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l’antiquité. Quoi qu’il en soit, les habitans des Balea-res étoient très-habiles à lancer, & cette origine dunom de Baléares pafle pour la plus vraie. Tite-Livelui-meme semble la préférer à l’autre qu’il rapporte, &qui n’estqu’une fable. Iíacius fur Lycophron, dit queBaléares est là même chose que Valeries, V altrix In-fuU , r r «/v«f-, c’est-à-dire, les îles saines. C’est une idéelans fondement. Bochart, qui dans son Chanaan,Liv.I, ch. 3 s j avoue que ce nom fut donné aux Insulai-res , à cause de leur habileté à lancer des pierres, neveut pas cependant qu’il vienne du grec », jeter ,lancer ; mais du Phénicien ïïT>, Vj 72 , baal-jaro ; c’est-à-dire, Magister jaculi , ou projiciendi lapides , ha-bile à lancer. Ces îles ont encore été appelées rv*****'*» ,Gymnestx, 8c les habitans Gymnetes, de , nu ,parce que les barbares qui les habitoient, étoient toutnus, se vêtant de peaux seulement l’hiver. Ces îles ontfait un royaume particulier, que les Maures envahi-rent lorsqu’ils se rendirent maîtres de la Bétique, 8cd’où Jacques I roi d’Arragon les chafla cn 1230. De-puis ce temps-là les Baléares font partie du royaumed’Arragon. Voye ^ fur les Baléares le Marea Hispa-nica de M. ,Balufe, où l’on voir à qui elles ont appar-tenu , tant pour le spirituel que pour le temporel.
Il se dit auffi-bien des habitans de ces îles, que desîles mêmes. Quintus Métellus attaqua l’an de Rome6içf , les Baléares , peuples jusqu’alors presque sauva-ges , 8 c qui n’avoient paru dans les guerres que commeauxiliaires des Carthaginois. Crevier, Hst. Rom.
BALÉARIQUE. adj. m. 3 c f. Qui est des Baléares, ou quiappartient aux Baléares. Balearicus. Il y a une espèce«le grue qu’on nomme grue baléarique , dont nous par-lerons au mot Grue. Q. Caecilius Métellus fut surnom-mé Baléarique , pour avoir soumis les Baléares au peu-ple Romain. C’est ce que marque une ancienne inscrip-tion qui se voir sur les murailles de Tarragone du côtéde l’occident, 8c qui porte Q. C. M. B. INS. BAL. O.ET. 1 MP. ROM. S. IN PER. c'est-à-dire, QuintusCatilius Metellus Balearicus insulas Baleares obti-nuit, G’ Imperio Romano subjecit in perpetuum. Nousavons une histoire du royaume Baléarique en espagnolpar le Docteur Jean Dameto, la historia général deiReyno Balearico.
BALEINE, s. s. Balxna. Poisson d’une grandeur extraor-dinaire , le plus grand de tous les animaux. Godeaules appelle des écueils vivans. Pline fait mention dequelques baleines longues de quatre arpens, d’autresde 200 coudées ; mais il se trompe, ou il exagère. Il yen a dont les os ou arrêtes font capables d’étayer ou deservir à construire de grands édifices. Les baleines duNord font beaucoup plus grandes que celles qui atter-rissent fur les côtes de Guyenne, ou de la Méditerra-née. Il y en a pourtant à l’Amérique de fort grandes,qui ont jusqu’à 90 ou 100 pieds entre la tête & laqueue, dont les nageoires ont 26 pieds, les ouïes troispieds, 8c la largeur de leur queue est de 23 pieds. LeP. d’Ouaglie écrit dans fa Relation du Chili, ch. 17,qu’il y a plus de baleines au Chili qu’en aucun autrelieu du monde, & si grandes qu’on les prend quelque-fois pour des îles. Pomey rapporte qu’en 1658 , onap-porta à Paris le squélette d’une baleine, dont le crâneétoit de seize à dix-sept pieds d’ouverture, pesant qua-tre mille six cens livres-, les mâchoires de dix pieds d’ou-verture, & quatorze pieds de longueur, pelant chacu-ne onze livres ; les nageoires qui ressembloient à desmains, de douze pieds de long, pesant chacune six censlivres; les côtes de douze pieds 8c demi, pesant cha-cune quatre-vingts livres; les nœuds de 1 echine depuisla tête jusqu’au bout de la queue de quarante-cinqpieds de long, les premiers nœuds pesant cinquantelivres, & les autres diminuant jusqu’au bout. Les Chi-nois disent qu’on en a pris dans leurs mers qui avoient960 pieds de long. Nos Européens néanmoins n’enontguère trouvé qui aient .excédé 200 pieds. Ambajst. desIloll. à la Chine , P art. II, p. p Q.
Il y a des baleines de plusieurs fortes , qui produi-sent toutes des baleinons vivans 8 c parfaits animaux ,mais qui n’en portent que deux tout au plus. Elles les
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nourrissent à la mamelle avec grand foin. La nourri-ture des baleines est une eau ou écume qu’elles saventextraire de la mer, à ce que disent zElian, Rondelet otGesner. Elles vivent aulîi d’un petit insecte que les Laï-ques nomment Gueld , qui est le Pstllus marinus , °sla Puce de mer , qui se trouve dans le Nord en grandeabondance pour nourrir le gros poisson. En esset, dansla dissection des baleines on ne trouve autre pâturedans leur estomac que de l’eau épaisse, & de ces me-nus insectes, rarement quelques anchois ou petits pon'sons blancs; mais jamais de gros postions, ni de mor-ceaux d’ambre, comme ont voulu faire croire Cardan8c autres. Les Hollandois, dans leur Ambast. a la Ch 1 'ne. p. p p , disent qu’on ne trouve dans leur estomacqu’environ 10 ou 12 poignées de petites araignées noi-res , & quelque peu d’herbe verte ; 8c que quand lamer se trouve couverte de ces araignées, c’est une mar-que que la pêche fera bonne. Ils ajoutent qu’on a quequesois trouvé 3 o ou 40 cabilleaux dans leur ventre.
La plupart des baleines n’ont point de dents, mai sseulement des fanons cu barbes dans la gueule larg eSd’un empan, 3 c longues de quinze pieds, plus oumom s >finissant en franges semblables par le bout aux foies d
Ï iorceaux, lctquelles font enchâssées par en-haut dn lSe palais, 3 c rangées en ordre selon leur différente gra 11dent, comme le manteau d’un oiseau. Ces barbes levent à dilater & à restreindre les joues de la bête, ct 1font quelquefois si amples, qu’elles font capablescontenir le baleinon nouvellement né , comme da>une boîte , pendant les orages, comme écrit Olau «L’Auteur de l 'Ambajst. des Holl. au Japon, Part-p. 130, dit que les baleines du Japon ont deux grau ^trous fur le mufle, par où il entre quantité d’eau, q u ples revomissent ensuite avec grande impétuosité. Ledu Tertre, Hst. des Antilles, Tr. IV, ch. 1 > fdit qu’elles vont soufflant 8c comme séringuant psnazeaux deux petits fleuves d’eau, qu’elles P oU 7sdans l ait haut de deux piques, & que dans cet ctioelles font un certain meuglement,qui se fait entesd’un bon quart de lieue. L'Auteur de l ’AmbassadeJapon ajoute que leurs yeux font longs de trois anés, & larges d’un pied 8c demi ; leurs oui es beauc° rplus grandes dedans que dehors, 8c qu’elles e ntel j e>le moindre bruit ; que quand elles ouvrent la g ueU ’elle est large de plus de cinq brasses ; que leur lansa dix-huit pieds de long fur six de large ; qu’il en c *tain qu’elles se nourrissent de poisson, 8c qu’on a tt° udans le ventre de quelques-unes 40 ou 70 morues.
Les Journeaux des Savans d’Angleterre, en P a , •des baleines qui se trouvent dans la mer de l’^ 10que aux environs des Bermudes, disent qu’efl eS 0,1 Í f.grandes barbes pendantes depuis le dessous du n eZ )qu’au nombril, 8c vers la fin des parties de derrière ^crête fur Je dos ; que ce poisson a la figure f° rtpar le derrière, approchant de celle du toit ss une e sunson; qu’à côté de sa tête il y a plusieurs bosse 5 S ^ U p a gi-dos est extrêmement noir, 8c son ventre blanc; A ue > UJ ielité &la vitesse de ces poissons est inconcevable 5 flayant été arponnée, elle entraîna le vaisseau d rde 6 ou 7 lieues loin en trois quarts d’heure ' ^quand elles font bleflées, elles font un cri homquel toutes les autres qui le peuvent entendre, . j £S
rent, mais fans faire aucun mal à personne ; fl ^font plus longues que les baleines de Groenlan > ^ u jmoins épaisses ; qu’elles se nourrissent des h er ti . o0 vécroissent dans le fond de la mer ; que l’° n , a j^ttée 5quelquefois dans leur estomac deux ou rr° is ^u’àde matière verte & herbue ; que l’on peut tirer >^ eS ■7 ou 8 tonnes d’huile des plus grandes de c e5 re (f e ifl'que les baleinons en rendent un peu, 8c qu ei J es
ble plutôt à de la gelée qu’à de l’huile ; flue cea u,
vieilles baleines , se fige comme du sain de P l’on8c ne laisse pas de très-bien brûler; que ce . ro aistire de la graisse, est claire comme du p en E ç e Jurc' cque celle que l’on tire du maigre entrelarde»^ eJ1 f 5 ncomme du suif, 8c pétillé en brûlant; quf^ Jepoff’qu’on sait de la panne, est comme de la gra 1 te boui*'qu’on peut tremper sa main dans cette huile t f j eS
lante fans fe brûler ; qu’elle est souverain pj â ics >