Band 
Tome premier. [A - BOU.]
Seite
695
JPEG-Download
 

plus étendue, & signifie tout ce qui est agréable & dé-licat dans les manières, dans les ouvrages d esprit . ence sens on l’oppose aux íérieux.

C’efi trop que d’avoir en partageEt les talens du sérieux ,

Et Vagrément du badinage; Div. de Seaux.

Quand de tes vers Vélégant badinage >Sans nul pardon jettafion livre au feu 3Erop tard connut que ce n étoit un jeu 3 &c.

On le prend encore dans un sens qui a quelque chosede figuré, pour des mouvemens, des manières agréa-bles qui font plaisir.

Ou chaque Nimphe en fa fontaineRépand aux environs une douce fraîcheur :

Ou par d’ innocens badinages,

Par de tendres ga\ouillemens 3

Toutes font mille amufemens

■Au travers de mille hoccages. P. Buffier.

Badinage, signifie aussi, manière sotte & ridicule. Inep-tia. Je laissai passer tout ce badinage 3 où l’eípnt del’homme se joue de l’amour de Dieu. Pasc. Et queprétendez-vous avec ce badinage. Mol.

On dit aussi, qu’un valet est fait au badinage deson maître, lorsqu’il sait tous ses petits secrets; qu’ilRaccommode à ses façons de faire, à certaine raa-nière particulière d’agir.

BADINANT, f. m. Quelques-uns appellent ainsi un che-val qu’on mène après un carrosse attelé de six chevaux,afin qu’on le puisse mettre à la place de quelqu’undes autres qui fe trouveroit hors d’état de servir. On1 appelle aussi le volontaire. Au Parlement de Paris onappelle badinant 3 le Conseiller qui est le neuvièmedans fa chambre, & qui n’est des Grands Commis-saires que quand l’un des huit plus anciens que lui estabsent.

BADINEMENT. adv. D’une manière badine. Jocosè.Cet amoureureux tout badinement a découvert sa pas-sion. Pégase s’agenouilloit badinement quand Voiture

„ le montoit. Sar. On ne le dit plus.

BADINER, v. n. Jouer, s’amui'er à des jeux d’en-fans. Nugari. Les enfans badinent avec tout ce qu’ilstrouvent. Cet homme ne fait que badiner.

Badiner , signifie aussi, fe jouer agréablement, dire leschoses d’un air fin & plaisant. § 3 * Mettre une sorte degalanterie 8 c d’agrément dans la conversation, dans lamanière d’écrire. Un galant homme fait badiner agréa-blement. Les gens qui n’ont étudié que le monde saventd’ordinaire sart de badiner avec esprit, Sc de railler fine-ment dans les conversations enjouées. Bouh. Pour ba-diner de bonne grâce, il faut beaucoup de politesse. LaBru y.

Ce nef pas qu une Muse un peu fine

Sur un mot en pajjant ne joue & ne badine. Boil.

Badiner, fe dit aussi de plusieurs petits ornemens qu’onattache ; & signifie, avoir un petit mouvement agréa-ble , voltiger. Nutare. Il faut que cela badine un peu.Cette dentelle, ce ruban badine agréablement.

Badiner, v. a. Terme du style familier. Badinerqtielqu’ un , disent les Vocabulistes, c’est le railler,Sen moquer. Non, ce n est pas s’en moquer. La mo-querie est offensante, parce qu’elle est le langage &Expression du mépris : & badiner , non-seulement nePrésenté point, mais paroi t même exclure cette idée.Badiner quelqu’un, c’est îe railler d’une manière agréa-is , capable d’amuser & de faire rire , fans l’offenfer.yfivillarij jocari. Nous l avons bien badiné. Elle aa diné les autres , mais elle a été badinée à son

, r IE.s. f. Chose frivole, enjouement, badinagea 8teable. Jocus 3 ludus 3 nug&. On gagne plutôt uneptitme avec des badineries 3 qu’avec des entretiens í'é-iÇUx - Ce qui n’est qu’une badinerie pour un séculier,

-, tou r ;

badiner

B JET 6 p f

est un crime dans un Ecclésiastique. Ménag. La badi-nerie a des agrémens qui l’emportent fur le íérieux dansla société civile. S. Evr. On dit aussi, qu’un ouvragene contient que des badineries 3 quand il n’y a rien desérieux, ni de solide. Les génies les plus élevés tombentquelquefois dans la badinerie. Boil. Badinerie a quel-que chose de moins bon que badinage 3 foie pour lesens, soit pour l’élégance.

BADINES, s. f. pi. Pincettes légères qu’on appelle ainsi,parce qu’elles servent à badiner & a s’amuíer en arran-geant quelques charbons ou petits tisons.

fr? BADIOU. Rivière de France, en Gascogne. Elle ar-rose l’Archiprêtré de Thursaíi, dans le diocèse d Aire ,

& se décharge dans la Baux, au-deffous de la ville deBuaves.

ïfT BADKEIST. Ville de Perse, petite, mais agréable. 1Les Géographes du pays lui donnent 8 f. 32/ de longi-tude, & 3 j d . 10' de latitude. On la croit la même queBadghis.

fíCF BADONWTILLER. Gros bourg du duché de Lor-raine, entre la petite ville de Baccara, & celle deSalin.

BADOULAGES, ou BADOLAGES. f. m. pi. Crimina-tiones. On appelle ainsi à Beauvais, des rapports quel’on fait les uns des autres. En Basse-Normandie, ondit un bagoulier ; pour dire, un médisant. Ménage.

BADUHENNE. s. f. Baduhenna. Corn. Tacite, à la findu IV e Livre de ses Annales, dit qu’un corps de 900Romains, fut défait dans le pays des Frisons, en unlieu qu’on nommoit le bois de Badukenne. Cluvier ,Germ. Ant. Liv. /, pag. 222 3 croit que Badukenneétoit une Déesse des anciens Frisons, & il interprètece nom principe 3 parce que Badon en Arabe a cettesignification,

BADUKKA. f. m. C’est le nom propre du Capparis ar-boreficens Indica , fore tetrapetalo. Le suc que l’on tiredes feuilles, mêle avec la graisse d’un sanglier, com-pose un liniment pour la goutte. La décoction des fleurs8 c des feuilles donne une liqueur purgative , doncla fumée déterge les ulcères de la bouche. Le fruit prisdans du lait rend impuissant. Ray. Hist. Plant.

' B JE.

A3 BAEÇA. Ville d’Efpagne , dans l’Andalousie , auroyaume de Jaën. C’est la Vitia des anciens. Son Evê-ché a été transféré à Jaën. Il y a une espèce de petiteacadémie, sondée par JeandAvila.

fer Baeça , est aussi le nom d’une ville assez considé-rable du Pérou, dans la province de Los-Quixos, àdix-huit lieues de Quito.

BAER. v. n. Vieux mot. Ouvrir la bouche. 11 fe trouvedans Gilles de Viez-Maisons. Voye\ Béer.

fCF BAERIE. f. f. Vieux mot. Air niais.

BAETAS, f. m. Les Espagnols & les Portugais aonellentainsi cette espèce d’étosse de laine non croisée qui fenomme en France baguette , ou bayette 3 & qui faitune partie du commerce des François en Espagne &en Portugal. r 0

BrETIQUE. Grande partie de l’ancienne Espagne. Bœ-tica. Quelques-uns écrivent Bétique , comme on pro-nonce. Les Romains divisèrent l’Espagne en Tarraco-noise, en B&tique 3 & en Lusitanique, ou Lusirànie.La Beuique comprenoit les Bastilles, les Turdules, 8 cjesTurderans. Elle éroit séparée de la Tarraconoisc pat-ies montagnes d’Idubéda & d’Orofpéda, qu’on nom-me maintenant la Sierra d’Alcaraz. La Guadiane -lafeparoit de la Lusitanie, & elle avoir an midi l’Océan,la mer Méditerranée, & le détroit de Gibraltar. LesTurdetans, occupant la plus grande partie de la Bati-que 3 lui donnoient quelquefois le nom de Turdeta-nie 3 Turdetania. La Banque étoit divisée en quatre Ju-ridictions , qu’onnommoit Conventus Juridici 3 & com-prenoit l’Andalousie & le royaume de Grenade. Matt.Aben Joseph, roi de Maroc, dépouilla Alphonse, toide Castille, de la Batique , en 1195, & les Maures l’ontpossédée jufqu’à Ferdinand & Isabelle. Quelques Au-teurs font ce nom adjectif, & disent l’Efpagne Béti-que, Les laines Bétiques élurent célèbres dans l’anti*.