bien des alouettesprises, à ceux qui craignent des accidens qui n’arrive-ront jamais.

ALOURDIR, v. a. C’est faire un bruit capable d’incom-moder la tête , Sc de la rendre lourde. On a dit aulsialourder. Obtundere. Le bruit des cloches, & des car-rosses qui passent par cette rue, est capable à!alourdirles gens. Régnier a dit des Postes importuns récitateurs,qu’ils alourdent de vers, d’alégrelle vous privent. Cemot est vieux , & n’est guère en usage qu’au participe,en conversation seulement.

ALOURDI, IE. part. Obtusus.

ALOYAGE. si m. Sorte d’alliage dont se íervent les Po-tiers d’étain.

ALOYAU, si m. Pièce de bœuf qu’on coupe le long desvertèbres au haut bout du dos de cet animal. Bubulctcofta. On dit un aloyau de la première , de la íecon-de , de la troisième pièce. Quand il n’y a de la chaisque d’un côté , on l’appelle une charbonnée. L ’aloyaufe mange ordinairement, ou rôti, ou mariné, ou misen ragoût.

ALOYER.v.a.Terme de Monnoie. Donner à l’or& àl’af-gent l’aloi requis Sc ordonné par les loix.fCT Les grandsVocabulistes disent, le titre voulu par les Ordonnances.Legitima materia nummum afficere.

ALOYÉ, EE. part. & adj. Qui a le degré de pureté, oUd’aloi, c’est-à-dire, d’alliage ordonné par la loi .Adle~gem exactus , Legitima, materia constans.

ALP.

ALPAGE, sim. Voye\ Alpen.

ALPAGNE. si m. Ami mal à laine , fort semblable auXHamas Sc aux vigognes, excepté qu’il a les jambes pluscourtes & le mufle plus ramassé. Les habitans duPer otlles mettent au nombre des bêtes de charge, & leur fouporter jusqu’à cent livres pesant. De leur laine ilsdes étoffes, des cordes, des sacs ; de leurs os des iur