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11 n’a guère d’usage que dans le figuré. Dessein avorté.Hntrepriíe avortée.
AVORTIN. f. m. Abortivus. Ce mot a le même sensop.’avorton qui fuit : il se dit par mépris 3 auisi-bienqn’avorton.
O! le plaisant avortin
D’un fou gonflé de Latin.
AVORTON. s. m. Qui est né avant le temps, ou quine peut acquérir la perfection ordinaire. Abortivus.
Toi qui meurs avant que de naître 3Asemblage confus de Litre & du néant :
Triste avorton, informe enfant 3
Rebut du néant & de l’être. Hesnault.
fCF On le dit en général par extension de tout ce quivient avant le temps légitime, celui de fa maturité ,ou de fa perfection, & de fa grandeur naturelle ; ar-bres, fruits, plantes, animaux.
Il y a un traité du P. Jérôme Florentinus fur le bap-tême des Avortons. Le but de cet Auteur est demontrer qu’en quelque temps qu un avorton vienneau monde, on peut le baptiser, parce que le tempsauquel le fœtus commence d’être animé, est incertain.Il y a plusieurs choses singulières dans ce Traité, dontle titre est, Homo dubius 3 Jìve de baptismo aborti-vorum. Lugd. 1674, in-s.
Avorton, est auffi un terme injurieux, dont on ne feíert que dans le style simple & comique. Ainsi on ditqu’un petit homme, qu un pygmée est un avorton denature. Quel petit avorton est-ce là? Ils périssent com-me des avortons de vanité. Gomb.
Scaliger a dit auffi que la langue françoife est unavorton de la langue latine.
On l’applique auffi aux productions d’cfprit tropprécipitées, & auxquelles on n’a pas donné assez defoin & assez de temps. C’est un ouvrage plçin dedéfauts & fait â la hâte, ce n’est qu’un avorton.
AVOSETA, ou SPINZAGO d’AQUA. Est un oiseauaquatique, gros comme un pigeon ; son bec est longde quatre ou cinq doigts, noir, relevé, pointu. Sa têteest noirâtre, son corps est blanc, fes pieds íont bleuâtres,Sc ont les doigts joints par des membranes, fes jambeslongues ; son cri est crex 3 crex. Il est commun en Italie.Sa graisse est résolutive Sc anodyne.
AVOUÉ. f. m. C’étoit autrefois un patron, un défen-seur des droits d’une église. Bonorum EccleJLt Pa-tronus. Charlemagne prenoit le titre d 'avoué de S.Pierre , Sc protecteur de la ville de Rome ; & le PapeLéon III lui envoya une bannière & des clefs, en luidonnant cette qualité. Il y avoit auffi des avoués pourles Eglises Cathédrales, & pour les Abbayes , mêmepour celles des filles. Le Roi Hugues, au rapport d’Ha-riulphe, avoit été avoué de S. Riquier, & son fils An-gelram se contenta de la même dignité. Bollandus rap-porte , dans la vie de S. Edouard Roi d’Angleterre ,des lettres de Nicolas II, par lesquelles entr’aurresprivilèges il le fait, lui & ses successeurs, avoué Sc dé-fenseur du Monastère de Westminster & de toutes leséglises d’Angleterre. Sous Henri I, Roi de France, lecomte d’Anjou avoit la bannière de Saint Martin dansson armée en qualité A’avoué ou. de défenseur de l’Abbaye de Marmoustier, comme les Comtes du Vexinpottoient l’oriflame de 1 Abbaye de S. Denis avec unpa-, reil titre. P. Dan. Les Vidames prenoient la qualitéà’avoués 3 Sc même les Historiens du VIII e siècle con-fondent ces deux qualités ; Sc de-là vient que plusieursséculiers d’Allemagne Sc grands Seigneurs portent desmitres en cimier fur leurs Ecus, parce qu’ils avoientles qualités à’avoués 3 ou d 'Officiers des grandes Egli-ses. Ces avoués étoient d’abord des Avocats qui défen-doient les causes des Eglises. On leur donne auffi lenom d 'avoués des Moutiers ; c’est-à-dire, des Monas-tères. Ils étoient comme patrons, gardes, Sc adminis-trateurs du temporel des Eglises , fous í’autorité desquels le f assoient tous les contrats qui concernoientlesMonastères. Il paroit même , par les plus anciennes
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chartes, que les donations qu’on faisoic aux EgW* cSconiéroient en la perionne des avoués. C’étoient euxauííi qui le préíentoient en jugement pour lestères dans mutes leurs caules, Sc qui rends ient ia ss ^tice pour eux, dans les lieux où ils avoient la juud ic ^tion. Ils conduiloient à la guerre les vassaux desnastères obligés de fournir des loldats au Roi. l* s ^battoient même quelquefois en duel pour les Mon*tères. On prétend que cette charge fut introduite -le temps deStilicon, dans le IV e siècle. Le Canon y?du Concile d'Afrique íemble le dire. Les Bénqdin’en fixent l’origine qu’au VIII e siècle. Foye | lu*- tc ?cela leurs AchtS 'anci.'Benedici. Sac. ill 3 P- -Cspag. pi &suiv. Ils reconnoissent néanmoins que flavoit commencé long temps avant ; mais on s y cl ° ^toujours opposé , témoin le Concile de Chalons ^664, ou environ. Mais enfin les grands Seigneurs P £1rent cetre qualité, quand il les fallut défendre pararmes, ou les protéger par leur autorité. Dans q uC ^ques Monastères on les appeloit C onservateurs 3servatores , mais fans en avoir le nom , ils avoietoutes les mêmes fonctions que les avoués. Il y a '! G _auffi quelquefois plusieurs Sous-avoues , pour flque Monastère, qui en saisissent les affaires a lades avoués 3 ce qui ruinoit les Monastères. C'estcela que l’Empereur Othon, en faisant Lambert con»de Lcuvain, avoué du Monastère de Gcmblours en »
lui défend d’avoir jamais plus A'nnsous-avoué 3 & cl __donne que dans les métairies de ce Monastère ce J° v ^avoué n ait jamais de droit par chaque année q u £denier, une poule , Sc un setier d'avoine de chaQ 1maison. , .
On appeloit auffi autrefois avoués 3 les maris, Gtuteurs, & même ceux qui fe battissent en cen.bat n‘gulier pour la querelle d’un autre, Sc généraienttous ceux qui entreprenoient la défense d autrui.
Ce mot vient A’ advocatus : & de-là vient que les J _ges de Suisse s’appellent encore en Roman avov £,s ’c’est-à-dire, défenseurs de la Justice, Sc du peuple 0 ?primé. Chorier , dans son Histoire de Daufhf e ^Tom. I j p. j21 3 se sert du terme A’Avocat , au nA’avoué. Il est mieux de dire avoué • Avocat danssage présent, signifie autre chose. Auffi , ajoute-r 1 ^nos Peres ont du mot avocat fait celui A'avoyC >
& avoué en notre langue. ^
On trouve asillì des Avoués de Villes, de Pays >Provinces. Ainsi dans une Charte de l’an 1187, & ^
une autre de 1210, Berthold, Duc de Zeringhen > cappelé Avoué de Thu.gic, Thuregiciloci. Dans la ^ -tice des Eglises Belgiques de Mirœus, ch. iop.Comte de Louvain , est appelé Comte Sc JvoflBrabant. On trouve encore aux XII e Sc XIII e ^des Avoués d’Alsace, de Suabe ; & Raymond dedit, qu’après la prise de Jérusalem, quand il fus°>tion d élire un Roi, les Evêques répondirent, q u oí ^ ol tdevoir point élire de Roi dans un lieu où Diflfig,souffert & avoit été couronné ; mais qu’il falloir fl •ment élire-quelque Avoué qui gardât la ville , .
eût foin de distribuer à la garnison les tributs ss . fleveroient dans le pays. Et de vrai dans D.od^Abbé Allemand, qui écrivoit un voySge de la „Sainte dans le XII e siècle, Godefroi de Bouill 0 * 1 e stSpelé Avoué du S. Sépulcre. Au reste, d’habil £S »prétendent que les Villes & les Provinces n’on £ r } e seû A’Avoués j mais seulement les Eglises ; Sc SfSeigneurs qui portent le titre A’Avoué de quelq^f CÊ sne l’étoient que des Monastères Sc des Èglst e V a)1 iépays-là, comme Albert, Marquis d’Autriche, nqcîde Léopold, qui fut fait Avoué de tous les ^ oìl t
d’Autriche. Néanmoins, la réponse des Evequ jqula création d’un Avoué de Jérusalem , Sc n00 ^ rrL} ub' íRoi, paroit contraire. Non debere ibi elistRfl
Deus passus & coronatus est . Sed efjet cl'
vocatus 3 qui & civitatem custodiret 3 S’ euf ^ s ’agi £vitatis tributa regionis divideret & reditus • yieO s >point là d’Eglises , ni de Monastères , ni de cmais de la ville, & des tributs & revenus 0 p r ov'iU'
Les Empereurs ont nommé les Avoues d e a jlé,ces, ou des Villes. Berthold, dont nous avor
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