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Tome premier. [A - BOU.]
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ARM

^ood, après un méchant Auteur ; car les Arméniens& les autres orientaux n’cnt jamais eu aucune disputeentre eux fur ce mystère ; & comme ils n'ont pointeu de Bérengariens à combattre , ils íont demeurésdans les termes généraux du changement des symbo-les au ìorps & au íang de notre Seigneur. Toute ladispute ou ils ont avec les Grecs au íujet de l’Eucha-l'ìitie, consiste en ce qu’ils ne mettent point d’eauavec le vin en célébrant la Liturgie , & qu'ils consa-crent en pain lans levain à Limitation des Latins.

Brérewocd accuse aussi, sans raiícn, les Arméniens& les Abissins de ne point manger des animaux quiIon t estimés immondes dans la loi de Moyíe. Ce quia pu donner occafion à cette croyance, c’est: que tcu-tes les sociétés chrétiennes d’Orient s’abstiennent deRanger du sang & des viandes étouffées, fans qu’il yûit en cela aucune superstition. On pourroit repren-dre avec plus de justice dans les Arméniens , l’atta-che scrupuleuse qu'ils ont à de certains jeûnes qui sentchez eux très-fréquens. On croiroit, à les entendreparler des jeûnes , que toute la religion consisteroit à

jeûner.

L’ordre monastique est dan%une grande vénérationparmi les Arméniens , depuis qu’un de leurs Partiat-àes, nommé Niersès , y introduisit celui de S. La-ide. Mais une partie d’entre eux s’étant réunie à l’E-glise romaine, ils ont changé leur ancienne règle, pourluivre celle des religieux Dominicains. Celui qui donna°ccasion à cette reformari on, fut un religieux Domi-nicain , nommé Barthélemi , qui fit de grands progrèsdans l'Arménie fous le Pape Jean XXII. II attira àmi par ses prédications plusieurs moines, dont il se fer-Vlt pour réunir ensemble les deux Lgliíes.

Ce fut en ce temps-là que l’Ordre de S. Domini-que lut établi dans l’Arménie, & l’on appela ses Moinesf 'rères-unis , à cause de la nouvelle réunion. Ces Frè-s es-unis s’acquirent en peu de temps beaucoup de ré-putation. Ils bâtirent des monastères , non-seulcmentdans l’Arménie & dans la Géorgie, mais aussi au delàdu Pont Euxin, & principalement a Caffa, qui étoitalors de la dépendance des Génois. Mais depuis queles Turcs & les Persans se sont rendus les maîtres deces pays là, le nombre des Frètes unis est fort déchû,& il en reste affer peu qui. se sont retirés dans la pro-vince de Nascivan,en la grande Arménie-, & enfin seVoyant réduits a 1 extrémité, ils íe font unis avec lesReligieux Dominicains de l’Europe. Ils font maintenantmurais au général de cet Ordre, qui y envoie un su-périeur provincial.

L Auteur de l’Ambaffade de D. Gardas de Silva Fi—jderoa, en Perse , dit que la religion des habitans dea nouvelle Zulpha, qui Com Arméniens de naissance,e st la chrétienne ; mais qu’il y en a fort peu qui re-c ?nnoissent le Pape , retenant presque tous leur an-Cl enne religion ; qu’il y eu a cependant quelques-uns,Uon-feulement dans Zulpha, mais aussi parmi ceuxqm font demeurés daus la grande Arménie à deuxjour-nees^ de la ville d’Erva, qui en est la capitale , parti-culièrement en un certain canton composé de 1 1 vil-ìs auprès de la ville de Maxivan, & que la plûpatt^connoiffent l’Egliíe latine ; que l’on volt même enquelq Ues . Uns ces villages des couvents de l’ordre^ q" Dominique, aux Supérieursdesquels ils deferent_ obéissent; le Ion la discipline de l’Eglise romaine; &

. enc ote qu'ils aient un Evêque de leur nation Arme-U est aussi de même ordre, & n’est point ma-ceu célébré la Messe, & dit les même prières quex a u indue ordre ont coutume de dite en Europe ;ïel' C Ces Arméniens íont appelés Francs , à cause de la'S 10 '! catholique romaine qu’ils professent-, que lesp ^ nes °nt si sort désolé cette province, qu’il ne perdet è \íî u il y reste plus de mille de ces Arméniens ca-duques de tous âges, & de l'un & de l’autre sexe ;a,.,. e '? Vu ' on un an avant que D. Garcie, Ambassadeur,lv at à Ispahan, c’est-à dire, en 1617, le Pape Paul Vp av ° ir envoyé un religieux Dominicain , nommé F.z t? u ^Marie ^ {j omm e savant, & de vie exemplaire ,a n T 1 il rétablît ce que le temps avoir altéré ou abolix CCs émonies de l’EgUíe latine ; que cçs Arméniens

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se sont toujours conservés en la profession de la Reli-gion romaine depuis le temps d Lfîum Galion Kci dePerse, lequel avoit épouíé Despoina , fille de Calo-joannes Empereur de Trébizonde , & par conséquentchrétienne du Fat Grec ; que cette Princesse conservafa religion, & favorisa toujours les chrétiens d’Ccci-dent, ôc particulièrement les Amballadcurs que la Ré-publique de Venise envoya en ce temps-la à lllura-Cassan , comme aussi le Pape Xiste IV, & PhilippeDuc de Bourgogne ; que ce lut Barthélemi de Bou-logne, le Dominicain dont ncus avons parlé, qui fousJean XXII, avoit ramené au giron de l’Egliíe latine lesvillages dont nous avons fait mention; que les Domi-nicains y avoient alors (en 1618 ) 3 ou 4 petits cou-vents, dont le supérieur est Evêque de Maxivan,

Les Arméniens font l’Ossice ecclésiastique en l’an-cienne langue arménienne , qui est une langue rude &peu connue. Le peuple n’entend point cet ancien ar-ménien , qui diffère de l ’arménien d’aujc-urd’hui. Ilsont aussi toute la Bible traduite en cette langue, &leur traduction a été faire fur la version grecque desSeptante. Ils l’amibuent à quelques-uns de leurs doc-teurs qui vivoient vers le temps de S. Jean Chrysos-tôme, & entre autres à Moyíe nommé le Grammai-rien j & à David íurnommé le Philosophe. Enfin , ilsfont auteur de leurs caractères arméniens un saint Fi er-mite nommé Mesrop , qui les inventa dans la ville deBalu, proche de l Euphrate. CeMelrop vivoit en mêmetemps que S. Chrylostôme. Leurs lettres majusculesfont des hiéroglyphes. Elles ont trois noms différens,selon qu elles Iont figurées. On les appelle florenteslittera , loríqu’elles représentent quelques fleurs. Quandelles représentent des animaux, des oiseaux, ou desreptiles, on les nomme Littera Belluina. Enfin le nomde Lettres capitales, Capitales littera Ce donne à cel-les qui ne font, a ce qu’il paraît à la simple vûe, c.uele trait ou l’esquisse grossier des précédentes. Le Tra-ducteur de M. Warburthon perde que ces lettres ma-juscules íont de vrais hiéroglyphes , qui éteient enusage chez \es Arméniens avant l’invention des carac-tères alphabétiques : Sc qu’on pourroit comparer leslettres capitales, qui retiennent le contour des lettresmajuscules, à cette espèce d’écriture courante des hié-roglyphes , dont le scrvoient les Egyptiens. Le P, Kir-cher croît au contraire, que ces lettres font un effet del’imaginarion des Peintres. L’alphabet éthiopien con-serve aussi des hiéroglyphes. Ejjai flurles hiéroglyphes Ap. ^/.Toutes ces particularités touchant les Arméniensse trouvent plus au long dans les deux volumes com-posés par le P. Calanus , Si dans ì'fíiflcire des Reli-gions du Levant , publiée par le sieur de Mont. Ray-naldus a aussi inséré dans ses Annales plusieurs actescurieux qui regardent les mêmes Arméniens. On trouvede plus à la fin de l’Histoire du sieur de Moni, unenotice des Eglises qui dépendent du Patriarche d’Ar-ménie résident à Egmiazin; laquelle notice a été dictéeà M. Simon par Uícan Evêque d’Uscouanch, & Pro-cureur-Général de son Patriarche. Voye% aussi l’Am-»bassade de Dom Garcias de Silva Figuéroa en Persep. ip4 & 282 , de la traduction de Wicquefort. *

Arménien , enne. adj. Qui est de l’Arménie, qui appar-tient à l’Arménie. Armenus. Le Rit arménien. La Li-turgie arménienne. La langue arménienne.

Arménienne, s. f. Pierre précieuse, qui est en quelquefaçon semblable au lapis, sinon qu’elle est plus tendre,& n’a aucune veine d’or. On Rappelle aussi. Vert d’a-\ur 3 à cause qu’il y a du vert mêlé avec du bleu. Onla trouve dans le Tirai, dans la Hongrie, & dans laTransylvanie. Elle est en usage pour les ouvrages, Ôcsert aussi en Médecine.

Laterre arménienne , Armeniaca terra , c’est la mêmechose que l’arsénic rouge, selon Hoffman.

La couleur arménienne , Armenium pigmentum. Ilne saut point la confondre, dit Hoffman, avec la terrearménienne. C’étoit un minéral ou ingrédient friable ,dont les Peintres se scrvoient autrefois pour peindre enbleu. Vjye% Saumaise sur Solin, p, 11 S4 & fl u iv.

ARMENIQUE. Arméniens , Armeniacus. Surnom , &titre d’honneur que l’on donna à Néron, à M, Aurèle

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