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& consumés presque de trois quarts, & rayés apparem-ment par leur frottement mutuel, plutôt que par éro-sion. Mais il faut remarquer que les autruches avalentJe fer, de même que les autres oiseaux avalent les cail-loux, pour aider à broyer leur nourriture, & non paspour s en nourrir & pour le digérer, comme ont crules Anciens : au contraire elles meurent quand elles enont beaucoup avalé. Diodore Sicilien apelle les autru-ches , des Cerfs-oifeaux.
Le P. deUrreta, dans son Histoire d’Ethiopie,/?.^/,prétend que les Anciens ont appelé les autruches Pé-gases; Sc que comme cet oiseau a des ailes, qu’il étendquand il court, & qu’il y en a qui ont des oreilles decheval ; tout cela a donné occasion à la fable du che-val ailé nommé Pégase. Le même Auteur dit, Liy. I 3°h. 26 } qu’il est douteux si c’est un oiseau, parce qu’ila des ailes; ou un animal terrestre, parce qu’il a despieds de chameau ; que c’est pour cela qu’on l’appellefiruthìo camelus , c’est-à-dire, selon Isidore, -Liv. XII,Etym. ch. ij , parce que c’est un animal terrestre quia des plumes comme les oiseaux. Il y en a une quan-îhe prodigieuse en Ethiopie, & les Ethiopiens les nom-ment Aojlros j & c’est apparemment de-là que s’estformé le nom espagnol Abestru ^, & le nom FrançoisAutruche. Elle pond au mois de Juin, met ses œufs enterre, les couvre de fable, & les abandonne; c’est lesoleil qui les fait éclore. Ceux du pays disent, au rap-port de Marmol, qu’elle a si peu de mémoire qu’elleles oublie ; mais qu’en courant çà & là , les semellesles couvent aux lieux où elles les rencontrent. Il est bienplus naturel de dire que l 'autruche étant d’un poids énor-me , elle romprait fes oeufs si elle les couvoit commeles autres oiseaux ; ainsi , par un instinct naturel, ellelaisse au soleil le soin de faire éclore fes petits. C’estpour cela que l ’autruche est un symbole de cruauté &d’oubli. Cet animal, dit Marmol, est fort simple, &si sourd qu’il n’entend rien. Il dit qu’elle pond dix oudouze œufs de la grosseur d’une groste boule, & quel-ques-uns moindres. Les Ethiopiens mangent ces œufs,& les tiennent pour un mets délicieux. On dit qu’ilsfont des vases des coques de ces œufs ; Pierius dit mê-me qu’ils en font des bonnets qu’ils portent, & qu’ilsestiment. La chair de l ’autrubhe , dit encore Marmol,put, & est gluante, particulièrement celle des cuisses;mais tous les peuples de Numidie ne laissent pas d’enmanger. Quasid ils ont pris des petits, ils les élèvent,les engraissent, & les meneur paître en troupes par lesdéserts : lorsqu’ils font gras, ils les tuent & les salent.La propriété qu’on lui attribue, de digérer le fer, a faitqu’on a pris Y autruche pour le symbole de la patiencedans les injures. On en fait encore le symbole de lajustice, parce que toutes ces plumes, dit-011, font éga-les, au lieu que dans les autres oiseaux, les unes fontpetites, les autres font grandes; ou parce que le tuyauest justement au milieu de la plume.
On dit figurément à un homme qui mange beau-coup, ou des viandes difficiles à digérer, qu’il a unestomac d 'autruche. Le P. Vansiebe, dans fa Relationd 3 Egypte y rapporte a la page 10 j , une chose fortparticulière, en parlant des autruches. J ai lu, dit-il,dans un vieux manuscrit Arabe, intitule GiauharetInuejljje , que lorque cet oiseau veut couver ses œufs,U ne fe met pas dessus, comme font les autres; mais| e mâle & la femelle les couvent avec leur regard feu-letnent, & lorsque l’un des deux a besoin d’aller cher-cher f a nourriture, il avertit son compagnon par son& celui-ci reste, & continue à regarder les œufs,ì usqu’à ce que l’autre soit revenu ; & de même encorequand celui-ci a besoin à son tour d’aller chercher sauourriture il avertit de la même manière son compa-pon , afin qu’il demeure, & afin qu’incessammentl’und’eux soit toujours pour regarder les œufs, jusqu’àc e que les poussins soient éclos. Car s’ils discontinuoientu n moment, ils se corrompraient, & ilsn’auroient au-
«Tun poussin.
b AUTRUI, f. m. Sans pluriel, ou pronom indéfini,W genre ni nombre, qui signifie les autres personnes.11 ne s’applique jamais qu’aux personnes , & il est plusgénéral que autre.
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Quelques-uns regardent ce mot comme vieux, 6cdisent toujours autres pour autrui. Mais ce n’est pasparler François que de dire autres , en beaucoup d’en-droits , où il faut dire autrui. Par exemple, il ne fautpas désirer le bien des autres , est très-mal dit , il fautdire le bien d ’autrui. Autre a relation aux personnesdont on a déjà parlé. Comme si je disois, il ne fautpas ravir le bien des uns , pour le donner aux autres , jedirais bien; mais je parlerais très-mal en disant poul-ie donner à autrui. Parce que quand il y a relation depersonnes, il faut dire autres 3 & quand il n’y ena point, il faut dire autrui. D’ailleurs, autre s’appli-que aux personnes & aux choses ; mais autrui ne se ditque des personnes, & toujours avec une prépositiondont il est le complément. Envier le bien & autrui. Nefais à autrui que ce que tu voudrais qui te fût fait àtoi-même. Être logé chez autrui. Vous autres galans,vous jugez d’autrui par vous-mêmes. ScARR.
Un cœur nolle ejl content de ce qu’il trouve en lui yEt ne s 3 applaudit point des qualités d’autrui.
Ce n ejl que l 3 air ss autrui qui peut déplaire en mou
Bon.
Cependant qu il tente lui-même
Ce qu il peut faire par autrui. Malherbe.
C’est-à-dire, par tout autre que lui.
§ÔT Dans les Lettres de Chancellerie on met toujourscette clause, sauf en autres choses notre droit , 6c\autrui en toutes. Dans cette phrase l’ autrui signifie parellipse, le droit d'autrui.
Ménage dérive ce mot du génitif alterius } en trans-posant les lettres, dont les Italiens ont fait aussi altrui.
On dit proverbialement, le mal d'autrui n’est quesonge; pour dire, ne nous touche guère. Qui s’attendàl’écuelle d’ autrui 3 souvent dine mal. On dit aussi,le bien d’ autrui n’est pas à nous.
AUTUN. Augustodunum 3 Augusta AEduorumy HeduayAEdua , Civitas AEduorum, Bibracle. Ville anciennede Bourgogne. Autun est fort ancien. Le premier Au-teur qui en parle, est Pomponius Mela : Tacite en faitmention comme d’une ville très-considérable fous Ti-bère. La fondation de cette ville est un point très-obf-cur,ou plutô* absolument inconnu. Ceux qui ont ditqu’elle avoit été bâtie par Samothès, fils de Japhet, &petit-fils de Noé, n’apportent aucune preuve de leuropinion. M. Baudot, dans la Dissertation dont nousparlerons, dit seulement est Autun est une ville très-ancienne : & c’est en effet tout ce qu’on en peut assu-rer. Bien des gens croient est Autun est l’ancienne Bi-bracle : c’est le sentiment de Pierre de S. Julien dansfes Antiq. de Bourgogne. M. Thomas, Chantre ScOfficial d’Autun y a entrepris de le prouver, dans unpetit Livre intitulé, De antiquis Bibracle feu Augus-toduni monumentis ■ ôc il dit que c’est l’opinion desSavans. En effet Mrs Samíon Du Val, d’Ablancourt,les Peres Monet & Labbe Jésuites, Cellarius , Te fontdeclares pom Autun. Néanmoins Oronce Finé, BiaiseVigenere, Jean Passerat, Charles Estienne, M. de 5a-st lie st ues .autres encore, croient que Bibracleest Baune ; mais ce sentiment, dit M. Thomas, ne mé-rite pas qu on le réfuté; il est fans raison, dit M. de Va-lois dans fa Notice. D’autres la prennent pour Pebracybourg en Auvergne, & d’aurres pour Beuvray en Bour-gogne ; sentimens qui ne parois!ent avoir d’autre fon-dement que la ressemblance des noms. On imprimaaussi en 1710, à Dijon, une Dissertation de M. Bau-où il prouve la même chose. Les principales rai-
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sons font, i°. La marche de César en suivant lesSuis-les qui voulcient aller s’établir en Saintonge. i°. Lasituation d ‘Autun 3 la même que César décrit. 3 0 . Lcn °m de dunum y qui termine son nom, & qui veut direcolline; Autun est bâti sur une colline, adossée à uneplus haute montagne. 4 0 . La grandeur & la célébritéd ’Autun y qui ne peut convenir ni à Baune, ni à aucuneautre ville. f. Les restes superbes d’antiquité qu’on yvoit. 6°. Enfin, deux marbres antiques & une plaquede bronze, avec des inscriptions qu’on y trouva il ya quelques années. L’un des marbres porte, DEAE