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ces peuples qu’il se transmit aux Romains.. Il ne s’yintroduisit pas cependant d’abord. Pline ne fait lequeldes Romains a commencé d’en porter; il allure quela statue de Romulus, qui étoit dans le L apitoie,n’en avoir point, ni même aucune autre que celle deNuma, & de Servius Tullius. Celle de Brutus mêmen en portoit pas, ni les Tarquins , quoique originairesde Grèce, d’où Pline croit que cet usage avoir pâlieen Italie. Les anciens Gaulois & les Bretons, peupleoriginaire des Gaules, portoient des anneaux ; maisles paroles de Pline, qui le rapporte au même chapi-tre , ne nous donnent point à entendre si Vanneau avoirchez ces peuples d’autre usage que l’ornement. LesFrançois en portoienr auíîï, & son a trouvé dans letombeau de Childeric son anneau d’or , qui se gardeà la Bibliothèque du Roi, & sur lequel sont ces mots,CHILDIRICI REGIS. Celui de Louis le Débonnaire,rapporté par Chifflet, avoir pour inscription, XPEPROTEGE HELDDO VIC U M IMPERATOREM.
Quant à la matière des anneaux il y en avoir d’unmétal simple Sc d’autres d’un métal mixte, ou d’undouble métal. Car quelquefois on doroit le ferSc l’argent, ou bien on enfermoit l’or dans le fer ;comme il paroît par Artemidore, Liv. II. ch. y. LesRomains se servirent très-long - temps à’anneaux defer, & Pline allure à fendroit que j’ai cité, queMarius n’en porta un d’or qu’à Ion troisième Consu-lat, l’an de Rome 6 y o. Il en est cependant parlé dansTite-Live à l’année 432 de Rome, à l’oceasion du deuilque causa à Rome le traité honteux de Claudium.C’est la première fois qu’on l’a trouvé dans l’HistoireRomaine, Tite-Live, Liv. IX, ch. 7. Il y en avoir dontVanneau étoit de fer, & le cachet d’or. Quelques-unscroient solides, & d’autres croient creux , comme lerapporte Artemidore, Liv. II, ch. 2. Festus au motEdera , Sc Aulugelle, Liv. X, ch. 15. Quelques-unsavoient une pierre précieuse pour cachet, & d’autresn’en avoient point. Aristot. Physic. Livr. III, ch. 9.Jul. Pollux, Liv. VI, ch. 33. v. 7. Artémid. Liv. II,ch. y. En quelques-uns la pierre étoit gravée, en d’au-tres elle ne l’étoit point, Pline, Livre XXXIII, ch. 1.Il y en a eu qui avoient deux pierres, ou même da-vantage : une lettre de l’Empereur Valérien en fait foi,aulfi-bien que Trebellius Pollion, dans la vie de Claudele Gothique, ch. 14. Au lieu de pierre précieuse lepeuple mettoit du verre. Plin. Liv. XXXV , ch. 6.Celles qui étoient gravées en creux s’appeloient Gem-ma ecliva ., & en relief; Gemmasculpturâ prominente.Il y avoir des anneaux qui étoient tout d une ipierreprecieufe, mais sur-tout plusieurs d’ambre , comme 011le peut voir dans Artemidore , Livre II, chapitre cinq,dans Pline, Liv. XXXVII ; Sc dans 1 c Dactyliotheca deGorEeus, n. 101.
H y a eu plusieurs manières différentes de porterles anneaux . Il paroît par Jérémie XXII, 24 , que chezles Hébreux on les portoit à la main droite. Chez lesRomains avant qu’on les ornât de pierres .précieuses,lorsque la figure se gravoit encore sur la matière mê-me de Vanneau , chacun les portoit à fa fantaisie, àquelle main, & à quel doigt il lui plaisoit, Macrob.Liv. VII, ch. 13. Quand on y eut ajouté les pierres,
. on les porta fur - tout à la main gauche , & ce futune délicatesse excessive d’en porter à la droite. LucienNavig. Tertuì. de l’habit desfemm. ch. dern. Pline,Liv. XXXlII. 1. Silius Ital. Liv. XI. Horat. Liv. II.
■ Sat. VII. v. 8. Jul. Capitol, in Maxim. ch. 6. Usemble par les derniers mots du I. Liv. de Tertul. decultu fem. que du temps de ce Pere on n’en portoitencore qu’à la main gauche. Sinìjlra per singulos di-gitos de saccis singulis ludit. Il n eut pas oublié lamain droite dans un endroit ou il ne cherche qu’àexagérer ces superstuités, si on y avoir porté des an-neaux. Pline dit qu’on les porta d’abord au quatrièmedoigt, que les statues de Numa 3 c de Servius Tulliusen étoient des preuves; qu’ensuite ou en mit au se-cond doigt, c est-à-dire, à l’index, puis au petit doigt,Sc enfin à tous les autres, excepté celui du milieu. LesGrecs le portoient aussi au quatrième doigt de lamain gauche , Aulugelle, Liv. J, ch. i o, La raison
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qu’il en rapporte, est qu’ayant trouvé par i’anatonue,que ce doigt avoir un petit nerf qui alloit droit aucœur, ils crurent qu’à cause de la communicationqu’il avoit seul avec la plus noble partie de 1 homme,il étoit plus honorable. Les Gaulois & les anciens Bre-tons les portoient au doigt du milieu, comme Plip ele rapporte, à Pendroit que j’ai ciré. D’abord on neporta qu un seul anneau , ensuite on en porta à tousles doigts, Mart. Liv. V. Epigr._ 63. Tertull. de curtu fem. Liv. I. Sc plusieurs même à chaque doigt-Martial, Liv. XI, Ep. 60. Enfin on en porta un, Scquelquefois plusieurs à chaque jointure de doigt, Aristoph. in nubib. Martial. Liv. V. Epigr.ll.Senec.ns •quasi. Liv. VII. ch. 31. Quintii. Injlit. Liv. XI. Clepment Alex. Padag. Liv. III. ch. 11. La délicatelleSc le luxe allerent si loin en ce genre, qu’on eut desanneaux qui íervoient par semestre, pour me servirdu terme de Juvénal, lar. VII. v. 89. Aurum semes-tre, semestres annuli , les uns pour l’été, Sc les au-tres pour l’hiver. Ventilat ajtivum digitis sudantibusaurum. Il paroît par les derniers mots du premier Li-vre de Tertullien, de Vornement des femmes , qu’onfaisoit des dépenses excessives en ce genre; mais nl’on en croit Lampridius , chap. 3 2, personne ne pouflales choses à un excès h grand qu’Elagabale, qui n eporta jamais deux fois, ni le même anneau , ni la mê-me chaussure. Aujourd’hui on n’en porte qu’au qua-trième & au cinquième doigt, mais plus ordinaire-ment au quatrième, qui s’appelle le doigt Porte-an-neau , & en latin, annularis. Quelques tableaux de 1 o°Sc zoo ans en mettent aussi à l’index, c’est-à-dire, aUsecond doigt.
On a aussi porté des anneaux aux narines, de làmême manière que des pendans d’oreille aux oreilles.Voyez^ S. Jérôme íur le chap. XV! d’Ezéchiel. S. Au-gustin l’assure des Maures, &Bartolin a fait un Livrede Annulis narium , des anneaux des narines. Pierre»de Valle & Licet en parlent aussi, &le premier allureque les Orientaux ont cette mode. Enfin, il n’y aguerede parties du corps humain où la galanterie n’en aitfait mettre, auffi-bien qu’aux doigts de l’une Sc del’autre main. Les Relations de l’Inde Orientale assu-rent que les habitans les portoient ordinairement aUnez, aux lèvres, aux joues, Sc au menton. André Cor-sai en dit autant de toutes les femmes Arabes du portde Calayates. Nous lisons à peu près la même c ho Ddans Ramusio, des Dames de Narsingue vers le levant»& Diodore témoigne au III e Liv. de ía Bibliothèque»que celles d’Ethiopie avoient accoutumé de se paretles lèvres d’un anneau d’airain. Pour les oreilles, pattout le monde on s’est plu, hommes Sc femmes, à 1pendre des bagues de prix. Le Vayer. Les Indiens Nles Indiennes, & entre autres les Guzzerates,ont portedes anneaux aux doigts des pieds. Quant Pierre ÂRa-rès reçut fa première audience du Roi de Calicut, 1 *le vit tout couvert de pierreries enchâssées dans d eSpendans d’oreilles, des bracelets Sc Ses anneauxaux doigts des mains que des pieds ; faisant voir lur I’* 1 **de ses orteils un rubis, & une escarboucle de très-gra* 1 ”prix. Louis Bartome représente un Roi de Pégu , si ulétoit encore plus excessif en cela, 11’ayanr aucundoigts de ses pieds qui ne fût chargé Vanneaux ga« ,lSde pierreries. Idem.
Par rapport à l’usage, il y avoit trois différentes s° rtes d ’anneaux chez les Anciens. II y avoit des annessqui servoient à. distinguer les conditions. Pliné asi lUl 'à l’endroit que j’ai déja cité souvent, que dans les co st ^mencemens les Sénateurs même n’avoient point p £l ^mission de porter d ’anneau d’or, à moins qu’ils n _lent été Ambassadeurs chez quelque peuple étrang e£ Jencore ne leur étoit-il permis alors de se servir de 1 a!1 _neau d’or, qu’on leur donnoit,que dans les acti° llS Pbliques; dans leur particulier ils en portoientfer. Ceux qui avoient mérité le triomphe obs erV ° o ^la même chose. Il fut ensuite permis aux Sénat^ssi^^aux Chevaliers, de porter Vanneau d’or; mais nen croit Acron fur Horace, L. II. fat. VII. v. J 3 » ^ ple pouvoient faire que le Préteur ne le leur eût donAprès cela ce fut la distinction des Chevaliers