APPAREILLEUSE, f. f. Se dit en mauvaise part, dunefemme qui forme & conduit des intrigues ôc des com-merces d amour, & qui prépare les plaisirs des autres.Mulier amatoriorum commerciorum artifex, Lena.
APPAREMMENT, adv.Selon les apparences, vraisem- ,blablement. In speciem . Nous aurons apparemment •une bonne récolte cette année,
APPARENCE, f. f. La surface extérieure des choses, cequi d’abord frappe les yeux. Species. Les Stoïcienstenoient que les qualités des corps qui frappent nossens, n croient que des apparences. B ay L. Si vous ju-gez fur les apparences à la Cour , vous ferez souventtrompé-, ce qui paroît riest prelque jamais la vérité.-P. de Cl. Le monde récompense plus souvent les ap-parences du mérite que le mérite même. S. Evr.L’erreur ne vient que du consentement précipité de4a volonté, qui le repole avec négligence àzxisïappa-rence de la vérité. Malh. Les hommes semblentêtre convenus entre eux de se contenter des apparen-ces. La Bruy.
Apparence ledit auffi de ce qui est opposé à la réalité,qui est faux, feint & simulé. Similitudo , species.Les hypocrites trompent íous de belles apparences depiété, de dévotion. Les couleurs font de simples ré-flexions de lumière qui n 1 ont aucune réalité ; ce fontde simples apparences.
La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde,que ses apparences y font de mal. R o chef.
Un higot orgueilleux
Couvre tous ses défauts d’une sainte apparence.
Boit.
Le s Grands pour la plûpart font masques deThéâtre,
Leur apparence impose au vulgaire idolâtre.
La Font.
Apparence extérieur, dehors. L ’ extérieur est ce quise voit.ll fait partie de la chose. Le dehors est cequi nousenvironne ; il n’est pas proprement de la chose, maisil en approche le plus. L’apparence est l ester que lavue de la chose produit, ou l’idée qu’on s’en formepar cette vûe. Les murs font l’extérieur d’un château.Les avenues, les cours, en font les dehors. La gran-deur , la- situation, le plan d’architecture en font Y ap-parence.
IjGP Dans le sens figuré, extérieur se dit plus souventde l’air ôc de la phisionomie des personnes; dehors,des manières & de la dépense ; apparence , des actions& de la conduite. Syn. Fr.
fisT U extérieur prévenant n’est pas toujours accompa-gné du vrai mérite. Les dehors brillans ne font pasdes preuves certaines d’une fortune opulente. Les pra-tiques de dévotion font des apparences qni ne déci-dent rien fur la vertu.
Apparence. Reste, marque, vestige, trace de quelquechose. Indicium , vesigium. Us n’ont plus aucune ap-parence de liberté. Il ne reste à cette femme aucuneapparence de beauté.
Apparence signifie aussi conjecture , vraisemblance.Conjectura , verismilitudo. Le temps est fort couvert,il y agrande apparence de pluie, fCF Cela ria nulle ap-parence 3 est fans apparence , est hoiséCapparence : jen’y vois point òl apparence.
Apparence, en termes de Palais, se dit encore des preu-ves &des conjectures qui favorisent, ou qui chargentl’accusé; mais en ce sens il n’est en usage qu’aupluriel.Allegata & probata. Toutes les apparences font contrecet accusé.
En Astronomie on appel !c apparences, ou autre-ment phénomène , tout ce qu on a découvert par lesobservations anciennes & nouvelles des mouvemensdu ciel & des astres. Phanomena. On reçoit le systè-me de Copernic, parce que c est le plus propre pourexpliquer facilement toutes les apparences célestes ,tous les phénomènes : celui de Ptolomée ne suffit paspour sauver toutes les apparences. En Optique on ap-pelle apparence simple , ôc directe, la vûe d’un
APP
objet en ligne directe , fans réflexion, ni réfac-tion,
0CT Apparence en Perspective, représentation Ç 11projection d’une figure, d’un corps ou d’un autre ob-jet, fur le plan du tableau. Encyc.
ífT On dit auisi en termes de Manège, belle apparence*en parlant d’un cheval qui, quoi qu’il parodie tr£S 'beau, n’a cependant pas beaucoup de vigueur.
On dit qu’il faut sauver les apparences ; pour dire,qu’il ne faut point donner de scandale, & qu’il st utdu moins cacher fonvice, & conserver une réputationd homme dc bien. Suis in speciem fungi officiis *jstissaceresuis in speciem officiis , simulatione pf°’ aL 'tatis exijlimationi consulere.
§CF APPARENT, tout ce qui est visible , tout ce fi 111est sensible à l’oeil , ou intelligible à l’esprit. Voy € YApparence.
£CT On le dit à peu-près dans le même sens de ce ct 11est certain, évident, dont on ne peut douter. Clams *evidens , manïfeftus. On dit qu’il est riche en argent ’mais de bien apparent on ne lui en connoit point' \n’a aucun droit apparent fur lequel on puiíìe aste° l£un hypothèque. Acad. Fr,
{CT Apparent se dit encore de ce qui paroît, & n’estpas tel qu’il paroît ctre, ce qui est d’une façon & P a 'roît de l’autre. Simulatus. Dans ce sens vrai & app^srent font opposés. Les plaisirs ne font pas de vraisbiens, mais seulement des biens apparens. Cet boni'me n’a qu’une vertu apparente, fauste.
Que le jase éblouit d’un bonheur apparent.
Bon-
Apparent se dit aussi parmi les Bourgeois d’une yi^de ceux qui font les plus riches,qui font distingués deautres par leurs emplois ou par leur mérite. Civis £íSPrincipes 3 Primarii in civitate viri. Primores. On ychoisi les plus apparens de la ville pour faire une dputation au Roi. Il n’y avoir de conviés que les P lUapparens de la famille.
|CP En Astronomie & en Optique le mot app are sest souvent employé. Conjonction apparente , b° cl _son apparent, grandeur apparente, distance apP* 1rente j lieu apparent. ( <
isT On dit conjonction apparente de deux ffi anete \Llorsque la ligne droite qu’on suppose tirée p al ’centres des deux planètes, ne paste point par letre de la terre, mais par l’œil du spectateur :guée de la conjonction vraie, ou le centre de ' at£ j eSest dans une même ligne droite avec les centresdeux planètes.
jfT Horison apparent ou sensible. Il sépareîie visible ou supérieure du ciel d’avec la patrie y 1 ^rieure de la terre qui nous est invisible , à cause derondeur de la terre ; il détermine le lever & 1® c -cher apparent du soleil, de la lune, des étoiles, t Q ïHorison. ,
La grandeur apparente d’un objet est '
par l’angle optique fous lequel il est vû ; & sang' 1 ’ °J e5tique est formé par les deux rayons qui partes 11 - eextrémités d’un objet ôc qui se rencontrent au ceI1de la prunelle.
|sT Plus un objet est éloigné, & plus auffi l’ang ie Vtique, fous lequel il paroît, est petit, ^
isF Dans les distances considérables la grandeur EA-rente est en raison inverse de sa distance à l’œil, c e 1 ^dire, si un objet est éloigné de m.on œil tantôt d’ L!1 l c ’ cC ztantôt de deux lieues, la grandeur apparente ». [ aobjet éloigné d’une lieue , 1’emporteia aurafijjgrandeur apparente du même objet éloigné de . £lieues, que deux lieues l’emportent fur une, °s cC cqui revient au même, 1a grandeur a pP arentC gffics'objet éloigné d’une lieue de mon œil, • n a Jede la grandeur apparente du même objet u n
mon œil de deux lieues , parce qu’il est vU , p estangle optique double de celui fous lesitte
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vu lorsqu’il est à deux lieues de mon œil-
sfP Les objets paroistent d’autanr plus éloignes
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