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Tome premier. [A - BOU.]
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chevaux y pouvoient passer de front sans s’incommo-der. Ils avolent deux cens pieds de haut, & 3 1 , outejon d’autres, 50 pieds de large par en haut. Ses mu-railles croient flanquées de 250 ou 300 groíles tourslui avoient 30 coudées de hauteur.

Plusieurs Anciens diíent qu’elle fut bâtie par Sémi-ramis , & d’autres par Belus. D’autres prétendent quece ne tut pas Belus, mais Babylon son fils, de qui ellepnt so n nom. Ce sont des fables ; nous avons un té-moignage plus sûr que tout cela dans ce que nous endit l’Ecriture. Voye% Babel. Sémiramis accrut & em-bellit beaucoup Babylone. Les jardins qu’elle y éleva5 n serrasse fur des voûtes ou plates-formes de pierresenormes, passoient pour une merveille du monde.-bLuphrate passoit au milieu de la ville. Hérodotenous parle du pont que Nitocrisy bâtit, comme d uneautre merveille. C’étoient de gros piliers de pierres liéesei , 1 en sele par des barres de ter cramponées avec duP °mb: fur ces piliers portoientdes poutres & des plan-^ les: il avoir 623 pieds de long, & 30 de large. Ba-bylone avoir cent portes d’airain, & un temple deBelus très-magnifique. Hérodote donne huit étages àla tour de Babylone. On dit qu’elle étoit haute de4i6 coudées, & qu’elle avoir au rez de chaullée quatre°u cinq mille cent soixante pas de circuit. Cette villePut d’abord la capitale de l’Empire Babylonien. Les■Asiyriens dans lafuire réunirent les deux Empires, dontdle fut encore la capitale. Les Perses s’en rendirent maî-tres sous la conduite de Cyrus ; Alexandre la prit, &enfin elle a été détruite , deforte que selon les ora-cles des Prophètes, il ne relie plus rien de tant d’ou-vrages si superbes, & on a même de la peine à trouver1 endroit où fut Babylone.

On a vu Babylone, après un fort fi beau,

De tous fies habitans devenir le tombeau.

P. Chomel, Jéf.

Car ce n’est point Bagdad, comme on le dit ordi-nairement. Séleucus Nicanor ayant bâti Séleucie furle Tigre, à 300 stades de Babylone , Babylone dé j abeaucoup diminuée par la négligence des Macédoniens,devint déserte & périt insensiblement. Séleucie fut ap-

Í ielée Babylone : & comme Bagdad est au mêmeieu que Séleucie, ou n’en est pas loin, Bochard acru que c’étoit là ce qui avoir fait qu’on l’a prise pourBabylone. Les étoffes, les tapis, les broderies de Ba-bylone 3 font fort vantés dans l’antiquité , fur-toutpar les Poètes.

On prétend que c’est dans Babylone que l’idolâtrieprit naissance. Les Israélites du Royaume de Juda, c’est-à-dire, les deux Tribus de Juda & de Benjamin, fu-rent emmenées captives en Babylone par Nabucho-donofor. C’est ce qu’on appelle la captivité de Ba-bylone j qui dura 70 ans, jufqu’à la première annéedu règne de Cyrus à Babylone.

Babylone, est prise dans l’écriture pour un lieu de dé-sordre & de crime. C’est de-là que nous disons aussien fránçois dans le même sens, c’est une Babylone-pour dire en général, un lieu plein de trouble, de dé-sordre , de débauches, de crimes, de confusion.

En termes de spiritualité on appelle le monde,une Babylone. Ainsi Madame de la Vallière, dansses Réflexions fur la miséricorde de Dieu, dit: Ces^flexions que vous m’infpirez pour retirer mon esprit& mon cœur de cette confuse Babylone , ou de malheu-reuses passions dominent les personnes les plus heu-renies.

Babylone. La ville, capitale de l’Egypte a porté autrefoisCc nom. Babylon. Grégoire de Tours, Lib. /, H fi.Bránc. l’appelle Babylone, Babylonia. Quelques-uns«oient que ce nom lui vint de ce qu’elle fut bâtie parues Babyloniens de la Babylone de Chaldée qui se re-tirèrent là, & la bâtirent après les malheurs & la des-truction de leur patrie. Le P. Kirker veut que la Baby-lone d’Egypte soit Héliopolis, & que celle-ci soit la Ra-uryssès dont parle l’Ecriture. Si cela est , ce font lesrsiaèlites quil’ont bâtie. Voye £ Exod. Ch. I, 11. LeChevalier Marsham prétend que Cambyse ayant ravagé

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l’Egypte, & détruit Héliopolis, cette ville fe bâtit, cequ’il prouve par Josephe, Antiq. Livre IL, ch. ,. Lesruines de cette Babylone sc voient encore non loin duKaire. On dit cependant communément que c’est leKaire même, & le P. Mabillon l’a dxt, Act. SS. Be-ned. S&c. VI, Part. I, pag. 374, aulsi-bien que leP. Ruinait, dans ses Notes íur Grégoire de Tours,pag. 12 , comme on dit que Bagdad est la Babylonede Chaldée3 & nos Poètes fur-tout ne font nulle dif-ficulté de dire Babylone poUr le Kaire : mais des Sa-vans devroient parler plus juste. _ /

U y a une monnoie d or de Louis XII, qui repre-fente d’un côté ce Prince, & de 1 autre les armes deNaples & de Sicile, avec ce mot, dit M. Thou , Liv.I , pag. S. Perdam Babylonis nomen. Cet Histo-rien prétend que par le mot de Babylone , Louis XIIvouloir désigner Rome, & que ce Prince fit battrecette monnoie pour l’opposer aux menaces de Jules 11 ,avec lequel il fut toujours mal. Mais le P. Hardouin,qui a fait uue Dissertation fur cette monnoie, prétendque par Babylonis nomen , il faut entendre l’Egypte& l’Empire du Turc en Egypte; que Babylone est lenom d’un village qui est en Egypte assez près du Kaire,& fur les ruines de la Babylone dont nous venons deparler, & que cette monnoie fut fabriquée avant queLouis XII fût brouillé avec Jules II. Il est bon d’aver-tir en passant que ni M. de Thon, ni le P. Hardouin,n’ont exaótenient rapporté l’inscription dont il s’agit.J’ai vu cette monnoie d’or, & il y a Perdam Babil -lonis nomen, & non pas Babylonis. Ce peut êtreune ouverture pour une autre explication. Le Blanc,dans son Traité des monnaies, met un peu mieuxBabilonis , mais il y a deux ll fur la monnoie d’orque j’ai vue. Il n’y a encore que les armes de France, &non celles de Naples, comme l’aflure M. deThou. Ducôté de la tête l’inscription est, Ludo. Franc. Regniq.Nea. avec la tête de Louis XII, qui a une couronnerayonnée.

BABYLONIE. Babylonia. Pays d Asie, dont Babyloneétoit la capitale. Elle comprenoit la Chaldée, & la par-tie de la*Mésopotamie, qui est la plus près du con-fluent de l’Euphrate & du Tigre; d’autres disent laChaldée , & une partie de l'ancienne Assyrie. Soliuprétend que l’on comprenoit fous ce nom la Mésopo-tamie & l’Assyrie entière ; mais il s’est trompé. Mêladistingue la Babylonie de la Mésopotamie, & dcl’Adiabène , ou Assyrie. La Babylonie dans le com-mencement se terminoit à la jonction du Tigre & dcl’Euphrate. La contrée qui est au-deflous de cettejonction jusqu’au golphe Persique, est appelée Iraquepar les Géographes Arabes, du nom à’Ere c , qui futavec Babylone, & d’autres lieux , le commencementdu Royaume de Nemrod. Erec étoit une ville situéele long du lit commun du Tigre & de l’Euphrate au-dessous de la jonction. Ces deux villes donnèrent lenom à deux Provinces. La Babylonie s’étendoit jus-qu’à la jonction des fleuves ; & la Province d’Erecou’d’Iraque, s’étendoit le long du lit commun de cesdeux fleuves, a droite & a gauche depuis leur jonctionjuíquà la mer: le temps a change ces choses. L’Iraquca empiété fur la Babylonie, fur l’Assyrie & fur laMé-die, & leur a fait porter son nom. La Babylonie desen côté s’est mise en possession de toute l’ancienneProvince d’Iraque. Huet. Il paroît par ceci que lesAuteurs du Moreri se sont trompés, quand ils ont dit

„ BIonienne , au lieu de Babylonie.

BABYLONIEN, ENNE,s.m.&f. Sc adj. Babylonius ,a : Qui est de Babylone, ou de Babylonie; qui appar-tient à Babylone, ou à la Babylonie. Les Babyloniensont été les premiers Astronomes, & les premiers ido-lâtres du monde. L’armée Babylonienne, les troupesBabyIoniennes íaccagèrent Jérusalem. Les Babylonienscroient sort adonnés à l’Astrologie , d où vient queTertullien appelle BabyIonien, un Mathématicien, oufaiseur d’horoscopes. On a dit aussi un Chaldéen, &les Chaldéens, pour un Astronome, les Mathémati-ciens.

Heures Babyloniennes. C’est un terme de Gnomo-nique que l’on volt fur quelques cadrans solaires. Le;