ANE
L’Ane a pu s’appliquer à l’étude, mais son travaiia Çié mutile. ffCr L ’ignorant ne s’est pas donné cettepeine. A quoi bon parler science devant des ânes ?i-eurs oreilles ne font pas faites pour ce lángage. Ce"est pas toujours inutilement qu’on en parle de-vant des ignorans. Ils peuvent profiter de ce qu’ondit. Les ânes , pour l'ordinaire ne connoiísent , nine sentent pas même le mérite de la science. Les‘■gnorans se le figurent quel quefois tout autre qu’il“’est. Syn. Fr.
Ce mot à’âne vient à’ asinus , que quelques-unstirent du grec ««««f, innoxius • d’autres d’,trijlem ejj'e. Cet animal est mélancolique. Mais lef- Pezron prétend que ce mot est tiré des Celtes, quidisent asien, pour un âne.
On appelle pont aux ânes , une difficulté qui arrêteies ignorans , une chose fi commune 8 c si triviale quepersonne ne peut l’ignorer. Quelques-uns font d’avist°ut contraire, & disent que c’est un moyen facile &commun qu’on donne aux ignorans de sortir d’une dit-uculté qui les arrête , parce que les gens stupides,comme les ânes , vont touj durs par le même che-min , n’ayant pas l’industrie d’en trouver un autre. Ontrouve en effet dans plusieurs Logiques anciennes, &même dans celle du P. Joseph, Feuillant, une figurenommée Pons asinorum 3 qui apprend le secret detrouver un moyen terme, 8 c d’arranger les termes dusyllogisme pour prouver quelque proposition que celoit. On s’estdégoûté de cette méthode, parce qu’ellen avance pas beaucoup, & est fort embarrassante. Ceuxqui ne savent pas raisonner, ni mettre un argumentcn rprme avec la connoiílance des règles les plus or-dinaires de la logique, ne Rapprendront guère par la
a ngure du pont aux ânes.
Ane sauvage. Animal gris & marqueté de blanc & denoir. Onager 3 Onagrus. Le P. Tellez, Liv. 1 , ch. 14de fon H/si. d Ethiopie , dit que cet animal est fortbeau, a ses oreilles prés, qui font fort loirgues; qu’ilest marqué par tout le corps de plusieurs cercles decouleur noire & cendrée ; mais si belles, qu’il n’estpoint de Peintre qui pût les imiter. Il ajoute que cetanimal est très-cher ; qu un Empereur d’Ethiopie enayant donné à un Seigneur Turc , celui-ci le venditdeux mille écus de Venise à un Indien qui en vouloitfrire présent au Grand Mogol. Il se nourrit d’herbes' de de choux. Sa moelle est si souveraine, qu’on croitquelle guérit de la goutte. U âne sauvage est si vîte,qu il n y a que les barbes qui le puissent attraper àla course. Il y en a en quantité dans les déserts de Nu
•** 1111 ^j c de de Lybie, 8 c dans les pays circonvoisins. Dèsqu ils voient un homme , ils s’arrêtent après avoirjeté un cn, & font une ruade; lorsqu’il est proche,ils commencent à courir: on les prend dans des pié-ges 3 Ov. par d autres inventions. Ils vont par troupes enpâture & à l’abreuvoir. La chair en est fort bonne;mais il faut la laiffer refroidir deux jours, lorsqu’elleest cuite, parce qu’autrement elle put, 8 c sent tropla venaison. Nous avons vu quantité de ces animauxen Sardaigne, mais plus petits. Ablanc. Trad. deM-arm. Il y en a un fort grand nombre en Phrygie, enycaonie, en Arabie , dans tout l’Orient 8 c dans lesPays du Nord. Les chairs des jeunes ânons , selon Galors ’ î e mcme Mut que les chairs de lièvre ; &sonr^r ns sont dans un âge plus avancé, leurs chairsen e mblables à celles des cerfs. De la Mare. Il ydire Ên 3 qni font 40 milles par jour ; c’.est-à-
de B tl , C ^ Ze feues. On voit des ânes sauvages au CapVa j 0n ne-Espérance. Cet animal a la taille d’unche-Dm 6 Monture ordinaire, ses jambes sont déliées, &fa ^ 0I:tl ° nn ées, & son poil est doux 8 c uni. DepuisJ crin iere jusqu’à sa queue, on lui voit au milieu ducsit- UnC la ^ e "oiiv, de laquelle il sc détache des deuxjO es un grand nombre d’autres raies de diverses cou-/* Urs -qui forment autant de cercles en se rencontrant^us Ion ventre. Il est très-léger à la course. Obs. sur les
ou une
■ccr. moi. tom. 2 s 3 p. d 49 - v.m-mas —Coçq-A-LÂNE, est un discours en gai ^ que ’ st - lon , oumponsc qui n’arien qui convienne H propo sitaa se demande qu on fait. Ahcnutn u P
ANE Z4;
diçíum. Il lui répondit par un coeq-à-l’âne. Marot 8 cles vieux Poètes ont intitulé quelques-unes de leurspoésies, cocq-à-Pâne. On appelle des contes de peaud’âne 3 des contes de vieille, des histoires peu vraisem-blables. On appelle dos d’âne , un angle aigu , qui sefait de deux superficies, comme celui des pignons,
& des couvertures,
Pas d’Âne. Voye-q Pas-d’Ane.ífT Ane marin. f. m. Asinus marinus. On a donné ceA nom au polype de mer.
Ane, est auffi une espèce d’étau, dont se servent plu-sieurs artisans, & entre autres les ouvriers en marque-terie, pour tenir leurs bois ou leurs pierres, quandils les fendent.
Âne , est auffi chez les Relieurs une eípècede coffre oùtombent les rognures des livres. Il y en a qui Rappel-lent un P orte-prejsie • mais âne est le plus usité.
L’Ane d’or, est une fiction d’Apulée, Philosophe Pla-tonicien, d’une métamorphose en âne 3 dont il a faitun ingénieux roman. Apulée avoit pris le sujet de cettefable dans Lucien, qui l’avoit lui-même abrégée deLucius de Patras.
L’Âne de Buridan 3 est une supposition d’un Philoso-phe, qui dit, que si on me t toi t un âne entre deuxpicotins d’avoint parfaitement égaux, & éloignés éga-lement , il mourroit de faim ; soutenant qu’il ne pour-roit pas se déterminer à aller à R un plutôt qu’à l’autre.Ce qui a fait dire proverbialement à Naudé, dans leMaseurat: cela me fait appréhender qu’il ne t’arrivecomme à Parie de Buridan, qui mourut de faim entredeux picotins d’avoine, faute de íe résoudre auquel ildevoir plutôt alonger le cou, parce qu’ils étoient éga-lement distans de lui. Cela íe dit à des gens indéter-Aninés, irrésolus. Voyc\ Buridan, où l’on rapportel’origine de ce proverbe.
On a auffi appelé ânes 3 les Mathurins, ou les frétésde Tordre de la sainte Trinité, parce que quand ilsvoyageoient, il ne leur étoit permis que de monter sordes ânes 3 suivant leur institution, qui sut faite en l’an1198, sous le Pontificat d’InnocentlII; cequi fut changépar le Pape Honorius III, qui leur accorda , dès l’an12.17, l’usage des mules, 8 c leur permit même de íeservir de chevaux en cas de néceffité. Hi/t. de l’ Eglisede Meaux 3 Tom. 1 3 p. ijS. Ils sont encore appelésles Frétés aux ânes de Fontainebleau, dans un registrede la Chambre des Comptes de Tan 13 30 Du Cange.Âne, se dit proverbialement en ces phrases. On ne sau-toir faire boire un âne s’iln’a soif; c’est-à-dire , qu’onne peso pas faire faire une chose à un homme malgrélui. On dit qu’un homme a un vin diane 3 quand il de-vient hébété aprés avoir bu. Il est méchant comme unâtie rouge ; pour dire, méchant & malicieux. O11 ditd’un ignorant, que c’est un âne bâté ; d’un hommetrop adonné aux femmes, que c’est un âne débâté. Ondit auffi, qu’il y a plus d’un âne à la foire qui s’appelleMartin 3 quand on répond à ceux qui se trompentfur l’équivoque d’un nom. On dit auffi, Martin P âne •& que par-tout où il y a Martin , il y a de l 'âne. Ondit encore, qu a laver la tête d’un âne 3 on ne perd quela lessive; pour marquer qu’un homme stupide ne pro-fite pas des instructions qu’on lui donne. On dit auffi,le jour du Jugement viendra bientôt, les ânes parlentlatin; quand quelque ignorant veut parler une languequ’il n’entend pas. On dit d’une choie qu’on méprise,qu’elle ne vaut pas lepet d’un âne mort. O11 dit auffi ,chantez à Y âne , il vous fera des pets , en parlant designorans & des ingrats, qui connoiísent mal les choies ,ou qui reconnoiísent mal les grâces qu on leur fait. Ondit auffi , est bien âne de nature , qui ne peut lireson écriture. On dit d’un ignorant qui est affis dansun fauteuil, ce sont les Armoiries de Bourges, un ânedans une chaise: que les chevaux courent les béné-fices, 8 c que les ânes les attrapent ; pour dire , qu’011ne donne pas toujours les grâces à ceux qui les mé-ritent. On dit auffi, que la patience est la vertu desânes . On Ta sanglé comme un âne j pour dire , on luia sait un rude traitement , il a été sévèrement pu-ni. On dit à celui qui cherche une chose , que sansy prendre garde il porte fur lui, qu’il cherche ion