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Tome premier. [A - BOU.]
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question , ou une interrogation ; & les mots de l’ana-grainme, qui font composés des memes lettres, ion tla réponse la plus juste & la plus vraie qu’on putfaire à la question, dans les circonstances où elle rutfaite.

$ 3 * ANAGRAMMATISÉ, ÉE.part.

AN AGRAMMAT1STE. f. m. Qui a coutume de tairedes anagrammes. Scriptor anagrammatutn.r Ces mots viennent du grec aixypa^w I qui lignine,

, ccr Ae à rebours. ,

ANAGRAMME, f f. Transposition de lettres de quelquenom, dont on fait tant de combinaiions, qu’à la fin ony trouve quelque autre mot & un autre sens. Anagram-Anagrammatismus. Par exemple, l ’anagrammede Galenus , c’est Angelus ; de Logica , c est Caligo ;Lorraine, c’est Alérion: c est pour cela que la Maisonde Lorraine a pris desAlerions dans ses armes. Calvin,dans le titre de son Institution , imprime a Stiasbouiglan ijjp, se donna le nom d’Alcuin , qui est 1 ana-gramme de celui de Calvin, se voulant taire honneurdu nom de ce savant homme, dont Charlemagne seservit íi utilement pour faire refieurir de ion temps ladoctrine «Se les belles-lettres en France. P. Dan. Tom.Hl. pag. 668. Lycophron qui écrivoit fous PtoloméePhiladelphe Roi d’Egypte, environ 280 ans avant JÉ-sus-Christ , excella non-íeulement dans la poe'ne,mais encore dans l’art de faire des anagrammes , aurapport de Canteurus, dans ses Prolégomènes furLycophron , où il en rapporte deux assez heureuses de lafaçon de ce Poëte. La première fur le nom du RoiPtolomee , r 1T .,>■' , dont il faiíoit a ' y u: v, demiel; comme pour dire que ce Prince étoit tout demiel -, c’est-à-dire plein de douceur & de bonté : la se-conde est sur le 110m de la Reine Arsinoé, en grecA’prmn , dont il avoir fait as, violette de Junon.

Les Cabalistes auffi chez les Juifs font perpétuellementdes anagrammes. La troisième partie de leur art,qu’ils appellent miDn , themura ,c’est - à - dire , chan-gement , n est autre chose que Fart de faire des ana-grammes ^ ou de trouver dans un nom, des sens ca-chés & mystérieux, en produisant d’autres noms «Scd autres phrases, par le changement, la tranlposition,Sc la disterente combinaison des lettres du même mot.Ainsi de m , qui font les lettres du nom de Noe, ilsfont }n, qui signifie grâce ; de rPiidS , le Messie, ils fontMDit/i , qui veut dite il fe réjouira. Ainsi nous ne fem-mes point les premiers qui aient fait des anagrammes.Nous ne savons point que les Latins en aient fait. Ilsont eu cependant quelqu’idée de la première espèce& anagramme dont nous allons parler, comme il paroitpar Aulugelle, Liv. XII. chap. 6.

Les anagrammes se font en deux manières; car i°.quelques-unes consistent feulement à diviser un moten plusieurs mots. Ainsi l’énigme du Dieu Ter-minus qu’Aulugelle rapporte à l’endroit que j’aicite, est fondee fur l 'anagramme Terminus. Ainsidans ce vers , que les enlans dans leurs jeux inno-cens fe proposent quelquefois à expliquer,

Furfur edit pannum , panem quoque fuf ineamus ;

P°ur qu’il y ait du sens , il faut de sustineamus eni^ lle tr °i s mots, sus,tinea S mus. La ieconde efpeceiiis la $ rammes c ’si de celles où l’on renverse, & 1 onPose autrement les lettres. Telles font celles qneUS av °ns rapportées ci-dessus ; & encore Rorna , Ma-3 m ° ra s amor : Julius , Livius ; Corpus , porcus ,s p ° CU , sò spurco. Les meilleures anagrammes íont cel-s dans lesquelles il ne faut ni changer ni suppléer' e àtrez, comme dans celles que nous avons^PPortees. Quelquefois on fe donne la liberté d’enenanger quelqu’une. Par exemple, dans celle qu’011 fitpt. Alarie Smart pendant fa prison. Maria Smart a ,J rtus armata , il faut changer un a en v. Colletet alt contre les faiseurs d’Anagrammes

Et fur le Parnasse nous ten ons ,

Yfe tous ces renverfeurs de nomsUnt la cervelle renversée.

ANA

C’est Daurat, qui fous le règne de Charles IX. s’a-visa le premier de faire des anagrammes. Il prétend oitqu’il cn avoir trouvé le plan dans le Poëte Lycophron.II mit les anagrammes tellement en vogue, que toutle monde s’en méloit. L’Abbé Cardan a encore en-chéri fur cela, &'il inventa en 1680 une anagrammemathématique j par le moyen de laquelle il trouva queles huit lettres du nom du Roi Louis XIV. font, vraiHéros.

On appelle auffi quelquefois Anagramme numéri-que, ces vers dont les lettres numérales, c’est-à-dire,celles qui en chiffre romain fervent à marquer lesnombres, prises ensemble selon leur valeur numéri-que , cu comme des chiffres , désignent une époque.Tel est le distique de Claude Godait fur la naisianceduRoi, qui arriva en 1638 le y Septembre, jour au-quei se fait la conjonction de l’aigle & du cœur dulion.

eXorlens DeLphln a q VI La? CorDIsqVe LeonisCongressV, gaLLos spe, LçtltlaqVe refeCIt.

ANAGRAMMER. v. a. Faire l’anagramme d’un nom.Saint Amant a employé ce mot dans son Poëte crot-té , page 2.2.8 «Sc 229 de ses œuvres , 222-12. 1661.

J’ai vu qu un sonnet acrosìche ,

Anagramme par l’hémifiicke ,

AuJji-bien que par les deux bouts ,

Pasfoit pour miracle che\ vous.

AN AGROS, f. m. Mesure peur les grains, dont on sesert en quelques villes d’Espagne, particulièrement àSéville. L ’anagros contient un peu plus que la minede Paris; enferre que 36 anagros font 19 septiersmesure de Paris.

ANAGYRIS. f. f. Plante qui est la même que le Bois-puant. Hoye^ Bois-puant. Anagyris.

ANAHARATH. Ancienne ville de la Tribu d’issachar,dans la Terre Sainte. Anaharath.

ANALABE. f. m. Analabus.Vxtûe de Fhabillement desMoines Grecs. Uanalabe étoit dansl’Orient ce que lescapulaire est dans l’Occident. Saint Dorothée dit que1 ’analabeíe porte furies épaules en forme de croix. Cemot vient d’ «ha, super j détins, & de accipio

je prens, parce qu’on porte ïanalabe fur les épaules.

fC? ANALECTE. f. m. On donnoit ce nom chez lesRomains, aux esclaves qui avolent foin de ramasserce qui étoit tombé d’un lestin, & de balayer la salleoù l’on mangeoit. Analecla , &c. On appeloit auffiAnalecta , orum , les restes d’un repas qui demeurentfur une assiette, ou qui tombent sous la table.

ANALECTES. f. m. pi. signifie auffi Recueil , fragmenschoisis d’un Auteur, Sc vient d’««*A lya^colligo 3 je ra-masse. Le Pere Mabillon a donné ce nom à un ou-vrage en quatre volumes , qui contient différentespièces qu’il a fait imprimer. Il y a auffi les Analeclesgrecs de D. Loppin i 22-40. Chas t.

ANALEME, f. m. Terme de Gnomonique. Projectionorthographique de la sphère sur le colure des solstices,en supposant que son plan convient avec celui duméridien. Analcmma. Ce mot paroît venir d-, dans le sens de prendre entre ses mains, parceque la sphère représentée en plat, est beaucoup plusaisee à prendre entre ses mains , «Sc plus commode,que si elle étoit de relies, comme elle doit etre natu-rellement.

ANALEPSIE. f. f. Terme de Médecine. Recouvrementdes forces après une maladie. Analepfis.

ANALEPTIQUE, adj. Souvent emploié substantive-ment. Restaurant, médicament propre à rétablir lecorps consumé Sc atténué, ou par la longueur de quel-que maladie, ou pat le défaut de nourriture. Instau-rativus. Remèdes analeptiques. Les analeptiques neconviennent que dans la convalescence. Ce mot vientdu grec , LaxmihMs , dérivé d a -\^ ^■.« qui signifie,

rétablir , restaurer , refaire. ~

Analeptique, si f. Partie de sart de conserver sa santé,