Band 
Tome premier. [A - BOU.]
Seite
254
JPEG-Download
 

2 f 4 A L P

^ALPHABET, s. m. Disposition par ordre des lettres•d’une langue. Litterarum elementa 3 Littera. Alphabetlatin., françaisgrec. Cette lettre n’est point dans notrealphabet. Ce mot vient de ce que l ’alphabet des Grecscommençait par alpha , beta j noms des deux pre-mières lettres q.u’ils avaient prises des Hébreux , chezqui elles s’appellent aleph , betk. Il y a dans Boute-roue, Rech.Cur . des Mann. de France p. f j 7 , unAlphabet gaulois tiré des légendes de leurs monnaies,dont les caractères font fort differens de ceux dont on

ule à présent.

3,’Alphabet français, selon quelques-uns, est composéde 2 3 lettres ; selon d’autres,de zj, A,B, C,D,E,F,G,H,I, J/K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, U, V, X, Y, Z. Gré-goire de Tours raporte que le Roi Chilperic vouluttransporter dans f alphabet toutes les lettres doublesdes Grecs : & > <p , x, %, f , asin de représenter par unseul caractère tk 3 ph 3 ch 3 cf 3 pf. Cet usage ne duraqu’auranr que son règne. Paíquier prétend que Y alpha-bet srançois est composé de 2y lettres parce qu’il yajoute ces deux lettres doubles, & pour et 3 Sc 9 pourus: mais ce ne font que des abréviations. M. T Abbé

Dangeau prétend, avec beaucoup plus de fondement,que nous avons 3 4 ions disterens dans notre langue ,& que conséquemment notre alphabet devroit êtrecomposé de 3 4 caractères disterens , en retranchantmême nos lettres doubles qui font x & y, & une su-perflue , qui est le q. Rien n’est plus exact ni plussavant en fait de Grammaire , que ce que cet illustreAcadémicien en a écrit dans fes EJJ'aís de Grammaire.Voyez ce que nous en dirons au mot lettre. LeP. Bustier, dans fa Grammaire , a suivi le sentimentde M. l’Abbé Dangeau, à cela près qu’il n’admet que14 voyelles, au lieu que M. l’Abbé Dangeau en ad-met 1 j-, car il ne distingue point Pua de Yo, & réduitpar-'là notre alphabet à 3; lettres. Voye £ au motlettre, au mot consonne, & au motvoyelle. Au reste , quoique ces Auteurs aient rai-son , néanmoins le mot alphabet ne íe prenant quepour des lettres écrites, ou les caractères dont on écritles mots d’une langue, il est toujours vrai que le nôtren’a que22 caractères pour exprimer ces 3.3 ou 34 sons.Les autres langues n’ont pas toutes le même nombrede lettres dans leur alphabet. L’alphabet hébreu , lechaldéen, le syrien, le samaritain, ont 22 lettres; l’a-rabe 28 ; le persan 31; le turc 3 3 ; le Géorgien 36; lecophte 31; le moscovite 43 ; le grec 24; le latin 22;le scia von 27 ; l’aliemand, le flamand, l’angiois 26 ;ì’espagnol 27 ; l’Italien 20; les Indiens de Bengale 21 ;les Bramans 19. Les Chinois n’ont point d alphabetcomme nous , qui contienne les élemens & commeles principes des paroles. Leurs lettres font des hiéro-glyphes , Sc l’on en compte plus de 80000. Le P. LeComte. On ne doit pas au reste être étonné dupetitnombre de lettres qu’il y a dans Y alphabet de la plu-part des langues : on pourroit encore retrancher leslettres doubles, comme inutiles, & ne donner que 24lettres à un alphabet ; Sc ces 24 lettres combinées en-tr’elles étonneraient un nombre de mots qui passe debeaucoup le nombre des mots des langues que nousconnoistons. M. Prestet en a fait la supputation dansfes nouveaux Elemens de Mathématiques , & il a>trouvé que toutes les combinaisons de 24 lettres prisesseules d’abord, & ensuite deux à deux, trois à trois,Sc ainsi de fuite jusqu’à vingt-quatre, font le nombre

suivant:

1391724288887252999425128493402200.

On peut exprimer ainsi par paroles la valeur de ces 34chiffres, un million trois cent quatre vingt-onze millemilliards de milliards de milliards, sept cent vingt-quatre milliards de milliards de milliards, deux centquatre-vingt-huit millions de milliards de milliards,huit cent quatre-vingt-sept mille milliards de milliards,deux cent cinquante-deux milliards de milliards, neufcent quatre-vingt-dix-neuf millions de milliards, qua-tre cent vingt-cinq mille milliards , cent vingt - huitmilliards , quatre cent quatre-vingt- treize millions ,(guatre cent deux mille deux cens mots, cu combi-

ALP

naisons de 24 lettres. Sur quoi il faut remarquer quechaque combinaison peut faire un mot , lors meineque dans la combinaison il ne íe trouve point de-voyelle ; parce que dans la prononciation on insere-imperceptiblement notre e muet entre les consonnes,ou après la seconde, s’il n’y en a que deux de fuite ala fin du mot ; fans cela la dernière íeroit inutile Scne íeroit point entendue. O11 peut remarquer l'usagede cet e muet dans la langue allemande Sc dans lalangue arménienne, dont la plupart des mots ont plu-sieurs consonnes de luite. Il faut ajouter que chaquelettre feule fait un mot ; ee que l’on comprend aisé-ment fi cette lettre est voyelle , puisquefont des mots dans la langue grecque ; a j e , 0 , estfont dans la latine; a , o, y, en font dans la languesrançois e ; a } e 3 i, 0 , stans l’italicnne; a 3 y 3 dans lalangue espagnole ; a , 0 , dans la langue portugaise ;i j o j dans la langue angloife ; 0 dans presque toutesles langues, même dans l’allemande & la suédoise. Uneconsonne seule peut austi faire un mot, en mettantaprès elle , dans la prononciation un e muet. Enfin,quand on retrancherait une grande partie des combi-naisons possibles des vingt-quatre lettres, il en resteroitencore un nombre immense. Il y a dans la Bibliothèquedu Roi un ouvrage arabe intitulé Sephat Alachant}qui comprend plusieurs différentes sortes SC alphabetsimaginaires, que l’Auteur distingue en prophétiques,mystiques, philosophiques, magiques, taliímaniques,&c. d’Here. M. Lodwick a donné Lestai d’un Alpha-bet universel, que l’on trouve dans les Transactionsphilosophiques, T. III. p. 373 Sc íuiv.

tL? On donne austi le nom d ’Alphabet à un petit livreimprimé, qui contient les lettres de Y Alphabet Sc lespremières leçons qu’on donne aux enfans qui appren-nent à lire. Abecedarium , elementa. J’ai acheté unAlphabet pour cet enfant.

On dit, Etre encore à Y alphabet • pour dire, Etu-dier encore le petit livre qu’on donne aux enfanspour apprendre les lettres. Elementarius, f fZT On ditd’un homme qui n’a que les premiers commencemensd’une science, qu’il n’en est encore qu’à Y alphabet ;& d’un homme qui n’a pas les premiers principesd’une chose dont il parle, qu’il faut le renvoyer àYalphabet. Acad. Fr.

Alphabet, fe dit austi des ferremens ou poinçons cuiservent aux Doreurs, aux Graveurs Sc autres Ouvriers,pour marquer, graver , ou imprimer les caractères,ou les lettres qui font fur-leurs pointes.

Alphabet , en termes de Polygraphie, est le double duchiffre que garde par devers íoi chacun des coTteípon-dans, qui le doivent écrire secrètement : c’est un al-phabet où les lettres ordinaires font diíposées par ordre i& vis-à-vis , ou au-deílous font les caractères secretsqui y répondent 3 les nulles, ou lettres inutiles , o ules autres marques qui servent à rendre indéchiffrable-On donne le nom àlalphabet à plusieurs livres. Poste 1Imprima un alphabet de douze langues. Plusieurs ofí 1donné des alphabets' grecs 011 hébreux. U Alphabet à?la France est: un livre de Géographie de France. \JAlph íl ~betum Augujlinianum est une Histoire de tous lesMonastères des Augustins par ordre alphabétique.

Alphabet, f. m. Les Marchands, Négocians, Banquiers& Teneurs de livres , appellent ainst une espèce deregistre composé de 24 feuillets , cotés & marquéschacun en gros caractère d’une des lettres de Yalpharbet j suivant l’crdre naturel, en commençant pat A,& finiffant par Z.

ALPHABÉTIQUE, adj. de t. g. Qui est selon Tordre d eTalphabet. Quod litterarum.seriem , ordinem servat -

Table alp h a hé tique. ïfT 0 11 nous fait remarquer que I e

grand Vocabulaire srançois présente les mots par ordrealphabétique. Il a cela de commun avec les autresDictionnaires.

ALPHdENIX. í. m. C’est le sucre d’orge blanc , ° Llsucre tors, auquel on donne un nom extraordinairepour le faire valoir.

ALPHALTE. Voye £ Asphalte. C’est ainst qu’il s alifdire. _

AJLPHANET. f. m. Oiseau dc proie qui s’apprivoiíe &