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des serpens. o’íoïoV , dit, Héfy chius dans son Dic-
tionnaire, 6c Suidas, en parlant de Télégonus, qui,le ron lui, avoit le premier inventé o/w>tr<Kmr, ajoutepar sonne d’explication, c’est-à-dire, le secret de com-prendre ce que désignoit un serpent, ou une belettemr le toit, Aussr dans cette science, les serpens avoientmutant & plus de considération que les oiseaux. Onetoit même persuadé que les premiers Auteurs de cettercience, l a tenoient des serpens qui leur avoient léché|es oreilles ^ & qu’un homme à qui un serpent avoirreché cette partie de la tête, recevoir par-là la scienceustufe des augures . C est ce que rapportent le Scoliasted -uripide des enfans de Priam, Hélénus & Caílan-à. In Hecub. ad y ers. 8j. Celui d’Apollonius deRhodes, in Argonaut. Lib. I, v. i, 6c Apollodore ," tblioth. Lib . 1 3 p. Philostrate , dans la vie d’A-Pollonius, assure que les Indiens acquéraient la mêmeïutelligence en mangeant le cœur ou le foie de cer-^ins dragons -, & Eufébe semble autoriser cette tradi-tlQ n dans son Traité contre Hiéroclès.
H est assez difficile de savoir sur quoi étoit fondéeuette prévention des Anciens en faveur des oiseaux.*' S ne le savoient pas eux-mêmes. C ôtoient, diloient ils,°u un instinòt particulier qui leur avoit été accordéPsr l’Auteur de la Nature, ou cela venoit de la mé-tempsycose : les oiíeaux croient des hommes méta-morphosés : ou bien c’est que leur éloignement de laterre, ì’hmocence de leur vie, la purete de Pair quilsrespirent, leur proximité du ciel, rendoient leurs sen-sations plus subtiles, & les mettoient en état de péné-trer plus aisément que nous dans les événemens futurs.Les plus raisonnables convenaient de bonne foi queces prétendus Prophètes, prophétisaient fans le savoir,dc lans y entendre sinesse. Voye\ Stace, Théb.L . III 3V. 82 . D’autres prétendoient que quoique les oiseauxli’y enrendillènt rien , cependant ils ne laissoient pasde pronostiquer les choses futures , parce que Dieu con-duisoit leurs mouvemens, 6c qu’il le faisoit d une ma-nière si sûre, que les hommes qui les étudioient avecattention, en tiraient des inductions infaillibles. MaisCicéron, tout augure qu’il étoit lui-même, se moquede cette superstition dans son Livre II de la Divination,dc s’étonne que deux augures puistent s’entre-regarderfans éclater de rire.
M. Morin, dans les Mémoires de l’Académie desLellcs-Lettres, rapporte l’origine de la superstition desaugures à deux causes. i°. A 1 usage de se déterminerdans les affaires hasardeuses & ambiguës par le fort.Chacun le le composoit à sa manière. Les personnesvives, brusquement de la première chose qui se pré-sentoir, dune paille, ou d un coup de dés, afin dese délivrer plutôt de l’incertitude. Les personnes gra-ves y apportoient plus de façons & plus de cérémo-nies. Ils commençoient par exposer l’affaire en ques-tion aux Dieux. Ils les supplioient de vouloir bien leurfaire connoître le parti quils dévoient prendre; & com-me si les Dieux n’eussent pas pu trouver le moyen dekur expliquer leur volonté, ils se donnoient la libertéde leur prescrire certains signaux quils imaginoientmêmes, & auxquels ils attachoient des prélagessons ou mauvais à leur discrétion. Ce qui composoitt|ne espèce de chiffre entre Dieu & les hommes, dont1 n y avoit que le consultant qui eût la clef, & dontes oiseaux ou les animaux du pays faisoient ordinai-rement 1 CS caractères. 2°. La deuxième cauíe est tiréeu rein de la nature. Les oiseaux ont reçu du Créateur5 S organes très-délicats, qui leur font pressentir lesohangemens de l’air dès les premières approches ; pref-e ntiment qu’ils donnent à connoître dans les occasions,° u par leur voix, ou par leur vol, ou par leurs diffé-rantes contenances, suivant les observations uniformese í, 0lls les Naturalistes anciens 6c modernes. Celasup-j e > il est aisé de comprendre comment les Anciens dans, eu r première simplicité , quand certaine températuree l’air étoit importante pour leurs travaux, étudioientf V 'r C atteilt ’ on les postures des animaux, comme nousà ° ns aujourd’hui nos baromètres, afin de faire usagete mps présent , & de se précautionner contre leUr> Ceux qui s’appliquoient d’une manière par-
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ticulière a cette étude , & qui s’étoíent fait une réputa-tion dans ce genre de prophétie, se voyant consultés detous côtés, entreprirent d’en étendre les bornes parun principe de charlatanerie ; c’est le sentiment deVarron.
On a depuis étendu cette signification, non-seule-ment à tous les présages, à tous les signes par lesquelson juge de l’avenir ; mais à tous les jugemens qu’onfait de l’avenir. C’est une folie de tirer un bon ou mau-vais augure des choses qu’on rencontre en sortant desa maison. Vous me donnez de bons augures de mafortune. Voir.
On appelle un oiseau de mauvais augure 3 un hi-bou , une orfraie 3 ôcc.
Là fur de vieux cyprès dépouillés de verdure,Nichent tous les oiseaux de malheureux augure.
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II se dit auffi figurément, d’un homme odieux,ouqui apporte une mauvaise nouvelle, ou dont 1 arrivéen’annonce que rien de funeste.
Augure, chez les Romains, étoit un officier employé à1 observation du vol, du chant & du manger des oi-seaux. Augur. Cicéron étoit du collège des augures 3qui fut d’abord composé de trois , puis de quatre, &enfin de neuf augures ; quatre Patriciens, & cinq Plé-béiens. Le mot & augure en ce sens, s’étend 6c suppli-que à tous ceux qui conjecturent bien fur quelcuechose que ce soit, & qui prévoient ce qui doit arriver.Celui qui conjecture bien,estunbona«^z/re. Ablanc.L’Empereur Constance défendit de consulter les augu-res, connue des imposteurs. S. Evr. La dignité à’au-gure ne se perdoit que par la mort. Tillem.
Ce mot d ’augure est composé du mot avis , & degarritus. Les augures prenoient garde au gazouille-ment des oiseaux. Le P. Pezron étoit fort embarrasséd’où venoit cette dernière syllabe gur, ainsi il l’alloitchercher en Gaule. Augur, dit—il, vient du celtiqueau, qui signifie le foie, Sc de gur, ou gar , qui veutdire un homme. Ainsi augur est proprement, 6c motpour mot, homme de foie, c’est-à-dire , consultant lefoie & devinant par le foie. Ç/CP Ce seroit confondrel ’augure avec laruspice, deux espèces de divinationtrès-distinguées. D’autres prétendent qu’il vient de l’a-rabe ogor, qui signifie bonheur. Festus le dérive exavium gefiu, de la contenance des oiseaux. Lloydcroitque ce mot vient dìavicurus ; que l’on a dit peur si-gnifier un homme qui a soin d élever & d’obíerver lesoiseaux, comme on appeloit viocurus , un homme quiavoir soin des chemins : ensuite changeant le c en g ,d ’avicurus on a fait augur & augurium. M. Morin,dans les Mémoires de l’ Académie des Relies-LettresT.I, p. 2 q 2 , prétend qu’on peut encore le fairevenir de l’Allemand, Aug 6c ur , qui doivent signifierdans cette langue une vue fort subtile, telle que le de-voir être celle des gens de cette profession.
AUGURER, v.a. Tirer une augure, une conjecture, unprésagé. Augurari. Quand l'éducation d’un Prince estmauvaise, on n’en doit augurer rien de bon. Il auguraleur future grandeur par leur modestie. Ablanc. J’au-gure bien de cela.
/mr^R^ ' Rk- part. il n’est guère en usage.
AUGUSTALE, s. m. Augujlalis. On a donné ce nomchez les Romains ; i°. à ceux qui conduifoient les pre-miers rangs dans l’armée , comme le témoigné VegeceRei milit , I. 2 , C. 7. 2 0 . A des Magistrats dans lesvilles. II en est parlé , L. Quinque Summates Cod. deDecur. Et Alciat l’intcrprète ainsi. 5 0 . Tous les offi-ciers du palais de l’Empereur ont porté ce nom. 4 0 . Legouverneur d’Egypte en particulier fut appelé Augus-tale, ou préfet Augustale , parce que ce fut Augustequi établit cette charge après la défaite d’Antoine 6cde Cléopâtre. Il résidoit à Alexandrie, & il en est sou-vent parlé dans Socrate, dans Sozomène, & dans d’au-tres Historiens.
fyé? AUGUSTAUX. f. m. pi. Augustales , ou SodalesAugustales. Société de Prêtres institués en l’honneurd’Auguste, après que les Romains l’eurent mis au nom-